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LA CANDIDATURE HOHENZOLLERN IQI

retrait de la candidature de Léopold. En communiquant cette résolution à M. Mercier, Serrano lui demanda qu'en retour M. de Gramont voulût bien saisir la première occasion pour bien spécifier que dans la phrase de sa déclaration : « Nous ne croyons pas que le respect des droits d'un peuple voisin nous oblige à souflVir qu'une puissance étrangère... puisse déranger h notre détriment l'équilibre des forces en Europe, » le mot souffrir ne s'adressait pas h l'Espagne. Il réclama aussi le secret le plus absolu sur l'envoi de cet agent en Allemagne, même envers l'ambassadeur d'Espagne à Paris, Olôzaga.

Ce dernier, avons-nous dit, avait été tenu dans l'ignorance de la négociation Ilohenzollern. Très froissé d'abord de ce procédé, animé d'ailleurs de sentiments très amicaux envers la France, il s'eftorça, de lui-même, de prévenir les conséquences de cette malheureuse affaire. Il lia partie avec Strat, agent du prince de Roumanie, Charles de liohenzollern, et par son intermédiaire il fit représenter au prince Antoine quels maux allait infailliblement susciter l'acceptation de la couronne d'Espagne par son fils. En même temps, le 8 juillet, Olozaga prenait sur lui d'envoyer la dépêche suivante au premier ministre de Portugal, Saldanha : « Si, pour éviter la guerre qui est imminente, le candidat prussien se retire, les puissances qui agissent dans ce sens favoriseront la candidature portugaise. Saldanha rendrait un grand servira \\ l'Europe s'il pouvait

aplanir toutes les difficultés à cet égard. L'Empereur m'a parlé de lui avec grand intérêt et affection. » Dès le lendemain, Saldanha s'adressait au roi Ferdinand : l'élection de Léopold, lui disait-il , c'était une guerre européenne ; l'échec de sa candidature aux Cortes, c'était la proclamation de la République en Espagne, peut-être par contre-coup une révolution en Portugal. En acceptant la couronne d'Espagne, Ferdinand pouvait conjurer tous ces dangers. Dès le 9, l'ambassadeur d'Espagne à Lisbonne, Fernândez de Los Rios, apprenait la reprise inopinée de la candidature portugaise, sans deviner à quelle inspiration elle était due, et il télégraphiait à Prim cette nouvelle qui pouvait l'aider à sortir d'embarras.

Le général était très sincèrement désireux de trouver une issue à la situation que, par son imprévoyance, il avait contribué à créer. Sous son inspiration la majeure partie de la presse espagnole gardait une réserve qui contrastait avec la violence des journaux français, et lui-même saisit l'occasion d'une réunion du parti libéral pour y prononcer des paroles dont le tact et la modération contribuèrent beaucoup à calmer l'opinion publique. Enfin, le 10 au soir, le général Dominguez partait pour l'Allemagne, chargé de la mission secrète dont Serrano avait parlé à M. Mercier. Avant qu'il ne parvînt à destination, les circonstances rendirent son envoi inutile. En effet, le 12, cédant, soit aux instances

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de Strat et indirectement d'Olôzaga , soit h :<l'autres influences, le prince Antoine télégraphiait à Prim que son fils retirait sa candidature.

Cette dépèche semblait devoir mettre un terme à l'efFrovable tension sous laquelle TEurope haletait depuis dix jours. Le i5, la convocation des Cortes était annulée et Sagasta annon- -çait officiellement à ses agents le retrait de la candidature HohenzoUern.

On sait comment la guerre entre la France et la Prusse, qui paraissait conjurée, devint inévitable. Quant à l'Espagne elle était hors de cause, et s'empressait, le 26 juillet, de déclarer sa neutralité. Au dernier moment l'intrigue par où Bismarck avait essayé de la compromettre à notre égard s'était rompue. Le ministre du roi Guillaume avait la guerre qu'il avait voulue, mais non ralliance qui devait immobiliser aux Pyrénées un de nos corps d'armée. Il en montra de la rancune à l'rim et aux Espagnols : sous son inspiration la presse de Moritz Busch accusa le ,^énéral de s'être fait le complice de Napoléon III j)Our provoquer la Prusse et injuria le peuple <astillan pour assister les bras croisés et le visage impassible à un connit dont elle se plaidait à le rendre responsable.

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