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L OPPOSITION LIBEUALK AUX CORTES 2 I

par hi révolulion de février, dont Prim, libéral mais monarchiste, redoutait pour TEuropo l'exemple contagieux?

Ce ne furent ni les discours de Prim, ni les attaques des progressistes qui ébranlèrent Narvaez. Ce fut dans son propre parti qu'il rencontra une opposition plus réactionnaire que lui-même <'t devant laquelle il dut se retirer, cédant la place à Bravo Murillo.

Aux Cortes ce nouveau ministère ne fut pas accueilli avec un enthousiasme unanime. Une attaque violente de Prim lui valut bien un vote de confiance des modérés de toute nuance, mais en fait le zèle de Bravo Murillo n'était pas sans effrayer une partie des conservateurs eux-mêmes. On soupçonnait le président du conseil de s'appuyer sur- la camarilla absolutiste qui gouvernait la Cour, sur le groupe rétrograde des néo-catholiques.

D'autre part Firavo Murillo avait la volonté d'écarter le plus possible des affaires les généraux politiciens, et Ton devine quels ennemis il allait, de ce chef, rencontrer sur sa route. Poui' commencer, il s'agissait de faire élire une Chambre à sa dévotion. Les Cortes furent dissoutes et les électeurs convoqués pour le lo mai i85i.

Prim comptait se représenter ii Vich. 11 eut ia faiblesse de se laisser tenter par le ministère qui lui rjffrit avec insistance le gouvernement do

IPuerto-Kico. Non sans hésitation il renonça ii

tait ce que désirait le cabinet. Les élections faites, on lui déclara qu'en vertu du n jugement de résidence^ )) rendu à la suite de son premier séjour à Puerto-Rico, il ne pouvait être chargé d'un second commandement aux colonies avant un délai de quatre ans. Le comte de Reus était joué. Ses amis politiques ne lui tinrent pas rigueur de ces pourparlers avec Bravo Murillo, dans lesquels ils auraient pu voir une sorte de défaillance. Un de ses collègues, élu dans deux circonscriptions, laissa, dans un des districts de Barcelone, un siège vacant auquel le comité directeur progressiste de Barcelone porta Prim, non sans rencontrer, il est vrai, quelque résistance Après les événements de i8/i3 il était délicat de présenter le comte de Reus aux suffrages des Barcelonais.

Prim fit une profession de foi prudente sur tout ce qui pouvait rappeler le passé ; il adhéra sans réserve au manifeste que les progressistes avaient publié à la veille des élections générales; enfin, pour mieux plaire à ce pays de commerce et d'industrie, il se déclara partisan des doctrines protectionnistes poussées au besoin jusqu'à la prohibition. Il fut élu. C'était pour lui un succès considérable, un bill d'indemnité pour sa conduite en i8/i3quelui conféraient les libéraux catalans. Il les en remercia en plaidant chaleu-

I. Jugement auquel sont soumis, après enquête, les acte> d'un fonctionnaire colonial à son retour dans la mèro patrie.

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rcusement leur cause aux Cortes. Le 27 novembre, il interpella le ministère sur la permanence (le l'état de siège en Catalogne. Depuis huit ans, a part quelques courtes périodes, ce régime

• l'exception pesait sur cette province. « Ce pays de Catalogne, demandait Torateur, n'est-il pas laborieux, travailleur, intelligent et honnête?... Quelle nécessité alors de voir Barcelone toujours transformée en campement, les clochers pleins de soldats avec une garde qui surveille constamment les cloches, les corps de garde fortifiés, les canons des forts braqués sur la cité ? »

Mais ces attaques, si passionnées qu'elles fussent, n'étaient pas bien dangereuses dans une Chambre récemment élue, à la dévotion de Bravo Murillo. Cependant, malgré le dédain voulu affecté dans sa réponse, le ministre de l'intérieur, Bcrlran de Lis, ne put s'empêcher de manifester une certaine irritation contre les propos a dange- I eux » du député catalan. En eflet, Prim avait lancé une profession de foi libérale dans la- 'juelle il proclamait les principes les plus subversifs aux yeux du gouvernement, principes dont

• |uel(jues-uns devaient plus tard lui paraître;! luiluf^me d'une application singulièrement embarrassante, lorsqu'il connut les difficultés du pouvoir, (^ue demandait-il? Le droit de sufl'rage pour tout citoyen Agé de vingt ans, capable d'écrire sur le bulletin de vote le nom de son candidat. Ensuite

rberlé illimitée de la presse : « Mettez un

le voile de la vie privée, mais en politique comm<' en religion, que chacun dise ce qui lui plaît. » Les murmures de la Chambre saluaient ces paroles, hardies en ce temps-là. Mais il allait plus loin : il était en effet une réclamation inscrite à son programme, dont la. conséquence immédiate n'eût été rien moins que le droit à l'émeute, droit que Prim, membre d'un parti trop souvent coni battu par des armes illégales, revendiquait avec une décision troublante. II demandait la reconstitution de la milice nationale, dont les services vivaient été précieux au temps de la guerre carliste, , anais que le gouvernement, le danger passé, s'était <3mpressé de dissoudre, (c Telle que je l'organiserais, disait-il à la Chambre, elle coûterait fort peu : tm fusil et une giberne par homme... Je ne désire pas que la milice civique ait un uniforme; je ne désire pas davantage qu'elle ait nombre de musiques et des étendards somptueux... Je ne désire pas non plus qu'on (atigue la milice nationale d'exercices, de revues etdeparades. Le milicien en sait assez s'il sait charger son fusil et faire feu, et s'il sait se faire tuer courageusement le jour où il se présente un gouvernement qui déchire la loi, comme le gouvernement actuel. En ce moment même, Messieurs, il y a quelques jours à peine, s'il y avait eu une milice nationale, le cas se serait présenté de déchirer la cartouche et de se faire tuer. »

A cette bravade, de violentes rumeurs s'élevèrent des rangs de la droite. Même au point de

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