O PRIAI
SOUS les yeux de la reine, parmi les applaudissements frénétiques du peuple qui couvrait les soldats de fleurs et de couronnes.
Au mois de septembre les réceptions enthousiastes recommencèrent pour Prim, lorsqu'il vint en Catalogne. Il avait toujours eu le souci de sa popularité dans sa province natale. Au Maroc, avant de mener au feu pour la première fois les volontaires catalans, il avait su trouver pour eux des paroles qui les avaient touchés jusqu'aux larmes. A son retour à Alicante, c'étaient les mêmes volontaires qu'il avait placés en tète de la colonne, et son fils, âgé de deux ans, était inscrit sur les rôles du bataillon. Lorsqu'il passa en Catalogne, il l'automne de 1860, Prim revenait d'un voyage en France. De la frontièie à la Junquera il trouva partout des fêtes et des banquets préparés en son honneur. Figueras, Gerone, Matarô, Barcelone, Tarragone, Reus, Tortosa, Valence rivalisèrent en ovations, en discours, en poésies à la gloire du héros de Los Castillejos. Alicante lui avait envoyé une canne de commandement: Barcelone et Reus lui décernèrent des épées d'honneur La capitale catalane lui conféra solennellement le titre de « fils adoptif de la cité», et sa ville natale réclama pour les placer dans la salle du conseil son portrait et l'épée qu'il portait au Maroc. Ce fut pendant deux mois une apothéose triomphale.
Le 20 janvier 1861, en se couvrant pour h> première fois comme Grand d'Espagne, Prim, marquis de Los Castillejos, termina son discours de remerciement à la reine par cette profession de foi : « Si le devoir d'un général, comme celui de tout militaire, est de servir toujours avec loyauté et vaillance sa reine et sa patrie, quand ce militaire, quand ce général sera Grand d'Espagne, que ne devra-t-il pas tonter pour se rendre de plus en plus digne de l'estime de son auguste reine, qui l'a à ce point anobli? Il devra faire. Madame, ce que, la main posée sur la garde de son épée sans tache, promet de faire le marquis de Los Castillejos : défendre vos droits au trône constitutionnel des Espagnes contre ceux qui oseraient les attaquer, et défendre aussi votre personne, toujours, en toutes occasions et quelles que soient les vicissitudes des temps, jusqu^à verser la dernière goutte de mon sang... )) De la part d'un homme aussi nKîsuré dans ses paroles que l'était Prim, le qualificatif de constitutionnel appliqué au trône devait être