‹ Primevères: poésiesChapitre 11 sur 42 · LE PETIT DIEU · texte numérisé non relu

LE PETIT DIEU

Qui que tu sois, voici ton mahrf :

Il Test , le fut, ou le doit être I

Voltaire,

Jadis, au temps de ma rêveuse enfance, Pour dieu j'avais un enfant comme moi.

Un ton naïf, certain air d'innocence, Sut captiver mon cœur avec ma foi.

Le papillon qu'un souffle au loin enlèvç Près de sa fleur éclose le matin, Au petit dieu plus transparent qu'un rêve Avait prêté ses ailes de satin.

C'était plaisir de voir sa tête blonde D'un air pensif se lever vers le ciel.

Son vol hardi m'emportait loin du monde.

Dans l'or tous deux nous buvions l'hydromel.

Un jour (hélas! au fond de toute chose, ' Spectre hideux , le mal est accroupi -, En plein Avril on voit mourir la rose.

Le charançon, Tété, ronge l'épi...)

L'amphore, un jour, ne versa que la lie !

a Oh ! dit l'enfant avec un ris narquois , i( Nous avons bien gaspillé d'ambroisie ! « Soudain il tire un trait de son carquois.

Je fus blessé. Le dieu malin s'envole Et va conter partout ce joli tour...

Mais aujourd'hui l'amitié me console De tous les maux que m'avait faits l'Amour.

Mai 1862.

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