FLEURS ET PLEURS
ManibttS date liiia plenis.
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Père, voici quatre ans que tu dors dans la couche Que la commune aïeule offire à tous ses enfants, Et depuis quatre ans, père , en vain j'ouvre ma bouche ; Car mon âme toujours, en sa douleur farouche, Pour te pleurer me refusait des chants.
Comme jadis, Avril de sa molle verdure Encadre les étangs qui dorment sous les bois;
L'azur du ciel sourit, et toute la nature Aux rayons, aux parfums, mêle le doux murmure Des souvenirs si charmants d'autrefois.
Je me vois, jeune enfant, dans ma gaieté profonde^ Courir la joue en feu sous les marronniers verts, Tandis que tout pensif tu regardais dans Ponde , Au liquide cristal qui réfléchit leur ronde, S'entre-croiser les ailes des piverts.
A l'âge où dans les yeux la passion s'allume, J'allais, t'en souvient-il , cueillant les fleurs des prés ; Vers le bonheur ravi , comme dans Tair la plume , Mon cœur na'if encore ignorait que la brume Ote au soleil ses reflets empourprés.
Maintenant, sur mon front se prolongent les ombres ; Mes jours, maigre filet, rampent sur les cailloux, Et l'astre du passé n'a que des lueurs sombres
Qui tombent tristement sur le temple en décombres Où je pliais jadis les deux genoux.
confiance^ amour, anges du sanctuaire > Vous êtes remontés près du trône de Dieu !
Jeunes illusions, dans Paffreux ossuaire Dormez , les bras croisés , sous les plis du suaire : La cendre est tout ce que laisse le feu.
Vous, mes strophes, de pleurs encor toutes mouillées, Aux rivages français déployez votre vol.
C'est là que vous verrez, sous les jeunes feuillées, Une pierre... A genoux et lès ailes ployées , Versez des pleurs et des lis sur fe sol.
2 avril i26y