‹ Primevères: poésiesChapitre 13 sur 42 · LES ANGES AU SÉPULCRE · texte numérisé non relu

LES ANGES AU SÉPULCRE

A M^ Louis Dufrine.

Quand Jésus , expirant au milieu des ténèbres ^ Eut, par trois fois, au ciel jeté ces cris funèbres

Dont tressaillit le Golgotha ; Quand les femmes longtemps de pleurs et d*aromate Eurent baigné ses pieds, vint Joseph l'Arimathe,

Qui prit le corps et l'emporta.

Alors, dans un sépulcre, ô spectacle qui navre! Tout sanglant et meurtri l'on coucha le cadavre Enveloppé d'un blanc linceul.

Chacun vint à son tour lui baiser la paupière , Et puis l'on entendit retomber une pierre. .

Puis il fallut le laisser seul.

Mais le sabbat passé, quand la troisième aurore Eut paru, désirant de le revoir encore ,

Marthe, Marie et Salomé, D'un flambeau filial guidant leurs pas dans Tombre , Toutes trois s'avançaient vers le sépulcre sombre

Où dormait Jésus embaumé.

Or, voici que soudain > détaché de la tombe Qu'il scellait, le bloc glisse et devant elles tombe

Avec un long gémissement :

Aux froids degrés assis et le front ceint d'étoiles Deux anges ont brillé, si muets sous leurs voiles

Qu'ils semblent en ravissement.

Les trois femmes tremblaient d'avancer sous \t porche , En voyant dans leurs mains la lueur de la torche

Pâlir devant tant de clarté.

L'un des anges alors ^ se voilant de ses ailes : « Ne craignez rien , dit-^il , vous ses filles fidèles :

u Sachez qu'il est ressuscité. »

Et son doigt leur montrait l'Orient plein de flammes. L'autre ange, tout en pleurs, se taisait. Les trois femmes

Songèrent à s'en revenir ; , Car leur cœur n'avait plus qu'une douce souffrance De ces deux visions l'une était l'Espérance , . Mais l'autre avait nom Souvenir.

Mars 186).

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