UNE LARME
Comme au &ein de la fleur, sous un rayon charmant, Tremble une goutte d'eau, limpide diamant, Une larme, souvent, dans les yeux d'une amie Est un riche joyau qu'on palrait de sa vie.
Oh ! laisse-la couler, cette larme si chère
Dont l'humide rayon dît à mon âme : « Espère. »
N'en rougis pas. La fleur, sous un ciel toujours pur,
Languit et sent pâlir sa corolle d'azur.
Ton cœur, 6 jeune fille, à la veille d'éclore,
Pour livrer ses parfums aux souffles de l'aurore ,
Attendait , contenu dans son chaste réseau , Ce pur rayon qui tremble en une goutte d'eau. Oh ! ne va pas, craignant qu'on ne te dise triste , Ëtancher ton œil noir sous la fine batiste :
Cette larme est à moi. Sur ton visage en fleur, Où la grenade a mis sa pudique rougeur, Laisse-moi savourer cette larme , qui voile De ton œil vierge encor la pure et douce étoile , Ou plutôt , dans un vers au rhythmé harmonieux , L'enchâsser, — diamant qui fait rêver aux cieux !
Mars i86j.
(jr^^