A CELLE QUI PLEURE
Quand l'ombre au ciel étend son voile Sur la nature, qui s'endort.
Vous regardez briller l'étoile Et voyez l'herbe où git le mort.
A l'heure auguste où la nuit tombe, Quand l'aube argenté les hauteurs, Seule^ à genoux sur une tombe, Vous lui versez roses et pleurs.
Vous faites bîen. — Laissez ces larmes Couler à flots dcvotre cœur.
Nos pères morts trouvent des charmes A voir en nous tant de douleur.
Pleurez ! Sous ces vives ondées S'en vont l'amertume et le fiel, Et dans nos âmes fécondées Renaît l'espoir^ rose du ciel.