‹ Primevères: poésiesChapitre 37 sur 42 · A CELLE QUI PLEURE · texte numérisé non relu

A CELLE QUI PLEURE

Quand l'ombre au ciel étend son voile Sur la nature, qui s'endort.

Vous regardez briller l'étoile Et voyez l'herbe où git le mort.

A l'heure auguste où la nuit tombe, Quand l'aube argenté les hauteurs, Seule^ à genoux sur une tombe, Vous lui versez roses et pleurs.

Vous faites bîen. — Laissez ces larmes Couler à flots dcvotre cœur.

Nos pères morts trouvent des charmes A voir en nous tant de douleur.

Pleurez ! Sous ces vives ondées S'en vont l'amertume et le fiel, Et dans nos âmes fécondées Renaît l'espoir^ rose du ciel.

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