‹ Primevères: poésiesChapitre 39 sur 42 · ROSITA · texte numérisé non relu

ROSITA

Aux sentiers odorants où Pabeille festine.

J'aime à voir la rosée en diamants glisser Du calice entr'ouvert d'une jeune églantine;

J'aime à voir en un ciel sans rides, s'esquisser, — Quand le silence est grand et que la nuit est brune, — Le masque souriant et paie de la lune ;

J'aime aussi, dans un bois> asile frais et vert, Des rossignols plaintifs cachés sous le feuillage Savourer à loisir l'harmonieux concert :

Mais, plus que les oiseaux et leur doux babillage. Plus que ton masque blanc, 6 Lune ! et les senteurs Dont, aux beaux soirs d'été, nous caressent les fleurs^

J'aime la Rosita, la folâtre négresse.

Nulle, sous le manguier, n'inspire plus d'ivresse.

Quand l'ardent bamboula fait bondir tous les cœurs.

Janvier 1866.

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