ROSITA
Aux sentiers odorants où Pabeille festine.
J'aime à voir la rosée en diamants glisser Du calice entr'ouvert d'une jeune églantine;
J'aime à voir en un ciel sans rides, s'esquisser, — Quand le silence est grand et que la nuit est brune, — Le masque souriant et paie de la lune ;
J'aime aussi, dans un bois> asile frais et vert, Des rossignols plaintifs cachés sous le feuillage Savourer à loisir l'harmonieux concert :
Mais, plus que les oiseaux et leur doux babillage. Plus que ton masque blanc, 6 Lune ! et les senteurs Dont, aux beaux soirs d'été, nous caressent les fleurs^
J'aime la Rosita, la folâtre négresse.
Nulle, sous le manguier, n'inspire plus d'ivresse.
Quand l'ardent bamboula fait bondir tous les cœurs.
Janvier 1866.