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AUX GRAINS

MATÉRIAUX POUR SERVIR À L'HISTOIRE DES ROSES

XIII. — Révisiox nes Roses pe BEsser ET DE MARSCHALL VON BIEBERSTEIN.

Comme je me propose de décrire dans ce fascicule plusieurs espèces du Caucase, de l'Asie mineure et de l'Orient, au sujet desquelles j'aurai à parler de certaines formes décrites par Besser et Marschall ven Bieberstein, je crois qu'il est utile d'examiner, au préalable, les espèces établies par ces deux auteurs. L'examen que j'ai fait des collections de Roses conservées dans la plupart des grands herbiers, m'a fait passer sous les veux de nombreux échantillons authentiques des espèces créées par Besser, et, d'autre part, j'ai pu faire une étude approfondie des Roses de l'herbier de Marschall von Bieberstein (1)

(1) Les Roses de cet herbier sont fixées sur des feuilles simples renfermées dans 28 chemises. Elles sont rangées dans l’ordre du Supplementum du tome III du Flora Taurico-Caucasica (1819). Il est probable que les échantillons ont été retirés des feuilles primitives de l’herbier de Marschall von Bieberstein pour être placés sur de nouvelles feuilles du format de l’herbier de l’Académie et qu’on a soigneusement rangé, dans chaque chemise nouvelle, les échantillons groupés dans les anciennes chemises. Pour empêcher toute transposition d'étiquettes, j'ai moi-même fixé les échantillons avec leurs étiquettes. De plus, j'ai numéroté les feuilles

que l'Académie de St-Pétersbourg, gràce à l'intervention de M. le Docteur Maximowiez, a bien voulu me confier (1875). Cet herbier renferme de nombreux spéeimens de Roses que Besser avait envoyés à Marschall von Bieberstein. Ces deux auteurs, on le sait, entretenalent des relations très-suivies.

J'ai lieu d'espérer que dans ces conditions je pourrai faire connaitre d'une façon assez satisfaisante les types créés par les deux auteurs russes. Je dois faire remarquer que malgré les nombreux échantillons authentiques que J'ai étudiés, il ne m'a pas toujours été facile d'apprécier exactement toutes les créations de ces phytographes. Cela tient surtout à ce que ceux-ci, tout en ayant souvent élevé au rang d'espèce des formes secondaires, ont parfois réuni sous le même nom des formes assez dissemblables.

Afin de rendre l'examen suivant plus pratique, je rangerai les espèces dans l’ordre de la classification que j'ai employée dans les fascicules précédents. On verra, d’après les synonymes que je rapporte, la façon dont les espèces de Besser et Marschall von Bieberstein ont été jugées et classées par les monographes qui les ont citées.

SEecr. Fimpincellifoliae.

Rosa pimpinellifolia L. MB. FI. Taur.-Cauc., I, 99%, IL, 555.

Je n'ai pas vu d'échantillons étiquetés par Besser avec le nom de À. pimpinellifolia; mais il est à remarquer que

renfermées dans chaque chemise, ainsi que les échantillons, afin de pouvoir rappeler les uns et les autres dans le travail de révision que je me proposais d'entreprendre sur les Roses de Marschall von Bieberstein.

cet auteur avait fini par ne plus admettre qu'un seul type spécifique dans cette section et qu'il avait réuni sous le nom de À. spinosissima les diverses formes qu'il avait citées ou décrites.

Herbier MB.

Fol. 1. N° 1. « Specimen caucasicum calyc. aculeis minoribus, quae nota minus constans videtur. » — Bel échantillon en fleurs.

N°2, « Rosa piwerwezzirozta. Ex. Germania. Com. Willdenow, a. 1804. » — Échantillon en fleurs. Dans ces deux Nes, les pédicelles, réceptacle et sépales sont lisses et les dents foliaires sont simples.

N° 5. « Rosa PIMPINELLIFOLIA. Ex. montibus Schirvanensibus, a. 1796. » — Échantillon en fruits. Mêmes caractères que dans les Nes précédents ;

. pédicelles allongés ; fruits globuleux-pyriformes.

N° 4. « Rosa prwpinecLiFouia. Culla. » — Petit fragment en fleurs. — Pédicelles, réceptacle et sépales lisses ; dents simples.

N° 5. « Rosa PImPiNeLL1FOLIA fl. T. C. Iberia. 1805. » — Petit échantillon en fleurs. Mêmes caractères; folioles petites.

Fol. 2. N°6. « Rosa piwpinezLiFoLia. Varielas procerior. In dumetis circa Severnaja Caucasi. 1815. » — Une tige florifère. Mèmes caractères, mais folioles plus grandes que dans les spécimens précédents, et réceptacle plus gros. MB. fait allusion à cette forme à folioles plus grandes, que Willdenow a désignée sous le nom de À. alfaica.

Fol. 5. N° 8. « Rosa pimrixezuiroutA procerior. R. altaica Willd. Caucasus. 1815. » — Deux échantillons en fleurs. Même forme que la précédente.

N° 10. « Rosa prmrinezLirozta. Wilhlems. hb. Gor. 1812. » — Deux échantillons en fleurs. Mème forme que les deux précédentes.

Les N°7 et 9 se rapportent à des échantillons provenant de la Sibérie et du Mont Ventoux.

Tous les échantillons qui viennent d'être cités apparüennent à la variété du À. pimpinellifolia des régions occidentales de l'Europe dont les pédicelles, les réceptacles et les sépales sont lisses et les dents foliaires simples.

Rosa spinosissima L. MB. loc.cit., 1,595, IL, 556. Herbiler MB.

Fol. 1. N° {. « Caucasus. 1815. Rosa spinosissima. » Deux belles tiges florifères. Aiguillons des tiges et des branches fins et très-nombreux; pédicelles abondamment hispides; réceptacle et sépales lisses; folioles à dents simples, à côte souvent un peu glanduleuse-sétigère surtout à la base ; pétioles aiguillonnés-glanduleux.

Fol. 2. No 2. « Rosa spinosissiMa. În nemoris prope Elisabethgrad Catherinske, Junio, a. 1821. » — Deux échantillons. L'un en fruits verts : pédicelles lisses, courts ; réceptacle lisse, turbiné-pyriforme; sépales lisses ; folioles assez petites à dents simples, à côte lisse ; pétioles peu ou point sétigère. L’autre en fruits mûrs : pédicelles roides, allant en s’épaississant de bas en haut et coloré, chargés de soies roides qui se retrouvent à la base du fruit; celui-ci pyriforme, assez gros ; sépales lisses ; folioles un peu plus grandes, à dents simples, à côte paraissant lisse ; pétioles sétigères, à soies souvent glanduleuses.

Fol. 5. N° 5. « Rosa spinosissima. Varietas flore extus rubello. Ex campis elatis ad Stenropol et Moskewskaja. 1815. » — Deux tiges en fleurs. Dans les branches de l’une d’elles, il y a une étiquette portant : « Eandem e Volhynio habeo. » C’est à peu près la même forme que le N° 1 ; on pourrait presque dire qu’il y a identité, seulement ici les pétioles sont moins sétigères et la côte des folioles est lisse. Dans cette forme, le fait d’avoir la corolle rosée est bien singulier et cependant rien ne fait soupconner que nous ayons affaire à un produit hybride. MB. (loc. cit., 557) attribue à son R. spinosissime : « floribus albis et carneis. »

Le caractère sur lequel s'appuie surtout MB. pour séparer le À. spinosissima du R. pimpinellifolia, c'est l'abondance de fins aiguillons caulinaires égaux ou presque égaux non mélangés d’aiguillons plus grands. Cette ténuité et cette égalité des aiguillons tiennent probablement à la délicatesse des arbustes. On peut, en effet, remarquer que le N°1 est représenté par deux tiges (avec une partie de la souche) ne dépassant pas 5 décimètres ; que le N°2 est représenté par deux tiges provenant de pieds rabougris : elles sont cependant accompagnées d'un mor-

ceau de pousse stérile assez vigoureuse chargée des mêmes aiguillons ; que le N° 5 est représenté, à son tour, par deux tiges ne dépassant pas 5 décimètres.

Rosa microcarpa Bess. Cat. h. Crem., 20, Enum, pl. Pod. Volh., 18. R. Besseri Tratt. Ros. monogr., II, 128. Déségl. Cat., N° 69. R. pimpinellifolia L. var. B. spinosissima Regel Tent. Ros. monogr., 22.

J'ai vu un bel échantillon authentique de cette forme dans l'herbier de Seubert (Herb. H. Van Heurck) avec l'étiquette suivante : « Rosa microcarpa Mihi. E Volhynia. » Arbuste délicat ; aiguillons très-fins; folioles assez grandes, glabres, à côte un peu glanduleuse, à dents simples, assez larges et égales : pétioles glabres, inermes, un peu glanduleux; pédicelles assez longs, finement et abondamment glanduleux, ainsi que le réceptacle florifère qui est arrondi; sépales hispides-glanduleux à leur base sur le dos; styles glabres dans leur partie supérieure, saillants et émergeant d’un tomentum dense. Cette forme doit se ranger dans la série des variétés ou variations du R. pimpinellifolia à folioles à dents simples et à pédicelles et réceptacle hispides-glanduleux. Elle ne - mérite pas le rang de variété distincte. Besser dit que par la culture les fruits sont devenus aussi gros que dans d'autres variétés.

Rosa myriacantha DC. MB. loc. cit., II, 557. Tratt. loc. cit., IT, 88. Déségl. loc. cit., N° 85. R. pimpinellifolia L. var. y. myriacantha Regel loc. cit., 25.

Herbier MB.

Fol. 1. Sur cette feuille, il y a une série d’échantillons auxquels doivent sans doute se rapporter cette éliquette : « Fabre, 1812. Agermesch Tauriae. » La plupart de ces échantillons appartiennent bien au R. myria-

cantha DC. ; mais il en existe trois qui se rapportent au À. spinosissima et un quatrième, à pédicelles et à réceptacle lisses, qui se rapproche du R. Ripartii Déségl. Comme il le dit, MB. n'avait pas tout d’abord distingué le R. myriacantha de son R. spinosissima et c’est probablement pour cela que, dans son herbier, il est resté des échantillons de ce dernier confondu avec le premier.

Fol. 2. No 2.« Rosa myniacanrna. Ex Tauria. » — Sur l'étiquette, le nom de spinosissima a été remplacé par celui de myriacantha. — Une tige florifère. Folioles abondamment glanduleuses en dessous ; réceptacles et sépales abondamment hispides-glanduleux.

Le R. myriacantha qui n’est qu'une variété à folioles glanduleuses du R. pimpinellifolia, s'observe sous diverses formes en Arménie (coll. Szovits) et dans le Caucase (Daghestan) (coll. Buhse, K. Koch). Dans l'aire immense qu'il occupe, le R. pimpinellifolia, tout en conservant ses caractères essentiels, varie d’une façon remarquable et a donné lieu à la création d’un grand nombre d'espèces.

Rosa oxyacantha MB.

Comme j'ai exposé longuement, dans le 5° fascicule des Primitiae, p. 505, ce qu'est le R. oxyacantha, je ne m'arrèlerai pas iei à cette forme, qui, du reste, est étrangère à la Crimée et aux régions du Caucase.

SECT. Cinnamomeae.

Rosa cinnamomea L. MB. loc. cit., 1, 595, IIT, 354. Herbier MB.

For. 1. No 1. « Rosa cinnamomea. Ex Caucaso circa Narzana lecla, a. 1804. » — Un assez grand échantillon en fruits verts qui semble constitué par une petite tige, rameuse et rabougrie. Cet échantillon est peu instructif et à première vue on a quelque peine à y reconnaitre le R. cinnamomea.

N°2. « Rosa cinnamomea. com. Willden., a. 1804. » — Mauvais petit échantillon du R. cinnamomea à fleurs un peu doublées.

( 227 ) 475 Secr. Gallicanae.

Rosa pumila L. MB. loc. cit., 1, 597, III, 542.

Herbier MB.

Fol. 1. Ne {. « Rosa pumira. Ex Iberia. » — Quatre échantillons, dont l’un est une tige entière (2 décimètres) avec une partie de souche et les trois autres paraissent être également constitués par des tiges entières. Ils appartiendraient donc tous les quatre à un arbuste nain. Folioles largement ovales et brièvement aigües ou même suborbiculaires, luisantes en dessus, veinées en réseau en dessous, à dents glanduleuses; fleurs sohtaires, simples, assez petites (4 cent. de diamètre); réceptacle florifère ovoïde, atténué à la base. Cette forme appartient au À. pumila L., qui n’est, du reste, qu’une variété du R. gallica.

N° 2, « Bender. Kasa. » — Un spécimen en fleurs appartenant encore au À. pumila. Folioles plus petites, moins coriaces; fleurs réunies au nombre de deux, à réceptacle plus allongé, à corolle plus grande (6 cent. de diamètre).

Ne 5. « Rosa PuwiLa. Er Tauria, a. 1810. » — Un ramuscule florifère. Même forme que le N° 1.

Fol. 2. N° 4. « Rosa pumira. Ex Tauria, a. 1804. » — Cinq spécimens en fleurs et deux en fruits. Les spécimens en fleurs appartiennent à une plante qui ne paraît pas dépasser 20 centimètres. Fleurs et folioles assez petites ; celles-ci sont assez épaisses et coriaces, luisantes en dessus ; réceptacle florifère ovoïde, atténué à la base. Les spécimens fructifères proviennent d’une plante plus robuste, à folioles beaucoup plus amples.

Rosa Czackiana Bess. Enum. pl. Pod. Volh., 66. Déségl. loc. cit., N° 65. R. gallica L. var. x. pumila Regel loc. eit., 67.

J'ai vu un échantillon authentique accompagné de cette étiquette : « Rosa Czackiaxa Mihi. E Podolia Tyram. » La description que M. Déséglise (loc. cit., N° 65) a faite d’un échantillon de cette espèce conservé dans l'herbier de De Candolle s'applique presque mot pour mot au spécimen que j'ai vu. Le R. Czackiana de Besser appartient incontestablement au R. gallica, dont les variations sont très-

nombreuses. Celles-ci ont donné lieu à la création d’un grand nombre d'espèces secondaires qui se relient les unes aux autres par des formes intermédiaires.

Rosa Wolfgangiana Bess. loc. cit., 67.

Je n'ai vu de cette forme aucun échantillon authentique. M. Déséglise (loc. cit., N° 64) se demande si elle appartient bien, comme le pense Besser, à la section des Gallicanae. Besser comprend dans cette section non-seulement deux variétés du R. gallicu (R. pumila et R. Czackiana), mais encore le R. Jundzilli, que j'ai rangé autrefois dans une section appelée Glandulosae, et le R. livescens, que M. Déséglise classe dans la section . Glandulosae. On fera bien de réunir dans la section Gallicanae cer-

taines formes de la section Glandulosae et entre autres le R. Jundzilli.

Rosa livescens Bess. loc. cit., 20. Déségl. loc. cit., N° 502 (seet. Glandulosae). R. gallica L. var. 6. pumila Regel loc. cit., 67.

Je n'ai pas vu d'échantillons authentiques de cette forme. M. Déséglise en décrit un spécimen qu'il a vu dans l'herbier de De Candolle. D'après Besser, le R. livescens forme un arbuste de un à deux pieds et est voisin du R. pygmaea MB. Cette forme pourrait bien être une hybride du R. gallica.

Rosa pygmaea MB. loc. cit., 1, 597, III, 542. Tratt. loc. cit., [, 59. Déségl. loc. cit., n°61. &. gallica L.. var. B. pygmaea Boiss. FI. Or., IT, 576 (M. Boissier n’a pas vu la plante). R. gallica L. var. «. pumila Regel loc. cit., 67.

Dans la révision des Roses de l’herbier de Willdenow

(Primitiae, fase. Il, p. 162), je me suis étendu assez longuement sur un échantillon authentique du À. pygmaea MB., en émettant l'opinion que celui-ci pourrait bien être une hybride du R. pumila et d'un Canine.

Nous allons examiner, d’après les échantillons réunis dans la chemise du R. pygmaea, ce que MB. à eu en vue, sous le nom de À. pygmaea.

Herbier MB.

Fol. 1. N° 1. Sur cette feuille, il y a deux étiquettes semblables portant : « Tauria. Fabre. 1812. » J'en ai fait rapporter une à quatre échantillons qui paraissent bien appartenir au R. pygmaea ; l’autre, je l’ai fait rapporter à quatre échantillons en fruits, qui me semblent appartenir au À, gallica (R. pumila). Deux spécimens du R. pygmaea sont formés chacun d’une tige entière ne dépassant pas 25 centimètres et munie d’une partie de souche qui parait être assez longuement rampante. Aiguillons caulinaires nuls ou presque nuls, réduits et petits; folioles ovales, aiguës, assez grandes, à dents aiguës et glanduleuses, assez épaisses et coriaces, réticulées en dessous, glabres et églanduleuses sur les deux faces, à côte un peu glanduleuse ; pétioles glabres, un peu glanduleux et aiguillonnés ; stipules très-étroites, même les supérieures; pédicelles assez longs, très-peu hispides-glanduleux; réceptacle assez gros, ovoïde, paraissant lisse.

Les deux échantillons que je rapporte au R. gaïlica sont privés de feuilles. Tiges ne dépassant pas 5 décimètres, à ramuscules chargés de soies souvent glanduleuses et de petits aiguillons; pédicelles et réceptacle du R gallica. La plupart des fruits, mal développés, sont ovoides-pyriformes; l’un deux, bien développé, est subglobuleux.

Fol. 2, No 2. « Rosa rivescensis #n horto culla. Specimen fructiferum. Com. Besser, a. 1819. » — Ce spécimen appartient au R. Czackiana que Besser avait distribué par erreur sous le nom de R. livescens et qui constitue une autre forme. Cet échantillon ne répond du reste pas exactement à la description du R. pygmaea ; ses fruits sont globuleux. MB. (loc. cit., IT, 545) dit dans la description de son espèce que le R. livescens diffère à peine du R. pygmaeu.

Fol. 5. N°5. « Rosa Livescexs Besser. Com. Besser. 1817. Ad Tyram prope Zalepryki. » — 11 doit y avoir en erreur, car, selon toute apparence,

l'échantillon auquel l'étiquette était attachée appartient à une forme du R. tomentosa à folioles glanduleuses en dessous.

No 4. « Ex d’serto inter Elisabethgrad et Nicolaef. Sine flore lecti. a. 1810 .» Deux tiges partant d’une souche rampante, dont la plus élevée mesure 4 décimèires. [l y a deux ramuscules avec de jeunes boutons peu développés. Les folioles, qui n’ont pas atteint leur développement complet, sont glabres sur les deux faces, à dents composées-glanduleuses ; pétioles abondamment glanduleux, inermes ou peu aiguillonnés ; stipules étroites, même les supérieures. Il est probable que ce spécimen appartient bien au R. pygmaea.

No 5, « Rosa pyGmara ! » Sur une deuxième étiquette, on lit: « Fructifera. a. 1794. Ex Tauria. » Il y a deux spécimens florifères et une tige fructifère. Les deux spécimens florifères n’appartiennent pas exactement à la même forme.

L’un semble être une tige arrachée près de la souche; elle mesure 26 centimètres avec le ramuscule uniflore qui la couronne. Axe caulinaire portant de rares aiguillons très-petits, un peu erochus ou arqués : entrenœud supérieur du ramuscule sétigère ; folioles glabres sur les deux faces, réticulées en dessous, avec quelques rares glandes, très-difficiles à découvrir, sur certaines nervures secondaires ; pédicelle assez long (20 mill.), assez abondamment hispide-glanduleux ; réceptacle ovoïde, entièrement hispide-glanduleux ; sépales glanduleux sur le dos; corolle paraissant assez grande. Cette forme, dont les folioles sont un peu moins aiguës que dans le No 1, parait bien appartenir au R. pygmaea.

Le second échantillon se rapporte moins bien au type de MB. Folioles à peu près semblables à celles du spécimen précédent, mais à glandes moins rares sur les nervures secondaires; axe des ramuscules à peu près inermes: pédicelles assez courts (8 mill.), très-peu hispides-glanduleux; réceptacle ovoïde, avec quelques rares soies à la base ; sépales modérément glanduleux sur le dos. Sur l’axe de la branche ou tige, ily a 4 trèspetits aiguillons un peu crochus.

Le spécimen fructifère est composé d’un long fragment de souche rampante et d’une petite tige haute de 10 cent. y compris le fruit qui couronne le ramuseule terminal. I n’y a pas l’ombre d’aiguillons ou de soies sur les axes ; folioles comme dans l’échantillon précédent ; pédicelle

court (5 mill.), lisse, ainsi que le fruit.

Dans l’herbier de l'Académie de St-Pétersbourg (Herb.

Meyer), il y a un échantillon du À. pygmaea provenant de Crimée et envoyé par Steven en 1855 à Meyer. Folioles largement ovales, parfois suborbiculaires, glabres sur les deux faces, avec quelques très-rares glandes sur les nervures secondaires ; axes inermes. Dans lherbier de Vienne (Herb Portenschlag), il y a 5 spécimens du même R. pygmaea proverant de Crimée et étiquetés par Steven.

Le R. pygmaea constituerait-il une espèce légitime et autonome ? Je ne le pense pas, car il n'offre aucun caractère distinctif de premier ordre qui permette de le séparer du R. gallica. Par R. gallica, je dois dire, en passant, que je comprends dans le type linnéen, les R. pumila, R. austriaca, R. incarnata, R. provincialis, R. Czackiana, etc. Après l'étude que je viens de faire, je dois abandonner l’idée hybridité que j'avais émise sur le R. pygmaea et je pense qu’on doit ranger celui-ci parmi les variétés du R. gallica, variété se distinguant par sa petite taille (2-4 décimètres), par ses axes presque complétement inermes et églanduleux, par ses folioles glabres et par ses pédicelles et son réceptacle peu hispides-glanduleux.

D'après MB., Pallas avait rapporté cette variété au R. alpina, sans doute à cause de sa petite taille et de la rareté des aiguillons. Cette variété croit en Crimée et sur les collines du Bosphore où elle est commune selon MB.

Rosa Jundzilli Bess. Cat. hort. Crem., 117, 1816. R. Jundzilliana Bess. Enum. pl. Pod. et Volh., 46, 67 (1822). Tratt. loc. cit., II, 77. Déségl. loc. eit., N° 500 (sect. Glandulosae). R. canina L. var. 8. collina Boiss. loc. cit., 685. R. caucasica MB. Regel loc. cit., 90. R. glandulosa Bess.

Le nom de Jundzilliana quoique étant de Besser doit

être abandonné, parce qu’il est postérieur à celui de Jundzilli.

A en juger d'après les échantillons qu'il a distribués et d’après la description qu'il donne, il est incontestable que Besser a réuni sous le nom de R. Jundzilli des formes hétérogènes et qui n'appartiennent pas à un seul et unique type spécifique.

Cet auteur à décrit en 1811 (Cat. hort. Crem. suppl., HE, 20), un R.glandulosa qu’il a plus tard rapporté en synonyme à son R. Jundzilli. Comme ce R. glandulosa représente la variété typique de ce dernier, il faudrait, pour suivre les règles de la nomenclature, remplacer le nom de R. J'undzilli par celui de R. glandulosa ; mais comme déjà en 1790 Bellardi avait décrit un R.glandulosa et que, d'autre part, ce même qualificatif a été appliqué par plusieurs autres botanistes à diverses formes de Rosa, il est préférable, pour ne pas donner lieu à des confusions, d'abandonner le premier nom du R. Jundzilli.

Je vais examiner ce qu'on doit entendre par le R. Jundzilli borné à sa forme typique ou sa var. #. (R. glandulosa).

Dans l'herbier de MB., il y a un bel échantillon en fruits accompagné de cette étiquette : « Rosa Juxpzizziana Mihi. R. glandulosa Supp. II ad Cat. H. Crem. Com. Besser, a. 1819. » Cet échantilion est un robuste ramuscule fructifère, à axe droit, chargé de soies glanduleuses et de très-fins aiguillons sétacés non mélangés d’aiguillons erochus ou arqués. Folioles grandes (en moyenne 2 1/2-5 cent. de larg. sur 5-4 cent. de long.), largement ovales, arrondies à la base, brièvement aiguës, à dents composéesglanduleuses, épaisses, coriaces, glabres en dessus, glaucescentes et veinées en réseau en dessous, à côte un peu velue, à nervures secondaires modérément glandu-

(255 |) 479 leuses; pétioles finement et modérément pubescents, à pubescence courte et peu visible; stipules assez dilatées ; pédicelles roides, fortement hispides-glanduleux ; réceptacles gros, modérément hispides-glanduleux sur toute leur surface, le médian ovoïde, les deux latéraux subglobuleux ; sépales réfléchis.

Dans l’herbier de l'Académie de St-Pétersbourg, j'ai vu un échantillon de la mème espèce accompagné d’une étiquette de Besser portant : « Rosa GLanpucosa Supp. II. » C’est absolument la même forme que la précédente, seulement le ramuseule florifère est dépourvu complétement de glandes et d'aiguillons et les nervures secondaires sont un peu velues. Il est probable que cette légère villosité finit par disparaitre. La corolle est grande; les sépales sont glanduleux sur le dos et les styles forment un gros eapitule velu.

L'absence de glandes et de soies dans ce dernier échantillon n’a rien qui doive nous surprendre, car ce caractère est sujet à varier dans les diverses formes qui appartiennent spécifiquement au ÆR. Jundzilli, de même que le nombre des glandes sur les nervures secondaires. Dans le même herbier, il y a un bel échantillon en fleurs accompagné de l'étiquette suivante : « Rosa Jundzilliana Besser. Volhynia MD. Besser. 1859. » Mème forme que la précédente; des soies dans l’entrenœud supérieur du ramuscule ; corolle grande (5 cent. de diamètre).

Dans l'herbier de Vienne, avec l'étiquette : « Rosa JunpziLiiana Bess. Herb. Bess. Volhynia. », il y a un échantillon en fleurs et un échantillon en fruits de la même espèce à axes tout à fait inermes.

Ces divers spécimens nous permettent de reconnaitre le type de Besser. Celui-ci est une espèce bien curieuse,

qui se trouve répandue à travers une partie de l’Europe et s'étend jusque dans les régions du Caucase. Cette espèce a vu ses variations décorées d’un assez grand nombre de noms spécifiques, que nous passerons en revue dans la suite de ce fascicule.

SECT. Caninae.

Rosa calycina MB. loc. cit., III, 549. Tratt. loc. cit., IT, 8. Déségl. loc. cit., n° 157 (sect. Caninae, trib. Nudae). R. canina. L. var. «. vulgaris Regel loc. eit., 49.

Herbier MB.

Fol. 4. N° 1. « Rosa caiciNa M. prope Odessam lecta. a. 1810. » — Deux beaux spécimens florifères. Ces spécimens sur lesquels la description de l’auteur a été faite appartiennent à une variété du À. canina, qui se classe dans la série Lutelianae. Branches et ramuscules inermes; sépales extérieurs à pinnules nombreuses et dilatées, les intérieures assez abondamment découpées. Cette forme n’a rien de remarquable. Ce N° est le seul dans l’herbier de MB. répondant à la description. Les Nos 2, 5 et 4 renfermés dans la chemise du R. calycina appartiennent à d’autres variétés.

Besser à distribué sous le nom de À. calycina (E Bessarabia) une variété du R. canina de la série Pubescentes et qui doit se ranger à côté du R. platyphylloides Déségl. et Rip. Cet auteur a classé par erreur le À. calycina dans la série des variétés de son À. uncinella, qui appartient à la série Pubescentes des variétés du R. canina. Comme nous le verrons plus loin, le R. uncinella est constitué par un assez grand nombre de formes

hétérogènes.

Rosa armata Steven in Besser loc. cit., 62. Tratt. loc. cit., II, 224. Déségl. loc. cit., n° 158 (sect. Caninae, trib. Nudae).R. canina L. var. « vulgaris Regel loc. cit., 49.

Je n’ai pas vu d'écha ntillons de cette forme qui, d’après la description de Besser, doit être une variété du R. canina de la série Lutetianae.

Rosa frondosa Steven in Sprengel Syst, IE, 554. R. canina L. var. 6. dumetorum Regel loc eit., 51.

Dans l’herbier général de Berlin, il y a un échantillon accompagné de l'étiquette suivante de Besser : « Rosa FRONDosA Stec. In Pod. austr. » C'est probablement sur cet échantillon que Sprengel a fait sa description. Cet échantillon appartient à une variété du R. canina de la série Biserratae. L'axe ae la branche, qui mesure 14 centimètres, est inerme, ainsi que les axes des trois ramuseules florifères. Folioles petites; celles des feuilles inférieures à dents composées; celles des feuilles supérieures à dents doubles ou simples ; les folioles des feuilles moyennes sont largement ovales, brièvement aiguës ; toutes sont glabres et églanduleuses, ainsi que les pétioles qui sont inermes ; fleurs solitaires; réceptacle florifère petit, ellipsoïde ; sépales églanduleux, les extérieurs très-pinnulés, à pointe foliacée et profondément dentée. Tel est bien le R. frondosa de Sprengel; mais ce n'est pas tout à fait celui que Steven a distribué provenant de la Crimée et dont j'ai vu un échantillon fructifère dans l'herbier de l’Académie de St-Pétersbourg accompagné de l'étiquette suivante de Besser. « Rosa. Tauria merid. R. frondosa librii mei mis. ill. Steven. 1855. » Dans cet échantillon, les axes sont bien inermes, les folioles glabres, à dents composées ou doubles dans les feuilles inférieures, simples ou presque simples dans les feuilles supérieures; mais les folioles n’ont pas tout à fait la même forme, les pétioles sont un peu glanduleux et parfois aiguillonnés et le fruit, qui est

ovoïde, est un peu hispide-glanduleux sur toute sa surface. Les styles sont hérissés. En somme, ces deux échantillons représentent des variations peu remarquables du R. canina.

Rosa glaucescens Besser loc. eit., 19, R. podolica Tratt. loc. cit., 71, R. canina L. var. 4. vulgaris Regel loc. cit., 49.

De cette forme, je n'ai vu qu'un échantillon en fruits verts dans l'herbier de Berlin, avec l'étiquette suivante de Besser : « Rosa cLaucescexs Mihi. E Weselee Podoliae. — C'est une simple variété du R. canina de la série Biserratae. Aiïguillons crochus ; ramuscules florifères courts, aiguillonnés; folioles assez petites, ovales ou ovales-elliptiques, glabres, à dents toutes simplement doubles; pétioles glabres, un peu glanduleux, aiguillonnés; fleurs solitaires, accompagnées d'une bractée dépassant beaucoup le pédicelle et atteignant le sommet du réceptacle; pédicelles courts (5-6 mill.); réceptacles assez avancés dans leur développement, subglobuleux, arrondis à la base, un peu contractés au sommet ; sépales non glanduleux, restant réfléchis; disque un peu conique; styles velus-hérissés.

Rosa arguta Steven in MB. loc. cit., IIT, 548.

MB. à rapporté le R.arguta Stev. mass. au R. nitidula ; mais, d’après un échantillon étiqueté par Steven lui-même et conservé dans l’herbier de MB., c’est une assimilation qui ne peut pas être admise. D'après cet échantillon ainsi étiqueté : « Rosa arGuTA M. Kuusch. 1814, » le R. arguta est une variété du RÀ. canina de la série PBiserratae ou Hispidae. Folioles glabres sur les deux faces, à côte

seule un peu glanduleuse en dessous, à dents modérément glanduleuses; pétioles glabres, modérément glanduleux ; pédicelle portant deux soies glanduleuses; réceptacle ovoïde, lisse; sépales à peu près complétement églanduleux ; styles modérément velus. Dans le même herbier, la même forme existe avec cette étiquette de Steven : « Rosa nITIDULA Besser. Tauria (1855). »

Comme on peut le voir en consultant la description que j'en ai donnée dans le fascicule I des Primitiae, le R.arquta Mussin-Purschkin n'est pas le mème que celui dont il vient d'être question.

Rosa Kosinseiana Besser loc. cit., 64. Tratt. loc. cit., IT, 48. Déségl. loc. cit., N° 212 (Sect. Caninae, trib. Hispidae). R. canina L. var. 9. collina Regel loc. cit., 59.

Les échantillons authentiques de cette forme que j'ai étudiés sont les suivants :

Un échantillon de l’herbier de Sieber (Herb. Van Heurck) accompagné de cette étiquette : « Rosa Kosinsciana Mihi. E Podolia ad Tyram. » I se rapporte bien à la description de Besser. Les feuilles inférieures sont à dents composées-glanduleuses ; les supérieures sont à dents, soit simples, soit doubles. Dans l'herbier de l'Académie de St-Pétersbourg, il y a une branche florifère accompagnée de l’étiquette de Besser : « Rosa Kosixskiaxa Besser m. D. Besser, 1859. » et un ramuscule florifère avec cette étiquette du même auteur : « Rosa Kosixskiana Besser. Besser. 1825. » Cesdeux échantillons appartiennent à la même forme que le spécimen de l'herbier de Sieber. Un rameau florifère de la mème forme existe dans l'herbier de Berlin,

accompagné de l'étiquette : « Rosa Kosinscraxa Mihi. ad Tyram. » Enfin, dans l’herbier de l’Académie de St-Pétersbourg, se trouve une branche florifère accompagnée de cette étiquette : « Rosa Kosixsciana Mihi. ad Tyram. in hto culta. » Dans ce spécimen, les feuilles supérieures ont un certain nombre de dents accompagnées de 2 et même de 9 denticules accessoires.

A en juger par ces divers échantillons authentiques, le R. Kosinsciana est une variété du R. canina de la série Hispidae.

Rosa glauea Schott ad Besser loc. cit., 64. R. canina var. Schottiana Seringe in DC. Prodr., Il, 615. R. Schottiana Déségl. loc. cit., Ne 218.

De cette forme, j'ai vu un échantillon dans l'herbier de Sieber (Herb. Van Heurck) avec cette étiquette de Besser : « Rosa GLauca Schott. E Podol. » et un deuxième échantillon dans l’herbier de Berlin avec cette étiquette de Besser : « Rosa 'éLauca Schott. E Podol. austr. » Ces deux échantillons appartiennent à la même forme que M. Déséglise (loc. cit.) a décrite sur un échantillon authentique. Le R. glauca, qui appartient à la série des variétés Hispidae du R. canina, est voisin du R. Kosinsciana. Il en diffère parses branches et ses ramuscules inermes, par ses folioles plus allongées, à dents toutes composées-glanduleuses. L'inermité à peu près complète des axes est la particularité la plus remarquable de cette variété ; mais il y a tout lieu de supposer que cette particularité est individuelle.

Rosa taurica MB. loc. cit., 1, 594, II, 555. Lindi. Ros. monogr., 51. Tratt. loc. cit., II, 9. R. canina L.

var. 7. collina Boiss. loc. cit., IE, 685. R. canina L.

var. d. collina Regel loc. cit., 53.

L'herbier de MB. ne renferme de cette forme qu'une petite branche portant deux ramuscules uniflores et quelques ramuscules stériles. Ce spécimen est accompagné des étiquettes suivantes : «Rosa Taurica ex Tauria. Steven. 1807. varietas R. collinae!. » « Rosa a collina germen globoso diversa. Tauria. » D’après cet échantillon authentique, le À. taurica n’est qu'une simple variété du R. canina de la série Pubescentes. Aiguillons petits et peu arqués ; folioles petites, simplement dentées, assez abondamment pubescentes, surtout en dessous; pétioles inférieurs inermes, les supérieurs aiguillonnés, tous églanduleux ; réceptacle florifère ovoide-arrondi ; styles glabres.

Dans son supplément, MB. semble être disposé à rejeter sa création spécifique et à ne plus considérer le R. taurica que comme une variété de son R. collina. Sur la première étiquette dont il a été question ci-dessus, les mots : « varielas R. collinae!, » ajoutés postérieurement, semblent indiquer que l'auteur avait décidément abandonné son espèce.

Rosa frutetorum Besser Cat. pl. hort. Crem. Suppl., 20 (1816). Enum. pl. Pod. Volh , 18. R. cortifolia Fries. Déségl. loc. eit., N° 245. R. canina L. var. 7. corüifolia Regel loc. cit., 52.

Jai pu étudier d’assez nombreux échantillons authentiques du R. frutetorum, qui appartient bien à cette variété du À. canina largement répandue en Europe et que l’on désigne habituellement sous le nom de R. corüfolia. Celui-ci est dans le groupe des variétés à folioles pubescentes du R. canina, ce qu'est le R. glauca Vill. (R.

À g Fa di

Reuteri God.) dans le groupe des variétés à folioles glabres, c’ést-à-dire que l’un et l’autre ont des sépales qui se redressent après l’anthèse et couronnent le fruit sans être réellement persistants. J'ai autrefois rangé les variétés glabres du R. canina à sépales se redressant après l’anthèse dans une section désignée sous le nom de Montanae, section qui aurait dû alors renfermer les variétés pubescentes qui offrent la même particularité. Celle-ei concorde souvent avec des pédicelles courts et des pétales d’un rose plus ou moins vif.

Le R. coriifolia ne constitue pas une variété ou, si l'on veut, une espèce secondaire à caragtères stables ; il représente un groupe de formes dont on pourrait faire une série d'espèces d'égale valeur à celles qu’on a créées dans d’autres séries des formes du R. canina. C’est ainsi que les folioles peuvent être ovales, ovales-arrondies ou suborbieulaires ; que leurs dents peuvent être simples, doubles ou composées-glanduleuses ; que les pédicelles peuvent être lisses ou hispides-glanduleux; que les réceptacles peuvent être globuleux ou ovoiïdes, lisses ou glanduleux ; que ies sépales peuvent être églanduleux ou glanduleux sur le dos.

Les échantillons authentiques du R. frutetorum varient dans plusieurs de leurs organes. C'est ainsi que les folioles peuvent être grandes ou petites, étroitement ou largegement ovales, à dents simples ou doubles ; que les réceptacles peuvent être globuleux ou ovoïdes, les sépales extérieurs églanduleux ou un peu glanduleux sur le dos.

IL est assez étrange que Besser n'ait pas fait allusion au redressement des sépales dans son À. frulelorum; cependant il a dû remarquer cette particularité fort intéressante, car sur l'étiquette d’un spécimen d’une variété de la série

Pubescentes conservé dans l’herbier de l'Académie de St- Pétersbourg il dit: « Rosa proxima R. frutetorum a qua -tamen differt foliolis minoribus acutis simpliciter serratis et calycis laciniis reflexis. »

Besser avait rangé son R. frutetorum dans la section Villosae ; mais il faisait remarquer qu'il était peut-être préférable de le classer dans la section Caninae.

Rosa solstitialis Besser En. pl. Pod. Volh., 19. Tratt. loc. cit., Il, 10. R. caucasica MB. Regel loc.

cit., 90. R. dumetorum Thuill.? Déségl. loc. cit., N° 255.

Il ne faut pas rechercher dans le R. solstitialis une forme bien définie, attendu que l’auteur attribue sept variétés à son espèce. Pour les auteurs qui admettent comme espèces les formes secondaires, c’est un nom qui doit être complétement abandonné.

Dans l'herbier de MB., il y a un échantillon étiqueté par Besser : « Rosa solstitialis. » Folioles ovales-elliptiques, toutes un peu atténuées à la base, pubescentes sur les deux faces, à dents simples; pétioles inermes, un peu glanduleux en dessus; pédicelles assez courts (6-9 mill.), un peu glanduleux; réceptacle florifère ovoïde, lisse; sépales modérément glanduleux sur le dos. Il apparuent à la var. 6.

Dans l'herbier de l’Académie de St-Pétersbourg, il y a un exemplaire étiqueté par Besser : « Rosa SOLSTITIALIS Prim. F1. Gal. R. canina var. 9. En. pl. Volh. Iberiae. » Folioles ovales-elliptiques, arrondies-atténuées à la base, à dents simples, peu pubescentes en dessus, à pubescence clair-semée en dessous; pétioles aiguillonnés, non glanduleux ; pédicelles longs (18-20 mill.), les latéraux lisses, le

médian muni de deux glandes; réceptacie florifère ovoïde, un peu arrondi; sépales églanduleux sur le dos; styles velus. Dans le mème herbier, il y a un autre échantillon de Besser avec la même étiquette que la précédente, mais provenant de Kiew. Les pédicelles ont quelques très-rares glandes; les folioles sont ovales-lancéolées.

Rosa ancimella Bess. En. pl. Pod. Volh., 20. MB. loc. cit, IIE, 549. Tratt. loc. cit., IE, 7. R- canne var. y. collina Boiss. loc. cit., IF, 685. R. caucasica MB. Regel loc. cit., 90. R. jactata Déségl.? loc. cit., N° 541.

Dans mon premier fascicule des Primitiae, p. 60, jai avancé que Besser avait compris sous le nom de À. uncinella diverses formes, ce qui du reste est confirmé par les nombreuses variétés que cet auteur a rapportées à son espèce. Dans ce même fascicule, j'ai décrit l’une de ces formes. Nous allons en examiner d’autres que j'ai pu étudier sur des spécimens authentiques.

Herbier MB.

Fol. 5. N° 8. « Rosa uxcrnezca Tauria. a. 1810. » Le nom spécifique a été écrit par Besser. Folioles ovales, glabres en dessus, à côte velue, un peuglanduleuse dans les folioles terminales, à nervures secondaires un peu velues, à dents composées-glanduleuses: ,pétioles velus, un peu glanduleux; réceptable florifère ovoïde, un peu arrondi; styles velus. Cette forme appartient à la série Tomentellae des variétés du À. canina.

Dans l'herbier de l'Académie de St-Pétersbourg, on trouve plusieurs spécimens authentiques de Besser. « Rosa UNCINELLA Besser mis. D. Besser. 1859. » Folioles ovales, simplement dentées, glabre en dessus, à côte seule velue en dessous.

En présence du mélange de formes, le nom de R. uncinella doit être dorénavant abandonné.

L’herbier de MB. renferme sur ses quatre feuilles du R. uncinella des formes les plus hétérogènes et que je ne crois pas devoir analyser.

Rosa collima Jacq. MB. loc. cit., 1, 599, LIT, 50.

D'après les diagnoses que donne MB. des R. uncinella et À. collina, il n'est pas facile de voir en quoi ces deux espèces diffèrent l’une de l’autre. A la première, il attribue des « foliolis majusculis, » à la seconde, des « foliolis mediocribus. » Il divise son R. collina en deux variétés : l’une à pédicelles hispides-glanduleux, l’autre à pédicelles lisses, à laquelle il rapporte le R. solstitialis de Besser.

D'après les échantillons que j'ai vus dans l’herbier de MB., le R. collina est constitué par diverses variétés du R. canina à folioles plus ou moins pubescentes, à dents simples ou doubles, à pédicelles lisses ou hispides glanduleux et qui peuvent se rapprocher de diverses espèces secondaires qu’on a créées dans ces derniers temps. Le nom de R. collina MB. ne se rapporte donc pas à une forme précise, mais à une série de formes.

Rosa saxatilis Steven in MB. loc. cit., III, 548. Tratt. loc. cit., II, 11 et 12. Déségl. loc. cit., N° 265. R. canina L. var. y. collina Boiss. loc. cit., IL, 685. R. caucasica MB. Regel. loc. eit., 91.

De même que les R. solstitialis, R. uncinella et R. collina, le R. saxatilis de Steven ne répond pas à une forme précise, mais à une série de variétés, ainsi que j'ai pu le voir dans l'herbier de MB., dans lequel il y a de nombreux échantillons recueillis par Steven. Ce sont des variétés du R. canina à folioles de figures très-variées, à dents simples ou doubles, à pubescence rare ou assez abondante, à styles

hérissés ou velus, mais toutes à pédicelles et réceptacles assez abondamment hispides-glanduleux.

Ces formes, sur lesquelles je ne crois pas utile d’appuyer davantage, doivent se ranger pour la plupart dans la série Collinae des variétés du À. canina.

Comme on le voit, Besser et Marschall von Bieberstein qui, les premiers, se sont hardiment mis à démembrer les anciennes espèces de Roses, ont établi la plupart de leurs types, non sur des formes bien définies, caractéristiques, mais sur des groupes de variétés artificiellement réunies par des caractères de valeur très-secondaire. Dans ces conditions, il me parait qu'il est parfaitement inutile de s’ingénier à découvrir dorénavant à quelles formes précises s'appliquent certains noms inventés par Besser et Marschall von Bieberstein.

Rosa montana Steven. Conf. Besser En. pl. Pod. Volh., 65. R. canina L. var. d. collina Regel loc. cit., 55.

Dans une observation qui suit la description du R. alba, MB. dit que le 2. montana du mont Tschaturdag que lui a envoyé Steven diffère à peine du R. alba. Besser dit, à son tour, que le À. montana diffère du R. alba, par : « foliis minoribus inæqualiter, imo subbiserratis, bracteis peduneulis vix pollicaribus longioribus, receptaculo elliptico, petalis parvis calyce brevioribus. » Je dois ajouter ici que Besser n'avait tout d’abord vu qu'un petit spécimen du À. montana.

D’après les échantillons du À. montana distribués par Besser et Steven et provenant de la Crimée, je suis convaineu que ce dernier a rapporté à son espèce deux formes assez affines : l’une à folioles à dents souvent doubles et Vautre à dents composées-glanduleuses, toutes deux à

folioles plus ou moins pubescentes, à pédicelles et à base du réceptacle hispides-glanduleux.

Dans l’herbier de l'Académie de St-Pétersbourg, il y a un bel échantillon de Steven avec cette étiquette : « Rosa MOxTANA 7. (ft. albis) inter Tschafke et Schumo 1814 germinis forma dicersa a R. collina. » Folioles grandes, ovales-arrondies, subobtuses ou brièvement aiguës, à dents composées-glanduleuses. C'est, selon moi, une forme trèsvoisine de certaines variations du À. tomentella Lem., à pédicelles hispides-glanduleux. A première vue, elle rappelle le R. alba, mais elle ne peut lui être identifiée spécifiquement.

Rosa Fricdlaemderiama Besser Cat. hort. Crem. (1816). En. pl. Pod. Volh., 63. Déségl. loc. cit., N° 262. R. canina L. var. 6. dumetorum Regel loc. cit., 51. J'ai vu dans l’herbier de l’Académie de St-Pétersbourg

un spécimen de cette espèce accompagné de l'étiquette

suivante : « Rosa FRI&DLAENDERIANA Mihi. in horlo culta e

specimine podolico. » A en juger par ce spécimen authen-

tique, À. Friedlaenderiana est très-voisin du À. montana.

C’est, comme celui-ci, une forme à pédicelles glanduleux et

à folioles (qui sont à dents composées-glanduleuses) assez

amples du À. tomentella. M. Déséglise, loc. cit., N° 262,

décrit un spécimen authentique du type de Besser (Herb.

De Candolle), sur lequel il a observé que les aiguillons

dégénèrent en soies. C’est ce que je n'ai pas observé sur

l'échantillon de l’herbier de St-Pétersbourg. Je suis à me demander si, malgré l'étiquette, c'est bien le vrai type de

Besser que M. Déséglise a décrit.

Rosa caucasica MB. loc. cit., EL, 40, II, 551. Lindl. loc. eit., 97. Tratt. loc. cit., I, 116. Déségl. loc. cit.,

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