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de M. Loret un Rosa, avec nom de R. tomentella Lem., que j'ai appelé provisoirement R. vicina et classé parmi les Tomentellae; il me fait l'effet d’être un R. Pouzini pubescent. L'avenir nous dira peut-être que ce type revêt des formes glabres, glanduleuses et pubescentes, formes qui se seront trouvées réparties dans trois tribus différentes.
Le R. parvula semble constituer une forme voisine du R. micrantha Déségl. Je ne lai pu étudier que sur de maigres spécimens récoltés à Aulas (Gard) par le D' Diomède.
M. Déséglise rapporte, à son R. micrantha, la planche 2490 de l'English Botany, 2° éd.; or, cette figure est loin de répondre à la description de l'Essai, p. 115. Sous le nom de R. micrantha, Smith a eu certainement en vue plusieurs Micranthées aujourd'hui élevées au rang d'espèce. Cet auteur, dans son English Flora, t. IX, pp. 987-588, ne dit pas les folioles trés-petites, les fleurs très-pelites, les sépales courts, peu découpés, le fruit petit, ovoide-arrondi, hispide. Voici les termes qu'il emploie : « Leaflets broadly ovate.. Flowers usualy small, but this mark also is said to be variable... Tube of the calyx ovate....., its surface in some degree bristly, espectally at the base....; segments of the limb not very much pinnate, falling off as the fruit ripens. The latter is searlet, sometimes quite smooth, retaining its oval form with a short neck, and commonly much smaller than the hips of rubiginosa. » Dans la diagnose, on y lit : Stem straggling, ce qui ne veut pas dire que l’arbrisseau soit touffu.
Dans l'herbier de Lejeune, j'ai vu trois formes rapportées au R. nemorosa : l'une à folioles larges et à
rameaux florifères inermes; la seconde à rameaux florifères presque inermes et la troisième à folioles trèsamples et peu glanduleuses en dessous, à pédicelles peu hispides-glanduleux.
Le R. Vaillantiana est une forme qui fut soumise à l'examen de M. Boreau. Celui-ci ayant cru y reconnaitre le R. rubiginosa Vaillantiana déerit par Thory, M. Cariot la décrivit sous le nom incorrect de R. Vaillantina, en lui rapportant comme synonyme le R. lactiflora Déségl. inéd. . Les continuateurs de Billot l'ont publiée sous ce dernier nom. Il est à remarquer que la planche de Redouté représentant le R. rubiginosa Vaillantiana est fautive etque le peintre, comme le fait observer Thory, a oublié de mettre des glandes aux pédicelles florifères. Les échantillons publiés par les continuateurs de Billot, sous le N° 5595, ont des folioles ne ressemblant point à celles dessinées par Redouté.
M. A. Kerner a décrit un R. hungarica qui appartient peut-être à cette tribu (D, Je vais en traduire la description.
Rosa hungarica A. Kerner. — Arbrisseau bas et très-rameux, à tiges florifères souvent plus ou moins flexueuses en zigzag. Aiguillons robustes et crochus. Pétioles abondamment glanduleux, munis en dessous de petits aiguillons erochus. Stipules allongées, glabres en dessus, glanduleuses en dessous et sur les bords, à oreillettes aiguës et divergentes.
1 À Folioles 5-7, elliptiques, longuement aiguës, atténuées en coin à la base 1 1 O O 1 1 glabres en dessus et en dessous, à face inférieure abondamment glanduleuse. Fleurs petites, solitaires ou en corymbe. Bractées ovales-allongées 1 Ÿ O u labres sur les deux faces, glanduleuses aux bords, plus longues que les
Lite) 1 O
pédicelles. Ceux-ci hispides-glanduleux, rarement lisses. Réceptacle florifère oblong, lisse ou portant à la base deux glandes. Sépales dépassant un peu la corolle, pinnatifides, tomenteux à la face supérieure,
(1) Oesterreichische botanische Zeitschrift, pp. 254-235, 1869
glanduleux en dessous et sur les bords, réfléchis après la floraison et caducs pendant la maturation du fruit. Corolle d’un rose pâle ou presque blanche. Styles velus, faisant un peu saillie en une colonne épaisse audessus d’un disque obtusément conique. Fruit petit, oblong. — Cette forme se rapproche des À. Lemanii Bor. et R. sepium Thuill.; mais le premier s’en distingue par ses folioles non aiguës, à nervures pubescentes en dessous, à dents étalées, par son disque plan, ses styles glabres et son fruit arrondi; le second, par ses tiges florifères droites non flexueuses en zigzag, par ses pédicelles lisses, par son disque plan et ses styles glabres.
Croit en compagnie d’autres espèces dans les haies et les buissons sur les collines argilo-caleaires au pied du Piliserberges près P. Szanto (Hongrie), à l'altitude de 100 à 500 mètres.
Si cette forme est bien une Micranthée, on arriverait pour elle, dans le tableau précédent, à la dichotomie 9 et là on la distinguerait facilement des R. Vaillantiana, R. permixta et R. Lemanii à ses styles velus et non glabres, à son fruit allongé et à ses folioles tout à fait glabres.
Pour le moment, je n'ose classer R. Klukii Déségl. parmi les Micranthées, à cause de certains caractères qui me paraissent étrangers à cette tribu. Remarquons tout d'abord que la plante publiée par M. Déséglise, dans son Herbariun Rosarum, sous le N° 29, ne concorde pas complétement avec la description de son Essai, p. 100. Celle-ci porte que les aiguillons sont robustes, dilatés à la base, arqués au sommet; or, dans les spécimens publiés, les aiguillons caulinaires sont bien robustes et arqués, mais les raméaires sont gréles, dégénérant, sur les entrenœuds des rameaux florifères, en aïguillons très-grêèles, sétacés el mème glanduleux. Cette particularité remarquable, qui se montre même sur les tiges, se retrouve sur d’autres spécimens que m'a envoyés l'auteur : les uns
et les autres ont été recueillis à la Servanterie (Cher). Quant aux styles un peu soudés en colonne courte, ce n'est qu'un simple accident de dessiceation, qui se produit dans nombre de formes à capitule stigmatique parfaitement sessile au-dessus du disque à l'état frais. Dans la plante de la Servanterie, les pédicelles sont toujours abondamment hispides-glanduleux et jamais lisses; les fruits ne sont pas
. arrondis à la base, mais bien atténués; les sépales ne se
redressent pas après la floraison pour couronner le fruit avant la maturité, mais restent réfléchis après la floraison pour tomber avant la maturité complète. M. Boreau m'a envoyé des échantillons en fleurs du R. Klukii, provenant d'Angers (plante spontanée et plante cultivée), qui montrent aussi leurs aiguillons raméaires crochus mélangés d'aiguillons sétacés ou glanduleux.
Le R. Klukii tel que l'entendent MM. Déséglise et Boreau serait-il le même que celui de Besser? Cet auteur attribue à sa plante des pédicelles glabres, des aiguillons comprimés et crochus, des folioles subarrondies-elliptiques et des fruits globuleux; Marschall von Bieberstein ajoute que les folioles sont un peu pubescentes en dessus. Ces caractères ne s'appliquent pas aux R. Ælukii que j'ai recus du centre de la France.
Toutes les Micranthées que j'ai énumérées, à l'exception du R. hungarica, ont les styles glabres ou presque glabres, les aiguillons crochus jamais normalement mélangés d’aiguillons sétacés ou glanduleux, la corolle três-médiocre ou petite, des glandes à odeur généralement la mème pour toutes, mais variant d'intensité. Le R. Klukii Déségl., par ses aiguillons sétacés ou glanduleux, par ses styles velus, par sa corolle assez grande, par son facies, trancherait parmi toutes ces formes. Je reviendrai plus tard sur le compte de cette espèce.
*** Suarvifoliae.
Réceptacle florifère entièrement hispide ou buspide-slandaleux. .. 7. . 42 Réceptacle florifère lisse ou seulement hispide-glanduleux à la base. . . . .
Styles hérissés ; une partie des folioles glanduleuses à la face supérieure; fruits gros.
Styles presque glabres ; folioles non glanduleuses en dessus; fruits assez petits .
| Folioles petites ou très-petites; fleurs solitaires ; réceptacle florifère petit; corolle (LES DOS NP CET Folioles médiocres ou assez grandes ; fleurs ordinairement en corymbe; réceptacle florifère assez gros; corolle assez grande. Aiguillons grêles, droits ou presque droits ; folioles à poils apprimés en dessus, pubescentes en dessous ; réceptacle florifère subglobuleux (Déséglise) . . . . .
Aiguillons robustes, assez crochus ; folioles glabres en dessus, à côte et à nervures seules pubescentes; réceptacle florifère | ovoide ou'ellipsoide 2 PAMEEE ONE : Réceptacle florifère arrondi. . . . .
Réceptacle florifere ovoïde 2: .
Folioles pubescentes en dessous sur toute la surface ; fleurs en corymbe composé de 4-10 fleurs; sépales ne couronnant pas le fruit à la maturité . . . .
6, ( Foiioles seulement pubescentes sur la côte et les nervures secondaires ; fleurs solitaires ou en corymbe peu fourni; fruit couronné par les sépales redressés à la IAE MST NES rs He
R. echinocarpa Rip.
R. dimorphacantha Martinis.
R.rotundifolia Rchb.
R. densa Timb.-Lagr.
R. apricorum Rip.
R. umbellata Déségl.
R. comosa Rip.
Depuis longtemps, j'étudie les formes de cette tribu dans une contrée où ces formes sont très-abondantes et, dès aujourd'hui, je pourrais me prononcer en connaissance de cause sur leur valeur réelle, mais je réserve ma démonstration pour plus tard.
On sera peut-être surpris de ne point voir figurer ici le R. rubiginosa de Linné, mais je ne connais pas bien ce que nos descripteurs modernes entendent sous ce nom. J'ai bien recu des échantillons de M. Songeon déterminés R. rubiginosa par M. Déséglise, mais ces échantillons ne concordent nullement avec les termes de la description de l'Essai, p. 109. Le R. rubiginosa L. publié par les continuateurs de Billot, sous le N° 5595, est dans le même cas. L'étude attentive des ouvrages de Linné, Smith et M. Fries me font croire que Linné a eu en vue, sous le nom de R. rubiginosa, plusieurs Suavifoliées à présent élevées à la dignité d'espèce, en sorte qu'au point de vue où l'on se place aujourd'hui ce nom doit être délaissé.
Le R. echinocarpa publié par les continuateurs de Billot, sous le N° 5854, n'est pas le type créé par M. Ripart ! et se ne rapporte aucunement à la description donnée par M. Déséglise.
Je parlerai ultérieurement en détail du R. dimorphacantha, que j'ai pu observer à l'état vivant dans plusieurs localités de la province de Namur.
Si la description qu'a donnée M. Déséglise de son R. rotundifolia concorde bien avec celle du Flora Excursoria, les échantillons de l'Herbarium Rosarum, N° 75, ne répondent pàs exactement aux termes de la première. Leurs folioles ne sont pas arrondies, glabres en dessus, presque complétement glabres en dessous et les réceptacles florifères sont ovoïdes et nullement subglobuleux.
Du R. densa, je n'ai pu examiner que deux échantillons en fleurs et fruits jeunes. C’est une forme qui se rapproche beaucoup de la précédente, par la petitesse des folioles, des fleurs et du réceptacle florifère. Les folioles sont dites hérissées sur les deux faces(, et cependant sur les deux spécimens que m'a communiqués M. Timbal- Lagrave lui-même, elles sont parfaitement glabres en dessus, à côte et à nervures secondaires seules pubescentes en dessous.
Dans les Suavifoliées, à l'exception du R. dimorphacantha, les sépales se relèvent plus ou moins lentement après la floraison, se redressent et couronnent plus ou moins longtemps le fruit pendant sa maturation; d'ordinaire aussi, ils se dessèchent pendant le mois d'août ou de septembre et le vent, les accidents divers, en provoquent la chute, en sorte que le fruit est nu à complète maturité. Mais il peut arriver que les sépales desséchés, désarticulés, persistent et restent même attachés sur les fruits parfaitement mürs conservés dans les herbiers; d'autre part, il peut aussi se faire que sur certains buissons ou seulement sur certains rameaux les sépales persistent à l'état vert et vivent jusqu'à maturité parfaite. Dans ces deux derniers cas, les Suavifoliées peuvent être dites comOs«.
Les glandes suprafoliaires ne sont pas propres au seul R. echinocarpa ; elles peuvent se montrer sur les folioles de diverses formes et entre autres sur celles du À. comosa Rip.
(1) Bulletin de la Société botanique de France, t. XI, 1864.
SECT. — Womentosae.
* Folioles sans glandes éparses en dessous.
! Folioles à dents simples ou presque toutes \ simples, non glanduleuses . . . . 2 Folioles à dents plus ou moins composées Ho AnAGlEuss es be ous fe eee 4 Pédicelles et réceptacle florifère lisses ; sé- 5 | pales non glanduleux sur le dos. . . R. farinulenta Crép. Pédicelles hispides -glanduleux ; sépales glanduleux sur le dos. . . . . . 5 Pétioles glanduleux, aiguillonnés en dessous ; réceptacle florifère ovoïde ; styles velus ; fruits ovoïdes (Déséglise). . . À. dumosa Pug.
ot
Pétioles églanduleux, inermes ; réceptacle
florifère ovoide presque globuleux ; styles
hérissés ; fruits subglobuleux (Déséglise) R. cinerascens Dmrt. Pédicelles lisses . . . . . . . . R. farinosa Bechst. Pédicelles hispides-glanduleux . . . . b] Feuilles inférieures des rameaux florifères
à dents plus ou moins composées-glandu-
LU
5 leuses, les supérieures à dents en grande
partie simples ee SRE STATE Feuilles toutes à dents composées-glandu- RMS RS EE Vo MTS ua res ét ts 7 / Pétioles églanduleux ou à peu près, suuvent inermes ; sépales véritablement per- 6 \ sistants sur le fruit mür et ne s’en déta- MA chant pee on eee ne 4.0. Riniromisn CrEp.
| Pétioles glanduleux, aiguillonnés ; sépales Van lafintadueses.2 221.2 1m 00 0 Rrdimosa Pus: Fruits globuleux ou subglobuleux ; récep-
\ tacle florifère ordinairement ovoide-ar-
CON TAN EE EE nt Le NS tRS Fruits ni globuleux ni subglobuleux ; réceptacle florifère ovoide . . . . 10
Folioles glabres ou presque glabres en dessus, pubescentes sur toute la face inférieure, mais non tomenteuses ; pétioles à aiguillons blanchâtres très-nombreux se prolongeant sur la côte médiane des folioles terminales; styles glabres . .
Folioles à poils apprimés nombreux en dessus, tomenteuses en dessous ; pétioles peu aiguillonnés ou inermes ; styles hérissés OUNVEIUS.- 5,5 CAPE MODE RERE
Stipules, au moins les inférieures, glandulouses en desspus) 200 NN AE
Stipules églanduleuses en dessous . . .
Pédicelles allongés, égalant ou plus longs que le fruit, rarement plus courts . .
Pédicelles ordinairement courts et beaucoup moins longs que le fruit. . . .
Folioles glabres ou presque glabres en dessus, pubescentes en dessous, mais non tomenteuses ; bractées glabres en dessous
Folioles à poils apprimés nombreux en dessus, tomenteuses en dessous; bractées
R. tyrolensis Kern.
R. dimorpha Bess.
R. subglobosa Sm.
R. Gisleri Pug.
pubescentes en dessous . . À. tomentosa Déségl. (Sm. p. p.)
Fruits solitaires ou médians obovoïdes, renflés au sommet; stipules supérieures et bractées un peu glanduleuses en dessous vers le.sommet MERE RU
Fruits ovoïdes ou pyriformes, atténués au sommet ; stipules supérieures et bractées non glanduleuses en dessous vers le SOTMEL EU NEC EE Te
Fruits solitaires cu médions pyriformes, longuement atténués à la base, à pédicelles trois fois plus courts que ceux-ci; strlesrassezivelus:. 1.72% 000000
Fruits ovoides, plus ou moins arrondis à la base ou brièvement atténués, à pédicelles une fois plus courts; styles hérissés. .
R. ltunoniensis Déségl.
R. collivaga Cottet.
R. annesiensis Déségl.
En présence de la description donnée par M. Déséglise, les matériaux que j'ai reçus du R. dumosa sont pour ainsi dire inexplicables et c'est ce qui m'a fait nommer deux fois cette forme dans le tableau analytique. Ces échantillons que je tiens de M. Puget lui-même, ceux qui ont été publiés par les continuateurs de Billot sont à dents foliaires toutes simples et à pétioles inermes ou bien à dents toutes composées-glanduleuses et à pétioles aiguillonnés ; ou enfin à dents composées-glanduleuses dans les feuilles inférieures et moyennes et en partie simples dans les feuilles supérieures ; d'un autre côté, la plupart sont à fruits arrondis ou sphériques. Je ne m'étendrai pas plus sur eux, parce que cela m'entrainerait dans des détails au moins superflus ici.
Le nom de R. cinerascens Dmrt. se rapporte à un petit groupe de formes à folioles à dents simples et qui doivent être élucidées.
Voiei une courte description du R. intromissa.
Rosa intromissa Crép. (À, intricata Crép. olim). — Folioles églanduleuses en dessous, même sur la côte, celles des feuilles inférieures des rameaux florifères à dents plus ou moins composées, les supérieures à dents simples ou presque toutes simples. Pétioles églanduleux ou à peu près, souvent inermes. Stipules et bractées églanduleuses en dessous. Fleurs solitaires ou réunies par trois. Pédicelles de longueur moyenne, ordinairement un peu plus longs que les bractées ou les stipules florales, hispides-glanduleux. Réceptacle florifère subglobuleux, un peu contracté au sommet, entièrement hispide-glanduleux ou seulement hispide-glanduleux à la base. Sépales abondamment hispides-glanduleux sur le dos, se relevant après la floraison. Corolle d'un rose pâle. Styles velus. Fruits ovoïdes, largement arrondis à la base, contractés au sommet (turbinés), couronnés par les sépales persistants, devenant pulpeux à la maturité.
Hab. — Lieu dit Laid-Spinet près de Rochefort (province de Namur). -— Un seul buisson.
Cette forme, que j'observe chaque année depuis plus de dix ans, est remarquable par la persistance des sépales. C'est bien une Tomenteuse et non pas une Villeuse, comme on pourrait le supposer à cause de cette persistance, qui me parait une particularité purement individuelle,
Le R. dimorpha, que j'ai étudié sur des spécimens étiquetés par Besser, se range à côté du R. subglobosa. A reste à rechercher quels sont les caractères qui distinguent ces deux formes l'une de Fautre.
Le R. Andrzejowscit Stev., d'après un échantillon authentique que j'ai examiné, n'est pas une Tomenteuse, mais bien une Villeuse, Jen parlerai, quand je traiterai la section des Villosae. La forme que MM. Boreau et Déséglise ont décrite sous ce nom est une Tomenteuse.
La description des ÆR. tyrolensis et R. Gisleri sera donnée dans un article à part sur cette section, J'ai analysé le R. collivaga dans le tableau précédent, pour le cas où l'on aurait affaire à des échantillons privés des feuilles les plus inférieures qui seules sont glanduleuses en dessous.
Pour cette fois, je me bornerai aux clefs analytiques qui précèdent, me réservant de donner bientôt celles des autres sections ou tribus.
Ces tableaux analytiques, je le répète, sont très-imparfaits, mais en attendant que je puisse les perfectionner et les compléter, j'estime qu'ils rendront des services. On ne doit pas croire que les caractères employés dans les dichotomies soient les meilleures notes qui distinguent les formes analysées ; j'ai choisi des différences plus ou moins saillantes pour arriver aux noms, sans avoir eu l'intention
( 500 ) 79 d'appuyer plus sur ces différences que sur d’autres. Bien que les analyses soient faites à peu près toutes sur des échantillons authentiques, j'ai pu commettre des erreurs. Comme il y a un assez grand nombre de formes inédites et que d'ailleurs il s'en trouve qui sont assez mal représentées dans mon herbier, il sera arrivé que, dans certains cas, j'aurai mal vu. Ceux qui connaissent combien sont grandes les diflicultés rencontrées par l'observateur dans un genre tel que les Rosa seront indulgents pour les fautes commises. Mais si je réclame de l'indulgence, je désire vivement recevoir des remarques critiques sur les points litigieux, des renseignements sur les choses obscures, enfin des éclaircissements qui me mettent à mème de rendre meilleure cette première ébauche.
Dans un tel travail, je suis forcé de rectifier des erreurs, de corriger des fautes de description et, pour ceci encore, je dois attendre beaucoup de la bienveillance des auteurs : venant après eux, étant en présence de matériaux plus abondants peut-être, profitant en outre de leurs labeurs, il est dans la nature des choses que j'aie çà et là quelques découvertes à faire, des négligences à relever. Ce n'est que par une critique approfondie et sévère que le sujet ici en question pourra faire de réels progrès.
En parcourant ces longues listes de noms auxquels la mème valeur semble être donnée, on se demandera sans aucun doute quel est mon but en caractérisant plus ou moins cette foule de formes, où je veux en venir en acceptant cette multitude de prétendues espèces, dont le
chiffre va sans cesse en augmentant. Mon but, je l'ai dit, c’est de parvenir, si la chose est possible, à la connaissance | des véritables espèces. Mon sentiment intime est qu'un très-grand nombre de ces formes sont de simples variétés ou des variations, mais je veux essayer de démontrer cette thèse par une analyse approfondie de toutes les formes que l’on parviendra à découvrir, par la discussion? de leurs caractères, par l'établissement de variétés et de: variations parallèles, enfin par des essais de culture. Pour que ma démonstration soit un jour bien comprise, il faut: qu'on puisse s'entendre clairement sur les objets en litige, qu'on puisse ainsi me suivre dans le développement de ma critique, dans les comparaisons établies, et pour cela les formes doivent être caractérisées et dénommées. En second lieu, pour parvenir à la découverte de toutes les formes existantes, distinguer l'inédit du connu, il faut aussi un guide et c'est dans cette vue que j'ai tracé les tableaux analytiques. Plus les termes de la série seront: nombreux, plus parfaites pourront être la réduction et la délimitation des formes. La conviction des esprits sérieux ne sera pas emportée par des simples réductions ingénieuses ne reposant que sur des probabilités ou des hypothèses, elle ne sera gagnée que si les réduetions, les rapprochements, sont solidement fondés sur des considérations d'ordres divers fournies par une étude prolongée et complète. Se borner à réduire aujourd'hui sur de pures hypothèses, sur des faits incomplets, c'est faire un travail qui sera repris demain et détruit.
Au milieu de ces formes presque innombrables, on se trouve comme perdu, si l'on ne connait pas bien les têtes : de sections, de tribus, c'est-à-dire les espèces que l'on pourrait appeler maitresses et parmi lesquelles Je eiterai :
( 502 ) 81 pervirens, R. «rvensis, R. stylosa, R. spinosissima, lpina, R. Sabini, R. gallica, R. rubrifolia, R. canina, micrantha, R. rubiginosa, R.tomentosa, R. mollissima. inaissant bien ces types dans leurs caractères morphogiques et biologiques, alors il en est autrement et l'on ut se guider à travers le dédale de nos classifications tificielles. Toutefois, pour ne pas faire fausse route, préndre des apparences pour des réalités, de simples accidents pour de vrais caractères, il faut posséder un sentiment suffisant de l'espèce en général. Il y a des > esprits faits de telle sorte qu'ils ne sont frappés que des . différences, qui tiennent peu compte des milieux modi- fiants, des accidents individuels, qui ne saisissent pas les - analogies essentielles et se laissent prendre à de simples lusus, qui voient, pour ainsi dire, une espèce de Rose . dans chaque buisson, qui manquent, en un mot, de ce que j'appelle le sentiment, l'instinct de l'espèce. L'idée de ce que peut ètre l'espèce se forme ou se fortifie par l’étude attentive de la nature et par un sérieux travail de la réflexion. Pour moi, l'espèce me parait devoir être autre . chose que ce qu'entendent beaucoup d'auteurs modernes, + quelque chose de plus riche, de plus complexe; les espèces - me semblent devoir être des plans, des types d'organisa- tion, se révélant à nos yeux dans un ensemble de caractères - morphologiques et biologiques, types susceptibles de se modifier en présence de milieux divers, mais conservant . toujours assez de notes communes à tous leurs individus pour se faire sentir ou reconnaitre à travers leurs métamorphoses. En parlant iei de l'espèce, je n'ai en vue que nos temps géologiques modernes et n'ai pas à m'enquérir de ce qu'étaient nos espèces dans le passé et de ce qu’elles
. seront dans l'avenir. É