‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 118 sur 174 · Rosa orientalis Dupont · texte numérisé non relu

Rosa orientalis Dupont

Le R. orientalis réduit à l’état d’arbuste ne dépassant pas deux décimètres de hauteur, ainsi que nous les montrent les échantillons distribués par Kotschy sous le N°295 et provenant des environs de Passgala en Perse, semble constituer un type distinct et ne paraissant avoir que des rapports éloignés avec le R. mollis d'Europe; mais la différence est moins grande si l’on considère le R. orientalis dans les échantillons robustes que le mème collecteur a distribués sous le N° 545 et provenant du mont Gara (Kurdistan) et sous le N° 559 et provenant de la vallée de Goschkar (Arménie turque). Enfin les échantillons distribués par Kotschy sous le N° 540 et que M. Boissier rapporte au À. orientalis ne ressemblent plus du tout comme facies à ceux qui ont été distribués sous le N° 295 et rappellent certains formes du R. mollis. J'ajouterai que le R. pulchella Schott et Kotschy rapporté par M. Boissier à son R. orientalis, à part sa petite taille,

(55) 695 s'éloigne encore plus du N° 295 pour se rapprocher du R. mollis.

La description que M. Boissier donne du R. orientalis s'applique à toute une série de formes qui sont loin de se ressembler et, de plus, les termes ne s'appliquent pas exactement à tous les échantillons cités en synonymes. C’est ainsi que le terme de « pumila » (en parlant de l’arbuste) ne me parait pas convenir aux N°% 559 et 545 de Kotschy ; que les termes de « stipulis ramorum floriferorum subdilatatis » ne peuvent pas s'appliquer au N° 559 qui a parfois les stipules supérieures très-dilatées; que les termes de « floribus breviter peduneulatis » ne peuvent, à leur tour, être appliqués aux N°70 et 559, qui ont les pédicelles allongés.

Tel que l’a compris M. Boissier, le R. orientalis est un type tout à fait artificiel, constitué par des variétés qui s'éloignent sensiblement les unes des autres et qui tendent à se rapprocher graduellement du R. mollis.

Sion voulait le conserver comme espèce distincte, il faudrait, me parait-il, en restreindre les limites et le borner à quelques formes qui ont entre elles une affinité plus ou moins étroite. En étendant ses limites comme l'a fait l'auteur du Flora Orientalis, on ne peut plus le distinguer clairement du R. Vanheurckiana, qui est cependant une Rose que M. Boissier classe dans une section différente de celle du R. orientalis.

Seringe, qui est l’auteur ou plutôt l'éditeur du R. orientalis (conf. Prodr., t. IE, p. 617), n'a eu en vue que la forme à folioles suborbiculaires (foliolis subrotundis). C'est à cette forme typique que se rapportent les échantillons qu'Olivier a recueillis à Téhéran et ceux que Kotschy a distribués sous le N° 293 provenant égale-

ment des environs de Téhéran. Cette forme, comme je l’ai déjà dit, se présente sous l'aspect d’un très-petit arbuste dépassant à peine 20 centimètres, à axes plus ou moins rabougris, à entrenœuds et à ramuscules florifères courts, à folioles petites, suborbiculaires, parfois plus larges que longues, à dents inégales, simples, à pédicelles florifères courts (2-5 mill.), à fleurs solitaires. Quoique bien différents d'aspect, les échanüllons distribués par Kotschy sous le N° 545 et provenant du Kurdistan peuvent être associés aux premiers. Les folioles, tout en étant devenues plus amples, retiennent encore beaucoup de la forme des échantillons de Téhéran; elles sont cependant plus allongées et leurs dents sont parfois doubles. Les fleurs sont assez souvent réunies par 2-5 et les pédicelles sont plus allongés (10-15 mill.). Les réceptacles sont plus gros et les sépales sont plus allongés et plus découpés. Nous avons affaire à une plante plus robuste, non rabougrie, à tiges plus ou moins élevées, à ramuscules allongés. Les échantillons distribués par Kotschy sous le N° 539 et provenant de la province de Musch en Arménie, s’éloignent plus que les précédents de la forme typique. Ils ressemblent à ceux du N° 545 pour la vigueur des axes, pour les réceptacles, les pédicelles et les sépales; mais les folioles sont relativement plus allongées et, chose à faire ressortir ici, leurs dents sont trèssouvent composées-glanduleuses. Cette forme qu'on peut à peine maintenir dans les limites du R. orientalis, tend à se rapprocher d’une forme recueillie dans le Lazistan par M. Balansa, qui appartient à la série des variétés du R. mollis et dont il sera question plus loin.

En somme, je suis porté à croire que le ÆÀ. orientalis n’est qu'une variété orientale du R. mollis.

Seringe distingue deux variétés dans son R. orientalis : une var. «. Oliveriana, à folioles nerveuses et glabriuseules en dessous et à pédicelles non glanduleux; une var. 6. Balbisiana, à folioles pubescentes sur les deux faces et à pédicelles hispides-glanduleux. La variété & a été établie sur une plante cultivée par Dupont qui avait sans doute perdu une partie de sa pubescence par la culture. Quant aux pédicelles, rien n'est plus variable que leur glandulosité.

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