CLASSIFICATION
Je n’ai nullement l'intention de faire ici un travail approfondi sur les classifications, en jugeant et eritiquant les arrangements inventés ou suivis par les auteurs qui ont écrit sur les Roses : cette lourde tâche est réservée pour l'avenir. Je me bornerai à quelques courtes observations, suivies d’un classement provisoire des principales formes européennes. On l'a dit, je l’ai répété après d’autres, la classification dans ce genre est d’une importance majeure pour la bonne entente des espèces, pour la saine appréciation des formes. Déjà, en 1819, Marschall von Bieberstein disait en parlant de la classification du genre ou de sa clef : afferet denique lucem et hinc intricatissimo generi dues. Malgré bien des efforts, on n'est pas encore parvenu à trouver la véritable elef? Celle-ci existe-t-elle? Existe-t-il des organes sur lesquels on puisse fonder une bonne distribution systématique du genre? Des monographes se sont imaginés avoir découvert ces organes. Pour établir les divisions primordiales, ils ont tour à tour choisi le fruit, les styles, les glandes, les aiguillons, les sépales, les stipules et enfin le disque ou nectaire; or, tous ces organes ne peuvent servir à des divisions de premier ordre et n’ont donné lieu qu'à des arrangements plus ou moins artificiels. Le genre Rosa se laissera-t-il scinder en grandes sections naturelles, se subdivisant régulièrement en sections de moindre valeur? Cela parait assez douteux. Dans ce groupe, comme dans le règne végétal tout entier, l’homme est peut-être à la recherche d'une chose qui n'existe pas et nos arrangements systématiques les plus habiles ne représenteront peut-être jamais qu’une certaine
facon de notre esprit de considérer les êtres organiques et qui ne répond pas à une réalité. J'estime qu'il faut en ce moment abandonner nos recherches pour découvrir ce qu’on appelle la clef du genre et concentrer nos efforts pour constituer de petits groupes d'espèces affines, groupes à la facon de ceux établis par De Candolle et Lindley. Depuis le temps où écrivaient ces deux hommes de talent, les études ont fait beaucoup de progrès et l’on doit convenir que les sections qu'ils ont créées et définies sont presque toutes hétérogènes et doivent subir de profondes modifications. Déjà M. Déséglise, dont les travaux sur les Roses sont hautement recommandables, avait apporté d'heureuses améliorations aux groupes composés par De Candolle. Ces améliorations ne sont pas suffisantes encore et je me propose, dans le tableau suivant, d'indiquer les modifications et les changements que j'ai fait subir, dans mon herbier, à la disposition adoptée par M. Déséglise.(1}