TABLEAU MÉTHODIQUE DES ROSES EUROPÉENNES
SEcT. |. — Synsivine.
A) Sempertirentes.
Hosa secmpervirens L. Hosa microphylia DC.
— scandens Mill. — ruscinonensis Gren. et — prestrata DC. Déségl.
BL) .frrenises.
Hosa bibracteata Bast. KHosa erronea Rip.
— censpicua Bor. — repens SCop.
(1) Cet auteur a publié sa dernière classification dans un recueil anglais intitulé : The Naturalist. (Noir t. 1, p. 275-515, 1864-1865.)
(254 ) 15 SECT. II. — Stylosae.
Rosa stylosa Desr. Rosa leucochroa Desy.
— fastigiata Bast. * — modesta Rip.
* — Clotildea Timb.-Lagr. (1) — rusticana Déségl.
— systyla Bast.
Les formes de cette section ont un port différent des Synstylées et
qui les rapproche des Canines. Si leurs styles sont un peu agglutinés, ils le sont en colonne courte faisant peu saillie au-dessus du disque et se
dissocie nt fréquemment pendant la maturation du fruit. A part cet agglu-
tination, peu de chose rappelle chez elles les caractères du groupe précédent.
SEecT. III. — Gallicanae.
Rosa gallica L. Rosa incarnata Mill.
— pumila L. — ceminens Déségl.
— austriaca Crantz. * — mirabilis Chab.
— Czackiana Bess. — ecordifolia Chab.
— provincialis Ait. — decipiens Bor.
Dans cette section, M. Déséglise a rangé diverses formes à styles plus ou moins saillants, soit libres, soit rapprochés en colonne. Ces formes sont-elles de vraies Gallicanes ? Déjà Schleicher avait nommé l’une d'elles R. hybrida, ce qui donne à supposer que cet auteur soupconnait le fait d’hybridité, fait qui me parait démontré, dans ce groupe, par la stérilité, ou, si l’on veut, par l’atrophie des grains de pollen. Dans toutes les formes dont j'ai pu examiner le pollen, j’y ai reconnu l’atrophie complète des grains polliniques. Il me parait vraisemblable que ces formes sont les produits de diverses Gallicanes croisées avec une ou plusieurs Synstylées. Viendraient se ranger, sous le titre de Gallicanae hybridae, les R. hybrida Schleich., R. arvina Krock., R. arenivaga (Fiora exsiccata de C. Billot, N° 5718, an Déséglise?), R. geminata Rau, R. syloatica Rau, R. incomparabilis Chab. et R. conica Chab.
(1) Les espèces précédées d’un astérisque sont encore inédites.
Ne connaissant pas de visu les R. virescens Déségl., R. opacifolia Chab., R. mixta Chab. et R. rhodani Chab., je les laisse de côté.
J'engage instamment les botanistes, surtout ceux des environs de Lyon, à vérifier ce que j’avance sur le pollen de ces formes que je soupconne d’hybridité. Qu'ils se mettent bièn en garde contre les individus en voie de retour vers l’un ou l’autre type ascendant et dont le pollen tendrait à se réorganiser.
SecTr. IV. — Pimpinellifoliae.
* Folioles à dents toutes ou presque toutes simples.
Rosa spinosissima L. Rosa Mathonneti Crép.
(R. pimpinellifolia Mult. Auct.) — Besseri Tratt. — mitissima Gmel. — O@zanonii Déségl.
— consimilis Déségl. — petrogenes Ozan.
— spreta Déségl. ? — ©@xyacantha MB.(!)
** Folioles à dents composées.
Rosa Ripartii Déségl. Rosa myriacantha DC.
Je l'ai déjà dit(2), je retranche de cette section les R. hibernica Sm., R. involuta Sm. et R. rubella Sm., comme n'étant pas de vraies Pimpinellifoliées. Celles-ci se distinguent par la forme particulière des oreillettes stipulaires, par leurs pétales toujours blancs et par divers autres caractères qui ne se trouvent point dans les trois espèces exclues.
A la suite des Pimpinellifoliées, viennent se ranger plusieurs formes considérées par quelques auteurs comme des espèces légitimes et qui me paraissent des hybrides : À. reversa W.et K., R. rubella Sm., R. pimpinellifolia Plur. Auct., et dont il sera parlé après la description d’une nouvelle hybride, le R. spinosissima X coronata Crép.
Secr. V. — Alpinae.
Rosa alpina L. *Rosa intricata Déségl.
— pyrenaica Gou. — alpestris Déségl.
(1) Cette espèce ne m'’étant connue que par sa description, je lai fait précéder du signe du doute.
(2) Bull., t. VIT, p. 258.
( 256 ) 15 Rosa monspeliaca Gou. Rosa lagenaria Vill.
— pendulina Ait.
De cette section, j'écarte les À. sabauda Rap., R. Sueffertii, Kirsehl. et R. rubrifolia Vill. qui ne peuvent être associés aux vraies Alpines. Le dernier se rapproche beaucoup des Canines.
Sect. VI. — Sabiniace.
Rosa Sabini Woods. Rosa involuta Sm.
— Doniana Woods. — coronata Crép.
— gracilis Woods. — sabauda Rap.
— Wilsoni Borrer.
La plupart des formes de cette section ont été jusqu'iei mal classées par plusieurs auteurs. C’est ainsi que M. Grenier, dans sa Flore de la chaine jurassique, place le À. sabauda dans ses Coronatae qui comprennent le R. spinosissima, et le R. coronata, dans ses Villosae à côté du R. mollissima Wld. D'autre part, M. Déséglise range le R. involuta Sm. dans ses Pimpinellifoliae, le R. sabauda, dans ses Alpinae et les R. gracilis, R. Doniana, R. Sabini et R. Wilsoni, parmi ses Tomentosae. Imitant ce que les Anglais avaient fait pour le R. Sabini, en 1862(1), je rapprochais le R. coronata des Pimpinellifoliées. Il ne faut du reste pas être surpris de voir les formes des Sabines placées, soit dans les Pimpinellifoliées, soit dans les Villeuses (2), car elles tiennent des deux sections : de la première par la gracilité des aiguillons et leur mélange assez fréquent avec des aiguillons sétacés, par le mode de végétation (plantes sociales), par l’étroitesse ordinaire des stipules, par une floraison précoce, par une certaine ressemblance de port, quand les individus sont petits et assez chétifs; de la seconde par la rectitude des grands aiguillons, par la villosité du feuillage, par la forme du réceptacle fructifère et par la persistance des sépales.
Secr. VII. — Montanae.
Rosa rubrifolia Vill. Rosa montana Chaix.
* — inclinata Kerner. — salaevensis Rap.
(1) Motes, fase. IL, p. 29.
(2) Les Villosae telles que je les définis.
Rosa Perrieri Songcon. “Rosa discreta Rip.
— Keuteri God. * — imponens Rip.
* — xIseana Crép. * — falcata Pug.
— Crepiniana Déség]. * — pelasoiïi Lag. et Pug. alpestris Rap. non Déségl.
— caballicensis Pug. -
Si on la juge, d’après les classifications antéricures, cette section doit paraître composée de formes bien disparates. M. Déséglise range le R. rubrifolia parmi ses Alpinae, les R. Reuteri et R. Crepiniana, parmi ses Caninae nudae, les R. montana, R. caballicensis, R. salaevensis et R. Perrieri, parmi ses Caninae hispidae. D'autre part, M. Grenier place le R. salacvensis dans ses Coronatae, à côté du R. sabauda, les R. rubrifolia et R. montana, dans ses Ambiguae et le R. Reuteri, dans ses Caninae.
Ce nouvel arrangement, naturellement provoqué par l’examen attentif des formes, avait été prévu par Seringe dès 1825. En effet, dans une notice étendue sur le R. rubrifolia (1), cet auteur proposait de réunir à cette espèce le R. montana sous le nom de var. glandulosa, et il n'y a rien d’imprudent à supposer que ce qu’il désigne sous le nom de var. pinnatifidaset qu'il a fait figurer sur la planche IT, fig. IT soit l’une ou l’autre forme du R. Reuteri. Pour qu’il vint à l'esprit de Seringe l’idée d’un tel rapprochement, il faut bien qu’il y ait entre ces trois formes, R. rubrifolia, R. Reuteriet R. montana, un grand air de famille, beaucoup d’affinité.
Mes Montanes peuvent être caractérisées : 1° par une glaucescence plus ou moins fortement marquée du feuillage et des jeunes rameaux; 20 par des aiguillons plus grêles que dans les Canines, souvent moins crochus; 5° par des sépales se redressant après l’anthèse, couronnant le fruit jusqu’à sa maturité, puis caducs; 4 par une teinte habituellement assez foncée de la corolle.
Le R. montana Chaix (an R. glandulosa Bell. ?)(2) tranche un peu, dans cette section, par la forme de ses folioles et la glandulosité de son réceptacle.
Par le R. Reuteri et les formes voisines, le R. rubrifolia et les espèces
qui le suivent se relient aux Canines, comme par une sorte de gradation.
(1) Musée helvétique, t. E, p. 7.
(2) N'ayant pu jusqu'ici consulter le mémoire de Bellardi, je ne sais à quoi m'en tenir sur le À. glandulosa de cet auteur, qui cependant me
parait être la même forme que le R. montana de Chaix.