‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 22 sur 174 · EU · texte numérisé non relu

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planche dessinée par Redouté. Ventenat nous apprend que cette espèce croit naturellement au Kamtschatka.

Plus tard Thory et Redouté ont décrit et figuré la même plante dans: Les Roses. En comparant les deux planches, on observe entre les deux plantes figurées des différences assez marquées et à première vue on croirait avoir affaire à deux espèces plus ou moins distinctes. Ces différences sont du reste signalées par Thory qui dit, dans Les Roses : « En comparant cet individu (celui figuré dans l'ouvrage de Ventenat) avec celui qui accompagne notre description, on verra facilement que, depuis moins de dixhuit ans, le Rosier a subi des modifications assez importantes sous le rapport de la longueur ou de la densité des aiguillons et de la forme des folioles. »

Dans son Prodromus V'onographiae generis Rosae (1820), Thory donne le R. rugosa de Thunberg comme synonyme du R. kamtschatica de Ventenat, ainsi que le KR. ferox d'Andrews.

Dans sa Monographie, Lindley maintient comme espèce distincte le R. kamtschatica Ventenat et rappelle la première figure qui a été faite par Redouté; mais quant à la figure de la même plante publiée dans Les Roses il l'a rapporte à son R. ferox, qu'il dit originaire du Caucase. Le même auteur décrit une prétendue troisième espèce, le R. rugosa Thunberg, qu'il accompagne de la copie d’un dessin japonais. Lindley voit done trois types où Thory n'en voit qu'un seul.

Trattinnick décrit le R. rugosa Thunb., avec lequel il constitue sa section Hoppeana ; il lui rapporte le R. kamtschatica décrit et figuré dans Les Roses, en critiquant Redouté et Thory d'avoir réuni ce dernier au R. kamtschatica de Ventenat. Il place celui-ci dans sa section

( 55 Woodsiana en compagnie du R. spinosissima L. Pour lui, le R. ferox de Lindley et d'Andrews n'est qu'un simple synonyme du À. rugosa.

Seringe admet le R. kamtschatica Vent., auquel il attribue trois variétés : la var. z ou typique est représentée par la forme décrite par Ventenat et figurée la première fois par Redouté ; la var. 5 ferox, à laquelle il rapporte le R. ferox d'Andrews et de Lindley et le R. kamtschatica déerit et figuré dans Les Roses ; la var. y nitens qui est figurée dans le Botanical Register, tab. 924. Le R. rugosa Thunb. est décrit par Seringe sur la figure qu'en a publiée Lindley et la diagnose est terminée par ces mots : « An R. kamischaticae var.? » Seringe n’admettait donc qu'une seule espèce où Lindley en voyait deux.

Dans le Botanical Magazine, t. LIX, 1852, tab. 5149, Curtis et Hooker ont figuré et décrit le R. kamtschatica Vent. D'après la synonymie, on reconnait que Hooker distingue le R. kamtschatica du R. rugosa.

M. K Koch, dans sa Dendrologie, considère les R. kamltschatica Vent. et R. rugosa Thunb. comme deux espèces distinctes.

En voyant des auteurs tels que Lindley et Hooker admettre les R. kamtschatica et R. rugosa comme deux types spécifiques distinets, en considérant que Trattinniek place ces deux types dans deux sections différentes, on est autorisé à croire à l'existence de deux espèces véritables et bien caractérisées ; mais quand on en vient à l'analyse des plantes que ces phytographes ont décrites, on arrive bientôt au doute et une étude attentive conduit lobservateur à réunir ces deux prétendues espèces, qui ne sont, selon moi, que deux formes appartenant au même type spécifique, formes qui se relient l'une à l'autre par des

variations intermédiaires. Ainsi se confirme l’assertion de Redouté et Thory au sujet des modifications qu'avait éprouvées la plante décrite par Ventenat et qui, de la forme KR. kamtschatica, était devenue, après dix-huit ans, la forme R. rugosa. Du reste quand on considère le vrai R. kamtschatica tel que l’a décrit Ventenat, avec ses aiguillons petits et peu inégaux, ses folioles allongées, sa corolle et son réceptable fructifère de dimensions moyennes et le vrai À. rugosa, avec ses aiguillons plus robustes, ses folioles plus élargies et relativement plus courtes, sa corolle plus grande et son réceptacle fructifère plus gros, on ne peut voir, dans ces différences, de vrais caractères distinetifs ; dans l’un et dans l’autre, on constate les mêmes caractères essentiels et qui en constituent une seule et unique espèce.

A propos du R. ferox de Lindley qui est le type du R. rugosa, je dois faire remarquer que le monographe anglais a commis une erreur en lui attribuant le Caucase pour patrie. Il existe bien un R. ferox dans la région du Caucase, mais c'est une autre espèce décrite par Marschall von Bieberstein, espèce appartenant à la section des Rubiginosae et dont il sera question plus loin sous le nom de R. rigida Willd. Herb.

Tout me porte à croire que le R. rugosa décrit par Lindley sur un dessin japonais est encore le type de Thunberg. L'artiste a évidemment oublié de figurer les stipules et, pour bien montrer les fleurs, il a négligé de représenter la feuille florale ou les bractées.

Dans le Botanical Register, ainsi qu'il a été dit eidessus, Lindley a décrit une var. nitens du R. kamtschatica à folioles luisantes et glabres. Cette variété pourrait bien être le R. coruscans Waitz, que Link a décrit

dans son Enumeratio plantarum horti regii botanici Berolinensis, n° 553. D'après un bel échantillon que j'ai vu dans l'Herbier royal de Berlin, le R. coruscans Waitz serait, selon moi, une forme presque glabre du R. rugosa et qu'on pourrait appeler var. glabriuscula. Les folioles n'ont de villosité que sur la côte; les aiguillons sont glabres, et l’épiderme des axes floraux n'est chargé que d'une légère villosité.

Le R. rugosa, ce beau type de l’extrème Orient, a été tout récemment encore enrichi d'un nom nouveau. L'année dernière, les rédacteurs de l’{llustration horticole, croyant avoir affaire à une espèce inédite, ont décoré le vieux type de Thunberg du nom de R. Regeliana. Dès la publication de cette prétendue nouvelle espèce, dont la dénomination était malheureuse, puisqu'antérieurement Reuter avait décrit un R. Regelii, je fis remarquer aux auteurs, MM. Linden et André, que leur R. Regeliana me paraissait être le R. rugosa, espèce cultivée depuis longtemps dansles Jardins botaniques et connue en Angleterre sous le nom de Hedge-hog rose. Depuis lors, j'ai pu étudier le R. Regeliana dans les deux établissements horticoles de M. Linden, à Gand et à Bruxelles, et j'ai acquis la conviction qu'il représente le vrai type de Thunberg, tel qu'il est cultivé dans les Jardins botaniques d'Europe et tel qu'il existe à l’état indigène au Japon. M. André, l’un des créateurs du R. Regeliana, a consacré un nouvel article à cette plante, dans le tome XIX de l{llustration horticole, pages 45 et 44 (1872), dans lequel il s'efforce de démontrer que la Rose qu'il a nommée n'est pas le R. rugosa de Thunberg et Siebold. Sa démonstration est loin d'être suflisamment claire et dénote que l'étude des Roses n’est pas familière à son auteur. Le R. Regeliana

(56) tel que je l'ai vu dans l'établissement horticole de M. Linden, à Bruxelles, a les tiges bien dressées et non demicouchées : dans les pieds cultivés en pots à l’établissement du même horticulteur, à Gand, les tiges sont parfois un peu ascendantes , mais ce n'est là qu’un accident individuel. Les feuilles caulinaires sont à 5-9 folioles ; les stipules sont identiques à celles du type de Thunberg et de Siebold. Si les fleurs sont parfois en corymbe multiflore, c'est quand elles se développent anomalement au sommet des tiges, car quand elles naissent normalement sur les ramuscules de deuxième géncration, elles sont ordinairement solitaires comme dans le type de Thunberg et de Siebold. Si les pédicelles sont hispides ou plus hispides, c'est également une conséquence de l’inflorescence anomale dont il vient d'être question. Si les sépales sont parfois au nombre de 6, 7 ou 8, c'est un état monstrueux dû au développement anomal de l'inflorescence. Les sépales ne sont pas réfléchis sur le réceptacle fructifère, mais ils se redressent après l'anthèse ; ils sont persistants et couronnent le réceptacle fructifère comme dans le type de Thunberg. Du reste, d’après la description même du R. Regeliana et comme au surplus le démontre la figure jointe à cette description, les sépales sont redressés sur le fruit. Les sépales restent réfléchis, quand les réceptacles florifères jaunissent après l'anthèse et ne fructifient pas, comme je l'ai vu dans le jardin de M. Linden, à Bruxelles ; mais ce n’est là qu'un simple accident. Quant à la couleur de la corolle, elle est identiquement la même dans les deux formes. L'examen très-attentif que j'ai fait du R. Regeliana et l'étude que j'ai faite du vrai R. rugosa, tant indigène que cultivé, m'autorisent à aflirmer que le premier non-

seulement n'est pas spécifiquement distinet du second, mais qu'il n'en constitue même pas une variation : il y a identité parfaite entre les deux plantes. Le R. Regeliana ne diffère en rien du R. rugosa qui était cultivé au Jardin des plantes de Paris, en 1858, sous le nom de R. kamtschatica Vent. et dont j'ai vu un beau spécimen dans l'herbier de Kunth; il ne diffère en rien du R. rugosa cultivé depuis longtemps dans plusieurs autres Jardins botaniques. Il est à remarquer que la planche de lIllustration horticole représente un spécimen plus ou moins monstrueux, c'est-à-dire une extrémité de tige devenue florifère. Le R. r'ugosa cultivé produit assez souvent des fleurs au sommet de ses axes caulinaires et les inflorescences terminales, qui sont accidentelles, sont bien différentes des inflorescences normales naissant sur les ramuscules florifères partant, soit de la tige, soit des ramifications de celle-ci.

Pour les R. ferox, R. rugosa et R. kamtschatica, qui au fond ne représentent, selon moi, qu'un seul et même type spécifique, Lindley avait constitué une section spéciale, celle des Feroces ; or ce n'est pas là une section naturelle et c'est ce que je démontrerai dans un article spécial sur les Roses asiatiques. Le R. rugosa a les folioles à bords plus ou moins enroulés en dessous et à face inférieure plus ou moins abondamment glanduleuse, comme diverses formes de la Mongolie, de la Mandchourie et de la Sibérie que je décrirai plus tard.

N° 9818. — Rosa blanda gerninibus globosis, caulibus adultis pedunculisque laevibus inermibus. Ait. Kew., 2, p. 202. — Hubilat in Terra Nova et Sinu Hudsoni.

Au verso du premier feuillet de la chemise, sont fixées les deux étiquettes suivantes : « Schott. W. » — « Rosa fraxinea. » Cette deuxième étiquette, qui est peut-être de l'écriture de Willdenow, se rapporte probablement à l'échantillon attaché sur la deuxième feuille.

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1). Un ramuscule florifère.

Fol. 2.) Un ramuseule florifère.

Ces deux spécimens appartiennent au R. fraxinifolia de Gmelin. Le type de Gmelin, qui a été créé sur la plante cultivée en Europe et devenue subspontanée çà et là, est souvent confondu avec le R. fraxinifolia de Borkhausen. D'après Trattinnick, ce dernier serait une forme originaire d'Europe à folioles obscurément doublement dentées que Redouté et Thory auraient figurée et décrite sous le nom de À. alpina var. laevis. Les termes de la diagnose de Thory « foliolis bidentatis » ne permettent aucunement de rapporter ce R. alpina var. lacvis au R. fraxinifolia Gmel., qui à toujours les dents foliaires parfaitement simples. Seringe ( . élanges botaniques, p, 55 et Prodr., tome If, p. 606) a done eu tort de rapporter la planche de Redouté au type de Gmelin. Lindley a commis la mème faute. Il reste maintenant à voir si le nom de Gmelin est le nom princeps de l'espèce en question. Selon Trattinnick, Jacquin, dans son Fragmenta Botanica (176%), aurait décrit le R. fraxinifolia avant Gmelin et lui aurait donné le nom de R. blanda. Ce nom de R. blanda fut plus tard employé par Aiton

(Hortus Kewensis, ed. 1, 1789) et d'après ce que nous apprend Lindley, cet auteur avait consulté les manuserits du Dr Solander, qui réunissait, sous la désignation de R. blanda, deux plantes différentes : l’une qui est Île R. fraxinifolia et l'autre qui est la forme décrite par Lindley sous le nom de R. blanda. I suivrait donc de là, si l'assertion de Trattinnick est fondée à propos du R. blanda de Jacquin, que le nom de R. blanda est le nom princeps du R. fraxinifolia de Gmelin et que les R. blanda Lindl. et R. blanda Aït. (pro parte) doivent devenir de simples synonymes et être remplacés par le nom de R.Solandri, proposé par Trattinnick pour désigner la Rose si répandue dans l'Amérique septentrionale et généralement connue sousle nom de R. blanda.

Nous avons vu qu'il existe dans la chemise du R. alpina n° 9850 une feuille simple, sur laquelle est attaché un spécimen accompagné d'une étiquette portant le nom de R. fraxinea, et, d'autre part, nous voyons ici, s'appliquant à l’un ou l’autre spécimen du n° 9818, une étiquette portant également le même nom de R. fraxinea. À quelle forme doit se rapporter ce nom de R. fraxinea ? Willdenow a-t-il voulu désigner sous ce nom une forme du R. alpina ou bien le R. fraxinifolia. La diagnose et la description du R. blanda reproduites dans son Species plantarum s'appliquent parfaitement aux deux spécimens du R. blanda, n° 9818 de son herbier, R. blanda qui est done le R. fraxinifolia de Gmelin ; tandis que la description de son R. fraxinea renferme plusieurs caractères, tels que « germinibus ellipticis, peduneulis glanduloso-hispidis, petiolis subculeatis glanduloso-hispidis, » qu’on observe point dans le R. fraxinifolia type de Gmelin et dans les deux spécimens du n° 9818 de l'herbier de Willdenow, mais bien dans l'échantillon attaché sur la 5° feuille

du R. alpina n° 9850. La diagnose du R. fraxinea (Enum. pl. hort. Berol. Suppl., p. 57), publiée après la mort de Willdénow, renferme un caractère « aculeis sparsis » qui n'existe pas dans le type du À. alpina, mais qui se présente dans plusieurs de ses variétés et il se peut bien que le ramuseule inerme du R. alpina, n° 9850, fol. 3, ait été recueilli sur un pied dont l'axe caulinaire portait quelques aiguillons épars. Du reste ce caractère d’aiguillons épars ne peut s'appliquer aux deux spécimens du R blanda n° 9818, qui sont parfaitement inermes. Si les éléments fournis par l'herbier et les ouvrages de Willdenow ne sont pas suffisants pour élucider d'une facon complète cette question de synonymie, on peut cependant dire qu'il y a plus de raisons pour rapporter le nom de R. fraxinea à une forme du R. alpina qu'au R. blanda Ait. (R. fraxinifolia Gmel.). Sprengel rapporte sans le moindre doute le R. fraxinea Willd. au R. blana Ait., mais pour établir cette synonymie il s'est uniquement basé sur le n° 9818 de Willdenow ; s'il avait consulté la description de l’'Enumeratio et remarqué le spécimen fixé sur la 5° feuille du R. alpina n° 9850 et nommé R. fraxinea, il eut été moins aflirmatif dans son assimilation. Seringe rapporte avee doute le R. fraxinea Willd. au R. blanda Aït.

Il resterait à rechercher si le R. fraxinifolia Gmel. est une espèce autonome, ou si ce n'est pas une simple variété d'un type américain produite par une longue culture en Europe. Jusqu'à présent, l'existence en Amérique du vrai R. fraxinifolia Gmel., tel que nous le connaissons en Europe, est restée douteuse. En étudiant les nombreuses formes du R. Solandri Tratt. (R. blanda Auet. non Jacq.), l'idée m'est venue que le R. fraxinifolia pourrait bien être une variété de ce dernier. Avant de me

prononcer sur cette délicate question, j'ai de nouvelles recherches à faire. Si mon soupcon était fondé, on s'expliquerait facilement comment le R. fraxinifolia a été vainenement recherché en Amérique, et le nom de blanda, créé par Jacquiu en 1764, resterait définitivement appliqué à l'espèce américaine qui est généralement connue sous ce nom et que Trattinnick a proposé d'appeler R. Solandri.

N° 9834. — Rosa caroliua germinibus globosis hispidis, pedunculis subhispidis , caule aculeis stipularibus, petiolis aculeatis. Lin. Syst., ed. R., p. 527. — Habitat in America septentrionali.

Au verso du premier feuillet de la chemise, on lit : « Krausse. W.»

Ce numéro est représenté par six feuilles simples.

Fol. 14). Un ramuscule florifère. — Appartient au R. carolina L. Sépales extérieurs entiers ou munis de 1-2 pinnules très-petites et supérieures ; réceptacle hispide-

glanduleux.

Fol. 2). Un ramuseule florifère. — Appartient au À. lucida Ebrh. Fleurs simples.

Fol. 3). Un ramuscule florifère. — Wallroth a écrit à

côté : «. ad R. majalem potius pertinet. » Appartient la à forme que Willdenow a décrite sous le nom de À. gemella. Fol. 4). Un rameau florifère. Au bas de la feuille, se trouve fixée une étiquette de Willdenow portant : À. pennsylvanica. » — Je n'ose me prononcer sur cet échanullon qui appartient peut-être au R. parviflora Ehrh. Il présente six fleurs disposées en corymbe, mais ce nombre de fleurs est probablement anomal ; les pédicelles sont lisses ainsi que les réceptacles; les sépales sont un peu glanduleux

sur le dos. Dans son Species plantarum , Willdenow

rapporte le R. pennsylvanica Wangenh. au R. parvi-.

flora Ehrh.

Fol. 5). Un ramuscule florifère, accompagné d’une petite étiquette portant: « Kien. 166. » — C’est une forme à fleurs semi-pleines, et au nombre de quatre au sommet du ramuscule. Aiguillons géminés, grèles et droits ; folioles simplement dentées, rappelant celles du R. lucida, mais paraissant avoir été peu au point luisantes, quelques-unes munies de quelques poils en dessus, toutes à face inférieure entièrement velue ; pétioles un peu velus, inermes ou un peu aiguillonnés ; réceptacle florifère campanulé, ordinairement très-hispide-glanduleux ; pédicelles assez abondamment hispides-glanduleux ; sépales extérieurs munis d'une paire de pinnules. Corolle large de 55 mill. Semble se rapprocher du R. Rapa tel que le décrit Lindley, mais dans le R. Rapa de cet auteur les folioles sont glabres.

Fol. 6). Un ramuscule florifère, accompagné d’une petite étiquette portant : « 490 (Mühlenberg misil.). » — Appartient au R. carolina L.

N° 9829. — Rosa parviflora germinibus globosis pedunculisque hispidis, petiolis subaculeatis, caule glabro aculeis rectis, foliolis ellipticis, floribus subgeminatis. — Rosa PARVIFLORA Ehrh., 4, p. 21. — Habitat in Carolina.

Au verso du premier feuillet de la chemise, sont fixées les deux étiquettes suivantes : « Noak. W. » — « 492

(Mühlenberg misit.). » Ce numéro est représenté par trois feuilles simples.

Fol. 1). Une extrémité de ramuscule florifère dépourvue de feuilles. — On ne peut guère se prononcer sur ce fragment. Celui-ci porte deux fleurs doubles, à pédicelles finement et abondamment hispides-glanduleux ; les sépales extérieurs sont appendiculés ; les aiguillons sont grèles, droits ou un peu inelinés, mais non recourbés. Appartient probablement au R. purviflora Ehrh.

Fol. 2). Un ramuscule florifère. — Il est probable que cet échantillon appartient au R. parviflora Ehrh. Fol. 5). Un ramuscule florifère. — Parait appartenir

au R. parviflora Ehrh. C'est à peu près la même forme que la précédente.

N° 9832. — Rosa lucida germinibus depresso-globosis pedunculisque subhispidis, aculeis stipularibus, foliolis nitidis glabris. Ehrh. Beitr., 4, p. 22. — Habitat in À merica.

Au verso du premier feuillet de la chemise, sont fixées les deux etiquettes suivantes : « Bouché. W. » — « 491 (Mühlenberg misit). »

Ce numéro est représenté par trois feuilles simples.

Fol. 1) Un ramuscule florifère à fleurs pleines ou trèsdoubles. — Ce n’est pas le R. lucida Ehrh. Parait être la forme dont M. K. Koch, dans sa Dendrologie, fait mention en ces termes : « In botanischen Garten in Berlin wird eine Form des R. lucida mit gefüllten Blumen kultivirt, welche dicht mit steifen, geraden und ungleichen Stacheln besetzt ist und einen kreiselformigen Fruchtknoten besitzt. Von der Turnips-Rose unterscheidet sie

sich ebenfalls durch flache Blumen. Sie ist für Boskets zu empfehlen, weil sie buschig wächst und sich End Juni,

zum Theil noch Juli dicht mit Blüthen, welche ausserdem

noch eine lange Dauer haben, bedeckt. » Il est bien possible que le R. lucida soit intervenu dans la production de cétte curieuse forme, qui pourrait être une hybride. Comme elle n'a pas encore été décrite, que je sache du moins, je vais en faire la description d’après le spécimen conservé dans l'herbier de Willdenow.

Rosa . . . . . Écorce verte. Ramuscule long de 11 1/2 cent., inerme, à entrenœuds supérieurs chargés d’assez nombreuses glandes stipitées. Folioles rappelant celles du R. lucida, mais ne paraissant pas avoir été luisantes et aussi épaisses, à dents ordinairement moins larges, beaucoup de celles-ci accompagnées d’un ou deux denticules accessoires glanduleux, à côte glanduleuse avec quelques rares poils, à nervures secondaires un peu glanduleuses. Pétioles glabres, modérément glanduleux, les inférieurs un peu aiguillonnés. Stipules moins dilatées que dans la forme ordinaire du R. lucida. Fleurs au nombre de deux au sommet du ramuscule, la médiane à pédicelle dépassant presque une fois la stipule de la feuille supérieure, la latérale à pédicelle mani à sa base de deux bractées presqüe opposées et une fois plus courtes que lui. Pédicelles longs de 25 et 19 mill., abondamment hispides-glanduleux, à glandes fines entremélées sur le pédicelle médian de quelques soies. Réceptacle florifère campanulé, court, très-hispideglanduleux, à glandes sétuliformes. Sépales assez allongés, hispidesglanduleux sur le dos, les extérieurs munis de 1 ou 2 pinnules. Corolle grande, ayant environ 60 mill. de diamètre et dépassant les sépales.

Fol. 2). Un ramuseule florifère et un fragment de rameau — Appartiennent à la forme ordinaire du R. lucida Ebrh.

Fol. 5). Un ramuscule florifère. — Appartient à la forme ordinaire du R. lucida Ehrh.

Comme le R. lucida, découvert par Treviranus dans l'ile de Rügen, a été l'objet de la création d'une espèce nouvelle par Roth, sous le nom de R. baltica, je pense

que l'histoire de ce dernier, restée obscure pour beaucoup de botanistes, ne sera pas déplacée dans ce paragraphe. Cette histoire, outre qu’elle démontre l'inanité de la création de Roth, me fournit l’occasion de faire une observauon d'un grand intérêt. J'ai puisé les premiers détails de cette histoire dans une notice intitulée : Ueber einige Rosen besonders die Rosa baltica Roth, von D° Koch und D'Treviranus, insérée dans le Flora (de Regensburg), année 1852, part. I, pages 129-151. Cette notice, rédigée par Koch, contient des renseignements que Treviranus avait fournis sur le R. baltica et qui sont reproduits textuellement. Je les traduits : « Mon digne ami Roth, dans son Nov. plant. spec., p. 154, et postérieurement, dans le 2° volume de son Enum. pl. phanerog. Germaniae, p. 464, décrit, sous le nom de R. baltica, une Rose, qui, ditl, aurait été découverte par moi sur le rivage de la mer près de Rostock. Plus tard, dans son Deutschl. Flora, HE, p. #59, il annonce tout d'abord que l'examen de quelques exemplaires de cette Rose lui avait fait reconnaitre que celle-ci se rapportait assez bien, par ses divers caractères, au À. lucida, en second lieu, que le D' Detharding (Comp. pl. M. Duc. Megalop., p. 57) n'avait pu la retrouver sur le rivage oriental près de Warnemünde sous Rostock, et en troisième lieu, que cette Rose, d'origine américaine, peut-être introduite accidentellement, ne pouvait pas provisoirement être considérée comme une espèce germanique. Je regrette beaucoup d'avoir été, mais certes contrairement à ma volonté, la cause de la création d'une fausse nouvelle espèce dans un genre déjà si embrouillé que l’est le genre Rosa. Pendant mon séjour à Rostock, je découvris, en juin 1815, dans les sables des dunes maritimes près de Warnemünde, un petit buisson de R.

canina qui se distinguait par ses grandes fleurs d’un beau rouge et agréablement odorantes : elles sont, dans le R. canina ordinaire, d’une médiocre grandeur, d’un rose pàle et peu odorantes. En comparant les deux plantes, je découvris que les folioles étaient plus arrondies que dans le R. canina ordinaire et que les réceptacles étaient plus courts et plus arrondis. Quant aux autres organes, je ne leur trouvai pas de différences, en sorté qu'après avoir recueilli quelques spécimens de cette forme, je la renseignai, dans mon calepin, sous le nom de R. canina var. germin. subglobosis. Deux années après, en Juillet 1815, dans une excursion à l'ile de Rügen, je découvris, sur une colline, entre Putbus et Geviz, une Rose que je reconnus pour le R. lucida L. Je me rappelle parfaitement avoir envoyé, au D" Roth, un exemplaire de la première Rose (de Warnemünde) avec le nom susdit, mais je n'ai aucun souvenir de lui avoir communiqué des spécimens de la deuxième. Cependant la chose parait avoir eu lieu, puisque sa description se rapporte exactement à cette plante (de l'ile de Rügen) et, le cas échéant, il faut croire qu'il y a eu une confusion matérielle dans les étiquettes. Ce que je puis assürer, c'est que jamais je n'ai considéré l'une ou l’autre de ces deux formes comme une espèce particulière et que si un exemplaire de celle de l'ile de Rügen, envoyé par moi, existe bien dans l’herbier de Mertens, sa désignation comme À. ballica ne lui a pas été donnée par moi. » — Il résulte de ce qui précède que le R. baltica n’a pas été réellement trouvé près de Rostock, ainsi que l'avait écrit Roth et que l'avaient répété Trattinnick, Seringe et Koch et que ce type a été créé sur une plante de l'ile de Rügen et considérée par Treviranus comme appartenant au

(67) R. lucida. Désirant me renseigner plus amplement sur le R. baltica, j'écrivis au vénérable professeur Rüper, de Rostock, afin d'obtenir des échantillons de la Rose de Rostock et de celle de l'ile de Rügen. Mon correspondant, avec sa bonté habituelle, se häta de me répondre en me faisant parvenir des spécimens de la plante de Rostock, auxquels la note suivante était jointe : « Haec specimina def. Dethardingius in arenosis prope Warnemünde legit et Rosam caninam y glandulosam Rau nuneupavit, addita schedula in qua sequentia leguntur : Rosa. . . . an baltica? — West-Warnemünde. — Crediderim hane formam R. caninae, foliis saepius rubentibus floribusque laete (nec pallide) roseis praeditam, eandem esse ac Rosam beat. Trevirano a. 1815, in syrtis Warnemundensibus lectam et in diaro « Flora (1852, p. 151-152) descriptam. — Rosa baltica Rotuir a nullo botanicorum Rostochiensium prope Warnemünde reperta est. Th.-Fr. Marsson (Flora von Neu-Vorpommern und den Inseln Rügen u. Usedom, Leipzig 1869), hujus plantae nullam fecit mentionem. » — Les deux échantillons en fleurs de la Rose de Rostock, qu'a bien voulu m'envoyer M. Rôper, appartiennent à une forme très-voisine de ce que j'ai appelé R. scabrata et sont même peut-être identiques avec cette petite espèce démembrée du R. canina. — Il résulte donc une seconde fois que Rostock ne doit plus être cité, soit à propos du R. baltica, soit à propos du R. lucida. Koch, dans son Synopsis, ed. 5, p. 195, considère le R. baltica Roth comme synonyme du R. lucida, qu'il indique sur les rives de l'Elbe près de Hambourg. J'ai vu des échantillons provenant de cette habitation. M. Boreau, dans une publication dont il va ètre question, proteste contre cette assimilation des R. baltica et R. lucida, en

(68) invoquant plusieurs caractères qui distingueraient le R. baltica du R. lucida. Cet auteur a surtout en vue le R. baltica signalé sur les côtes françaises.

L'histoire de ce dernier mérite de nous arrêter quelques instants. En 1862, M. Boreau lisait, en séance de la Société académique d'Angers, une notice intitulée : Précis des principales herborisations faites en Maine-et-Loire en 1862, dans laquelle il annonce la découverte d’un Rosier nouveau pour la flore de France, le R. baltica Roth. D'après ce botaniste (loc. cit., p. 20), c’est Desvaux, qui, le premier, l'avait découvert dans les sables de la Loire-Inférieure, au Pouliguen ; il lui avait donné le nom de R. spinosissima Pesn. Cat. Loir.-Inf. Suppl. (1841), p. 181. En 1862, rapporte M. Boreau, MM. Ledantec et Provost le trouvaient, le 29 juin, dans les sables de Pornichet, loin de toute culture et formant de petites forêts ou groupes très-étendus. C’est de cette localité que proviennent les échantillons fructifères publiés par M. Déséglise, dans son Herbarium Risarum, sous le n° 42. En présence de l'indication de M. Boreau, on pouvait s'imaginer que cette Rose devait être, sinon indigène, du moins introduite depuis assez longtemps et bien établie dans les sables de Pornichet; mais on se serait trompé. Voici en substance ce que m'écrivait M. Lloyd au sujet de cette prétendue Rose française. — Les renseignements fournis à M. Boreau ne sont pas exacts et cet auteur a été induit en erreur, chose qu'il a du reste reconnue depuis lors. Aux deux localités signalées comme habitations françaises du R. baltica, celui-ci a été planté par le régisseur d’un chàteau, de la bouche duquel M. Lloyd tient ce renseignement. Au Pouliguen, le Rosa est très-rare ; à Pornichet, il est assez commun, mais avant 1844, la localité indiquée

était une dune ne nourrissant que les plantes maritimes propres à cette région du littoral. Aujourd'hui cette dune a complétement changé; on y voit des maisons, des jardins, des bois de Pins, des carrés d’Asperges, le Populus nigra et alba, l'Alaterne, plusieurs Saules et enfin le À. baltica. — M. Lloyd est un savant trop consciencieux, un botaniste trop expert et connaissant trop bien de longue date la flore de son département, pour élever le moindre doute sur les assertions qui précèdent et pour voir autre chose dans le R. baltica français qu'un Rosier sorti des eultures.

Dans le R. baltica des côtes françaises, provenant, soit du Pouliguen, soit de Pornichet, les folioles, du moins dans les échantillons que j'ai examinés, ne sont pas poilues en dessous sur les nervures, comme le dit M. Boreau; la côte seule est un peu velue et devient à la fin presque glabre, etles autres nervures ainsi que le parenchyme interposé sont parfaitement glabres. Ceci ne concorde pas tout à fait avec les termes de la description de Roth reproduite par Trattinnick « costa venisque foliolorum pilosis. »

Le R. baltica de France donne lieu a une observation morphologique qui n’est pas sans importance et dont il sera prudent de tenir compte pour apprécier la valeur de certaines formes de Roses. Les tiges, et j'entends par tiges les pousses qui s'élèvent directement de la souche, sont chargées de très-nombreux aiguillons épars, dont le plus grand nombre sont grèles et sétacés mélés avec quelquesuns plus robustes; de plus, à la base des feuilles, il y a deux aiguillons géminés plus robustes que les autres. Si les tiges restent courtes, ces nombreux aiguillons sétacés s'élèvent jusque dans les entrenœuds supérieurs; si les tiges s'allongent, les aiguillons sétacés épars disparaissent en tout ou en partie dans les entrenœuds supérieurs, qui

sont ordinairement réduits aux seuls aiguillons géminés. D'un autre côté, si la tige donne directement naissance, la seconde année, à des ramuseules florifères, on voit ceux-ci également chargés d’aiguillons sétacés épars dans leurs entrenœuds inférieurs et moyens, aiguillons devenant plus rares Ou disparaissant dans les entrenœuds supérieurs, qui, dans ce dernier cas, sont réduits aux seuls aiguillons géminés. Du reste l'abondance des aiguillons sétacés varie d'un pied à un autre pied et sur certains individus ces aiguillons sont très-peu nombreux ou rares. Si enfin les ramuscules florifères naissent sur des ramifications de second ordre et non plus directement sur la tige, ils sont ou peuvent être réduils à leurs seuls aiguillons géminés, sans la moindre trace d'aiguillons sétacés épars. On reconnait là que plus les axes s'éloignent, soit de la souche, soit de la tige, moins ils sont aiguillonnés et qu’ainsi l’armature des axes est sous la dépendance du degré de végétation, ou, en d’autres termes, sous la dépendance du développement que peuvent prendre les individus. Le R. baltica peut done nous offrir des ramusceules florifères de second degré de végétation plus ou moins sétigères, et des ramuscules de 5° ou de 4° degré de végétation réduits aux seuls aiguillons géminés. — Un fait analogue s’observe dans le R. lucida cultivé ou subspontané. Les tiges de cette espèce peuvent être chargées, dans leurs entrenœuds inférieurs, de nombreux aiguillons sétacés épars, aiguillons mélangés avee quelques-uns plus robustes: ce n’est qu'à une certaine distance de la base que les aiguillons géminés apparaissent sur l'axe. Comme, dans cette forme, la végétation est plus puissante que dans le R. baltica, du moins le R. baltica des côtes françaises, les ramuseules florifères sont ordinairement de 5° ou de 4°

(71) degré de végétation et sont dépourvus d'aiguillons sétacés épars : ces mêmes ramuscules sont même presque toujours complétement inermes et privés d’aiguillons géminés. Il suivrait de là que la différence tirée de l’armature des axes, qui a servi de caractère spécifique pour distinguer le R. baltica des côtes française du R. lucida, se réduit au fond à une simple différence dans la vigueur de la végétation. Cette différence d'où provientelle? Témoigne-t-elle de l'existence de deux types spécifiques distincts? Tout me porte à croire qu'elle n'est probablement que le résultat de la culture. En effet, on doit s'attendre à ce que le R. baltica français cultivé dans le sable des dunes reste un arbrisseau petit, et que le R. lucida, ordinairement cultivé dans la terre fertile des Jardins botaniques, soit de taille plus élevée. Le R. baltica des côtes françaises se distingue cependant encore de la forme ordinaire du R. lucida cultivé dans les jardins par des folioles plus petites, moins épaisses, moins allongées, obovales, mais je ne pense pas que ces caractères soient réellement distinctifs et je suis disposé à ne voir dans ces caractères, comme dans les autres invoqués par les auteurs, que de simples différences marquant des variétés d'un même type. D’après ce que je vois sur de beaux matériaux que j'ai récemment reçus d'Amérique, le R. lucida serait un type assez polymorphe, produisant des tiges très-grêles, peu élevées, ou robustes, à folioles variables dans leurs contours , tout à fait glabres ou plus ou moins abondamment pubescentes, à fleurs solitaires ou en corymbe, ete., ete. Ces mêmes matériaux me font même pressentir la réunion du R. parviflora Ebhrh. au R. lucida Ehrh., assimilation du reste déjà faite par MM. Torrey et Gray (F1. of North Americ.).

CE

Je me réserve de discuter ce point intéressant dans un article spécial sur les Roses américaines.

N° 9833. — Rosa nitida germinibus calycibus pedunculis ramisque hispidis, foliis utrinque nitidis glaberrimis. — Hab.….

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1). Un ramuscule foliifère. — Au bas de la feuille, on lit: « Hort. bot. Berol. W. » Wallroth a joint une étiquette portant : « Rosa sinica « nivea Hist. 96. Stipulis jam longe a R. nitida recedit. » — C'est un ramuscule du R. sinica Murr. (R. hystrix Lindl., R. laevigata Mx). Torrey, qui a examiné les Roses de l'herbier de Willdenow, écrivait: « The specimen named R. nitida in Willdenow's herbarium is R. laevigala Michx! » (FL. of North Americ.). Cette confusion, ainsi que plusieurs autres que je constate dans l’herbier de Willdenow ne peuvent être le fait de cet auteur et ont dû avoir lieu après sa mort, lors de l'arrangement de sa collection.

Fol. 2). Sur cette feuille, au bas de laquelle on lit : « Rosa nitida ? W. », se trouvent trois échantillons. L'un d'eux, marqué (a), me parait appartenir au vrai R. nitida Willd.; les deux autres, marqués (b)et(c), n'appartiennent pas au À. nitida, du moins à la forme typique, et pourraient bien appartenir à une forme sétigère du R. parviflora Ebrh.

Ce mélange de diverses formes sous le nom de RÀ. nitida fait naitre quelques doutes sur la plante que Willdenow a décrite sous ce nom, d’autant plus que la diagnose de l'Enumeralio, p. 544, peut s'appliquer assez bien à cette forme sétigère que je viens de citer et qui

semble appartenir au R. parviflora. L’herbier de Link nous offre heureusement le moyen d’écarter tout doute sur le R. nitida. Sous le n° 212, il y existe un ramuscule florifère recueilli au Jardin botanique de Berlin, nommé R. nitida, et identique au spécimen du R. nitida marqué (a) de la deuxième feuille du n° 9855. Comme Link a été le successeur de Willdenow au Jardin botanique de Berlin, nous pouvons croire que le R. nitida décrit dans l'Enumeratio plantarum horti botanici Berolinensis de 1821-1822 et représenté par le spécimen n° 212 ci-dessus est bien le type de Willdenow. Celui-ci est le mème qu'a décrit et figuré Lindley! Dans l'herbier de Kunth, il existe, sous le n° 114, un spécimen du R. nitida étiqueté par le monographe anglais.

M. Asa Gray (Man. Bot., 1866, p. 122), contrairement à l'opinion d'un grand nombre d'auteurs, considère le R. nitida comme une forme du R. lucida Ehrh. Je me réserve de me prononcer plus tard sur cette assimilation.

N° 9835. — Rosa gemella germinibus depresso-globosis pedunculisque glabris, floribus subgeminatis, foliolis oblongis acutis serratis petiolis venisque subtus pubescentibus, aculeis caulinis geminis. — Habitat...

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1). Un ramuscule florifère. — Appartient au R. carolina L.'! C’est probablement ce spécimen auquel Meyer a fait allusion dans une communication à Seringe, communication à la suite de laquelle Seringe a considéré le R. gemella Willd. comme la var. gemella de son R. cinnamomea (Vid. Prodr., IE, p. 605, n° 359). Meyer en rapportant ce spécimen au À. gemella Willd. Enum. a certainement commis une erreur, Car ses caractères ne se

rapportent pas à ceux de la diagnose. C’est un délicat ramuscule du R. carolina uniflore, à stipules très-étroites, à folioles dont la côte est seule velue et à pédicelle muni de quelques rares glandes.

Fol. 2). Un rameau florifère. — Dans ce spécimen, les folioles sont finement pubescentes en dessus et pubescentes en dessous sur toute la surface. Ce dernier caractère ne concorde pas avec lestermes de la diagnose « foliolis.… venisque subtus pubescentibus. » Malgré cela cette forme parait bien représenter le R. gemella de Willdenow. Dans l'herbier de Link, n° 214, il y a deux spécimens de ce R. gemella provenant du Jardin botanique de Berlin ; dans l'herbier de Kunth, n° 165, il y a également deux échantillons de la même forme et accompagnés de cette étiquette : « Rosa gemella (teste Willd.). Hort. Berol. 1806-12. » Seringe, comme nous l'avons vu, fait du R. gemella une variété du R. cinnamomea; Lindley le place parmi ses Species incertae sedis; Sprengel le considère comme une espèce propre et le range entre les R. Woodsiü et R. carolina ; Trattinnick l’admet également comme espèce et le range dans sa section Linkiana. Link (Enum. hort. bot. Berol ) le distinguait comme un type particulier et différent des R. blanda (R. Solandri) et R. fraxinifolia Lindl. Pendant quelque temps, j’ai cru qu'il était une forme du À. cinnamomea à folioles assez amples, mais ayant depuis recu d'Amérique de beaux et nombreux spécimens du R. Solandri, je ne suis pas éloigné de penser que l'espèce créée par Willdenow est une forme de ce dernier type. Avant de me prononcer définitivement, je dois réétudier ce R. gemella sur des échantillons recueillis au Jardin botanique de Berlin, où la plante de Willdenow a été sans doute conservée jusqu'aujourd'hui.

L'identité spécifique que je soupçonne est d'autant plus probable que Willdenow n'a pas décrit le R. Solandri Tratt. (R. blanda Auct. non Jacq.), qui devait probablement exister, de son temps, dans le Jardin botanique de Berlin. Du reste Torrey, qui avait, comme Je l'ai dit, examiné l'herbier de Willdenow, rapporte le R. gemella Willd. pro parte ex spec. au R. blanda (R. Solandri).

SECT. MONTANAE,

N° 9842. — Rosa montana germinibus oblongis pedunculisque hispidis, petiolis aculeatis, caule aculeis stipularibus uncinatis, foliis glabris obovatis glandulososerratis Willd. — Habitat in Delphinatu, Helvetia.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un ramuseule florifère, et au bas de laquelle on lit : « Schleicher. W. » — Le spécimen, accompagné d'une étiquette moderne ainsi conçue : « Rosa glandulosa Bell. teste K. », appartient au R. montana Chaix.

N° 9843. — Rosa Reynieri germinibus ellipticis hispidis , ramis aculeatis petiolis pedunculisque nudis foliis ellipticis glabris arguto-serratis. — Habitat in Helvetia. — Entre l'habitat et la diagnose, von Schlechtendal a intercalé : « Rosa montana. »

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un échantillon florifère, et au sommet de laquelle on lit : R. Reynieri. R. montana. Au bas de la feuille, est attachée une étiquette imprimée de la collection de Schleicher : « 55. Rosa Reynieri. Hall. fil. — Ad viam Chemin neuf dictam supra Aven. » — C’est encore le R. montana Chaix. Dans les n° 9842 et 9845, les deux

(76 ) échantillons appartiennent identiquement à Ia même forme ! et cependant les deux diagnoses de Willdenow sont différentes.

N° 9846. — Rosa glaucescens germinibus oblongis pedunculisque glabris, caule petiolisque aculeatis, foliolis oblongis serratis subtus glaucis. — Habitat in Hungariae altis montibus.

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1) Un ramuscule florifère, accompagné de l'étiquette suivante de Kitaibel : « F. 21. Rosa glaucescens Mihi. In altis montibus. » — Appartient au R. rubrifolia Vill. Pédicelles courts et lisses; réceptacle florifère ovale et lisse; sépales entiers et églanduleux ; pas de teinte rougeâtre sur les organes foliacés.

Fol. 2). Un rameau foliifère, accompagné d'une étiquette portant : «balsamea. » Wallroth y a Joint une étiquette ainsi conçue : « Minime! ad R. alpinam pertinet. » — Folioles minces rappelant celles des Alpinae, à dents composées-glanduleuses, glabres en dessus, à côte et nervures secondaires munies de quelques poils entremèélés de glandes peu nombreuses; quelques rares aiguillons sétacés à la base du rameau. Ce rameau appartiendrait-il à la forme que Willdenow a nommée (in Enum. Suppl. p. 58) R. balsamica et que Sprengel a décrite dans son Systema plantarum, H, p. 549, n° 52? En présence d'un simple rameau fohifère, 1l n'est guère possible de se prononcer. Les termes employés par Sprengel pour caractériser les folioles « foliolis duplicato-serratis subtus pubescentibus » s'appliquent en partie à l'échantillon que nous avons sous les yeux. Trattinnick décrit également ce R. balsamica Willd. (Rosac. Mnogr., I, p. 221).

N° 9847. — Rosa rubrifolia germinibus ovatis pedunculisque glabris, petiolis aculeatis, caule inermi. Vill. — Habitat in Helvetia, Gallia.

Au verso du premier feuillet de la chemise, sont fixées les deux étiquettes suivantes: « Schleicher. W. » — « Rosa rubrifolia. In montibus Idriae. »

Ce numéro est représenté par cinq feuilles simples.

Fol. 1). Un rameau florifère. — Appartient au R. rubrifolia Vill. Pédicelles et réceptacles lisses (un des pédicelles porte cependant une glande) ; sépales munis de quelques glandes.

Fol. 2). Un rameau florifère. — Je n’ose me prononcer sur ce spécimen.

Fol. 5). Un rameau florifère. — Appartient au R.

rubrifolia.

Fol. 4). Un ramuscule florifère, accompagné de létiquette suivante: « Rosa pruinala Fl. Bei dem Dorfe Brandberg in Zillerthal 98. » — Appartient au R. rubrifolia. Sépales glanduleux ; quelques glandes sur certains pédicelles ; réceptacle florifère ovoïde.

Fol. 5). Un rameau florifère, accompagné de l'étiquette suivante de Bellardi : « Rosa rubrifolia Vill. F1. append. planta culta. » — Appartient au R. rubrifolia.

N° 9821. — Rosa livida germinibus globosis pedunculisque glabris, caule petiolisque aculeatis. — Habitat in Croatia.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, sur laquelle est attaché un ramuseule fructifère (fruits encore verts), accompagné de l'étiquette suivante de Kitaibel : « D. 52. Rosa livida. In rupibus calcareis Croatiae. » Wallroth y a joint une étiquette ainsi conçue : « R. majalis

Gr)

v. glauca fol. ovatis! Hist. 164. — Ce ramuscule est très-incomplet ; il ne présente que sa feuille supérieure, une bractée et six réceptacles arrivés à mi-maturation. Malgré cela, on y reconnait le vrai R. rubrifolia Val. Réceptacles sphériques, même un peu plus larges que hauts; pédicelles munis de quelques rares glandes ; sépales églanduleux.

SECT. CANINAE.

N° 9866. — Rosa arguta germinibus oblongis pedunculisque hispidis, petiolis cauleque aculeatis. — Habitat ad Caucasum.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un rameau florifère, et au bas de laquelle on lit : « Mussin-Purschkin. W. »

Sprengel (Syst. pl., Il, p. 549) rapporte le R. arguta Muss.-Püschk. in W. herb. au R. livescens Bess., mais cette assimilation ne me parait guère admissible. Le R. livescens de Besser se rapproche des Gallicanae, tandis que le R. arquta parait être une véritable Canine. Comme ce dernier n’a pas encore été décrit, du moins que je sache, je vais en faire une description détaillée.

Rosa arguta Mussin-Purschkin in Willd. Herb. — Rameau sinueux, à entrenœuds rapprochés, munis d’aiguillons légèrement arqués ou presque droits et appartenant au type de ceux des Caninae, ordinairement rapprochés par deux sous les feuilles. Ramuscules sinueux, assez grêles, longs de 6 cent., à aiguillons semblables aux raméaires, mais plus petits, rapprochés par deux sous la plupart des feuilles. Folioles presque toutes ovales-elliptiques, de dimensions moyennes (11-13 mill. de larg. sur 22-25 mill. de long.), ordinairement une fois plus longues que larges, presque toutes aiguës, celles de la feuille supérieure assez longuement aiguës, toutes un peu atténuées à la base, à dents simples, étroites, acuminées ct assez appliquées, assez rarement une petite dent

accompagnant une dent plus grande et simulant une dent double ; folioles de la feuille la plus inférieure de chaque ramusecule un peu pubescentes en dessus, un peu pubescentes sur toute la surface en dessous ; folioles de la feuille suivante glabres en dessus, à côte et nervures secondaires un peu pubescentes; folioles des feuilles supérieures à côte seule un peu pubescente ; côte présentant parfois quelques trèsrares glandes. Pétioles inférieurs et moyens velus tout autour, surtout à la naissance des folioles, à poils longs se prolongeant sur les pétiolules; les supérieurs presque complétement glabres ; tous finement aiguillonnés en dessous, un peu glanduleux aux bords du sillon. Stipules à ailes étroites, à bords supérieurs munis de denticules très-fins et calleux à la pointe, à oreillettes divergentes ou plus ou moins dressées, triangulaires ou lancéolées , aiguës ou acuminées. Fleurs solitaires, accompagnées d’une ou de deux bractées et, dans ce dernier cas, bractée inférieure terminée par une petite foliole. Bractées ovales-acuminées, égalant environ le pédicelle. Pédicelles longs de 10-12 mill., modérément hispides-glanduleux sur toute leur longueur. Récevtacle florifère ellipsoïde, assez abondamment hispide-glanduleux sur toute sa surface. Sépales hispides-glanduleux sur le dos, très-tomenteux à la face interne, les extérieurs munis de 2-5 paires de pinnules denticulées, mais non ciliées-glanduleuses. Corolle assez grande. Disque peu saillant. Capitule stigmatique glabre.

La pubescence des feuilles allant en diminuant graduellement de la base au sommet des ramuscules florifères embarrasse, pour le classement de cette forme dans les Caninae, et fait hésiter entre la tribu des Hispidae et celle des Collinae

Le R. arguta n'est vraisemblablement qu'une forme du R. canina, mais c'est une forme curieuse et qui méritait d'être décrite.

N° 9868. — Rosa canina germinibus Ovatis pedunculisque glabris, caule petiolisque aculeatis. Lin. Syst., ed. R., 2, p. 550. — Habitat in Europa.

Au verso du premier feuillet de la chemise, on lit : « Jungfernheide. W. »

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1). Un rameau florifère. — C'est une forme du R. canina. Feuilles inférieures et moyennes à dents composées, la feuille supérieure où les deux feuilles supérieures à dents simplement doubles; pétioles un peu glanduleux, aiguillonnés, glabres ; stipules à ailes étroites, à oreillettes divergentes; fleurs solitaires; pédicelles de longueur moyenne, lisses; réceptacle florifère ovoïde, lisse ; sépales églanduleux ; disque conique, saillant; styles hérissés. Cette forme, à laquelle je ne puis appliquer rigoureusement aucun nom connu, appartient à la petite tribu artificielle Biserratae de la section des Caninae.

Fol. 2). Un ramuscule florifère. — Appartient à la tribu Biserralae et vient se ranger dans le voisinage du R. oblonga Rip. C'est également une forme du R. canina.

N° 9862. — Rosa collina germinibus ovatis subglabris, pedunculis petiolisque glanduloso-hispidis, caule aculato. Host Synop., 280. — Habitat in Austria.

Au verso du premier feuillet de la chemise, sont attachées les deux étiquettes suivantes : « Host. W. » — « Rosa arvensis Flora Werth. (Wibel).»

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1). Un grand rameau florifère à sept ramuseules. — Ce spécimen, qui provient probablement de Host, n'appartient pas au R. collina de Jacquin et ne répond du reste pas aux caractères de la diagnose reproduite par

ns

(81) Willdenow. Rameau et ramuscules inermes: pétioles un peu aiguillonnés dans les feuilles supérieures ; pédicelles de longueur moyenne, lisses ; réceptacle florifère ovoïde, lisse ; sépales églanduleux ; styles hérissés. Les stipules supérieures sont modérément élargies, à oreillettes dressées, à bords un peu rentrants. Il y a une teinte violacée sur les stipules supérieures, les bractées, les pédicelles, le réceptacle et les sépales, et je pense que la corolle a été d'un rose assez vif. Si ce n'est pas une forme du R. coriifolia Fries, c'est une forme appartenant à la tribu des Pubescentes et se rapprochant du R. dumetorum Thuill.

Fol. 2). Un long rameau presque inerme chargé de plusieurs ramuscules dépourvus de fleurs et de fruits. Il y a un petit bouton sur l'un de ces derniers. — Wibel avait bien nommé cet échantillon, en lui appliquant le nom de LR. arvensis. C'est une forme du R. arvensis d'Hudson à folioles petites, un peu pubescentes à la face supérieure, modérément pubescentes sur toute la face inférieure, mais d'une façon très-apparente et à villosité rappelant celle des Pubescentes. Pétioles pubescents, abondamment aiguillonnés et glanduleux.

D'après les matériaux de son herbier, il est bien difficile de savoir ce que Willdenow entendait par son R. collina.

N° 9876. — Rosa alba germinibus ovatis glabris, pedunculis hispidis, caule petiolisque aculeatis. Lin. Syst., ed. R., 2, p. 551. — Habitat in Europa.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un ramuscule florifère du R. alba. — Folioles grandes, ovales-arrondies; stipules à ailes larges de 5 mill., à oreillettes dressées un peu divergentes; pédicelles longs de 28 et 58 mill. ; réceptacle florifère médian étroitement pyriforme-ellipsoide.

(RSR.

N° 9863. — Rosa mexicana. (Ce nom, qui n'est pas de l'écriture de Willdenow, est la seule indication qui se trouve sur le recto du premier feuillet de la chemise.)

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un rameau florifère accompagné d'une étiquette de Willdenow sur laquelle on lit: « Rosa mexicana. »

Sprengel (Syst. veget., FE, p. 555) rapporte ce nom de R. mexicana comme synonyme au R. montezumae H. B. K. et en faisant cette assimilation il a eu parfaitement raison, ear l'échantillon de lherbier de Willdenow appartient au type décrit par von Humboldt, Bonpland et Kunth. Comme celui-ei est encore peu connu, je crois bien faire en déerivant le spécimen en question.

Rosa montezumae H. B. K. — Rameau inerme. Ramuscules trèscourts (15 mill.), inermes, à entrenœuds rapprochés et très-courts. Feuilles à 1-2 paires de folioles. Folioles petites, ovales-elliptiques, parfaitement glabres sur les deux faces, avec quelques cils aux bords inférieurs, assez épaisses, a dents paraissant être toutes doubles (dans un assez grand nombre de dents, le petit denticule accessoire et calleux à la pointe semble avoir disparu), à côte églanduleuse, celle des folioles terminales parfois munie d’un très-petit aiguillon à la base; les feuilles les plus inférieures à folioles un peu atténuées à la base, subobtuses au sommet ; les autres feuilles, à folioles un peu atténuées-arrondies à la base, aiguës au sommet. Pétioles un peu pubescents tout autour, mais surtout en dessus, à pubescence se prolongeant entre les ailes stipulaires, munis de 5-4 petits aiguillons etun peu glanduleux. Stipules à ailes assez larges surtout la supérieure, finement ciliées-glanduleuses, à oreillettes courtes, aiguës , à bords rentrants et à pointes dressées. Fleurs solitaires. Pédicelles avant la floraison cachés par les stipules supérieures et la bractée. Réceptacle florifère avant l’anthèse ovoïde et lisse. Sépales églanduleux, les extérieurs munis de 2-5 pinnules.

Les caractères fournis par ce spécimen, la figure qu'a publiée Redouté dans Les Roses, les descriptions de

Thory, Kunth et d'autres auteurs ne me fournissent pas les éléments suffisants pour assigner à cette espèce sa véritable place dans la classification. Constitue-t-elle un représentant américain de nos Caninae ? ou bien seraitelle un type de la section des Montanae? Dans le Nova genera et species plantarum, VI, p. 222, on lit: « Frutex statura et habitu Rosae rubiginosae. » C’est peut-être à cause de ces termes que Lindley a classé cette espèce, mais à tort, dans sa division Rubiginosae. Thory, dans son Prodromus, p. 106, en fait une variété du R. canina. Seringe (Prodr., Il, p. 614, n° 76) l'admet comme espèce et la décrit à côté du R. canina. Trattinnick l'a placée dans sa section - Thoryana en compagnie de diverses Alpinae. Avant de pouvoir la classer naturellement, elle doit être réétudiée, soit sur des matériaux indigènes sufhisamment complets, soit sur la plante cultivée. D'après ce que je puis voir, elle semble. différer sectionnellement de toutes les autres espèces américaines connues.

Le R. montezumae a été découvert par von Humboldt et Bonpland, à la cime du Cerro-Ventoso, dans les Andes du Mexique, entre la ville de Mexico et Moran, à l'altitude d'environ 9500 pieds. Placée sous le 19° degré, cette habitation est la plus rapprochée de l'équateur où l'on ait découvert, en Amérique, des Roses à l'état indigène. Dans l'ancien monde, il existe des habitations de Roses plus méridionales encore. C’est ainsi que le R. Schimperiana Hochst et Steud., qui parait être identique avec le R. abyssinica R. Br., croit en Abyssinie entre le 15° et le 10° degrés; que dans l'Inde, le R. Leschenaultiana Wight existe sur le Nila-Giri (Dekan), vers le 12° degré.

N° 9820. — Rosa hibermica germinibus globosis pedunculisque glabris, aculeis stipularibus, foliolis ellipticis acutis arqute serratis. — Habitat in Hibernia.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portantun rameau florifère, accompagné d'une étiquette de Turner ainsi conçue : « Rosa hibernica nova nec dum descripla species ex Hibernia.» Une étiquette de Wallroth porte «R. campestris var. spinosissima, fol. sublus petiolisque parce pubescentib. Hist. 119. » — Appartient au R. hibernica Sm. Les courts ramuscules florifères sont inermes ; le rameau porte quelques rares petits aiguillons; les folioles sont un bon tiers plus petites que dans la figure de l'English Botany, tab. 708, simplement dentées, glabres, à l'exception de la côte quiest velue; pétioles un peu velus; stipules supérieures larges, à bords rentrants ; sépales se redressant après l'anthèse ; réceptacle florifère rappelant celui du R. spinosissima.

Le R. hibernica, qui est extrèmement polymorphe, parait être un produit hybride de diverses formes du R. canina croisées avec le R. spinosissima.

SECT. RUBIGINOSAE.

N° 9823. — Rosa rigida germinibus globosis pedunculisque glabris, caule uncinato-aculeato, petiolis pubescentibus, foliolis subrotundis serratis rigidis. — Habitat ad Caucasum.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant deux rameaux fructifères, accompagnés de deux étiquettes. L'une de celles-ci est fixée sur le côté de la feuille; elle est probablement de Marschall von Bieberstein et est

ainsi conçue : « Rosa ferox M. B. non a Caucaso sed ex Tauria.» La seconde étiquette, qui est du mème botaniste, et fixée au bas de la feuille, porte : » Rosa... Alupka- Temirkcei. » Il est probable que lorsque Marschall von Bicberstein a envoyé la première fois la plante à Willdenow, celle-ci n'avait pas encore reçu de nom. Wallroth a écrit: «Cf. Hist. 266. » — Wiildenow s'était trompé quand il écrivait « pedunculis glabris, » car, dans les deux spécimens de son herbier, les pédicelles sont hispidesglanduleux. Le rameau attaché au bas de la feuille présente le caractère distinetif si saillant du R. ferox M.B., celui de. très-nombreux aiguillons sétacés-glanduleux recouvrant l'axe des rameaux et des ramuseules, aiguillons sétiformes accompagnés d'aiguillons plus robustes et arqués. Dans le rameau attaché à la partie supérieure de la feuille, ces soies glanduleuses manquent à peu près complétement, non-seulement sur l'axe raméaire, mais sur les axes ramuseulaires. Sur les dix ramuscules de l'échantillon, huit sont parfaitement églanduleux et deux présentent seulement quelques soies glanduleuses dans un ou deux entrenœuds supérieurs; l'axe raméaire est complétement dépourvu de soies. A part cette différence, les deux spécimens semblent bien appartenir à la même forme. Dans le rameau dont il vient d'être question en dernier lieu, les réceptacles, qui sont bien mürs, sont petits (8-10 mill. de largeur), un peu plus larges que hauts et sont parsemés de quelques glandes ; les sépales. ont complétement disparu; les pédicelles sont courts (4-5 mill.); les styles paraissent glabres; les folioles sont petites, tout à fait glabres, à face supérieure lisse et sans glandes. Les deux spécimens paraissent avoir été récoltés sur un arbrisseau bas et tortueux.

Cette Rose a été décrite par Marschall von Bieberstein, en 1808 (F1. Taur.-Cauc., I, p. 596), sous le nom de R. provincialis. En 1819 (loc. eit., IH, p. 529), le mème auteur, ayant reconnu qu'elle ne pouvait pas être identifiée au À. provincialis, la rapporta au R. ferox de Lawrance et d'Aiton. Cette seconde assimilation n'était pas plus heureuse que la première, car la plante de Marschall von Bieberstein ne parait avoir aucune ressemblance avec le R. ferox des deux auteurs anglais susdits et qui est le R. rugosa Thunb., si j'en juge d’après la description qu'en donne Lindley. Je ne comprends pas comment Aïton ait pu attribuer le Caucase comme patrie à cette dernière espèce qui est originaire de l'extrème Orient. En admettant que le nom de R. f«rox ne soit qu'un simple synonyme du ÆÀ. rugosa, il faut adopter, pour la Rose du Caucase en question, le nom de R. horrida que lui avait donné Fischer (Cat. hort. Gorenk., 1812, p. 66). Ce nom de horrida a été employé plus tard par Sprengel (Syst. vegel., 1, p. 549, 1825) pour désigner le R. viminea Lindl.

Ledebour (F1. Ross., IE, p. 80) considère le R. horrida Fisch. (R. ferox M. B.) comme une variété du R. rubiginosa, variété qu'il désigne sous le nom de minor. Cet auteur rapporte comme synonyme, à ce R. horrida, le R. arguta Willd. Herb. n° 9866, or nous avons vu que ce dernier est une Canine et j'ajouterai qu'il n'a aucun rapport avec la forme que Marschall von Bieberstein a décrite sous le nom de R. ferox. Cette dernière est une vraie Rubigineuse et qui n'est peut-être au fond qu'une forme orientale de notre R. rubiginosa L. J'en reparlerai quand je traiterai les Roses de la flore d'Orient.

N° 9865. — Rosa rubiginosa germinibus ovalis pedunculisque hispidis, petiolis cauleque aculeatis : aculeis recurvis, foliohs ovatis, subtus glanduloso-pilosis. Ait. Kew., 2, p. 206. — Habitat in Europa.

Au verso du premier feuillet de la chemise, sont fixées les trois étiquettes suivantes : « Jungfernheide Thiergarten Grünewald. W. » — «49% Mühlenberg misit.) » — «7 Rosa rubiginosa L. F1. Starg. (Schultz). »

Ce numéro est représenté par six feuilles simples.

Fol. 1). Un ramuscule florifère. — Appartient à la variété du R. rubiginosa que M. Ripart a nommée R. echinocarpa. C'est une forme à grandes folioles, très-peu pubescentes, à côte et à nervures secondaires un peu velues. Trois feuilles ont les folioles glanduleuses en dessus.

Fol. 2). Un ramuscule florifère. — Appartient au R. echinocarpa Rip. Folioles petites, plus pubescentes en dessus que dans la forme précédente, à glandes suprafoliaires rares, à côte et nervures secondaires un peu velues.

Fol. 5). Un ramuscule florifère. — Forme ordinaire du R. rubiginosa à réceptacle lisse.

Fol. #4). Un ramuseule florifère. — Peut être rapporté au R. rubiginosa. Folioles très-peu pubescentes à la face supérieure, qui est parfois munies de glandes rares; réceptacle lisse ou muni de très-rares soies glanduleuses.

Fol. 5). Un rameau fructifère. — Forme ordinaire du R. rubiginosa. Réceptacle fructifère lisse, non couronné par les sépales qui ont disparu.

Dans les cinq formes précédentes, les styles sont plus ou moins hérissés.

Fol. 6). Un rameau florifère et un rameau foliifère,

accompagnés de l'étiquette suivante: « 6. Rosa glutinosa Mihi. FL. Stag. In collibus apricis (Schultz). » Au bas de la feuille, on lit: « Rosa rubiginosa? W. » — Apparüent à la tribu des Sepiaceae et paraît être identique avec le R. inodora Fries. Folioles assez grandes, ovales-ellip-" tiques, un peu atténuées à la base; celles des feuilles inférieures et moyennes un peu pubescentes en dessus ; pétioles densément pubescents ; réceptacle ovoïde-arrondi ;

sépales paraissant se relever promptement après l'anthèse.

SECT. TOMENTOSAE ct VILLOSAE.

N° 9827. — Rosa cuspidata germinibus globosis pedunculisque corymbosis, hispidis, caule petiolisque aculeatis, foliolis acuminatis sublus pubescentibus. — Habitat propre Kislar.

Ce numéro est représenté par-une feuille simple, portant deux ramuscules défleuris dont l'un est attaché à un fragment de rameau. Au bas de la feuille, on lit: « Bieberstein. W. »

Comme ces deux spécimens sont authentiques et que d'autre part le type de Marschall von Bieberstein est généralement mal connu, je crois devoir rédiger une nouvelle description.

Rosa cuspidata M. B. — Ramuscules longs de 10 cent. environ, assez fortement aiguillonnés, à aiguillons arqués un peu crochus, munis de quelques fines soies glanduleuses dans les deux entrenœuds supérieurs. Folioles ovales-elliptiques, plus d'une fois plus longues que larges, un peu atténuées-arrondies à la base, celles des feuilles inférieures brièvement aiguës, celles des feuilles moyennes et supérieures assez longuement aiguës-acuminées, toutes un peu pubescentes en dessus ou presque glabres, munies de rares glandes suprafoliaires,

pubescentes sur la côte et les nervures secondaires, à face inférieure

entièrement chargée de glandes nombreuses, brunätres et très-visibles

à l'œil nu, à dents très-fortement glanduleuses. Pétioles tomenteux,

aiguillonnés et très-glanduleux. Stipules toutes fortement glanduleuses

en dessous, assez étroites ou assez larges, à oreillettes longues, étroites, cuspidées, dressées-divergentes. Bractées toutes très-glanduleuses en dessous, étroites, cuspidées, l’inférieure égalant environ les pédicelles; les secondaires plus petites et longuement dépassées par les pédicelles latéraux. Fleurs réunies par 5-4, longuement pédicellees. Pédicelles

(15-18 mill.) abondamment hispides-glanduleux, glabres. Réceptacle

florifère ovoide, atlénué à lu base, très-abondamment hispide-glanduleux

sur loule sa surface (paraissant devoir donner naissance à un réceptacle fructifère ovoïde-arrondi). Sépales restant réfléchis après l’anthèse, très-glanduleux. Disque peu saillant. Styles modérément hérissés.

Marschall von Bieberstein a décrit tout d’abord cette forme dans le 1° volume de sa Flore et plus tard, dans le 5° volume du même ouvrage, ila refaitla diagnose et la description. Ces deux dernières s'appliquent parfaitement aux spécimens conservés dans l'herbier de Willdenow, qui du reste sont authentiques. Ceux-ci présentent cependant un caractère qui n'a sans doute pas été aperçu par Marschall von Bieberstein, celui de glandes suprafoliaires. Dans l'herbier général de Berlin, n° 297, se trouve un échantillon de ce même R. cuspidala accompagné d’une étiquette de Wallroth portant : R. villosae var. glabrata. p. 255. — Caucasus. »

Le R. cuspidata M. B., qui est une des nombreuses formes du R. tomentosa Sm., n'est pas le même que celui décrit par les botanistes français, comme du reste on peut s'en assurer en comparant la description précédente avec celles qui ont été faites du R. cuspidata de la partie oceidentale de l'Europe. En conséquence, celui-ci, à titre de petite espèce, doit recevoir un nom nouveau: R. pseudocuspidata.

N° 9836. — Rosa villosa germinibus globosis pedunculisque hispidis, caule aculeis sparsis, petiolis aculeatis, foliolis tomentosis. Lin. Syst., ed. R., 2, p. 527. — Habitat in Europa.

Au verso du premier feuillet de la chemise, on lit : « Jungfernheide W. »

Ce numéro est représenté par cinq feuilles simples.

Fol. 1). Un rameau florifère. — Appartient peut-être au R. mollissima Fries, mais le spécimen est trop peu complet pour pouvoir se prononcer sur lui avec quelque certitude. Pédicelles très-courts, un peu hispides-glanduleux ; réceptacle florifère petit, sphérique, muni de rares soies glanduleuses ; folioles non glanduleuses en dessous.

Fol. 2). Un ramuscule florifère. — Me parait être une forme du R. tomentosa Sm., à folioles affectant la forme allongée de celles du À. pomifera, à nervures secondaires un peu glanduleuses et avec de rares glandes éparses sur le parenchyme, à pédicelles allongés, grèles, un peu hispides-glanduleux, à réceptacle florifère ovoïde-arrondi, très-peu hispide-glanduleux, à pétales à bords églanduleux, et à styles velus.

Fol. 5). Deux rameaux florifères. — Appartiennent au R. pomifera Herrm. type! Folioles à face inférieure chargée de glandes blanchâtres.

Fol. 4). Un rameau florifère. — Forme appartenant à la section des Tomentosae, très-voisine du R. omissa Déségl. Ramuseules florifères courts (5-5 1/2 cent.). Folioles un peu plus petites que celles du R. omissa, un peu moins obtuses ou un peu moins brusquement aiguës, à nervures secondaires un peu glanduleuses, à glandes éparses peu nombreuses. Stipules toutes glanduleuses

PSE)

en dessous, les moyennes et les supérieures glabres à la face inférieure. Bractées glanduleuses et glabres à la face inférieure. Fleurs solitaires ou géminées, brièvement pédicellées. Pédicelles courts, hispides-glanduleux , le médian longuement dépassé par les stipules supérieures ou la bractée. Réceptacle florifère obovale-arrondi, modérément hispide-glanduleux. Sépales hispides-glanduleux. Pétales à bords églanduleux. A part une légère différence dans la grandeur et la forme des folioles, dont les glandes sont moins nombreuses en dessous, et la glabriété de la face inférieure des stipules moyennes et supérieures et des bractées, tous les caractères de cet échantillon sont les mêmes que ceux du À. omissa.

Fol. 5). Un rameau florifère, accompagné de l'étiquette suivante: « 12 Rosa villosa var. ? germinibus pedunculisque hispidis. — In dumetis fl. Starg. (Schultz). — C'est une forme de la section des Tomentosae. Folioles petites, ovales, tomenteuses sur les deux faces, celles des feuilles inférieures à nervures secondaires glanduleuses, mais sans glandes sur le parenchyme, celles des feuilles moyennes et supérieures à côte seule glanduleuse. Stipules inférieures et moyennes très-glanduleuses en dessous, les supérieures à ailes seulement un peu glanduleuses en dessous vers le sommet, et glabres à la face inférieure. Bractées glabres et églanduleuses en dessous. Fleurs réunies par trois, brièvement pédicellées. Pédicelles un peu hispides-glanduleux. Réceptacle florifère médian ellipsoïde, lisse, les latéraux hispides-glanduleux à la base. Cette forme semble se rapprocher du R. annesiensis Déségl.

N° 9836 a. — Rosa villosa varielas 5 germinibus glabris. Rosa moLLissima Prod.

Au verso du premier feuillet de la chemise, on lit : « Sprengel. W. »

Ce numéro est représenté par trois feuilles simples.

Fol. 1). Un ramuscule florifère — Aiguillons grèles, droits et ressemblant à ceux des Villosae. Folioles ovales, assez allongées, pubescentes sur les deux faces, toutes glanduleuses à la face inférieure. Pétioles aiguillonnés. Fleur solitaire. Pédicelle très-court (4 mill.), chargé de quelques rares glandes. Réceptacle obovoïde-arrondi, lisse à la base, un peu hispide-glanduleux dans sa moitié supé- : rieure. Sépales extérieurs un peu pinnulés. Styles velus. Il est bien diflicile de se prononcer sur un spécimen aussi petit. Appartiendrait-il aux Villosae ? Son facies me porte à y voir une forme du R. tomentosa Sm., type, comme on le sait, extrèmement polymorphe et que l’on a démembré en un grand nombre d'espèces secondaires.

Fol. 2). Un rameau florifère. — Appartient aux Tomentosae! Folioles à face inférieure chargée de glandes éparses très-apparentes, surtout dans les feuilles inférieures. Pétioles aiguillonnés. Stipules étroites, toutes glanduleuses et tomenteuses en dessous. Bractée petite, beaucoup plus courte que le pédicelle, très-tomenteuse en dessous et à villosité empêchant probablement d’apercevoir les glandes. Pédicelle grèle, allongé (12 mill.), modérément hispideglanduleux. Réceptacle florifère ovoïde-arrondi, lisse. Corolle moyenne (4 cent. de diamètre), à pétales à bords églanduleux. Styles velus. Pourrait bien appartenir au R. cuspidatoides Crép. in Scheutz Skandin. Rosa, p. 37.

Fol. 5). Un ramuscule florifère, accompagné de léti-

quette suivante : « Rosa dubia fl. Werth. variet. villosae (Wibel). — Appartient à la section des Tomentosae, et constitue une forme voisine du R. cuspidatoides Crép. Folioles tomenteuses en dessus, un peu glanduleuses en dessous, mais à glandes éparses et en apparence peu nombreuses. Pétioles inermes. Stipules très-tomenteuses en dessous, les inférieures pourvues de glandes visibles à la face inférieure, les supérieures et les bractées peut-être également chargées de glandes à la face inférieure, mais que la villosité empêche d'apercevoir. Fleurs réunies par trois. Pédicelles longs (atteignant jusqu'à 24 mill.), grèles, modérément hispides-glanduleux, dépassant la bractée. Réceptacle florifère ovoide-arrondi, lisse. Corolle grande (5 cent. de diamètre), paraissant avoir été d'un rose päle. Styles velus.

D'après l'étiquette fixée sur la chemise de ce n° 9856, c'est bien parmi les spécimens représentant ce numéro que nous devons rechercher ce que peutêtre le R. mollissima que Willdenow a décrit dans son Florae Berolinensis Prodromus (1787). Dans cet ouvrage, Willdenow décrit tout d'abord, dans la subdivision **germinibus globosis, un R. villosa L., à réceptacles florifères « globosis.… hispidis, » qu'il signale : « In der Jungfernheide, prope Spandau, etc., » et dans l'addenda du même ouvrage, il décrit son R. mollissima, à réceptacles florifères « subglobosis glabris, » qu'il signale : « Prope Spandau passim. » Il dit que cette espèce ressemble au LR. villosa, mais qu'elle en diffère par son réceptagle lisse et il demande si ce n'est pas une variété de ce dernier type. Plus tard, dans son Species plantarum et il rapporte ce R. mollissima comme ,var. 6 au R. villosa L. En 1815, dans son Enumeratio plantarum horti regii botanici Bero-

linensis, il décrit le R. villosa L. sans plus faire mention du À. mollissima, qui n’est plus rappelé que nominativement dans le supplément du mème catalogue publié par von Schlechtendal. Link, dans une nouvelle édition du catalogue du Jardin botanique de Berlin, ne parle pas du R. mollissima de Willdenow, ce qui doit nous faire penser que cette plante n’a pas été cultivée dans ce Jardin botanique.

Le R. mollissima de Willdenow est-il bien l'espèce que M. Fries a décrite sous ce nom et qui est spécifiquement distincte du R. tomentosa Sm.? J'ai tout lieu de croire que non. Les termes de la description de Willdenow (FL. Berol. Prodr., pages 457-458) ne permettent de tirer aucun argument en faveur de l’une ou l’autre opinion, vu qu'ils peuvent aussi bien s'appliquer au R. mollissima Fries qu'au R. tomentosa, dernière espèce, qui, en 1787, n'avait pas encore été démembrée ou distinguée du type complexe que Linné avait décrit sous le nom de R. villosa. I faut donc recourir à l’herbier de Willdenow pour trouver la solution du problème : malheureusement les matériaux de cet herbier nous laissent quelques doutes. Nous avons vu que Willdenow avait tout d’abord admis deux types, R. villosaet R. mollissima, et que ces deux types ont été plus tard fondus en un seul sous le nom de R. villosa, ce qui prouve qu'il n'avait pas eu une idée bien nette du R. tomentosa, espèce très-distinete qu'il confondait avec le R. pomifera et qu'il a fait ainsi la même confusion que Linné, celle de comprendre, sous le nom de R. villosa, les R. pomifera Herrm., R. mollissima Fries et R. tomentosa Sm. L'herbier de Willdenow témoigne suflisamment de cette confusion, puisque nous y voyons réunis, sous le nom de R. villosa, quatre spécimens appartenant

certainement au À. tomentosa Sm., deux spécimens du R. pomifera Herrm. et enfin deux échantillons douteux qui appartiennent peut-être au R. mollissima Fries, mais que je soupçonne être des formes du R. tomentosa Sm. L'un de ceux-ci est rangé sous le n° 98564, numéro représentant, dans l'herbier, le R. mollissima de Willdenow qui est considéré comme une variété du R. villosa n° 9856. Or, ce deuxième spécimen douteux étant associé à deux formes du R. tomentosa, on peut conclure, en admettant mème que ce spécimen douteux appartienne véritablement au R. mollissima, que Willdenow, sous le nom de R. mollissima, n'a pas eu en vue l'espèce décrite plus tard sous ce nom par M. Fries, mais qu'il a eu l'intention de distinguer une forme quelconque du R. villosa de Linné ayant le réceptacle lisse. Mon sentiment estque Will: denow a décrit, sous le nom de R. mollissima, une forme du À. tomentosa, et ce sentiment est renforcé par ce fait qu'aux environs de Berlin et peut-être dans tout le Brandebourg le R. mollissima Fries n'existe pas. M. Ascherson, dans sa Flore de la province du Brandebourg, ne signale pas cette espèce, et dans l'herbier de cette province, conservé au Musée botanique de Berlin, je n'ai vu aucune trace de ce type. Je crois donc qu'il est prudent de ne plus rapporter à Willdenow la paternité du type généralement connu aujourd'hui sous le nom de R. mollissima et qu'il faut, pour se conformer aux règles de la nomenclature, désigner dorénavant ce type sous le nom de R. mollis Sm. (1812), qui parait être le nom princeps de l'espèce.

N° 9858. — Rosa tomentosa germinibus oblongis petiolisque hispidis, foliis utrinque tomentosis, aculeis recurvis sparsis. — Habitat in Helvetia. Entre la diagnose et l'habitat, on a intercalé : « Smith Brit., t. 559. »

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un rameau florifère, et au bas de laquelle, on lit : « R. tomentosa (Schleicher). » — Appartient au R. cuspidata Auct. Gall. non M. B. Réceptacles assez abondamment hispides-glanduleux ; styles hérissés.

SET. BRACTEATAE.

Cette section, créée par Lindley, comprend les R. involucrata Roxb., R. bracteata Wendi. et R. Lyellii Lindl. Elle est mal caractérisée par l’auteur anglais, car la villosité des axes et des réceptacles existe dans des espèces appartenant à d’autres sections et de plus cette section n'est pas vraiment homogène dans ses représentants : le R. Lyellii s'éloigne assez bien des deux autres types par son facies et plusieurs de ses caractères.

N° 9874. — Rosa tomentosa germinibus ovatis pedunculisque tomentosis, foliolis obtusis subtus tomentosis, caule aculeato. — Habitat in India orientali. Entre la diagnose et l'habitat, on a intercalé : « Rosa incana » et entre parenthèses, il est écrit : « d. Schlechtendal p. »

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un rameau florifère accompagné d’une étiquette de Roxburgh ainsi conçue : « Rosa bracteata. »; au sommet de la feuille, on lit: « Rosa tomentosa. — incana », et au bas, : « Roxburgh. W. »

Ce spécimen appartient au R. involucrata Roxb. ! Il a

Er

sans doute été envoyé à Willdenow avant que Roxburgh eût distingué son R. involucrata du R. bracteata de Wendland et ainsi s'explique l'identification vicieuse qui avait tout d'abord été faite de l'espèce de l'Inde.

N° 9875. — Rosa bracteata germinibus oblongis sericeis bracteatis, caule sericeo-aculeato, petiolis aculeatis, foliolis glabris subaculeatis. Wendl. Obs., 50. — Habitat in China.

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant deux ramuscules florifères provenant de Wendland, comme l'indique l'inscription du bas de la feuille. — Ils appartiennent au R. bracteata Wendl., mais ils constituent une forme délicate, à ramuscules grèles, munis d’aiguillons géminés grèles, droits, horizontaux ou même un peu relevés. Cette forme se rapproche de la var. B scabricaulis décrite par Lindley et peut-être lui est-elle identique.

SEcT. LUTEAE,

Les Roses à fleurs jaunes semblent mériter de constituer un petit groupe spécial. Déjà Trattinnick avait établi, pour le R. lutea Mill. (R. Eglanteria L. pro parte), un petit groupe particulier sous le nom de Roessigiana, et plus tard M. Déséglise a créé, pour la même espèce, la section Eglanteriae, qu'il a rangée à côté de la section Pimpinellifoliae. Cette section des Luteae, qui comprend les R. lutea et R. sulfurea, est caractérisée par sa corolle jaune, par l'ouverture du réceptacle dépassée par une couronne velue qui entoure la base du capitule stigmatique, par ses anthères très-allongées et par divers autres caractères que je ferai ressortir plus tard. Les Pimpinellifoliae se rapprochent des Luteae par leurs

anthères allongées, par les poils intérieurs du réceptacle qui tapissent souvent l'ouverture, mais sans la dépasser, par leurs fleurs ordinairement solitaires, à pédicelles munis à leur base d’une feuille et privés de bractées.

N° 9816. — Rosa lutea germinibus globosis pedunculisque glabris, calycibus petiolisque spinulosis, aculeis ramorum reclis. Aiton Kewens., 2, p. 200. Rosa EGLan- TERIA L. — Habilat in Europa.

Au verso du premier feuillet de la chemise, on lit: « Bouché. W.»

Ce numéro est représenté par trois feuilles simples.

Fol. 1). Un ramuseule florifère. — Appartient au R. lutea. Folioles un peu pubescentes sur les deux faces et un peu glanduleuses en dessous; aiguillons droits : deux fleurs.

Fol. 2). Un rameau florifère. — A peu près la même forme que la précédente.

Fol. 5). Un rameau à réceptacles fructifères jeunes, accomgagné de l'étiquette suivante : « Rosa Eglanteria (petala non vidi). In sylvaticis FL. Starg. (Schultz). » Wallroth a écrit: « Rosa Cynorhodon, dumetorum mitis. » — C'est une forme appartenant aux Caninae, trib. Pubescentes. Réceptacle fructifère assez petit et arrondi; dents foliaires simples, rarement quelques-unes doubles.

N° 9817. — Rosa sulfurea germinibus globosis, petiolis cauleque aculeatis : aculeis caulinis duplicibus majoribus minoribusque numerosis, foliis ovalibus. Aïton Kewens., 2, p. 201. — Habitat in Oriente.

Au verso du premier feuillet de la chemise, on lit : « Bouché. W. »

Ce numéro est représenté par deux feuilles simples.

Fol. 1). Un rameau florifère. — Appartient au R. sulfurea. Axe inerme; folioles obovales, finement pubescentes sur les deux faces et églanduleuses, à dents simples s'arrétant vers le tiers inférieur du limbe; fleur solitaire, pleine; pédicelle lisse.

Fol. 2). Un ramuscule florifère et un fragment de ramuseule sans fleurs. — Même forme que la précédente.

La véritable patrie des R. lutea et R. sulfurea est restée longtemps inconnue. Lindley indiquait quelques points de l'Europe où le premier aurait été observé à l'état indigène, et le second, il le donnait, d'après Clusius, comme vraisemblablement originaire de l'Orient; Seringe ignorait la patrie du premier et supposait le second originaire de l'Orient; Trattinnick indiquait le premier en Europe et, pour le second, il a répété ce qu'on avait déjà avancé sur son origine orientale. Tout récemment, M. K. Koch, dans sa Dendrologie, rapporte que le premier est réputé originaire de la Turquie et surtout de la Turquie d'Asie, mais que pendant ses voyages, dans cette dernière contrée, il ne l'a jamais rencontré à l’état spontané; pour le second, il dit qu'il est vraisemblablement originaire de l'Orient et que, d'après la tradition, il aurait été importé de la Perse, au 16° siècle, tout d'abord à Constantinople et puis de là à Vienne. Dans son Flora Rossica, Ledebour indique le R. lutea en Crimée, d'après Parrot.

Les recherches faites en Orient par les botanistes modernes devaient amener la découverte de la véritable patrie du R. sulfurea.

En 1849, M. de Tchihatcheff découvrait cette espèce sur le Kuredagh en Galatie (Asie mineure), à l'altitude de 1200 m. Je ne sais quelle forme ce botaniste a observée

et en quoi elle se distingue du R. Rapini Boiss. et Bal., que M. Boissier considère maintenant comme le type, la forme spontanée, du R. sulfurea Ait. Ce R. Rapini, avec sa variété caesarea, a été trouvé en divers lieux de l'Asie mineure par MM. Tchihatcheff et Balansa. La Rose que M. Buhse a décrite sous le nom de R. Bungeana, si j'en juge d’après un spécimen qu'il a bien voulu me communiquer, est encore une forme du R. Rapini. Le R. sulfurea (R. Rapini) s'étendrait done à travers toute l'Asie mineure, l'Arménie et jusque dans le nord de la Perse.

Quant au R. lutea, M. Tchihatcheff le signale (Asie Mineure, 5° partie, p. 125) autour de Baibut, en Arménie, et Kotschy l’a découvert en plusieurs endroits de l'Orient. M. Thomson l'a recueilli aux environs de Kischtwaar, dans l'Himalaya occidental, à l'altitude de 7500 pieds.

Il reste à savoir si ces botanistes ont observé l'espèce à l'état spontané. M. Koch, ainsi qu'il est rappelé ci-dessus, n'a jamais pu découvrir le R. lutea à l'état indigène et M. le D' Haussknecht, qui a parcouru tout l'Orient, n’a vu cette Rose qu'à l'état cultivé, soit dans les jardins, soit dans les vignes.

Je crois que M. Boissier a parfaitement raison de considérer le R. Rapini comme la forme spontanée, le type, du R.sulfurea. Le R. Bungeana Buhse, si j'en juge d’après un échantillon que m'a donné l’auteur et d'après la description qu'il en a publiée, est une forme du R. Rapini. Celui-ci varie assez bien dans plusieurs de ses organes.

Les R. sulfurea et R. lutea ont été tenus séparés, par quelques auteurs, dans deux sections différentes. Lindley et Sprengel rangent le R. sulfurea dans la division des Pimpinellifoliae et 1e R. lutea, dans celle des Rubiginosae ; Trattinnick place le premier dans sa série Du Pontiana et

le second, dans sa série Roessigiana. M. Buhse considère son R. Bungeana comme une espèce appartenant à la section des Cinnamomeae. D'après cela, on pourrait croire que ces deux espèces sont extrêmement différentes par leurs caractères et leur facies..Il n’en est rien cependant et l'une et l’autre ont tant d’affinité même qu'on pourrait se demander si ce ne sont pas deux formes dérivées d'un même type spécifique. Plus tard, je démontrerai que cette supposition n'est pas aussi étrange qu'elle en a l'air à première vue. M. K. Koch, dans sa Dendrologie, a du reste mieux apprécié ces deux formes en les décrivant l’une à côté de l'autre dans sa section des Pimpinellifoliae ; en parlant du R. sulfurea Ait. (1788), qu'il appelle R. hemisphaerica Herrm. (1762), 1l demande si cette espèce ne serait pas une variété du R. {utea.

Le R. hispida Sims (R. lutescens Pursh) à en juger, d'après la figure publiée dans le Botanical Wagazine, tab. 1570, parait avoir une très-grande aflinité avec l’une ou l’autre des deux espèces précédentes.

Il pourrait bien se faire qu'un jour toutes les espèces à fleurs jaunes fussent reconnues comme appartenant à un seul et unique type spécifique.

SECT. SIMPLICIFOLIAE.

N° 9815. — Rosa berberifolia foliis simplicibus ovatis dentatis, caule aculeato. — Habitat in Rossia.

Au verso du premier feuillet de la chemise, il y a quatre étiquettes : « Stephan W. » — Rosa berberifolia Mihi (puis un nom en caractères russes) (Sievers). » — Rosa berberifolia P. » — « Flos odorus. — Ad. fl. Ulshar cum Rheo nana fruticos. sesquipedalis, radix stolonibus longissim. reptans. D' Sievers (Pall.).

Ce numéro est représenté par une feuille simple, portant un rameau muni de deux ramuseules. — Appartient au R.simplicifoliaSalisb., 1796, (R. berberifolia Pall., 1797).

Cette espèce constitue bien certainement un type spécifique qu'on ne sera jamais tenté de subdiviser en plusieurs petites espèces, comme on l’a fait pour plusieurs autres types linnéens. Cependant il offre des variations assez remarquables et qui ont, selon moi, une égale valeur à celles d’autres types avec lesquelles on a constitué de petites espèces. C'est ainsi que ses axes peuvent être sétigères ou non sétigères, glabres ou pubérulents; que ses aiguillons peuvent être glabres ou pubérulents ; que ses folioles peuvent être glabres ou abondamment pubérulentes sur les deux faces, ovales ou ovales-elliptiques, arrondies à la base et comme subcordées, elliptiques ou oblongues-allongées, à dents étroites ou larges ; que les pédicelles sont courts (5 mill.) ou allongés (20 mill.), glabres ou pubérulents, inermes où un peu aiguillonnés ; que les sépales sont glabres ou pubérulents sur le dos.

Il'existe un autre type asiatique qui est bien autrement instructif sous le rapport des variations et qui fournit des preuves péremptoires contre la validité spécifique d’une foule de créations modernes faites dans le genre Rosa. Ce type, qui est le R. sericea Lindl., varie d’une façon extraordinaire dans plusieurs de ses organes. Ses axes sont complétement inermes ou fortement aiguillonnés. Dans ce dernier cas, l’armature affecte deux états distincts : ou bien les aiguillons ont cette forme étrange qu'on n'observe que dans cette seule espèce, aiguillons très-aplatis, largement triangulaires, à pointe horizontale, ordinairement géminés ou ternés sous les feuilles, sans être accompagnés d'aucune autre production de l'écorce ; ou bien les grands aiguillons

sont plus étroits que les précédents, à pointe fortement relevée, accompagnés de nombreux aiguillons sétacés et de soies glanduleuses recouvrant tous les entrenœuds. Parfois les aiguillons géminés deviennent petits, peuvent même disparaitre et alors les axes sont seulement sétigères. Les folioles sont velues-tomenteuses sur les deux faces, velues en dessous et glabres en dessus, ou bien leur villosité peut être bornée aux seules nervures et même à la côte ; elles sont églanduleuses en dessous, ou chargées de glandes abondantes qui recouvrent toute leur face inférieure ; leurs dents sont simples ou composées-glanduleuses. Les pédicelles sont courts ou allongés, glabres ou velus, églanduleux ou glanduleux. Les réceptacles florifères et fructifères sont ovoïdes, obovoïdes ou sphériques. Les sépales sont à dos glabre ou pubescent, églanduleux ou glanduleux. En somme, ce type nous montre clairement que la même espèce peut être inerme ouaiguillonnée, à feuilles presque entièrement glabres ou fortement velues, églanduleuses ou abondamment glanduleuses, à folioles à dentssimples ou à dents composées, à pédicelles glabres ou velus, églanduleux ou glanduleux, ainsi que les sépales, à réceptacles ovoïdes ou sphériques. Il existe encore d’autres variations plus ou moins importantes au point de vue où se placent les phytographes de la nouvelle école, variations dans la forme des folioles, qui sont très-variables dans leurs contours, variations dans le point d'attache des folioles latérales supérieures, qui peuvent être plus ou moins décurrentes sur le rachis, variations dans le nombre, la forme des dents foliaires et la place qu'elles occupent. En tenant compte de ces nombreuses modifications, on pourrait démembrer artificiellement le R. sericea en une douzaine au moins de petites espèces; mais ce type est tellement bien dis-

tnct par ses caractères biologiques et morphologiques, tellement bien reconnaissable sous ses diverses livrées, qu'on ne peut le démembrer sans être taxé d’absurdité. Avec la forme inerme, Bertoloni a constitué son R. inerma. Je dois ajouter que le R. sericea a été étrangement méconnu par Lindley, qui l'avait rangé dans sa division des Caninae. Ce type, l’un des mieux caractérisés du genre tout entier, doit constituer une section particulière : dans l'herbier de von Martius et dans l'Herbier royal de Berlin,

jai désigné cette section nouvelle sous le nom d’Ebractealae.

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