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SecT. VIII. — Caninae.
A) Lutetianae.
Pétioles glabres ou à peu près; folioles glabres, églanduleuses sur les nervures secondaires, toutes à dents simples; pédicelles et réceptacle florifère lisses.
Rosa lutetiana Lem. Hosa adeita Déség].
— fallens Déségl. — aciphylla Rau.
* — oxyphylla Rip. — exilis Crép. et Wirtg.
— purpurascens Rip. — sphaeriea Gren. * — finitima Déségl. — condensata Pug.
* — fallax Pug. * — areuata Timb.-Lagr.
B) Fransiloriae.
Pétioles glabres ou à peu près; folioles glabres, églanduleuses sur les nervures secondaires, celles des feuilles inférieures des rameaux florifères à dents plus ou moins composées, celles des feuilles supérieures à dents simples ; pédicelles et réceptacle florifère lisses. |
“Rosa ololeia Rip. “Rosa spuria Pug.
* — Iinsignis Déségl. et Rip. — montivaga Déségl.
c) Hiserratae.
Pétioles glabres ou à jeu près, rarement un peu velus tout autour ;
Le) ) folioles glabres, églanduleuses sur les nervures secondaires, toutes à dents plus ou moins composées (1) ; pédicelles et réceptacle florifère lisses.
Rosa rubescens Rip. “Rosa leiostyla Rip.
* — cladoleia Rip. ? — medioxima Déségl. (2) — glaberrima Dnrt. — malmundariensis Le).
— Carioti Chab. * — sphaeroidea Rip.
(1) J’appelle dents composées celles qui ont un ou plusieurs denticules accessoires.
(2) La place de cette forme n’est peut-être pas là, à cause de certaines folioles pourvues de quelques rares glandes sur les nervures secondaires.
Rosa globularis Franch. Rosa squarrosa Rau.
* __ viridicata Pug. — dumalis Bechst.
— rubellifiora Rip. * — Chabhoissaei Gren.
* __ curticola Pug. — eriostyla Rip.
* — oblonga Déségi. et Rip. * — villosiuscula Rip.
* __ innocua Rip.
») Hispidae.
Pétioles glabres ou à peu près; folioles glabres, églanduleuses sur les nervures secondaires, à dents simples ou composées; pédicelles ou réceptacles florifères plus ou moins hispides-glanduleux.
* Folioles toutes à dents simples.
Rosa andegavensis Bast. *Rosa litigiosa Crép. * — Rousselii Rip. * — hirtella Rip. (1) * — agrestina Crép. * — transmota Crép.
** Feuilles inférieures des rameaux florifères à dents munies de 1-92-5 denticules accessoires, les autres à dents simples.
Rosa vinealis Rip. *Rosa Suberti Rip.
— Kosinsciana Bess. — Lemaitrei Rip.
*** Folioles toutes ou presque toutes à dents composées ou doubles. + Folioles médiocres, ovales ou elliptiques, un peu atténuées, non largement arrondies ou subcordées à la base.
*Rosa bracteosa Crép. Rosa hispanica Boiss. et Reut. * — histricosa Crép. * — aspratilis Crép.
* — Crepini Miég. — Martini Gren.
* — obtusa Déségl. et Rip. — fragrans Gren.
* — firma Pug. — Chavini Rap.
— habheriana Pusg. * — occulta Crép.
— glauca Schott. * — werloti Crép.
— pPouzini Tratt.
(1) Comme les glandes sont souvent nulles ou qu’elles sont rares sur les pédicelles, la place de cette forme n’est peut-être pas là.
++ Folioles larges, ovales-arrondies, largement arrondies à la base ou subcordées.
Rosa Aunieri Cariot. Rosa Chaberti Cariot.
— Timeroyi Cha. * — limitanea Crép.
E) Pubescentes.
Pétioles velus ou tomenteux tout autour; folioles plus ou moins pubescentes, rarement glabres avec la base de la nervure médiane seule pubescente, à dents toutes simples, rarement les feuilles inférieures des rameaux florifères à dents plus ou moins composées; pédicelles et réceptacle florifères lisses.
* Folioles à surface inférieure entièrement recouverte d’une pubescence plus ou moins dense.
Rosa dumetorum Thuill. “Rosa pyriformis Déségl. — ohbtusifolia Desv. — cinerascens Cariot non Dmrt. — coriifolia Fries. — corymbifera Déségl.
— frutetorum Bess. — uncinella Déségl. non Bess. — erythrantha Por. — solstitialis Bess.
** Folioles à nervures seules velues, rarement avec quelques poils interposés dans les feuilles les plus inférieures des rameaux
florifères.
Rosa urbica Lem. “Rosa platyphylloides Dés. et Rip. — platyphylla Rau. * — sphaerocarpa Pug.
— opaca Gren. * — trichoneura Rip.
— ramealis Pug. — uncinella Bess. p. p.
— semiglabra Rip.
*** Folioles à nervure médiane seule un peu pubescente à la base.
*Rosa globata Déségl. “Rosa hispidula Rip.
Fr) Collinae.
Pétioles velus ou tomenteux tout autour; folioles plus ou moins pubescentes, à dents presque toutes simples; pédicelles hispides-glanduleux.
Rosa collina Déségl. Rosa alba L.
— Boreykiana Bess. — saxatilis Stev.
— Ratomsciana Bess. — bellevallis Pug.
20 (241 ) Rosa Beseglisei Bor. ?Rosa cerasifera Timb.-Lagr. (1) * — trichoidea Rip. — macrantha Desp.
* — puberula Rip.
c) Tomentellae.
Folioles plus ou moins pubescentes, rarement glabrescentes, à nervures secondaires un peu glanduleuses non odorantes ou églanduleuses, à dents composées ; pédicelles lisses, rarement un peu hispides-glanduleux.
Rosa tomentella Lem. Rosa canescens Bak.
* — concinna Lag. et Pug. * __ polderiana Crép.
— Roffavieri Chab. — Bakeri Déségl. (5)
— Friedlaenderiana Bess. * __ tomentelloidea Crép. * — vicina Crép. (2) * — nervosa Crép.(#
n) Scabratae.
Folioles glabres ou à nervure médiane seule un peu velue, à nervures secondaires plus ou moins glanduleuses non odorantes, à dents toutes composées; pédicelles lisses ou hispides-glanduleux.
*Rosa scabrata Crép. Rosa vallesiaca Lag. et Pug. — vinacea Bak. — leucantha MB.
* — semiglandulosa Rip. — viscida Pug. (5) — Blondaeana Rip. — nmitidula Bess.
* — aspera Crép. ‘— trachyphylla Rau. (6)
* __ gymnostyla Rip.
La disposition des Canines qui précède a surtout en vue la facilité de l'étude; elle est en grande partie artificielle et pourrait être conçue d’une autre facon. C’est ainsi qu’on peut établir deux seules tribus, les Glabrae et les Pubescentes, chacune d’elles divisées de la manière suivante.
a) Glabrae. — Folioles glabres.
* Folioles à dents simples, au moins les supérieures. + Pédicelles lisses.
++ Pédicelles hispides-glanduleux.
(1) Le classement de cette forme me laisse des doutes. — (2) Id. — (5) Id. — (4) Id. — (5) Id. — (6) Id.
.: ** Folioles à dents toutes plus ou moins composées. 1. Folioles à nervures secondaires églanduleuses. + Pédicelles lisses.
++ Pédicelles hispides-glanduleux.
2. Folioles à nervures secondaires glanduleuses. + Pédicelles lisses.
+1 Pédicelles hispides-glanduleux.
b) Pubescentes. — Folioles plus ou moins pubescentes. * Folioles toutes ou presque toutes à dents simples. + Pédicelles lisses.
++ Pédicelles hispides-glanduleux.
** Folioles toutes ou presque toutes à dents compesées. 1. Folioles à nervures secondaires églanduleuses. + Pédicelles lisses.
+t Pédicelles hispides-glanduleux.
2. Folioles à nervures secondaires glanduleuses. + Pédicelles lisses.
++ Pédicelles hispides-glanduleux.
Quoique vicieuse dans son principe, la disposition que j'ai provisoirement adoptée pour les Canines est plus satisfaisante que l’arrangement inventé par M. Déséglise. Du reste ce monographe comprend, dans ses Caninue, des formes qui n’appartiennent certainement pas à cette section et il tient écartées de celle-ci de véritables Canines.
Secr. IX. — Glandulosae.
Folioles à dents composées-glanduleuses, à nervures secondaires plus ou moins glanduleuses.
Rosa Pugeti Bor. IKosa Jundzilliana Déségl. non — tolosana Timb.-Lagr. j Bess.
— terebinthinacea Déségl. — Jundzilli Bess.
* — protea Rip. — sylvicola Déségl. et Rip.
— nemorivaga Déség]. — glandulosa Bess.
— approximata Déségl. — psilophylla Déségl. ex sp. — speciosa Déségl. non Rau.
— pseudo-flexuosa Ozanon. — insidiosa Rip.
— flexuosa Déségl. (an Rau ?) * — ischiana Crép.
Dans cette section, que j'avais antérieurement désignée sous le nom de
Setulosae (1), se trouvent rassemblées des formes hétérogènes et qui doivent. être soumises à une étude attentive, surtout de la part des botanistes qui peuvent les étudier à l’état vivant. Les R. Pugeti, R. nemorivaga, R. pseudofleœuosa et R. approximata sont décrits comme des sous-arbrisseaux de 5 à 42 décimètres de hauteur ; il me parait que le À. protea constitue également un sous-arbrisseau. Tous les cinq paraissent avoir entre eux beaucoup d’aflinité et devoir constituer un petit groupe à part bien distinct des Caninae, d’un côté, et des Rubiginosae, de l’autre. Mais il est plusieurs autres formes qui, à part une taille plus élevée, réunissent les principaux caractères des cinq espèces déjà groupées, ce sont les R. speciosa, R. tolosana, R. terebinthinacea, R. flexuosa et R. Jundzilliana. Toutes ces formes ou espèces pourraient être provisoirement rangées sous une diagnose commune ainsi conçue : Aiguillons ordinairement gréles, droits, inclinés ou peu crochus, dégénérant parfois en aiguillons sétacés et en glandes; folioles ordinairement amples, à dents très-composées-glanduleuses, à nervures secondaires glanduleuses peu ou pas odorantes (sans froissement); pédicelles hispides-glanduleux; sépales très-glanduleux; corolle grande.
Rosa Pugeti. Rosa speciosa.
— nemorivaga. — tolosana, — pseudo-flexuosa. — terehinthinacea.
— approximata. — flexuosa.
— protea. — Jundzilliana. (2?
Quant aux R. Jundzilli Bess. ex spec., R. glandulosa Bess. ex spec., R. sylvicola, R. psilophylla Déségl. non Rau et À. insidiosa, ils ne présentent plus le même facies et ne semblent pas devoir faire partie de l'association précédente; ils pourraient peut-être se trouver dans le voisinage des Caninae scabratae. Le R. ischiana, forme récoltée par Gussone dans l’île d’Ischia et étiquetée :#R. canina L. B collina Guss. Enum.,
(1) Bull., t. VIT, p. 258.
(2) Les specimens du R. Jundzilliana publiés par M. Déséglise, dans son Herbarium Rosarum, sous le N° 55, présentent des aiguillons caulinaires fortement crochus, ce qui ne concorde pas avec les termes de la description que cet auteur donne dans son Æssai, où il dit: Aiguillons . . . presque droits.
est trop maigrement représenté dans mon herbier pour pouvoir me prononcer sur la place qu’il doit occuper.
N'ayant pu encore examiner à l’état vivant aucune des espèces de cette neuvième section, je ne propose leur classification qu’avec une extrême hésitation. D’après l’étude que j'ai faite de matériaux desséchés assez riches, j'ai le sentiment que plusieurs d’entre elles sont bien distinctes des Canines,
par leur port et certains caractères assez saillants, et doivent être séparées, pour former une section différente des Caninae et des Rubiginosae. Pour les autres, mon embarras est grand et j’attendrai, pour me décider, le résultat de nouvelles observations.
SECT. X. — Rubiginosae.
Aiguillons robustes fortement erochus ; folioles à face inférieure entièrement couverte de glandes odorantes ; sépales à la fin cadues. (1)
A) Sepiaceae.
Pédicelles lisses.
Rosa sepium Thuill. “Rosa vinodora Kern. * — pseudo-sepium Callay. — Billietii Pug.
— agrestis Savi. * — Richteri Crép.
— mentita Déségl. — lugdunensis Déség].
— arvatica Pug. — Jordani Déség].
— virgultorum Rip. * — petraea Rip.
— inodora Fries. — australis Kern.
— cheriensis Déségl. — Puymaurea Gren.
— caryophyllacea Bess.
8) Micranthae,
Pédicelles hispides-glanduleux ; aiguillons des tiges tous crochus, non entremélés d’aiguillons gréles, droits et plus ou moins sétacés; rejets stériles flexueux en zigzag ; corolle d’un rose pâle ou blanche ; buisson lâche.
Rosa micrantha Déségl. (Sm.p.p.) “Rosa operta Pug. — nemorosa Lib. — Vaillantiana Bor.
— Lemanii Bor. — parvula Gren.
— permixta Déségl. — subintrans Gren.
— septicola Déségl. — Pommaretii Pug.
— sphaerocarpa Rip.
(1) Ce n’est là qu’un fragment de la diagnose de la section.
24 (245 ) c) Suavifoliae.
Pédicelles hispides-glanduleux ; aiguillons des tiges ordinairement de deux sortes, les uns crochus, les autres plus nombreux, grêles, droits, plus ou moins sétacés ; rejets stériles roides, droits; corolle d’un rose vif; buisson compact.
Rosa comosa Rip. “Rosa apricorum Rip.
— echinocarpa Rip. — rotundifolia Rchb.
— umbellata Déségl. — densa Timb.-Lagr. (2)
— dimorphacantha Martinis. (1)
Les botanistes qui auraient encore l’idée de suivre les errements du passé en ce qui concerne les R. micrantha Sm. et R. rubiginosa L., je les renvoie à mon 2e fascicule de Notes, dans lequel j'ai démontré que ces deux plantes constituent deux types essentiellement distincts par une série d'excellents caractères biologiques et morphologiques. Aujourd’hui, leur réunion ne peut être que le fait d’un phytographe n'ayant aucune entente des caractères spécifiques ou qui n’a pas étudié ces deux types. Mais je dois revenir sur la confusion qui est encore faite des différentes formes appartenant aux Micranthées et aux Suavifoliées. C’est ainsi que M. Déséglise, dans sa dernière classification, énumère péle-méle des Sépiacces, des Micranthées et des Suavifoliées, ce qui semble dénoter qu'il n’avait pas encore bien saisi les profondes différences sectionnelles qui séparent les deux dernières associations. Cette confusion est fort préjudiciable à l'interprétation qu’on peut faire des formes diverses et donne lieu à des rapprochements, à des comparaisons, qui n’ont pas heu d’être.
Si les Micranthées et les Suavifoliées que j'ai énumérées constituent deux groupes qui me paraissent à peu près homogènes, il n’en est pas de même des Sépiacées, sur lesquelles j'aurai à revenir à propos de la deseription de plusieurs espèces appartenant à cette tribu, qui pourrait bien renfermer des Micranthées et peut-être des Suavifoliées à pédicelles lisses.
Le À. Klukii Déségl. et qui ne paraît nullement être l’espèce créée par Besser doit-il entrer dans les Rubigineuses telles que je les entends ? Je ne
puis en ce moment répondre à cette question. Dans les échantillons publiés
(1) Cette nouvelle forme a été décrite dans le Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique, &. VIX, p. 248-250, 1868.
(2) Je n’ai pu étudier complétement cette forme, dont je n’ai vu que deux maigres spécimens.
par M. Déséglise, Herbarium Rosarum, No 29, et dans d’autres spécimens provenant de la même localité, la Servanterie, les aiguillons crochus dégénèrent, sur la tige et les rameaux, en aiguillons grêles, sétacés et même en glandes, particularité que ne signale pas l’auteur, dans son Essai monographique sur cent cinq espèces de Rosiers appartenant à la flore de la France. Il serait intéressant de savoir si les glandes foliaires sont odorantes et si l'odeur ressemble à celle des Rubigineuses.
Je crois bien faire de rappeler ici que les Suavifoliées ont des feuilles plus odorantes que les Micranthées et la plupart des Sépiacées, que leur fruit est d’un rouge orangé et qui, devenu pulpeux, laisse un arrière-goût légèrement amer et désagréable. Il arrive parfois sur certains pieds que les aiguillons sétacés font défaut et que, sur les arbrisseaux délicats, les aiguillons de crochus deviennent presque droits sans être mélangés avec des aiguillons sétacés.
SEcr. XI. — Tomentosac.
Buisson lâche, à tiges stériles longuement arquées au sommet ; aiguillons assez gréles, peu comprimés à la base, un peu arqués, rarement droits ; folioles plus ou moins tomenteuses, rarement glabrescentes ou glabres, glanduleuses ou non glanduleuses sur le parenchyme ou les nervures secondaires ; corolle ordinairement d’un rose pâle; sépales plus ou moins lentement cadues, mais se désarticulant à la complète maturité et ne vivant plus de la vie du réceptacle fructifère.
*Folioles à dents toutes ou presque toutes simples.
Rosa cinerascens Dmrt. “Rosa farinulenta Crép. (1) — dumosa Pug.
** Folioles à dents plus ou moins composées-glanduleuses. F Folioles à glandes éparses en dessous ou à nervures secondaires glanduleuses au moins dans la feuille inférieure des rameaux florifères.
“Rosa Laggeri Pug. *Rosa confusa Pug.
* — uriensis Lag. et Pug. — abietina Gren.
(1) Cette forme, recueillie par M. l'abbé Cariot à St-Genis-les-Ollières (lépartement du Rhône), m’a été communiquée sous le nom de R. farinosa Rau. Le type de Rau a les folioles à dents composées.
Rosa foetida Bast. Rosa intermedia Crép.
* — ladanifera Timb.-Lagr. — scabriuscula Winch. — terehinthinacea Bess. — cuspidata MB. (1)
* — britannica Bak. — collivaga Cottet.
— Similiéa Pug.
?T Folioles sans glandes éparses en dessous.
Rosa tomentosa Déségl. (Sm. p. p.) Rosa Andrzeiouskii Déségl. non
— dimorpha Bess. Stev.
— subglohosa Sm. (2). — tyrolensis Kern.
— intromissa Crép. — Gisleri Pug.
— tunoniensis Déségl. — farinosa Rau.
— annesiensis Déségl.
Il paraîtra peut-être étrange de voir placer, parmi les Tomenteuses, certaines formes qu’on classait dans les Rubigineuses ; mais, en traitant à part les espèces de ce groupe, j’aurai soin de faire connaître les motifs de ma classification. Je ferai aussi voir que les auteurs ont accordé trop d’importance à la présence ou à l’absence de glandes à la face inférieure des folioles, des stipules et des bractées, ce qui a donné lieu à des arrangements artificiels.
SEcT. XII, — Villosae.
Buisson compact, à tiges stériles roides, non arquées au sommet; aiguillons ordinairement grêles et droits, comprimés à la base, rarement un peu arqués ; folioles plus ou moins tomenteuses, rarement glabrescentes ou glabres, glanduleuses ou non glanduleuses sur le parenchyme ou les nervures secondaires ; corolle d’un rose vif; sépales persistants, couronnant le réceptacle fructifère à complète maturité et ne se désarticulant jamais.
Rosa mollissima Fries. Rosa arduennensis Crép. — resinosa Sternb. — Heldreichii Bois.
— Andrzeiowsecii Stey. — ciliato-petala Bess.
* — etrusca Crép. — minuta Bor.
(1) Je fais des réserves au sujet du classement de plusieurs des formes à folioles glanduleuses en dessous.
(2) C’est à tort que M. Déséglise a exhumé le nom de R. Sherardi pour cette forme. Le nom de R. subglobosa est le premier et Smith, selon les règles de la synonymie, n’était pas en droit de le remplacer.
Rosa Grenieril Déségl. Rosa recondita Pug,.
* — friburgensis Lag. et Pug. — pomifera Herm. * — Gaudini Pug. * — proxima Cottet et Crép.
La confusion qui s’est faite dans les Micranthées et les Suavifoliées s’est reproduite dans les formes qu’on avait coutume d’appeler Tomenteuses. C’est ainsi que, dans le travail le plus récent sur celles-ci (1), le R. arduennensis, qui est une Villeuse, est suivi des R. cuspidata et R. tunoniensis, qui sont des Tomenteuses ; après ce dernier, vient le À. omissa, qui serait, selon M. Puget, une Villeuse, puis sont décrits les R. annesiensis, R. dimorpha, R. tomentosa, R. cinerascens, R. scabriuscula, R. Sherardi et R. Andrzeiouskii Déségl. non Stev., qui sont des Tomenteuses; suivent les R. mollissima et R. resinosa, qui sont des Villeuses et qui sont séparés des R. minuta, R. Grenierii, R, pomifera et R. recondita, également des Villeuses, par le R. dumosa, une Tomenteuse. Cela prouve, ce me semble, que M. Déséglise n’avait pas encore saisi les différences biologiques et morphologiques qui séparent les Tomenteuses des Villeuses. Malgré la grande ressemblance des formes appartenant à ces deux groupes, il existe entre ces deux-ci des dissemblances essentielles. Si l’on peut laisser les Tomenteuses à la suite des Canines, on peut avec raison rapprocher les Villeuses de la section des Sabines, avec lesquelles elles ont en commun des aiguillons droits, la persistance des sépales, une précocité de floraison et de maturation du réceptacle fructifère. Si, à la vue d’échantillons desséchés, on se trompe parfois sur le compte d’une Villeuse ou d’une Tomenteuse, l'erreur n’est guère possible au pied du buisson, en face de la plante vivante.
Telles sont les modifications que j'ai fait subir, dans mon herbier, à la classification de M. Déséglise. Ces modifications sont loin d’être définitives, puisqu'il ne faut pas se dissimuler la part grande de l'artificiel dans tout ce qui précède. Qu'un jour on vienne à
(1) Révision de la section Tomentosa du genre Rosa, par Alfred Déséglise, 1866.
prouver, ce qui me parait fort probable, que le même type spécifique peut revêtir plusieurs livrées, être glabre ou pubescent, glanduleux ou églanduleux sur ses feuilles, à pédicelles lisses ou hispides-glanduleux et alors une partie de l’'échafaudage taxonomique disparait et avec lui une foule de prétendues espèces. Les sectionnements artificiels effacés, des formes affines, tenues aujourd'hui éloignées, seront rapprochées ou réunies. Ces réflexions disent assez quelle peut être mon opinion sur cette foule de formes élevées au rang d'espèce et dont le grand nombre ne peuvent être admises à ce titre que provisoirement. Quand on aura dépouillé toutes les collections, qu'on aura reconnu toutes les formes encore inédites, je suis convaincu que le chiffre de ces espèces systématiques sera doublé ou triplé. Pour arriver à une démonstration de leur valeur véritable, on devra tout d’abord s’efforcer de réunir tous les chainons intermédiaires, se livrer ensuite à un examen approfondi des modifications et établir enfin des séries parallèles. Concurremment à ce travail, pourront se faire des essais de culture et de semis. Ceux-ci viendront confirmer ce que les observations comparatives auront fait préjuger.
S'il est donc démontré que la plupart de ces espèces européennes ne sont que les simples variétés d’un assez petit nombre de types spécifiques, il s’en suivra un remaniement de notre classification actuelle et la suppression de plusieurs sections, qui, pour la plupart, ne seraient plus représentées que par une, deux ou trois espèces.
Je ne me suis pas occupé ici des sections des Cinnamomeae, Eglanteriae et Orientales, parce que je me réserve d'en parler, quand je traiterai certaines espèces étrangères à l'Europe. J'ai aussi gardé le silence sur diverses espèces,
s ( 250 ) 29 les R. spinulifolia Dematr., R. vestita God., R. Sueffertii Kirschl., R. wasserburgensis Kirschl., R. Hampeana Griseb., R. granatensis Willk., R. Hailstoni Bak., etc., et d'autres formes qui sont encore inédites, parce que leur classification exige de nouvelles études. Les R. Schultzii Rip., R. hibernica Sm. et R. biturigensis Bor. feront l'objet d'observations particulières.