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CLASSIFICATION DES ROSES DE LA DENDROLOGIE DE K. KOCH

Comme l'ouvrage de notre confrère M. Karl Koch s'adresse plutôt aux horticulteurs et aux amateurs d'arbres et d’arbustes qu'aux botanistes proprement dits et que peut-être beaucoup de ces derniers ne prendront pas connaissance de cet Arboretum, je crois faire chose utile en exposant la classification des Rosa admise dans ce livre.

Grourz I. — Pimpinellifoliae (Bibernell-Rosen).

Sous-arbrisseaux pour la plupart, rarement un peu grimpants; aiguillons tous droits, inégaux, parfois nuls; jeunes rejets chargés de soies (aiguillons sétacés) ; fleurs solitaires, rarement géminées ; folioles élargiesoblongues ou arrondies ; stipules étroites, toutes semblables ; disque mince, percé d’une large ouverture.

Rosa lutea Mill. Rosa reversa W. et K.

— hemisphaerica Herm. (1762) -— laxa Retz.

(R. sulfurea Ait., 1789.) — oxyacanthos MB.

— hispida Sims. — stricta Donn.

— spinosissima L. — carelica Fries.

Groure II. — Cinnamomeae (Pfingstrosen).

Aiguillons peu abondants ou nuls, rarement nombreux; jeunes rejets chargés de soies; stipules inégales, les supérieures ordinairement beau-

coup plus larges que les inférieures ; folioles elliptiques; corolle purpurine, rarement blanche; akènes inférieurs brièvement pédiculés ou sessiles; disque mince, percé d’une large ouverture ; réceptacle fructifère

à la fin pulpeux, rarement coriace.

Rosa virginiana Mill. (1759) (R. blanda Ait., 1789.) — hudsonica Th. et Red.

Rosa cinnamomea L.

— xwara Sieb.

— rugosa Thunb.

— kamtschatica Vent. — carolina L.

— Jlucida Ehrh.

— pendulina L. — rubrifolia Vill.

— gorenkensis Bess. — Silverhielmi Schrenk.

— spinulifolia Dematra.

— alpina L.

Groupe III. — Hortenses (Gartenrosen).

Arbrisseaux peu élevés, dressés; aiguillons mélangés de soies glanduleuses ; folioles coriaces, 5 rarement 7, arrondies, doublement dentées ; stipules larges, planes ; akènes brièvement pédiculés ou sessiles; réceptacle fructifère assez coriace, non couronné par les sépales.

Rosa damascena Mill. Rosa gallica L.

— Centifolia L. — turbinata Ait.

Groupe IV. — Caninae (Hundsrosen).

Arbrisseaux dressés, plus ou moins diffus; aiguillons robustes, plus ou moins recourbés, exceptionnellement entremélés d’aiguillons sétacés ; stipules ordinairement larges, les supérieures ordinairement plus dilatées que les inférieures ; sépales la plupart pinnatifides, cadues, rarement persistants ; akènes assez longuement pédiculés ; réceptacle fruc-

tifère coriace ou devenant pulpeux à la maturité.

Rosa tomentosa Sm. Rosa coriifolia Fries.

— villosa L. - — canina L.

(R. pomifera Herm.) — alba L.

— rubiginosa L.

Groure V. — Corymbiferae (Büschelrosen).

Arbrisseaux dressés, couchés ou grimpants; aiguillons plus ou moins crochus ; stipules étroites, toutes semblables; fleurs ordinairement nombreuses, réunies en corymbe au sommet des rameaux ; akènes sessiles ; styles soudés en colonne; réceptacle fructifère ordinairement arrondi, ne devenant pas pulpeux et non couronné par les sépales qui sont caducs.

Rosa repens Scop. (1760) Rosa moschata Mill.

(R. arvensis Huds., 1762.) — Noisetteana Th. et Red. — sempervirens L. — Brunonii Lindi.

— Jleucochroa Desv. — setigera Mchx.

— multiflora Thunb.

Groure VI. — Nobiles (Edelrosen).

Arbrisseaux dressés, souvent délicats ; aiguillons crochus; folioles 5-5, jamais 7; stipules longuement adhérentes au pétiole, toutes semblables et assez larges; fleurs ordinairement grandes, placées au sommet de rameaux courts ou allongés ; akènes sessiles; réceptacle fructifère non couronné par les sépales qui sont pour la plupart pinnatifides.

Rosa chinensis Jacq.

(R. indica Mult. Auct. non L.)

Groure VII. — Banksianae (Banks-Rosen).

Tige dressée et presque sarmenteuse, ordinairement aiguillonnnée ; feuilles persistantes, ordinairement à 5 ou 5 folioles ou davantage; stipules libres, sétacées, souvent promptement caduques ; fleurs ordinairement en corymbe, non très-grandes.

Rosa Banksiae R. Br. Rosa Fortuneana Lindi.

— microcarpa Lindl. . — bracteata Wendi.

— sinica Murr.

Cette classification est au fond celle de Lindley, qui elle-même procède plus ou moins de celle de De Candolle. Les changements apportés par M. Koch consistent dans la

suppression de plusieurs sections et dans la transposition de quelques espèces. Ainsi ses Pimpinellifoliae com-

prennent le R. lutea, qui était une Rubigineuse pour

Lindley; ses Cinnamomeae renferment les R. rugosa et R. kamtschatica (deux Féroces de Lindley) et le R. rubrifolia (une Canine de Lindley) ; ses Hortenses répondent aux Centifoliées, seulement Lindley placait le R. furbinata parmi les Villeuses; ses Caninae correspondent à trois sections de Lindley : Villeuses, Rubigineuses et Canines ; ses Corymbiferae sont les Systylées de Lindley; sa section des Mobiles est constituée par une Canine de Lindley ; enfin ses Banksianae renferment une Bractéatée de Lindley. Les sections des Féroces et des Bractéatées de l’auteur anglais ne sont plus admises par M. Koch.

En ce qui concerne les formes européennes, le classement de M. Koch laisse un peu à désirer. Le R. spinulifolia n'est pas certainement une Cinnamomée, pas plus, me semble-t-il, que le R. rubrifolia. Le groupe des Canines est hétérogène et ne peut comprendre le R. villosa avec toutes les formes voisines qui constituent ma section des Villosae ; ce même groupe ne peut compter plusieurs des espèces de ma section Glandulosae. M. Koch croit devoir rapporter le R. glutinosa Sibth. et Sm. au R. rubiginosa et par là le comprend dans les Canines; or, cette espèce est non-seulement très-distinete du R. rubiginosa, mais elle doit faire partie d'une section bien différente des Canines, section que j'ai indiquée provisoirement sous le nom d'Orientales(l). Enfin, faute de matériaux, l’auteur n’a pu tenir compte des formes

(1) Bull., t. VIE, p. 258.

qui composent ma section des Sabines, section qui relie les Pimpinellifoliées aux Villeuses.

Somme toute, la classification précédente ne nous présente rien de bien neuf et je dois confesser, la science m'en fait un devoir, qu'elle laisse à peu près les choses dans l’état où elles étaient au temps de Lindley et qu’elle ne satisfera guère ceux dont les efforts tendent vers la découverte d’une bonne classification naturelle du genre.

Quant à l’appréciation des formes au point de vue spécifique, l’auteur est plus réducteur encore que Lindley. Qu'il soit dans le vrai en n'admettant, comme véritables espèces, qu'un petit nombre de types, cela est possible ; toutefois, en acceptant comme type distinctif le R. coriifolia, il pouvait donner le même rang aux À. micrantha Sm., R. coronata Crép., R. foetida Bast. et R. montana Chaïx, qu'il cite à titre de variété et qui sont des types bien autrement distinets que l'espèce créée par M. Fries.

M. K. Koch, dans un des derniers numéros de son Wochenschrift (1), fait la description d'une nouvelle espèce de la section des Synstylae, à laquelle il donne le nom de R. Wichurae. A la suite de la description, il propose un nouveau sectionnement de ce groupe, qu'il désigne, dans sa Dendrologie, sous le nom de Corymbiferae.

L — Fleurs disposées en grappe composée ou en corymbe composé, à pédoncules rameux. (2) Il. — Fleurs en grappe simple, à pédoncules simples.

(1) No 26, 5 juillet 1869.

(2) Le texte porte gegliederte Stiele, ce qui voudrait dire à pédoncules articulés.

ot

A la première tribu, appartiendraient, selon l'auteur, les espèces suivantes de l'Asie et de l'Amérique septentrionale : R. Wichurae GC. Koch, R. multiflora Thunb., R. moschata Mil., R. Brunontii Lindi. et R. setigera Mchx.

A la seconde, se rapporteraient, selon l’auteur, nos Synstylées européennes : R. repens Scop., R. sempervirens L. et R. leucochroa Desv. M. Koch considère cette dernière forme comme une hybride des R. repens et R. canina.()

On pourrait comprendre encore, dans la première tribu, les R. phoenicea Boiss., R. Schimperiana Hochst. et Steud. et R. intermedia Carr. Ce dernier, forme originaire de la Chine et mise dans le commerce par M. André Leroy, est très-curieux. [l semble se rapprocher beaucoup du R. Wichurae.

Cette division établie par M. Koch est ingénieuse ; peutêtre répond-elle à deux tribus bien distinctes des Synstylées, mais elle ne peut guère être acceptée avec les seules différences dénoncées, parce que ces différences ou caractères ne sont pas constants. Si, dans les espèces de la première tribu, l'inflorescence est ordinairement plus riche, plus rameuse, à pédoncules portant deux ou plusieurs fleurs, il n’est pas très-rare de rencontrer, dans les R. sempervirens, R. repens et mème R. leucochroa, des pédoncules inférieurs de linflorescence à deux, trois etmème quatre pédicelles et surtout de remarquer sur ces pédoncules inférieurs des bractéoles qui sont le premier pas fait vers la ramification. Cette ramification plus prononcée dénote peut-être des différences essentielles, mais c’est là une particularité trop secondaire, paraît-il, pour

(1) Je ne pense pas que l’hybridité ait aucune part dans la production des Stylosae. Les grains polliniques que j'ai pu examiner dans le R. systyla sont en grand nombre bien organisés.

servir seule à la distinction de tribus. Les stipules fimbriées ou laciniées et les stipules à bords entiers doivent peutêtre entrer, comme caractères, dans les diagnoses de ces tribus.

CLEFS DICHOTOMIQUES.

Malgré le mal qu'on a dit des analyses dichotomiques, elles n’en restent pas moins un moyen facile pour arriver aux noms des formes analysées, moyen auquel on recourt souvent avant tout autre. Si l’on peut aisément s’en passer quand il s’agit d'espèces dites linnéennes, franchement distinetes et bien sectionnées dans leurs genres respectifs, elles sont une ressource précieuse pour s'orienter plus ou moins au milieu de cette foule de formes en apparence peu tranchées et dont les nombreuses descriptions sont fastidieuses à comparer entre elles. Les clefs qui vont suivre sont très-loin d’être données comme parfaites, plusieurs seront même incomplètes ; mais elles seront un acheminement vers des tableaux plus complets et moins défectueux. Elles permettront aux amateurs de déterminer un certain nombre de Roses encore inédites et provoqueront la décou verte de nouvelles formes.

SECT. Synstylac.

A) Sempervirentes.

Feuilles persistantes.

Pédicelles, pétioles et nervures des folioles plus ou moins velus ; réceptacle fructifère ovoide-

: À allongé . . . . . . ÆR.ruscinonensis Gren. et Déség. (1) Pédicelles, pétioles et nervures des folioles non

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