‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 58 sur 174 · Rosa Davidi Crép · texte numérisé non relu

Rosa Davidi Crép

Je désigne sous ce nom une Rose que M. l'abbé David a recueillie en Mongolie et dont M. Decaisne a eu l'extrème obligeance de me donner un échantillon.

Je vais en rédiger tout d'abord une description faite sur l'unique rameau florifère que je possède, puis je diseuterai la valeur de cette forme et la place qu'elle semble devoir occuper dans la série des espèces.

Rosa Davidi Crép. — Ramuscule florifère long de 6 centimètres (non compris l’inflorescence), un peu flexueux en zigzag, glabre, à écorce un peu brunätre d’un côté, aiguillonné, à aiguillons triangulaires, à pointe droite et perpendiculaire à l’axe du ramuseule, dont deux opposés, insérés à un demi centimètre de la base d’une feuille moyenne inférieure et un troisième solitaire à un demi centimètre de la base de la feuille supérieure. Feuilles inférieures et supérieures 5-7-foliolées, une moyenne étant 9-foliolée. Pétioles velus, inermes ou aiguillonnés, à aiguillons rares, droits, à pointe ordinairement un peu redressée vers le haut de la feuille. Stipules glabreseentes, un peu ciliées, toutes à ailes modérément et également dilatées, à bords entiers ; les supérieures étroitement triangulaires, acuminées et divergentes. Folioles d’un vert sombre et glabres en dessus, un peu pubescentes et d’un vert-blanchâtre en dessous, simplement dentées, à dents assez grandes, à limbe ovale-elliptique, arrondi ou brusquement atténué à la base, atténuéaigu au sommet; pétiolule bien apparent surtout dans les feuilles moyennes et mesurant { millimètre. Inflorescence composée de trois ramifications 2-5-flores, dont l'inférieure naissant à l’aisselle d’une feuille. Bractées beaucoup plus courtes que les pédicelles, ovales-lancéolées, acuminées au sommet, à bords entiers et ciliés, pubescentes à la face supérieure, glabres ou glabrescentes en dessous, plus ou moins purpurines sur la ligne médiane. Pédicelles grêles, assez longs (10-15 mill.), finement hispides-glanduleux, à poils glanduleux trèsinégaux, les latéraux velus. Réceptacles florifères petits, longs, étroitement ellipsoïdes, atténués au deux bouts, ordinairement hispides-glanduleux dans leur moitié inférieure. Sépales tous entiers, terminés par une longue pointe dilatée au sommet, entière ou un peu denticulée, blanchätres-tomenteux à la face interne et sur les bords, glabres sur le dos, mais munis de quelques spinules très-apparentes vers la base et de quelques poils glanduleux. Corolle petite (25 centimètres de diamètre), d’un rose vif, plus ou moins dépassée par la pointe des sépales. Étamines très-nombreuses, à anthères à lobes assez divergents à la base. Styles

très-velus-laineux, formant au-dessus du disque une colonne épaisse « égalant environ les étamines.

Si les gtyles sont normalement saillants, si leur exser- | tion n’est'pas un accident dù à l’une ou l’autre cause, on | peut ranger cette forme parmi les Synstylées. Dans ce cas, il est facile de la distinguer des Synstylées déjà connues. C’est ainsi qu'elle se distinguerait du À. moschata, espèce que M. David a également observée en Mongolie sous sa forme de var. Brunonii (R. Brunonii Lindi.), par ses sépales entiers, terminés par une longue pointe foliacée au sommet, et pourvus de spinules sur le dos, par sa corolle d’un rose vif, par sa colonne stylique épaisse, par ses bractées et stipules plus dilatées, par la forme de ses aiguillons qui rappellent assez bien ceux du À. sericea. Sa corolle, d’un rose vif, et la forme de ses sépales ne permettraient pas de la confondre avec les R. microcarpa, R. multiflora et R. Luciae. En admettant qu'elle ne soit pas une vraie Synstylée, elle n’en reste pas moins un type qui me parait distinet de tous ceux qu'on a publiés jusqu'ici. Il est regrettable que je n’aie eu pour la décrire qu’un simple ramuscule florifère, mais j'espère que l’occasion me sera un jour offerte de l’étudier plus complétement.

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