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Rosa longicuspis Bert

Le Rosa longicuspis a été décrit par Bertoloni dans le tome XI des Mémoires de l'Académie de Bologne (Memorie della Accademia delle scienze dell’Instituto di Bologna, pages 201-202). Comme cette publication n'est pas à la disposition de la plupart des botanistes qui s'occupent de l'étude des Roses, je vais reproduire textuellement la description de Bertoloni.

Rosa longicuspis : glabra, foliis imparipinnatis, bi-trijugis, foliolis oblongo-lanceolatis, crebre, arguteque serrulatis, superioribus longe acuminatis ; aculeis aduncis. Tab. 15.

R. sempervirens Hook. fil. et Thoms. Herb. Ind. Orient. ? Ital. Rosa longifoglia.

Frut. Habui ex India orientali in Khasia ad altitudinem 2-5000 ped. ab Hookero fil. et Thomsonio.

Frutex glaber. Folia imparipinnata, pinnis duabus tribus foliolis, oblongolanceolatis, minute, erebre, arguteque serrulatis, longe acuminatis, et magis superioribus, supra glabris, subtus laxiuscule reticulatovenulosis venulis albis, sub fortiori vitro minutissime punctulatopuberulis. Aculei caulini et petiolares pauci, adunci, basi latiuseuli et compressi. Flores desunt in meo exemplari.

Solo intuitu facilo distinguitur a Rosa sempervirente L., quae familiaris Italiae et sepibus planitiei, et in sylvulis collium. Haec habet foliola latiora, passim breviora, et semper brevius acutata, subtus ereberrime recticulato-venulosa, venulis saepe coloratis, glabris, aut vix perceptibiliter punctulato-puberulis.

La planche qui accompagne cette description représente un simple rameau feuillé de la Rose en question. Bertoloni en basant sa distinction sur ce simple fragment feuillé a été quelque peu téméraire, d'autant plus qu'il semble n'avoir pas connu deux autres formes avec lesquelles on était en droit de lui voir comparer sa nouvelle espèce, les R. Leschenaultiana Wight et Arnott et R. abyssinica R. Br. (R. Schimperiana Hochst. et Steud.). Mais la témérité de cet auteur qui touchait à la légèreté, a été, je pense, heureuse, car j'ai découvert, sur des échantillons plus complets du R. longicuspis, des caractères qui paraissent justifier cette création spécifique.

Les maïtériaux de cette espèce que j'ai pu étudier ne sont pas abondants et consistent en : 1° un rameaux folnfère, un ramuseule florifère après floraison et un fragment de tige accompagnés de l'étiquette de l'Herbier des Indes

Orientales rappelée ci-dessus par Bertoloni. Ces échantillons sont placés sur la feuille n° 72 du genre Rosa de l'Herbier royal de Berlin; 2° un grand rameau après floraison accompagné de la même étiquette et placé sur la feuille n° 1 du R. longicuspis de l’herbier du Docteur Cosson ; 5° trois ramuscules florifères accompagnés de l'étiquette suivante : « Herb. Hort. bot. Calcutensis. VW. Rosa... Khasia Hills. — Native collectors of Bot. Garden, Caleutta. » et faisant partie de l'herbier de Leyde ; 4° un ramuscule florifère porté sur un fragment de tige accompagné de l'étiquette suivante : « R. glabra Lindi. Ind. or. Wall. » provenant d’un vieil herbier allemand (de Sprengel, je pense) et faisant partie de ma collection.

Rosa longicuspts Bert. Mem. Accad. Se. Bol., XI, p. 201, tab: 15; R. sempervirens Hook. f. et Thoms. Herb. Ind. Orient., non L.

Arbrisseau probablement robuste. Tiges glabres, aiguillonnées, à aiguillons épars, assez petits et fortement crochus. Ramuscules floriferes (longs de 5 à 25 cent.) flexueux, glabres, à écorce verte, peu aiguillonnés ou inermes. Feuilles 5-9-foliolées. Pétioles épais, roides, glabres, avec quelques glandes aux bords du sillon, aiguillonnés, à aiguillons plus ou moins nombreux, épais et fortement erochus. Stipules glabres, à bords très-superficiellement et finement denticulés, toutes à ailes étroites, à oreillettes étroites, acuminées, plus ou moins divergentes, très-superficiellement denticulées-glanduleuses aux bords. Folioles très-épaisses, coriaces, glabres sur les deux faces, simplement dentées, à dents fines, acuminées, présentant rarement un denticule accessoire, ovales-elliptiques, atténuéees-arrondies à la base, pétiolulées (pétiolule de 1/2-1 mill.), les moyennes et la supérieure de chaque feuille plus ou moins longuement atténuées-acuminées au sommet, à pointe un peu tordue. Inflorescence formant un corymbe simple ombelliforme et pauciflore (2-6-flores). Bractées assez nombreuses, lancéolées ou laneéolées-linéaires, beaucoup plus courtes que les pédicelles, velues-ciliées aux bords, caduques après l’anthèse. Pédicelles plus ou moins longs (25-50 mill.), un peu sinueux, plus ow

moins velus, à poils entremélés de fines glandes brièvement pédiculées. Réceptacles florifères ellipsoïdes ou étroitement pyriformes, plus ou moins velus, à poils entremélés de fines glandes brièvement pédiculées. Sépales ovales-lancéolés, terminés par une pointe courte et étroite, plus ou moins velus et glanduleux sur le dos, tomenteux à la face interne et sur les bords, réfléchis après l’anthèse, les trois extérieurs munis sur les bords de 1-5 petits appendices, étroits, entiers et assez peu apparents. Corolle probablement assez grande et dépassant les sépales, à pétales densément velus-soyeux sur toute la face inférieure. Disque fortement conique. Styles velus, formant une colonne longue de 5-5 millimètres et égalant probablement les étamines.

Cette Rose habite les montagnes de Khasia (Chassia) qui sont situées dans l'Inde anglaise vers le 26° degré de latitude nord.

Le R. longicuspis est incontestablement différent du R. sempervirens L. avec lequel MM. Hooker fil. et Thomson l'avaient réuni. Pour faire ressortir complétement les différences qui séparent ces deux types, il faudrait avoir sous les veux des matériaux suffisants du premier, mais avec ceux que j'ai déjà examinés, je puis dire que le R. longicuspis diffère du R. sempervirens : 1° par ses folioles plus épaisses et très-fortement coriaces à l’état sec, plus longuement atténuées au sommet; 2° par ses stipules à ailes et à oreillettes plus étroites ; 5° par ses bractées plus étroites ; 4° par ses pédicelles, réceptacles et sépales plus ou moins velus ; 5° par ses sépales plus étroits, lancéolés, insensiblement atténués ; 6° par son bouton plus allongé ; 7° par ses pétales densément velus-soveux sur le dos. Ce dernier caractère est extrèmement remarquable et Jjusqu'iei il paraît propre au R. longicuspis. Il existe bien dans certaines espèces quelques poils vers la base de la face inférieure des pétales, mais ces poils ne tardent pas à disparaitre.

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