Rosa Leschenanultiana Wight et Arnott
Le Rosa Leschenaultiana a été décrit et figuré en premier lieu par Thory et Redouté (Les Roses, t. ILE, p. 87) sous le nom de R. sempervirens Leschenaultiana. Seringe (Prodromus, IT, p. 598) le rapporte également comme une variété au R. sempervirens, mais il demande s'il ne constitue pas une espèce propre. En 1854, Wight et Arnott (Prodromus Florae peninsulae Indiae orientalis, I, p. 501) l'ont décrite comme espèce, sous le nom de R. Leschenaultiana, et Wight en a publié, en 1840, une belle figure dans ses Icones plantarum Indiae orientalis (vol. [, tab. 58. 925).
Les matériaux que j'ai pu étudier de cette Rose consistent en : 1° un beau ramuscule florifère de l'Herbier royal de Berlin portant cette étiquette : « Herb. Wight. propr. 1011, Rosa Leschenaultiana Red. Peninsula Ind. Orientalis ; » 2° un autre ramuscule florifère du même herbier avec l'étiquette suivante : « Herb. Ind. Or. Hook. f. et Thomson, Rosa sempervirens L. Hab. Nilgiri; » 9° un beau ramuscule florifère que m'a donné M. Hohenacker et accompagné d’une étiquette ainsi conçue
« PI. Ind. Or, 1577. Rosa Leschenaultiana Red. et
- Thor. ? — Schldi. In m. Nilagiri. Maio m. »
Cette forme offre des traits de ressemblance avec le R. longicuspis, mais elle en diffère : 1° par ses feuilles à pétioles abondamment glanduleux, à folioles moins épaisses, moins longuement atténuées au sommet, à dents moins égales ; 2° par ses pédicelles glabres ou à peu près, à glandes plus rudes ; 5° par son réceptacle florifère glabre, plus glanduleux; 4° par ses sépales plus grands, plus allongés, ordinairement sans appendices latéraux, plus
glanduleux; 5° par sa colonne stylique plus allongée (6 mill.); 6° par ses pétales glabres à la face inférieure ; 7° par la teinte assez fortement purpurine ou violacée répandue sur les stipules, les pétioles, les pédicelles, les réceptacles et les sépales. Elle se distingue du R. sempervirens : 1° par son bouton très-allongé; 2° par ses sépales entiers, beaucoup plus longs et s’atténuant insensiblement au sommet; 5° par ses stipules à ailes et oreillettes plus étroites ; 4° par ses feuilles ordinairement 7-foliolées. Il existe encore d’autres différences, mais pour pouvoir les bien faire ressortir, il faudrait avoir à sa disposition des matériaux plus riches que ceux que j'ai étudiés.
La planche des Icones de Wight n'est pas fidèle en ce qui concerne plusieurs des organes représentés. C’est ainsi que les sépales extérieurs sont munis, dans la figure 2, de dents ou ineisions tout à fait anomales, que la colonne stylique, dans les figures 2 et 4, a la longueur de son capitule stigmatique tout à fait exagérée.
Dans les échantillons que j'ai vus, l'inflorescence est constituée par 5 ou 4 fleurs formant un corymbe ombelliforme, dont les pédicelles inférieurs naissent à l’aisselle de feuilles et non de bractées primaires comme dans le R. longicuspis.
D'après Thory, cette Rose, quand elle rencontre un soutien, peut s'élever à la hauteur extraordinaire de 60 à 70 pieds.
L'existence du R. Leschenaultiana dans le Nila-Girr, à l'extrémité de la péninsule de l'Inde vers le 12° degré constitue un fait remarquable de géographie botanique, car cest l'habitation peut-être la plus rapprochée de l'équateur que l’on connaisse pour un représentant du genre Rosa.