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Rosa maracandica Bungc

Le Rosa maracandica a été décrit par M. de Bunge en 1854 dans un mémoire intitulé: Beitrage zur Kenntniss des Flora Russlands und der Steppen Central-Asiens. Erst Abtheilung Alex. Lehmann Reliquiae botanicae et insérée dans les Mémoires de l’Académie impériale des Sciences de St-Pétersbourg, tome VII, 1854. La diagnose originale a été reproduite dans les Annales de Walpers, tome IV, p. 655. M. Boissier (Flora Orientalis, IH, 671) a publié

une nouvelle description de la plante, dont il avait reçu un échantillon de M. de Bunge.

Comme j'ai pu examiner, dans l’herbier de M. Cosson() plusieurs échantillons authentiques du R. maracandica, mes observations sur ce type ont un intérêt tout particulier.

Je dois tout d’abord donner quelques détails sur le nombre et la disposition des matériaux authentiques renfermés dans l’herbier de M. Cosson. Le R. maracandica est représenté dans cet herbier par einq spécimens. Trois de ceux-ci sont fixés sur la première feuille et se composent de deux grandes branches florifères et d’un rameau fructifère , accompagnés de deux étiquettes originales de Lehmann ainsi conçues: « Rosa aurea m. . — Fructu ovato-allongo hispido, pulposo intense rubro, nuceulis huie pilosis. — Rosa sp.? floribus aureis. An dem rechten Zuflüssen des oberen Sarafschan. 5 8*, 6 sept. 41. »

La feuille 2° est occupée par un assez grand spécimen, mais celui-ci n'a conservé qu'une séule feuille et un trèspetit ramuseule portant un bouton accompagné d’une trèspetite feuille. L’étiquette, également de Lehmann, porte : « Rosa sp.? floribus aureis. An dem rechten Zuflüssen des oberen Sarafschan (S. Aramitau), 6 sept. 1841. » Enfin la 5° feuille porte un rameau fructifère aussi accompagné d'une étiquette de Lehmann ainsi rédigée : « Rosa aurea x, Fruct. globoso glabro pallido cartilageo nuculis glabris ? » Dans l'herbier de M. de Bunge, tous ces échantillons étaient rassemblés sous le nom de À. maracandica.

(1) L’herbier de M. AI. de Bunge a été acquis par M. Cosson qui l’a fondu dans son herbier général.

Certains termes de la description primitive me font croire que tous ces spécimens n'avaient pas été réunis par M. de Bunge quand il a décrit son type, car si alors il les avait eus tous sous les yeux, des passages de sa description n'auraient pas été conçus tels qu'ils le sont.

Si tous les échantillons réunis sous le nom de R. maracandica dans l'herbier de M. Cosson appartiennent bien au même type spécifique, la description de M. de Bunge doit nécessairement subir quelques modifications. Celles-ci vont être signalées dans les observations suivantes, que je crois étendre assez longuement, afin de provoquer de nouvelles recherches sur ce qui peut rester d'obscur, au sujet d’une espèce encore très-peu connue.

Les deux rameaux florifères de la feuille 1"° sont trèsgrêles, ainsi que leurs ramuscules florifères, à"entrenœuds espacés. Cette gracilité ne se retrouve pas dans les autres spécimens qui ont des axes minces, il est vrai, mais à entrenœuds rapprochés et dénotant une végétation lente et malingre, ce qui correspond assez bien avec les termes de la description. Dans ces deux branches florifères, la figure des folioles est assez variable, mais la forme la plus ordinaire est la forme obovale-suborbiculaire; elles sont plus ou moins tronquées au sommet et plus ou moins atténuées à la base, à dents composéesglanduleuses, glabres sur les deux faces, celles des feuilles inférieures et des feuilles moyennes inférieures à côte et à nervures secondaires glanduleuses. La glandulosité des folioles que l’auteur n'a point marquée dans sa description, peut même se poursuivre dans les feuilles supérieures. L'axe des ramuscules, court (25 mill.) ou allongé (65 mill.), est tantôt églanduleux et tantôt chargé de fines glandes pédiculées. Cette dernière glandulosité a encore

été passée sous silence par M. de Bunge. Les pédicelles varient de 2 à 8 mill. et sont ordinairement chargés de fines glandes. Les fleurs sont ordinairement solitaires, mais elles peuvent être réunies par trois. Quand l'inflorescence est uniflore, la fleur s'élève au-dessus d’une feuille réduite et son pédicelle est accompagné d’une bractée dilatée ; lorsqu'il y a 2 ou 5 fleurs, les pédicelles latéraux portent à leur base deux bractées opposées. En rédigeant sa description, M. de Bunge n'avait pu examiner qu'une seule fleur et celle-ci était solitaire. M. Boissier décrit également l'espèce avec des fleurs solitaires. Le réceptacle florifère est ovoïde, presque lisse et ne présentant que quelques rares glandes. Les pétales sont longs de 22-25 mill. et les anthères mesurent 1 5/4 mill.

Le rameau fructifère qui accompagne les deux échantillons décrits ci-dessus ne constitue pas la même forme que ceux-ci. Ses folioles, à peu près les mêmes, sont plus épaisses et coriaces comme dans le R. Webbiana, avec des dents simples, glabres en dessus, un peu pubescentes sur toute la surface inférieure. Ges derniers caractères ne correspondent plus avec ceux que M. de Bunge attribue à son type.

Le spécimen fixé sur la feuille 2°, presque absolument dépouillé de ses feuilles, montre des axes assez robustes et fortement aiguillonnés. Les folioles sont glanduleuses. sur toute la face inférieure et les dents sont composéesglanduleuses. Un très-petit ramuscule florifère porte une fleur en bouton dont le réceptacle est globuleux, lisse de même que le pédicelle.

Le rameau fructifère fixé sur la feuille 5° est trèsflexueux, très-rameux, à aiguillons robustes pour l'espèce et toujours droits. Les folioles sont épaisses, cartilagi-

neuses, pubescentes sur les deux faces, glanduleuses sur toute leur face inférieure. Quoique le fruit resté attaché au spécimen soit aussi large que long, il n’est pas ce que l’on peut dire exactement globuleux. Le fruit de l’échantillon fructifère de la feuille 1° est ovoïde, élargi et arrondi à la base, et un peu hispide-glanduleux.

Si les divers échantillons réunis par M. de Bunge sous le nom de À. maracandica appartiennent bien au même type spécifique, ce que je ne puis assurer en présence de matériaux trop peu nombreux, la description de ce type devra, je le répète, subir quelques modifications. C’est ainsi que la ge au lieu d'être toujours à rameaux tortueux (divaricato tortuoso-ramoso), peut avoir des rameaux assez élancés, à entrenœuds espacés, que les folioles peuvent être glabres, ou pubescentes sur les deux faces, minces ou épaisses, que les fleurs peuvent être solitaires ou réunies par trois, que les pédicelles et les réceptacles florifères peuvent être glanduleux ou églanduleux, que les réceptacles fructifères peuvent être ovoïdes ou globuleux.

Si j'en juge par les spécimens que j'ai étudiés et surtout par les deux spécimens florifères de la feuille 1° de l’herbier Cosson, le À. maracandica parait constituer un type spécifique bien distinct, je dis parait, parce qu'il arrive parfois que les plus habiles peuvent se tromper grossièrement, quand ils n'ont pour base de leur appréciation que des matériaux en petit nombre et non suflisamment complets.

M. de Bunge a rapporté avec doute le R. maracandica à la section des Pimpinellifoliées; M. Boissier (loc. eit.) la place dans les Églantériées entre le R. lutea et le R. sulfurea. Si les fleurs sont bien jaunes comme l'aflirme Lehmann sur les étiquettes de l’herbier de Bunge que j'ai transcrites, c'est bien dans le voisinage du R, sulfurea que

ce type doit se placer. Outre la couleur des pétales, le KR. maracandica se rapproche du R. sulfurea Ait. (R. hemisphaerica Herrm.), du moins de sa forme typique (R. Rapini Boiss.), par ses ramuscules florifères à axe glanduleux, par la forme de ses folioles, par ses pédicelles courts, par ses sépales entiers, plus ou moins redressés sur le réceptacle fructifère et persistants; mais il s’en distingue par d’assez nombreux caractères. C’estainsi que le R. maracandica est un arbuste beaucoup plus petit et plus grêle, que ses aiguillons sont beaucoup plus grèles (toutefois dans certaines formes du R. sulfurea, ils sont aussi grêles), assez régulièrement sous-stipulaires et géminés, que les oreillettes des stipules sont moins divergentes, que les folioles sont ordinairement largement tronquées, que le ou les pédicelles sont accompagnés de bractées, que la fleur est beaucoup plus petite dans tous ses organes, que le col du réceptacle florifère n'est pas surmonté par un anneau de poils formés par les poils tapissant les parois intérieures du col.

Une particularité intéressante du R. maracandica, c’est d'avoir parfois ses folioles latérales supérieures plus ou moins adhérentes avec la foliole terminale et d’être même parfois fondues avec celle-ei en formant une foliole terminale beaucoup plus ample qu'à l'ordinaire et d’une forme tout à fait anomale.

Puisqu'il a été question dans cet article des R. lutea et R. sulfurea, je saisis l'occasion pour rectifier une erreur que jai commise concernant le premier et pour faire une observation au sujet du second.

Dans mon deuxième fascicule, page 216, j'ai dit que M. le docteur Haussknecht n'avait pas observé le R. lutea à l’état indigène en Orient; c’est là une erreur et qui

résulte d’une réponse que M. Haussknecht avait faite à une question que je lui avais posée, question qu'il n’avait pas bien comprise. M. Haussknecht a, au contraire, observé l'espèce à l’état indigène dans un grand nombre de lieux en Orient.

M. Déséglise qui continue avec une grande persévérance et beaucoup de talent ses études sur les Roses, a publié cette année (Notes extraites de l’énumération des Rosiers de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique in Journal of Botany) un article fort intéressant sur le R. sulfurea, qu'il désigne, avec M. K. Koch, sous le nom de À. hemisphaerica Herrm. qui est plus ancien. Il fait remarquer combien le R. Rapini, cultivé de graines provenant d'Orient, s’est modifié à Valeyres dans le jardin de M. Boissier. Ces modifications que j'avais pu étudier bien antérieurement, et que j'avais consignées dans les notes adressées à M. Boissier lorsque je lui ai renvoyé les Roses d'Orient qu’il avait bien voulu me communiquer, ces modifications, disonsnous, se présentent parfois sur des pieds spontanés. C’est ainsi qu'un bel échantillon du R. Bungeana que m'a envoyé M. Buhse est à peu près identique avec la forme cultivée au jardin de Valeyres : aiguillons très-grèles, folioles glabres, doublement dentées, sépales terminés par une pointe foliacée et denticulée.

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