Rosa Webbiama Wallich
Le Rosa Webbiana a été distribué par Wallich sous ce nom et il porte le n° 685 dans son Cat. Herb. Ind., mais ce n'est que plus tard que l'espèce a été décrite et figurée par Royle dans son {llustration of Botany of the Hymalaya and Cashemere, p. 208, tab. 42, fig. 2 (1859).
Cette espèce a été postérieurement décrite et figurée sous divers noms, ce qui est dû à la grande variabilité de ce type et peut-être à l'ignorance où ont été les auteurs de la description et de la figure de Royle. C’est ainsi que Bertoloni à décrit et figuré ce type sous le nom de R. unguicularis (Miscellanea botanica XXI in Memorie della Accademia delle scienze dell’Instituto di Bologna, tome XII, 1861, p. 255, tab. 5) et qui, si je vois bien, parait avoir été décrit et figuré par M. Klotzsch sous le nom de R. Guilelmi-Waldemarii (Botanische Ergebnisse der Reise des Prinzen Waldemar, p. 155, tab. 8). Des formes de la même espèce ont même été distribuées par MM. Hooker fils et Thomson sous le nom de À. pimpinellifolia L.
Les très-nombreux matériaux que j'ai pu étudier dans l’herbier de M. von Schlagintweit, ceux que j'ai vus dans les herbiers de Berlin, de von Martius et de M. Cosson m'ont permis de bien étudier le R. Webbiana, et de constater combien est grande la variabilité de ce type. En adoptant les principes de spécification qui guident l'école dont M. Jordan peut être considéré comme le chef,
je pourrais très-facilement subdiviser le R. Webbiana en plus d’une demi douzaine d'espèces. C'est du reste ce que l'on peut faire de tous les types étrangers à l'Europe, dont l'aire de dispersion est plus ou moins vaste. Si jusqu'ici ils n'ont pas été subdivisés pour la majeure partie, c’est qu'ils n'ont pas été étudiés dans le sens de l’école jordadienne ou que leurs formes ne sont pas encore nombreuses dans les herbiers.
Après la description des caractères spécifiques du type de Wallich, je signalerai les principales variétés que j'ai
é t udier.
Rosa Webbiana Wall. in Royle Z/. Bot. Hym. and Cash., p. 208, tab. 42, fig. 2; Wall. Cat., n° 685; R. unguicularis Bert. Mem. Accad. Bol., XII, p. 255, tab. 5; R. Guilelmi-Waldemarii Klz. Bot. Erg. d. Reis. d. Prinz. Wald., p. 155, tab. 8?; R. pimpinellifolia Hook. f. et Thoms. Herb. Ind. Or. non L.; R. Strachey et J.-E. Winterboltom Hymalayan Herbarium, n° 6 (pro parte).
Argrisseau. Arbrisseau paraissant être tantôt de petite taille, à croissance lente, tantôt de taille moyenne et à croissance assez vigoureuse.
Tices. Tiges à écorce glabre, teintée de pourpre d’un côté et probablement un peu glaucescente, devenant d’un brun sombre, aiguillonnée, à aiguillons ord. régulièrement géminés sous les feuilles, grêles, à pointe ord. très-longue, droite, et souvent un peu relevée, reposant sur une base peu dilatée, jaunûtres.
Ramuscuces rLorirÈREs. Ramuseules florifères très-courts ou assez longs, à écorce souvent un peu purpurine, ord. inermes, ou aiguillonnés, à aiguillons de même forme que ceux des tiges, mais plus petits.
Feuizces. Feuilles 5-9-foliolées. Stipules petites, glabres ou pubescentes, superficiellement denticulées aux bords, à ailes assez étroites, celles
* des supérieures peu dilatées, à orcillettes lancéolées un peu divergentes. Pétioles glabres ou pubescents, ord. inermes, rarement glanduleux. Folioles très-petiles ou assez amples, ord. fermes et coriaces, d’un vert-clair, plus ou moins glaucescentes sur les deux faces, pubesentes ou glabres sur les deux faces, très-rarement glanduleuses sur
toute la face inférieure, simplement dentées, à dents assez larges très-rarement à dents munies de 1-2 glandes, ovales-elliptiques, ovales, obovales ou suborbiculaires, un peu atténuées ou arrondies à la base, brièvement pétiolulées ou sessiles, arrondies au sommet, ou un peu tronquées, ou brièvement et obscurément aiguës.
Ixrcorescence. Fleurs ord. solitaires à pédicelles accompagnés d’une feuille réduite, plus rarement d’une bractée; très-rarement fleurs réunies au nombre de 2-4. Bractées ovales-lancéolées. Pédicelles ord. allongés (5-25 mill.), rarement courts (4-5 mill.), plus ou moins flexueux, glabres ou un peu velus, lisses ou hispides-glanduleux, souvent plus ou moins inclinés ou penchés à la maturité. Réceptacle florifère petit ou assez gros, ord. ovoïde, plus rarement subglobuleux, lisse ou finement hispide-glanduleux. Sépales entiers, lancéolés, insensiblement terminés par une pointe longue un peu dilatée au sommet, ord. un peu glanduleux sur le dos, pubescents à la face interne, se redressant après l’anthèse, persistants, étalés-dressés ou plus ou moins convergents sur le réceptacle fructifère. Corolle ord. assez grande (45 cent. de diamètre), à pétales larges, obovales, un peu échancrés au sommet, dépassant ord. les sépales. Styles velus-laineux jusque sous le stigmate, formant ord. un gros capitule stigmatique sessile. Réceptacle fructifère ord. assez gros, ovoide, brusquement atténué à la base, fortement étranglé au sommet.
FLoraison. Fleurit dès la fin de juin et en juillet et mûrit en septembre et octobre.
Aire DE pispersiox. Les indications relevées dans l’herbier de M. von Schlagintweit sont les suivantes : Tiger. Province de Balti : Saling (on the right side of the Shayok opposite Khapalu) to Hushe (on the Tsetanga river). Heigt (engl. ft. 7995 to 10440). — Thumgaks (on the northern foot of the Tsorbat La Pass) to Poen (opposite Tsorbat). 12000 to 8879 engl. ft. Hushe via Haldi to Thorkonda. 10440 to 8639 to 11156 engl. ft. — Hushe to Brumi Rama (on the way from Hushe up to Sospor glacier). 10440 to 13055 engl. ft. — Province de Dras : Mulbe to Dras. 10480 to 9951 engl. ft. — Surrounding the hot springs near Mulbe. 10480 engl. ft. — Province de Ladak : Kharbu Koma to Shaksi (southwest of Dah. 10600 engl. ft. — Province de Gnari Khorsun : Poti via Lomorti to Poling. 17000 to 14000 engl. ft. — Laptel to Selchell and Hoti (south of the Satley). 14000 Lo 16200 engl. ft. — Province de Spiti : Northern foot of Tari Pass via Mud to southern
foot of Parang Pass. 15000 to 1150 eng. ft. — Province d’Hasora : Top to Masenno glacier (Lolio Duru) and Aschursbott (Diamer glacier group). Tashing (northwest of Astor or Hasora). 9692 engl. ft. — Province de Tsanskar : Sulle to Padum. 12717 to 11592 eng]. ft. — MM. Strachey et Winterbottom ont distribué l’espèce comme provenant de Niti, province de Garhwal à une altitude de 11500 pieds anglais. —Wallich l’a distribuée provenant de Sirmor. — MM. Hooker et Thomson n’ont pas signalé de localité précise pour les échantillons qu'ils ont publiés et n’indiquent que : « Him. Bor. occ. » — Royle dit que l’espèce a été trouvée à Lippa dans le province de Kamaan et à la Passe de Kherung par M. Inglis. — D’après les données que nous possédons, le R..Webbiana serait surtout une espèce qui habiterait dans la partie occidentale de l'immense massif montagneux formé par l'Himalaya et le Tibet.
L'espèce a été dédiée au capitaine Webb qui, le premier, la découvrit dans la province de Kamaan et en envoya des échantillons à Wallich.
Si l’on voyait isolément certaines formes du R.Webbiana, on serait tenté d'y voir autant d'espèces différentes, tant ce type varie dans son facies. En me basant sur les différences des divers organes, je pourrais délimiter au moins une demi douzaine de variétés, mais en attendant que je puisse étudier des matériaux encore plus complets que ceux que j'ai eus sous les yeux, je me contenterai de caractériser seulement trois variétés, basées sur la forme et les dimensions des folioles.
Var. «. genuina. Folioles médiocres (8-10 mill. de larg. sur 8-15 mill. de long.), ord. un peu obovales, un peu atténuées à la base, arrondies ou un peu tronquées au sommet, à bords ord. entiers dans leur tiers inférieur. Royle loc. cit., tab. 42, fig. 2; R. unguicularis Bert. loc. cit., tab. 5.
Var. 8. latifolia. Folioles assez grandes (10-20 mill. de larg. sur 15-50 mill. de long.), largement ovales, arrondies un peu atténuées à la base, ord. brièvement aiguës au sommet, à dents se prolongeant plus bas aux bords du limbe. Ailes stipulaires et oreillettes plus dilatées que dans la var. x.
Var. 7. microphylla. Folioles très-petites (5-8 mill. de larg. sur 5-10 mill.
de long.), elliptiques-obovales ou suborbiculaires, atténuées ou arrondies à la base, arrondies ou un peu tronquées au sommet, à bords ord. entiers dans leur tiers inférieur. Fleurs petites, à pédicelles ord. courts.
Ces trois variétés se relient entre elles par des variations intermédiaires. La var. microphylla est la forme qui a surtout engagé MM. Hooker fils et Thomson a voir dans le R. Webbiana une forme de R. pimpinellifolia. On pourrait proposer une quatrième variété sous le nom de glandulosa, à folioles glabres, à face inférieure entièrement chargée de fines glandes peu persistantes, à dents munies de 1-2 glandes. Cette variété parait être très-rare.
Dans la synonymie de l'espèce, c’est avec doute que j'ai rapporté à celle-ci le R. Guilelmi-Waldemarü Klt., malgré la magnifique figure qui accompagne sa deseription. Il pourrait bien se faire que la forme déerite et figurée sous ce dernier nom füt une variété du R. macrophylla Wall. ; cependant en examinant le mode d’inflorescence, J'ai presque lieu de croire qu'elle représente une forme voisine de la var. latifolia du R. Webbiana.
La place que doit occuper le R. Webbiana me parait être dans la section des Pimpinellifoliées, section un peu plus largement délimitée qu'on ne l’a fait jusqu'ici. Il se distingue du R. spinosissima par ses aiguillons qui sont ordinairement géminés du moins dans la partie supérieure des tiges et sur les ramuscules florifères, par l'absence d'aiguillons sétacés sur cette partie des axes. Je dis sur cette partie des axes, parce que je crois, si j'en Juge par des tiges jeunes de l'espèce cultivée à Kew, que la partie inférieure des tiges peut être chargée de nombreux aiguillons très-grèles, très-inégaux, épars et ressemblant assez à ceux du R. spinosissima. Ce serait là un caractère qui rapprocherait d'autant plus le R. Webbiana du R. spinosis-
sima. Le premier de ceux-ei se distingue, en outre, du second, pas ses folioles ordinairement épaisses, plus ou moins coriaces, d'un vert-clair ou un peu jaunätre, par ses stipules à oreillettes non très-divergentes et non un peu foliacées, par son inflorescence qui peut présenter, rarement il est vrai, 2-4 fleurs, et par le pédicelle de sa fleur solitaire pouvant offrir une bractée à sa base, par son réceptacle fructifère ordinairement plus gros, ordinairement ovoide, atténué-étranglé au sommet.
Le R. Webbiana, type extrèmement distinct du R. spinosissima, est le représentant des Pimpinellifoliées dans le Tibet et l'Himalaya occidental.
En terminant, je dois faire remarquer que MM. Strachey et Winterbottom ont distribué, avec diverses formes du R. Webbiana, une forme singulière, à folioles petites, pubescentes et fortement glanduleuses en dessous, à aiguillons longs et arqués, non géminés sous les feuilles où ils sont cependant rapprochés par 5-5, à réceptacles florifères étroits et allongés, très-glanduleux. Cette forme que j'ai nommée, dans l'herbier de von Martius, R. Winterbottomii rappelle par ses caractères les R. Webbiana et R. macrophylla. Peut-être constitue-t-elle un type distinet.