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Rosa macrophyila Lindi

Le R. macrophylla a été décrit et figuré pour la première fois par Lindley (Ros. Monogr., p. 55, tab. 6) en

1820. Cet auteur en avait vu des échantillons dans l'herbier de Banks qui avaient été envoyés par Wallich. En 1895, Trattinnick (Rosac. Monogr., I, p. 166) en donna, à son tour, une description faite d'après la figure et la description de l’auteur anglais. Seringe en publia, en 1825 (Prodr., I, 612), une diagnose, mais celle-ci, pas plus que la description de Trattinnick n'ajoute rien aux détails déjà connus sur l'espèce. C’est seulement plusieurs années après que celle-ci a été de nouveau l'objet d'une étude faite sur la plante même et c'est Wallich qui nous l'a décrite et figurée d'une facon plus complète que ne l'avait fait Lindley (Plantae asiaticae rariores, vol. I, p. 19, tab. 117, 1851).

Après Lindley et mème après Wallich, il reste encore bien des choses intéressantes à noter sur cette magnifique Rose de l'Himalaya, qui, dans ces dernières années, a recu deux noms nouveaux : À. Hookeriana Bert. et R. Hoffmeisteri KItz.

Les matériaux nombreux que j'ai pu étudier dans les herbiers de Berlin, de von Martius et de MM. Cosson et von Schlagintweit, et ceux que j'ai reçus de plusieurs Jardins botaniques vont me permettre de m'étendre assez longuement sur les caractères et les variations du type en question.

Avant d'exposer les caractères de l'espèce, je vais en établir la synonymie.

Rosa macroPayira Lind. Ros. Monogr., p. 55, tab. 6; Wall. PL. asial. rar., UE, p. 19, tab. 117; Hook. f. et Thoms. Herb. Ind. Or.; R. Hookeriana Bert. Mem. Accad. Bol., VW, p. 172, tab, 1; R. Hoffmeisteri KItz. Bot. Erg. d. Reise d. Prinz. Wald., p. 155, tab. 7.

Lindley a décrit et figuré un ramuscule florifère inerme et dans sa description il se demande si les branches sont

inermes. Si les ramuscules sont parfois inermes, la tige et les branches sont plus ou moins abondamment aiguillonnées et c’est ce que l’on voit bien dans la magnifique planche de l'ouvrage de Wallich, où la tige, les branches et mème les ramuscules florifères sont armés de robustes aiguillons. Cette planche est cependant plus ou moins défectueuse, en ce sens qu'elle représente des parties d’un pied probablement cultivé et ayant acquis un développement excessif. Par ce développement presque monstrueux, les aiguillons sont en quelque sorte déformés, les feuilles ont pris des dimensions extraordinaires, de même que les autres parties. Aucun des nombreux spécimens que j'ai vus de l'Himalaya, n’atteint aux proportions colossales du spécimen qu'a fait peindre Wallich pour occuper toute l'étendue d’une grande planche in-folio. Les aiguillons sont normalement assez grèles, à pointe droite, soit étalée horizontalement, soit inclinée ou relevée. Ce n'est que sur les axes vigoureux et robustes que leur pointe est parfois un peu incurvée, ce qui du reste arrive parfois pour d’autres types à aguillons droits. Dans la partie inférieure des tiges, les aiguillons sont nombreux, épars, inégaux, les petits plus ou moins sétacés ; dans la partie supérieure, les aiguillons peuvent être réduits dans chaque entrenœud à deux aiguillons géminés sous-stipulaires. Les aiguillons jeunes sont ordinairement purpurins ou d’un rouge foncé comme l'écorce des axes.

Les ramuscules florifères sont assez souvent inermes, ou presque inermes, avec quelques aiguillons épars ou géminés.

Les feuilles sont très-souvent 9-foliolées, et mème 11-foliolées, à paires de folioles écartées sur un rachis ordinairement très-allongé.

Les folioles qui sont presque toujours ovales-elliptiques, arrondies un peu alténuées à la base, brusquement ou longuement aiguës au sommet, sont extrèmement variables dans leur grandeur. Dans les variétés à larges feuilles qui ont valu à l'espèce son nom spécique, elles mesurent de 15 à 25 mill. de large sur 25 à 45 mill. de long, tandis que dans les variétés à petites feuilles, elles varient de 5 à 10 mill. de large sur 7 à 20 mill. de long. Dans la planche 6 de Lindley, les folioles n'ont pas une forme normale ou du moins habituelle : elles sont trop fortement atténuées à la base. Non-seulement les folioles varient beaucoup dans leur dimensions, mais aussi dans leur revêtement et leur dentelure. C'est ainsi qu'elles peuvent être à côte seule pubescente, à côte et à nervures pubescentes sans poils interposés entre celles-ci, à côtes, à nervures secondaires et à parenchyme plus ou moins abondamment glanduleux. Cette glandulosité de la face inférieure qui est fréquente, n'a pas été remarquée par les auteurs qui ont décrit l'espèce, ou du moins ils n'en ont pas parlé. La présence ou l'absence de glandulosité s'observe également dans les stipules et les bractées. Les dents foliaires sont ordinairement simples, mais elles peuvent être composées-glanduleuses.

La pubescence et la glandulosité varient beaucoup sur les pétioles, qui sont aiguillonnés ou inermes.

Les pédicelles peuvent être velus-glanduleux ou glabres et glanduleux ; généralement ils sont longs.

Les réceptacles florifères, dans cette espèce, sont ordinairement allongés et étroits ; ordinairement ils sont étroitement ellipsoides, longuement étranglés au sommet; tantôt ils sont très-grèles, tantôt ils sont assez épaissis.

Les réceptacles fructifères sont gros ou petits, mais ils

deviennent ordinairement pyriformes et sont couronnés par les longs sépales persistants et convergents. Ils sont ordinairement un peu penchés.

D'après les détails qui précèdent, on peut prévoir qu'il est facile de constituer, avec les nombreuses formes du R. macrophylla, plusieurs variétés basées sur la figure et le revêtement des feuilles, et sur les variations de la fleur et du fruit.

Wallich (loc. eit.) a distingué deux variétés, plus la forme typique: l’une, la var. G. minor, est caractérisée par ses folioles petites, oblongues, aiguës aux deux bouts (parfois obtuses au sommet), à base entière, à fleurs solitaires ; l’autre, la var. 7. arguta, est caractérisée par ses folioles oblongues, acuminées, à dents cuspidées, à pétioles aiguillonnés-glanduleux, à fleurs en corymbe.

Je ne m'arrêterai pas, soit pour discuter l'établissement de ces variétés, soit pour en proposer d’autres.

Bien que pour le R. Webbiana, j'aie moi-mème déerit trois variétés, je crois que, dans l’état actuel de nos connaissances sur les Roses, il vaut mieux s'abstenir de dénommer et caractériser les variétés de certains types exotiques encore trop incomplétement représentés dans les herbiers, et attendre que les matériaux soient devenus plus abondants, plus-riches, afin de pouvoir établir, pour ces espèces, des variétés parallèles et basées sur la même série d'organes.

La planche de Bertoloni représentant son R. Hookeriana semble ne pas pouvoir se rapporter au R. macrophylla, et convenir mieux à une forme du R. Webbiana, mais, d’après les échantillons que j'ai vus de la distribution de MM. Hooker f. et Thomson, je pense que c'est bien une forme microphylle du À. macrophylla assez incorrectement

figurée par le dessinateur. L'auteur, pour établir cette distinction spécifique, s'est uniquement basé sur les caractères assignés par Lindley au À. macrophylla, et il dit : « Rosa macrophylla (Lindil. Ros. monogr., p. 55, tab. 6) habet ramos inermes, folia lanceolata, acuta, quadruplo longiora, subtus albida et pubescentia quae res satis superque demonstrant diversitatem ejus a Rosae Hookerianae nostrae (loc. cit.). » Or nous savons actuellement que le R. macrophylla se présente sous des formes microphylles, avec des folioles à peu près complétement glabres, et avec des axes plus ou moins abondamment aiguillonnés.

Remarquons iei que Wallich a distribué, sous le n° 691, une forme du R. macrophylla avec le nom de R. Hookeriana Wall. (R. torulosa Wall. olim) et que cette forme est différente du À. Hookeriana Bert.

Le R. Hoffmeisteri Kliz. n'est aussi rien autré qu'une forme du À. macrophylla. Son auteur l'avait tout d’abord rapporté à celui-ci, mais, se basant sur la description de Lindley, il a fini par y voir un type distinet de celui du monographe anglais.

Quoique le R. macrophylla appartienne à une autre section que le À. Webbiana, je ne crois pas inutile de marquer les caractères principaux qui distinguent ces deux types. Dans le premier, les folioles, qu'elles soient petites ou grandes, sont ovales-elliptiques, ord. assez lonqguement atténuées-aiguës au sommet, à dents descendant bas dans la partie inférieure du limbe, qui est atténué inférieurement d’une autre façon que dans le R. Webbiana. Dans celui-ci, les folioles sont presque toujours obovales, brusquement arrondies au sommet et même tronquées, à base ord. fortement atténuée et à bords entiers dans leur tiers inférieur ; en outre, elles sont plus coriaces, d'un

vert plus clair, à dents plus courtes et non acuminées. Le réceptacle florifère est moins étroit, moins allongé, dans le R. Webbiana; les sépales n'ont pas la pointe aussi longue et aussi dilatée; les stipules ne sont pas aussi larges; l'inflorescence est ord. uniflore, tandis que dans le R. macrophylla l'état normal de l'inflorescence est d’être pluriflore; le réceptacle fructifère contient plus d’akènes que celui du À. macrophylla et il est d'ordinaire moins étranglé au sommet.

Lindley a placé le R. macrophylla dans sa division des Cinnamomeae. Je n'oserais encore me prononcer sur la place que doit occuper cette belle espèce dans la série des espèces. Par ses aiguillons géminés dans la partie supérieure des tiges ou des branches, par ses stipules et ses bractées ord. dilatées, par son inflorescence pluriflore, par ses sépales entiers, persistants et couronnant le fruit à la maturité, cette espèce partage les caractères de plusieurs espèces rangées dans la section des Cinnamomées, groupe dans lequel elle pourrait peut-être bien rester.

AIRE DE pispersiON. Lindley signale le R. macrophylla dans Gossain Than, d’après Wallich; celui-ci (loc. cit.) le signale dans les provinces de Kamaan, Garwal, Sirmor et dans le Gossain Than; MM. Hooker f. et Thomson l'ont distribué de la province de Sikkim (8-10000 pieds) et de la partie nord-occidentale de l'Himalaya (8-10000 pieds). Les localités que j'ai relevées de l’herbier de M. von Schlagintweit sont les suivantes : Tiscr. Province de Spili : Northern foot of Tari Pass via Mud to southern foot of Parang Pass. 7500 to 11500 eng. f. WesTerN Himaraya. Province de Kulu : Kot on the southern slopes of the Chellori Pass (north of the Satley, 7678 engl. f. Province de Kamaan : Roghas up the Milum glacier to Bitterguar. 14000 to 14600 engl. f. Environs of Babe (on the southern slopes of the Tary Pass. 11,200 to 11,800 engl. f. Province de Simla : Environs of Simla, 6000 to 7500 engl. f. Province de Garwal : Sukhi across the Bamsuru and Chaia Pass to Kharsali Passes between the Bhargiralti

(5) 297 and Jamna Valleys.9,000 to 15,400 eng]. f. — D’après ces données, le

R. macrophylla semble, dans la chaine de l'Himalaya, s’avancer plus à l’est que le R. Webbiana.

PRriIMITIAE MONOGRAPHIAE ROSARUM.

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