‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 69 sur 174 · Rosa oxyacantha MB · texte numérisé non relu

Rosa oxyacantha MB

Le R. oxyacantha a été décrit en 1819 dans le tome 5° du Flora T'aurico-Caucasica. Marschall von Bieberstein n'ayant pas indiqué sa patrie, quelques botanistes, croyant qu'il était originaire du Caucase, ont cru retrouver le type de cet auteur dans certaines formes du À. pimpinellifolia du Caucase. M. de Bunge, à en juger d’après les échantillons de son herbier (herbier Cosson), a décrit pour le R. oxyacantha (Flora Altaica, H, p: 228) une variété du R. acicularis.

Pour reconnaitre quelle forme pouvait être le R. oxyacantha, il fallait consulter l'herbier de Marschall von Bieberstein, car la description de cet auteur ne permet pas de se faire une juste idée de cette Rose. L’herbier de Marschall von Bieberstein contient deux spécimens du R. oxyacantha avec l'indication : « Ex Sibiria. Salesow. »

D'après les étiquettes, ces spécimens avaient tout d’abord été rapportés au À. pimpinellifolia.

A première vue, le R. oxyacantha parait constituer une simple variété du R. pimpinellifolia, mais quand on l’examine attentivement, on lui reconnait plusieurs caractères particuliers qui le distinguent. C'est ainsi que les stipules supérieures des ramuseules florifères sont dilatées, à oreillettes courtes et larges, que le pédicelle florifère est ordinairement accompagné à sa base d’une bractée plus ou moins dilatée, que les fleurs sont longuement pédicellées et que la corolle est d’un rose . vif. L'absence d’un cachet spécial, d’un habitus en quelque sorte spécifique, et, d'autre part, l'existence de caractères intermédiaires, me font soupconner que nous sommes en présence d’un produit hybride, dont les ascendants sont probablement les R. pimpinellifolia et R. acicularis. Le premier de ceux-ci aurait laissé à l’hybride son facies général et le second lui aurait donné plus ou moins la forme de ses stipules, une bractée florale et la teinte de sa corolle.

Dans le R. oxyacantha, les feuilles sont fréquemment 9-foliolées, ce qui le rapproche du À. pimpinellifolia et l'éloigne du À. acicularis, dont le nombre de paires de folioles atteint rarement 5 et jamais 4. Les deux échantillons de l'herbier de Marschall von Bieberstein présentent des folioles à dents simples, de même qu'un échantillon de cette Rose conservé dans l’herbier de l’Académie de St-Pétersbourg et ne portant pour toute indication que « Rosa spinosissima. »

L'’herbier de l’Académie de St-Pétersbourg renferme de beaux échantillons d’une forme voisine du R. oxyacantha recueillis par M. F, Schmidt, en 1862, dans la province de

l'Amour. Ces échantillons, tout d’abord rapportés au R. alpina aculeatissima, puis au R. pimpinellifolia, me paraissent devoir être considérés comme produits par le croisement des R. pimpinellifolia et R. acicularis. Ils diffèrent du R. oxyacantha, par des folioles plus amples, plus ovales, à dents composées, par des pédicelles florifères plus courts et lisses, par des réceptacles florifères plus petits et elliptiques. Il est à remarquer que les réceptacles semblent très-peu grossir après l’anthèse, ce qui indiquerait que la fructification ne se fait pas ou se fait incomplètement. Une chose m'embarrasse pour l'interprétation de cette forme, ce sont les dents foliaires qui sont composées ; or il est à noter que le R. acicularis a des folioles à dents simples et que les À. pimpinellifolia que j'ai vus jusquà présent de la région de l'Amour ont également les dents foliaires simples.

L'herbier du Jardin botanique de St-Pétersbourg renferme, à son tour, un échantillon d'une rose recueillie par M. Maximowiez à St-Olga en Mandschourie (1860), qui est à peu près identique avec les échantillons récoltés par M. Schmidt.

Ce qui précède vient certainement enrichir nos connaissances sur le À. oxyacantha, mais celui-ci doit faire l'objet de nouvelles observations dans sa patrie. C’est aux voyageurs à rechercher dans quelles conditions il végète, à voir sil croit en compagnie des À. pimpinellifolia et R. acicularis, s’il se montre par pieds isolés ou en colonies, comment il fructifie, si son pollen est bien ou mal conformé, si enfin il ne présente pas, dans son voisinage, des formes en retour vers l’une ou l’autre des espèces que je prends pour ses ascendants.

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