‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 72 sur 174 · Rosa anserimaefolia Boiss · texte numérisé non relu

Rosa anserimaefolia Boiss

Le R. anserinaefolia a de très-étroites affinités avec le R. Beggeriana et on est assez porté à voir, dans ces deux espèces, deux races provenant d'un même type ancestral, l’une occupant toutes les régions qui entourent l'Altaï, l'autre peuplant la Perse et le Belutschistan. Mais avant de marquer les différences et les ressemblances qui existent entre ces doux espèces, il s’agit de faire connaitre ce que J'entends par le À, anserinaefolia.

Le R. anserinaefolia a été pour la première fois décrit par M. Boissier dans le fascicule IV de ses Diagnoses plantarum orientalium et rapporté à la section des Cinnamomeae de Koch.

Postérieurement, le même savant a décrit avec M. Buhse (Aufzählung der auf einer Reise durch Transkaucasien und Persien, ete., pp. 84 et 85) deux autres Roses, les À. lacerans et R. mitis, que je considère comme des variétés du À. anserinaefolia.

Ce n’est que peu à peu que j'ai pu étudier complètement ces diverses formes, qui sont assez parcimonieusement distribuées dans les herbiers ; mais ayant examiné successivement les herbiers de MM. Boissier et Cosson, des Musées de Paris, de Berlin et de St-Pétersbourg, je suis arrivé à une connaissance suffisante du type qui fait l’objet de cet article.

M. Boissier distingue le R. anserinaefolia du R. lacerans par ses folioles plus larges, plus ou moins glanduleuses sur l’une ou sur les deux faces, à dents plus ou moins doubles et glanduleuses. Comme on le voit, ce sont là des caractères que nous constatons entre les diverses variétés du R. Beggeriana et qui du reste se reproduisent dans les diverses variétés d’un grand nombre de types. Ces caractères ne peuvent servir à distinguer de vraies espèces, mais seulement à délimiter des variétés dont le parallélisme témoigne bien de leur valeur secondaire.

Une autre forme de la même section est le R. cabulica, que M. Boissier à décrit dans son Flora Orientalis et qui me parait n'être au fond qu'une variété du R. anserinaefolia. Je n'aflirme cependant rien d’une facon absolue, parce que je n'ai vu, dans l’herbier de M. Boissier, qu’un seul échantillon de la variété 5. latispina. L'auteur marque

( 25 ) 917 du reste l’aflinité de cette forme avec le R. lacerans et la distingue de celui-ci par ses feuilles non glanduleuses, et des trois autres espèces de la seconde division de ses Diacanthae, par des aiguillons de deux sortes : les uns grèles, subulés et droits, les autres, surtout les stipulaires, plus robustes, comprimés et récurvés. Cette différence n’a pas, selon moi, une très-grande valeur, parce que j'ai vu, dans l'herbier du Muséum de Paris, un échantillon du vrai À. anserinaefolia recueilli en Perse par Aucher-Eloy, portant le n° 4485, dont les axes offrent des aiguillons sétuliformes épars et des soies et mème des glandes pédiculées. Ainsi qué j'ai pu le remarquer, le R. anserinaefolia Boiss. (incl. R. lacerans) est sujet à de nombreuses variations dans ses aiguillons, selon que les axes sont plus ou moins grèles ou plus ou moins robustes et épais. C’est au surplus ce que l'on observe dans le type voisin, le R. Beggeriana et qu'on observe dans une foule d’autres types. Il est probable, je le répète, que le R. cabulica avec sa var. S. latispina n'est qu'une variété du R. anserinaefolia.

Quant au R. mitis Boiss. et Buhse, il a été établi sur des rameaux inermes de la variété glanduleuse du R. anserinaefolia.

Si le R. anserinaefolia est variable dans ses aiguillons, il l'est aussi dans ses folioles, qui peuvent ètre petites ou assez grandes. Les dents foliaires, ordinairement superficielles, peuvent devenir profondes. C’est ainsi que les échantillons distribués par Kotschy sous le n° 622 (herbier Cosson et herbiers du Muséum de Paris ei de l'Académie de St-Pétersbourg) ont des dents profondes et qui donnent aux folioles un aspect tout particulier. Des variations analogues s'observent dans la variété glanduleuse (R. lacerans).

Je proposerai la synonymie suivante pour le R. anserinaefolia, que je divise provisoirement en deux variétés.

Rosa anserinaefollia Boiss. Diagn., Ser. I, 6, p. 5let F1. Or., Il, p. 677 ; R. lacerans Boiss. et Buhse Aufz., p. 85; Boiss. F1. Or., IT, p. 677; R. milis Boiss. et Buhse Loc. cil., p. 84; R. cabulicu Boiss. loc. cit., I, p. 678; R. lalispina Boiss. Diagn., Ser. 11, 2, p. 49.

Var. «. genuina (R. anserinaefolia Boiss., R. cabulica Boiss.). Folioles pubescentes sur les deux faces, à dents simples non glanduleuses.

Var. 8. lacerans (R. lacerans Boiïss. et Buhse, R. mitis Boiss. et Buhse). Folioles pubescentes sur les deux faces, glanduleuses sur les deux faces ou seulement à la face inférieure, à dents composées-glanduleuses.

Un échantillon que j'ai vu dans l’herbier du Muséum de Paris, recueilli par Bélanger avec le n° 641, pourrait donner lieu à la création d’une troisième variété, caractérisée par des folioles glabres à dents simples. J'ai vu dans l'herbier de M. Cosson un échantillon provenant du mont Elbrus et distribué par Kotschy sans n° dont les folioles, non glanduleuses sur les faces, avaient des dents composées-glanduleuses. Cette quatrième variété forme un passage de la variété genuina à la variété lacerans. I est enfin une variété que, jusqu'à présent, les auteurs ne paraissent pas avoir signalée, celle à fleurs plus ou moins doubles et qui est sans doute cultivée. Bélanger l’a recueillie en Perse et distribuée sous le n° 554 (herbier du Muséum de Paris). Le réceptable florifère est grossi et campanulé. M. C. Koch a recueilli une forme également à corolle doublée dans son voyage en Arménie. J’en ai vu un échantillon dans l’herbier royal de Berlin avec l'étiquette de R. moschata L.

Au lieu de rédiger une longue deseription du R. anserinaefolia, je vais me borner à le comparer au R. Beggeriana, avec lequel il est étroitement uni,

Dans les deux espèces, les feuilles paraissent présenter le même nombre de folioles; celles-ci se ressemblent beaucoup dans leurs contours, mais dans le R. anserinaefolia, elles ont une villosité plus douce, plus dense et qui donne aux deux faces un aspect plus ou moins soyeux, surtout dans la variété genuina.

Les aiguillons se ressemblent beaucoup, mais généralement dans le R. anserinaefolia 11s sont plus épais et plus robustes. Dans l’une et l’autre espèce, ils sont régulièrement géminés dans les ramuseules et dans la partie supérieure des axes principaux.

Dans les ramuscules florifères du R. anserinaefolia, les stipules supérieures sont aussi étroites ou presque aussi

étroites que les inférieures, et les bractées et bractéoles

sont étroites, tandis que dans le R. Beggeriana, du moins dans les ramuscules florifères normaux, les stipules vont en s’élargissant un peu de bas en haut des axes et les bractées et bractéoles sont un peu-dilatées. Si ce caractère d'étroitesse est constant chez le R. anserinaefolia, la forme des stipules supérieures avec des oreillettes divergentes et la présence de bractéoles étroites constitueront le caractère le plus saïllant pour distinguer cette espèce du R. Beggeriana. Je ferai remarquer que la non-dilatation des stipules supérieures chez les espèces à fleurs en corymbe autres que les Synstylae est un fait rare et exceptionnel.

Le mode d'inflorescence est le mème dans les deux types, dont le corymbe peut être pauciflore ou très-multiflore. La forme et la grosseur des réceptacles florifères et fructifères, la forme des sépales et leur mode de développement, la corolle, les styles, et les akènes ne présentent pas de différences essentielles. Seulement dans le À. anserinaefolia, la pubescence envahit presque toujours les

pédicelles et le réceptacle, qui sont glabres dans le R. Beggeriana. Enfin, dans celui-ci, l'écorce brunit moins vite, reste plus souvent et plus longtemps verte.

Comme on le voit, à part les stipules et bractées qui semblent différentes, je ne découvre pas d’autres caractères bien saillants pour délimiter ces deux types, qui sont incontestablement très-voisins.

D'après M. Boissier et d’après les étiquettes des échantillons que j'ai eus sous les yeux, le R. anserinaefolia habiterait la Perse, le Belutschistan et l'Afghanistan. Peutêtre n'existe-t-il en Arménie qu'à l'état cultivé et du reste il peut se faire que M. Koch lait recueilli dans cette contrée vers les frontières de la Perse.

Ainsi que je l'ai vu dans l'herbier du Muséum de Paris et dans celui de M. Cosson, Bélanger et Aucher-Eloy l'avaient observé en Perse antérieurement à Kotchy. Les ns 554, 641 et 705 de Bélanger se rapportent à ce type, de mème que les n°5 1457 et 4485 d'Aucher-Eloy.

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