Rosa Ilaxa Retz
Le R. laxa de Retzius, qu’il ne faut pas confondre avec le R. laxa de Lindley (1820), a été décrit pour la première fois en 1805 (Hoffm. Phytogr. Beitr., p. 59). En 1820, J.-E. Wikstrôm (Nagra arter af Växtslägtet Rosa in Kongl. Vetenskaps academiens Handlingar, 1820, p. 267) le déerivait à son tour en lui ajoutant une variété f5. incana. Trattinnink, en 1895 (Rosac. Monogr., I, p. 15), reproduisait la description de Retzius en attribuant la paternité de l'espèce à Thunberg. Ce monographe qui n'avait sans doute pas vu d'échantillons de l'espèce, range le À. laxadans sa série Vlintitulée Rauiana, série comprenant le R, canina
avee ses nombreuses variétés décrites comme espèces. En 1825, Sprengel (Syst. veget., 1, p. 548) range ce type dans la section des Cinnamomeae ; la mème année, Seringe (Prodr., I, p. 605), copiant Sprengel, le classe entre le R. carolina L. et le R. cinnamomea L. Enfin, en 1844, Ledebourg (F1. Ross., Il, p. 75) rapporte le R. laxa comme un simple synonyme à son R. alpina. Cet auteur marque qu'il a établi cette synonymie en se basant sur l'examen qu'il avait fait d’un spécimen du R. laxa étiqueté par Swartz et conservé dans l'herbier royal de Berlin; or J'ai vu ce spécimen qui appartient bien au À. laxa CULTIVÉ ou SUBSPONTANÉ en Suède et qui ne peut en aucune façon être rapporté au À. alpina.
En 1846, nous trouvons heureusement, dans les auteurs, des documents nouveaux et plus clairs sur le type de Retzius, qui jusqu'alors avait été méconnu. C’est ainsi que M. Fries (Summ. veget. Scand., p. 172) décrit avec soin le À. laxa, toutefois encore à l’état cultivé, et le classe dans sa division des Spinosissimae, groupe des Cinnamomeae. La mème année, C.-A. Meyer (Ueber die Zimmtrosen, p. 20) nous fournit d’amples détails sur ie R. laxa indigène. Ce botaniste voyageur avait lui-mème recueilli la plante en Sibérie et avait eu sous les yeux des échantillons récoltés par Schrenk, Karelin et Kiriloff.
L'ignorance dans laquelle on était généralement resté des vrais caractères du À. laxa a fait que les spécimens distribués par les voyageurs ont souvent été mal déterminés et ont recu, tantôt le nom de R. canina var., tantôt ceux de À. Gmelini ou R. cinnamomea.
La description publiée par Meyer est suffisamment complète et permet d'y puiser les éléments nécessaires pour distinguer le À. laxa des espèces voisines,
322 ( 28 ) Meyer distingue deux variétés, dont voici les diagnoses : D 8
4. pubescens : foliolis subtus petiolisque tenuissime pubescentibus; stipularum auriculis plerumque divergentibus.
B. glabra : foliolis subglaberrimis; stipularum auriculis adscendentibus subparallelis.
La direction des oreillettes étant reconnue comme ayant quelque valeur au point de vue de la distinction des espèces, si une différence existait bien dans cette direction entre les deux variétés, ce caractère correspondant à un autre tiré de la pubescence ou de la glabréité des feuilles, il y aurait là une concomitance qui pourrait faire penser à deux espèces distinctes confondues. Mais il n'existe pas réellement de différence dans la direction des oreillettes où du moins il n’y a pas concomitanee entre cette direction et la pubesecence ou la glabréité des feuilles. Meyer a été trompé par une particularité déjà signalée précédemment pour le R. Beggeriana et qui parait fréquente dans le À. laxa, celle de prompts bourgeons ou de ramuscules foliifères se développant en ramuscules florifères et dont les stipules des feuilles supérieures restent ordinairement étroites comme celles des branches ou ramuscules foliifères, à oreillettes plus ou moins fortement divergentes. Dans ces ramuscules devenus accidentellement florifères, les bractées et bractéoles sont beaucoup plus étroites que dans les ramuscules florifères normaux. Dans ceux-ci, les stipules vont en s’élargissant de la base au sommet des axes, et les oreillettes des supérieures sont dressées, à bords plus ou moins parallèles.
Dans le À. laxa, type que l’on doit ranger à côté du R. cinnamomea, les aiguillons les plus robustes sont géminés dans la partie supérieure des axes comme dans
cette dernière espèce, mais ils le sont plus régulièrement et, en outre, ils sont ordinairement plus forts et plus arqués. Sur les axes délicats, ces aiguillons peuvent toutefois devenir droits ou presque droits et même très-grèles. A la base des tiges, il peut y avoir (cas peut-être général) des aiguillons épars et sétacés. L'écorce est presque tou- Jours verte et glaucescente et ne devient pas purpurescente comme dans le R. cinnamomea. Les folioles sont généralement plus petites et plus nombreuses dans chaque feuille ; les stipules ont une autre forme; l'inflorescence est différente et plus multiflore, du moins dans les ramuseules florifères normaux; la corolle est blanche ou presque toujours blanche et plus petite; enfin son facies est différent de celui du À. cinnamomea. Remarquons que dans les deux espèces les sépales Sont bien persistants et couronnent le fruit à la maturité.
Le R. laxa ayant été peu ou très-mal connu jusque vers 1846, 11 n'y a rien d'étonnant à ce qu'il ait recu plusieurs dénominations. C'est ainsi qu'en 1850, M. de Bunge (Flora Aliaica, XF, p. 12) lui a donné le nom de R. soongorica ; toutefois l’auteur faisait quelques reserves en disant : « Affinis videtur À. laxae, sed folia glaberrima et pedunculi saepissime armati. An species propria? » Meyer rapporte le R. soongorica à sa var. £. glabra. Schrenk, qui avait souvent observé le À. laxa et qui en a récolté de nombreux échantillons de diverses variétés, a établi sur lune de celles-ci son R. Gleberiana. Celui-ci a été rangé par Ledebour (EL. Ross., II, p. 76) à la suite du R. cinnamomea, ce qui est bien; mais Meyer qui connaissait suflisamment le
R. laxa, a complètement méconnu le R. Gleberiana,
puisque dans sa monographie des Cinnamomeae (Ueber die Zimmtrosen, p. 56) 11 exelut cette forme de la section des
Cinnamomeae en disant : « Rosa Gléibriana Schrenk melius inter Rosas caninas inserenda. » Après avoir vu les échantillons sur lesquels Schrenk a établi son espèce, je m'explique parfaitement la singulière confusion qu'a faite Meyer. Ces échantillons que j'ai étudiés dans lherbier de l'Académie de St-Pétersbourg et dans celui de M. de Bunge (herbier Cosson), sont pour la plupart de longs et robustes rameaux foliifères couronnés par une inflorescence et dont l'aspect peut aisément tromper sur l'identité du type auquel ils appartiennent. MM. Karelin et Kiriloff ont, selon Meyer (loc. cit., p. 21), distribué le R. laxa var. G. glabra sous le nom de R. oxyacantha (n° 525); je n'ai pas vu le n° 525 distribué par ces voyageurs, mais j'ai étudié (herbier de Berlin) deux spécimens qu'ils ont étiquetés À. cinnamomea, n° 560, et qui sont des variétés du R. laxa. C’est ce même n° 560 dans lequel M. Déséglise (Notes extraites de l’énumération des Rosiers de l'Europe, de l’Asie et de l'Afrique, in Journal of Botany, juin 1874) à cru voir une espèce inédite, qu'il a désignée’ sous le nom de R. dissimilis.
Meyer (loc. cit., p. 29) attribue au R. cinnamomea une var. G. microcarpa, subdivisée en deux sous-variétés. À la première, a. puberula, il rapporte le R. microcarpa Retz. et à la seconde, b. glabra, il rapporte le R. laxa 6. incana Wickstr. Après avoir bien étudié (herbier de l'Académie de St-Pétersbourg) les échantillons de cette variété microcarpa qui se trouvent dans l’herbier de Meyer et qui proviennent du Jardin botanique de Dorpat et après comparaison attentive de la description et de la figure du R. microcarpa publiées par Wickstrôm (loc. cit., p. 277, fig. 4), je suis à peu près convaincu que la var. Microcarpa appartient non pas au À. cinnamomea,
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‘45: 12) 325 mais bien au R. laxa tel qu'il est cultivé ou subspontané en Suède.