‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 74 sur 174 · Rosa Schrenkiana Crép · texte numérisé non relu

Rosa Schrenkiana Crép

J'ai vu tout d'abord dans l'herbier royal de Berlin, puis dans celui du Muséum de Paris, des échantillons d’un Rosa, étiquetés de la facon suivante : « Ex herbario horti Petropolitani. Rosa canina L. var. collina Koch teste Trautv. Songarei. Leg. Schrenk., » que je considère comme appartenant à un type spécifique nouveau. Dans l'herbier de l’Académie de St-Pétersbourg, j'ai vu un échantillon de la même forme accompagné de cette étiquette : « Songaria. In promontor. m. Ala Tau. 25 aug. 1860. »

Depuis plusieurs années, cette espèce est décrite dans mes cahiers de notes sous le nom de R. Schrenkiana,

.en l'honneur de l'infatigable botaniste-voyageur qui l’a découverte.

Après en avoir fait une description détaillée, je marquerai quels sont les caractères essentiels qui la distinguent.

Rosa Schrenkiana Crép.

Argrisseau. D’après les branches ou tiges que j’ai étudiées, il paraît être un arbrisseau peu élevé.

Tics. Tiges assez roides, un peu flexueuses, à écorce d’un vert glaucescent, devenant d’un brun violacé du côté exposé au soleil, à aiguillons géminés, d’un gris blanchâtre, assez gréles, à pointe toujours un peu arquée, soit étalée horizontalement, soit relevée, peu comprimés, mais non épaissis à la base, laissant une cicatrice ovale ou elliptique.

RamuseuLes FLORIFÈRES. Ramuscules florifères courts ou assez courts (1 à 7 centimètres, non compris l’inflorescence), flexueux ou arqués,

pius rarement droits, à écorce comme celle des tiges, les plus courts inermes ou presque inermes, les autres aiguillonnés, à aiguillons stipulaires régulièrement ou irrégulièrement géminés, plus petits que les aiguillons caulinaires, mais à peu près de même forme, à entrenœuds portant un certain nombre d’aiguillons épars plus petits ou dégénérant en acicules non glanduleux.

Feuicres. Feuilles des ramuscules florifères et des petits ramuscules foliifères 5-5-foliolées. Stipules courtes (9-15 mill. y compris les oreillettes), à ailes modérément dilatées (2-5 mill.), mais s’élargissant un peu (très-peu) dans les stipules supérieures, entières, à bords finement ciliés-glanduleux, à oreillettes lancéolées ou lancéolées-triangulaires, aiguës et divergentes. Pétioles glabres, à l’exccption des points d’où naissent les folioles qui présentent quelques poils, églanduleux, ord. complètement inermes, rarement pourvus d’un acicule. Folioles assez petites, parfaitement glabres, d’un vert opaque en dessus (sur le sec), blanchätres-glaucescentes en dessous, visiblement pétiolulées (4/2-2/5 mill.), celles des feuilles inférieures ovales, obtuses, un tiers plus longues que larges, celles des feuilles moyennes et supérieures ovales-arrondies, presque aussi larges que longues, obtuses ou obtusiuseules, les latérales larges et arrondies à la base et ayant une légère tendance à devenir cordées, la terminale également large et arrondie, mais un peu décurrente au sommet du pétiolule, à dents simples, la terminale plus courte ou dépassant peu les deux latérales supérieures.

Ixrcorescence. Fleurs solitaires, à pédicelles accompagnés d’une ou deux bractées, ou naissant par 2-£. Bractées inférieures largement ovales, brièvement aiguës-cuspidées, finement ciliées-glanduleuses,une fois plus courtes que les pédicelles, les supérieures opposées à la base des pédicelles, de même forme que les inférieures, deux fois plus courtes que les pédicelles. Pédicelles longs, flexueux en S ou arqués, à la fin penchésrecourbés, abondamment glanduleux, à glandes pédiculées assez fines et égalant l’épaisseur des pédicelles. Réceptacle florifère ovoïde, plus ou moins arrondi à la base, atténué au sommet, très-abondamment hispideglanduleux. Sépales entiers, abondamment hispides-glanduleux, assez longs, à pointe modérément élargie, se relevant promptement après l’anthèse et probablement persistants. Corolle paraissant assez petite. Styles velus-laineux jusque sous les stigmates qui. forment un assez gros capitule sessile. Réceptacle fructifère (encore vert) ovoïde.

Ame pe pispersion, D’après l'indication citée ci-dessus, cette espèce

aurait été recueillie par Schrenk dans la petite chaine montagneuse de l’Ala Tau qui sépare le Turkestan de la Songarie,

Autant que j'ai pu en juger par quelques spécimens, cette Rose a un facies bien tranché qui me fait croire à un type spécifique distinct de tous ceux connus jusqu'ici. Sa place naturelle me parait être dans la section des Cinnamomeae à côté du R. laxa. Le R. Schrenkiana se distingue du À. laxa par ses feuilles des ramuscules florifères 5-5-foliolées et non 5-9-foliolées, caractère fort important, par ses folioles d’une autre forme, par ses pédicelles plus allongés. Il est probable qu'il existe d’autres caractères différentiels, mais pour les saisir il aurait fallu pouvoir étudier une belle série d'échantillons de cette nouvelle espèce. Elle semble avoir quelques traits de ressemblance avec le R. Webbiana, mais on peut facilement la distinguer de celui-ci par le nombre de paires de folioles dans les feuilles, par ses stipules et ses bractées plus dilatées, par ses aiguillons qui sont d'une autre forme.

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