Rosa laevigata Michaux
Le R. laevigata, malgré ses caractères très-tranchés et qui ne peuvent le faire confondre avec une autre espèce, possède néanmoins une synonymie bien confuse.
M'appuyant sur Lindley, j'avais cru qu'on pouvait adopter pour cette curieuse espèce de la Chine et du
Japon le nom de R. sinica, mais ayant étudié plus attentivement la description d’Aiton (Hortus Kewensis, ed. 2, UE, p. 261, 1811), je ne puis plus admettre que cet auteur ait eu sous les yeux le R. lavvigata. Sa diagnose porte : «R. fr. subglobosis glabris, ped. aculeatis hispidis, caule petiolisque aculeatis, calycinis foliolis lanceolatis subpetiolatis. »
Tout d'abord, le fruit ou réceptacle fructifère n’est jamais, d’après les nombreux matériaux que j'ai vus, subglobuleux, mais bien subpyriforme, avec un col très-élargi ; Jamais je ne l’ai vu lisse (glaber), mais toujours fortement hispide, et remarquons ici que par le mot glabris Aiton n'entend pas dire dépourvu de poils, car il emploie bien, à propos des espèces à réceptacle glabre et chargé de soies, le mot de hispidus. À part le caractère de sépales subpétiolés que je ne comprends pas, les autres termes de la diagnose peuvent s'appliquer à certaines formes du R. indica. I y a tout lieu de croire que cet auteur a eu en vue une Rose de la section des Indicae à réceptacle subglobuleux. C’est probablement à une forme de cette section que Murray (Syst. Veget.) a donné également le nom de R. sinica. Dans l’herbier de Linné, je n'ai trouvé aucune trace du R. laevigata.
Le nom de R. sinica étant devenu inapplicable et de plus n'étant pas le nom princeps, il faut adopter celui de R. laevigata donné par Michaux en 1805 (Flora Boreali- Americana, 1, 295). La description de Michaux est loin d'être bien claire, mais il n’y a pas à douter que cet auteur n'ait eu en vue la plante de la Chine et du Japon. Un an après, Poiret a décrit l'espèce sous le nom de R. ternata (Encyclopédie méthodique. — Botanique, YA, p. 284). Selon ce botaniste (Loc. cit. Suppl., IV, p. 709),