‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 98 sur 174 · CAT · texte numérisé non relu

CAT

après l’anthèse. Corolle... Styles fortement laineux jusque sous le

stigmate. ARéceptacle fructifère ovoïde-arrondi ou subglobuleux,

couronné par les sépales persistants ct plus ou moins convergents. FLoraison..….…... ?

ARE DE bisPersiox. Orégon (Plantae oregonenses, no 146 : Coll. Elihu Hall, ann. 1871).

La description qui précède est à peu près littéralement celle que j'ai donnée dans le Bulletin de la Société botanique de France. M. Asa Gray (loc. cit.) avait rapporté cette forme curieuse au R. kamtschatika Vent., mais d'après l'étiquette qui accompagne l'échantillon conservé dans l'herbier Durand etqui me parait provenir de M. Gray, celui-ci aurait postérieurement reconnu que son attribution était erronée. Le botaniste américain ne dit que ces quelques mots touchant le n° 146 de Hall : « In fruit only; the strong shouts densely setose and with immense dilated aculei. One or two smooth specimens also collected. An intermediate form is in D' Lyall’s collection from Vaneouvers Island. » Remarquons tout d’abord que cette forme intermédiaire dont parle M. Gray est le R. nutkana, type spécifique avec lequel le R. Durandii semble avoir des rapports assez étroits. En effet, les folioles, les stipules avec leurs oreillettes, sont, quant à la forme, à peu près celles du ÆR. nutkana; seulement ces organes sont plus glanduleux dans le premier. Les glandes qui, outre les feuilles, ont envahi les axes et les pédicelles, constituent un des traits frappants du À. Durandii. Ce qui caractérise encore celui-ci, ce sont ses grands aiguillons caulinaires aplatis et falciformes. Reste à voir si ces aiguillons remarquables sont toujours épars et non régulièrement géminés comme dans le À. nutkana. M. A. Gray ne parle pas de la disposition de ces aiguillons ; quant à moi, je les ai vus

épars sur les rares matériaux conservés dans l'herbier Durand (Mus. Paris.). Si ces grands aiguillons sont normalement épars, la place du R. Durandii n'est pas parmi les vraies Cinnamomeae, où je l'ai placé provisoirement à cause de ses affinités avec le R. nutkana ; mais je suis porté à soupconner que ces aiguillons sont normalement géminés sous les feuilles et que ce n’est probablement que par accident qu'ils naissent solitaires.

6. Rosa aleutensis Crép. Bull. Soc. roy. de Bot. de Belg., t. XII, p. 40.

Anenisseau. Arbrisseau peu élevé, à souche longuement rampante. Tics. Tiges et branches inermes.

Ramvscuces rLorRiFÈRES. Ramuscules florifères de longueur moyenne, inermes.

Feuies. Feuilles 5-7-foliolées. Stipules des ramuscules florifères /ongues, g'anduleuses en dessous, finement ciliées-glanduleuses aux bords; les inférieures à ailes assez larges, à oreillettes larges ct dressées; les supérieures à ailes très-larges, nerveuses, à oreillettes longues et larges, un peu convergentes, atteignant la hauteur des pédicelles Pétioles pubescents, glanduleux, incrmes ou finement aiguillonnés. Folioles amples, largement ovales-elliptiques, glabres à la face supérieure, modérément glanduleuses à la face inférieure, à côte et à nervures secondaires pubescentes, à dents larges, ouvertes, composées-glanduleuses ; feuilles inférieures des ramuseules florifères un peu atténuées à la base, subobtuses ou brièvement aiguës au somme! ; les supérieures à folioles plus ou moins arrondies à la base, subobtuses ou brièvement aiguës au sommet ; feuilles caulinaires relative-

ment plus étroites, aiguës.

Ixrconescence. Fleurs solitaires on en corymbe pauciflore (2-5 fleurs), accompagnées de bractées. Bractées grandes, ovales-lancéolées, glanduleuses en dessous, égalant ou dépassant les pédicelles. Pédicelles lisses, assez épais, de longueur moyenne. Réceptacle florifère gros, subglobuleux, plus large que long, lisse. Sépales larges, lancéolés,

entiers, terminés par une longue pointe dilatée au sommet, tomenteux à la face interne et sur les bords. Corolle grande, à pétales un peu échancrés au sommet, égalant les sépales. Capitule stigmatique gros et laineux. Fruit (probablement gros, globuleux et couronné par les sépales persistants)

FLoraison.....?

Aime DE pisrensiON. Ile d'Unalaschka (Herb. Hort. Lot. Petrop.).

Ainsi que je l'ai précédemment marqué (loc. eit., p. 40), cette forme, dont je n'ai vu que deux échantillons dans l’herbier du Jardin botanique de St-Pétersbourg, parait avoir beaucoup de rapports avec le R. amblyotis Mey. Constitue-t-elle une variété de ce dernier ou est-elle une espèce distincte ? IT faudrait, pour répondre à cette question, pouvoir examiner une riche série d'échantillons de l’une et l’autre formes. Une autre question à poser est celle-ci: le R. aleutensis est-il toujours inerme? Je suis porté à croire qu'il peut présenter des aiguillons géminés, comme toutes les vraies Cinnamomeae , dont il présente, au surplus, les principaux caractères. Une remarque intéressante à faire ici, c’est que les Cinnamomeae des régions Américaines touchant à l'Océan pacifique présentent des folioles relativement plus larges, plus ovales que la plupart des Cinnamomeae d'Europe et d'Asie et que celles du R. blanda, qui représente en quelque sorte les Cinnamomeae,au-delà du versant oriental des Montagnes rocheuses.

7. Rosa californiea Cham. et Schlecht. Linnaea, I, p.55; Meyer Ueber die Zimmtrosen, p. 18 (Mém. Acad. imp. des Sciences de St-Pétersb,, 6° sér., t. VD).

Anemsseau. Arbrisseau de grandeur variable, pouvant être petit et délicat où robuste et atteindre jusque deux mètres.

lices. Tiges grêles ou robustes, aiguillonnées, à aïguillons géminés, tantôt

très-robustes et crochus, à base épaissie, lantôt gréles, à pointe plus ou moins arquée rarement presque droite. Branches à aiguillons semblables à ceux des tiges, robustes ou grèles, à entrenœuds chargés d’aiguillons sétacés épars ou de sétules glandulifères.

Rimusouces rLontrÈnes. Ramuscules florifères très-longs, de longueur moyenne ou courts, aiguillonnés, à aiguillons géminés, ceux-ci trèsrarement accompagnés d’aiguillons sétacés épars ou de sétules glandulifères ou de glandes.

Feuizres. Feuilles 5-7-foliolées. Stipules courtes, glanduleuses ou églanduleuses en dessous, glabres, pubescentes ou tomenteuses en dessous, à bords finement ciliés-glanduleux, à ailes étroites, à oreillettes divergentes ; les stipules supérieures des ramusceules florifères parfois à ailes un peu élargies, à oreillettes plus larges. Pétioles glanduleux ou églanduleux, glabres, pubescents ou tomenteux, aiguillonnés ou inermes. Fo- Lioles largement ovales, ovales-arrondies, suborbiculaires ou elliptiques, arrondies, subcordées, atténuées-arrondies ou plus ou moins alténuées à la base, brièvement aiguës, subobtuses, obtuses ou aiguës au sommet, un peu glanduleuses ou églanduleuses, glabres ou pubescentes à la face supérieure, glanduleuses ou églanduleuses, glabres, pubescentes ou tomenteuses à la face inférieure, à dents simples à bords églanduleux ou glanduleux, ou à dents très-composées-glanduleuses.

IxrLorescexce. Fleurs ord, en corymbe plus ou moins multiflore, plus rarement solitaires. Bractees glanduleuses ou églanduleuses, glabres, pubescentes ou tomenteuses en dessous, étroites ou peu dilatées, dépassant ou égalant les pédicelles ou plus courtes que ceux-ci. Pédicelles courts ou longs, lisses, glabres ou un peu velus, églanduleux ou chargés de fines glandes peu nombreuses. Réceptacle florifère ord. très-pelil, ovoïde, arrondi ou ellipsoïde, arrondi à la base ou un peu atténué, ord. étrauglé au sommet, lisse. Sépales entiers, étroits, terminés par une pointe plus ou moins longue un peu dilatée au sommel, tomenteux à la face interne et sur les bords, velus, églanduleux ou un peu glanduleux sur le dos, se redressant après l’anthèse. Corolle petite, à pétales probablement ord. d’un rose pâle, assez étroits, un peu échancrés au sommet, égalant ou dépassant un peu Îles sépales extérieurs. Capitule stigmatique assez petit et velu. Réceplacle fructifère pelit, ne dépassant guère le volume d’un gros pois,

419 (CBS arrondi, étranglé au sommet, sphérique ou ovoïde, couronné par les sépales connivents ct persistants.

FLonaison..….... ?

Aie DE Dispersion, Californie (Coll. Douglas, 1855 ; Lobb, 1857 : Bridges, 1857; Hartweg, 1848; Wislizenius, 1851: J. Remy, 1855; Coulter, Beechey). — San Francisco (Coll. Chamisso, Hinds, Barclay).

—Vallée du Sacramento (Coll. Hartweg).— Santa Clara (Coll. Sinclair).

En lisant la description qui précède, on peut déjà soupconner qu'on à affaire à un type spécifique très-polymorphe. C'est bien, en effet, une espèce très-variable et dont les spécimens recueillis par les voyageurs peuvent, par leur diversité, faire croire à l’existence de plusieurs espèces. Moi-même, lorsque j’étudiai pour la première fois ce type sur deux échantillons conservés dans l’herbier royal de Berlin et dans l’herbier de von Martius, je crus reconnaitre dans ceux-ci deux espèces inédites et distinctes de la forme décrite par Chamisso et von Schlechtendal sous le nom de R. californica. Fappliquai à l'échantillon accompagné de l'étiquette : « 65. Californien. Bridges » (in Herb. Berol.) le nom de R. Aschersoniana et à celui accompagné de l'étiquette : « In valle Sacramento Calif. Hartweg, n°1717 » le nom de R. Hartwegiana. Les earactères présentés par ces deux spécimens ne correspondaient pas à la descriplion originale du R. californica. Bien plus, un troisième échantillon conservé dans l’herbicr royal de Berlin el que Je crois pouvoir aujourd’hui rapporter au R. californica, avait été étiquetté par moi R. Bridgesii. Ce spécimen est accompagné de l'étiquette : « 62. Californien. Bridges ». M. Decaisne, à son tour, a cru trouver une espèce nouvelle dans une forme glabre du R. californica élevée de graines au Jardin des plantes de Paris, forme qu'il a fait étiqueter sous le nom de R. myriantha.

C.-A. Meyer (loc. cit., p. 18 et 19) décrit deux variétés du À californica dans les termes suivants :

z. Chamissontaua : foliolis supra pubescentibus subtus viilosis simpli-

citer serratis vel subbiserralis, serraturis secundariis glandula termi-

matis. — R. californiea Cham. et Schlecht. — In California props San Francisco legit cel. Chamisso.

8. Petersiana : foliolis supra glabris subtus pubescentibus duplicato serratis, serraturis secundariis glandula terminatis. — In California versus San Francisco legit Dr Peters.

D'après les descriptions de cet auteur, la var. + ne présente sur ses axes que des aiguillons géminés droits ou plus souvent un peu incurvés et les folioles ont de rares glandes cachées dans la pubescence de leur face inférieure ; la var. 6 présente deux sortes d’aiguillops, les uns géminés robustes, souvent légèrement incurvés, les autres épars plus petits et plus grèles et droits, et les folioles sont abondamment glanduleuses à leur face inférieure. Il me serait facile d'enrichir ce type de plusieurs variétés nouvelles, car presque tous les échantillons que j'ai examinés sont différents les uns des autres sous le rapport de la pubescence et de la glandulosité des divers organes, de la forme des folioles et des aiguillons, mais je me contenterai provisoirement de distinguer trois groupes de formes établis sur l’état des folioles et que je désignerai sous le nom de variétés.

«. &labra. Folioles glabres sur les deux faces et églanduleuses, à dents simples (incl. R. myriantha Decaisne).

8. puhescers. Folioles plus ou moins pubescentes ou velues-tomenteuses sur les deux faces, ord. glanduleuses en dessous, à dents simples ou presque simples (incl. var. Chamissoniana C.-A. Mey., R. californica Cham. et Schlecht., À. Hartwegiana Crép. olim, R. Bridgesii Crép. olim).

7. Slaudulosa. Folioles glab:es ou presque glabres, très-slarduleuses en

dessous, parfois glanduleuses en dessus, à dents simples ou composéesglanduleuses (inel. var. Petersiana C.-A. Mey., R. Aschersoniana Crép. olim).

Chacune de ces trois variétés, qui sont, Je le répète, plutôt des groupes de formes basés sur l'aspect des deux faces des folioles et sur leur dentelure, devront être démembrées plus tard, quand on connaitra mieux les limites de l'espèce. J'ai tout lieu de croire que celle-ei offre une série de formes plus ou moins parallèles à celles de notre R. canina de l’ancien monde, formes qui seront vraisemblablement tôt ou tard élevées au rang d'espèces par les botanistes de la nouvelle école. Les modifications que subit ce type californien sont assez importantes pour que je passe en revue celles que j'ai pu observer jusqu'à présent.

La forme que j'avais désignée sous le nom de R. Hartwegiana et représentée dans l'herbier de von Martius par

un grand échantillon florifère (n° 1717. Coll. Hartweg),

se distingue : 1° par ses folioles assez grandes (12-19 mill. de largeur sur 17-50 mill. de longueur), rapprochées, se recouvrant assez largement par les bords, largement ovales, légèrement cordées à la base, sessiles, s’atténuant à partir de la moitié supérieure et aiguës; 2° par ses pédicelles très-courts (5-6 mill.). Ce même n° 1717 de Hartweg est représenté dans l'herbier du Musèum de Paris par une autre forme.

La forme que j'avais désignée sous le nom de À. A schersoniana et représentée dans lherbier royal de Berlin par par un grand échantillon forifère (n° 65. Coll. Bridges), se distingue : 1° par ses folioles grandes (12-24 mill. de larg. sur 17-54 mill. de long.), assez largement écartées, ne se recouvrant pas par les bords, largement ovales

presque suborbiculaires, les terminales ayant une tendance à devenir cordées, les folioles des feuilles inférieures un tiers plus longues que larges, subobtuses au sommet, celles des feuilles moyennes et supérieures très-brusquement aiguës, presque subobtuses; 2° par ses pédicelles longs (15-20 mill.).

Une forme recueillie par le Dr A. Wislizenius (herb. Crép.) présente des folioles (qui sont pubescentes sur les deux faces et à dents simples) allongées, ovales-elliptiques, un peu atténuées à la base, aiguës au sommet.

Une quatrième forme recueillie par le D° Coulter (herb. Kew.) se distingue : 1° par ses aiguillons géminés aecompagnés de nombreuses sétules glandulifères ; 2° par ses folioles (qui sont très-glanduleuses en dessous et à dents composées-glanduleuses) assez allongées; 5° par ses pédicelles et ses sépales très-pubescents.

La forme que J'avais désignée sous le nom de R. Bridgesii et qui se trouve dans les herbiers de Kew et de Berlin

(n° 62. Coll. Bridges), m'avait paru bien distincte du R. californica et ce n'est qu'après avoir constaté l'extrême variabilité de ce dernier que j'ai cru devoir la comprendre dans sa variété pubescens. Elle est représentée par des branches délicates qui ont probablement été recueillies sur des buissons chétifs, dont la végétation a été lente. C'est sans doute ce qui à fait que les fleurs, portées sur de très-courts ramuscules, sont solitaires. Les folioles (qui sont écartées où plus ou moins rapprochées et se recouvrant par les bords, un peu pubescentes en dessus, mais paraissant glabres à l'œil nu, un peu pubescentes et glanduleuses en dessous, à dents composées-glanduleuses) sont petites, ord. suborbieulaires, à peu près aussi larges que longues, toutes obtuses au sommet et assez souvent un peu

tronquées à la base ou largement arrondies. J'ai vu dans l'herbier Durand une feuille glissée dans la chemise du R. gymnocarpa portant des échantillons florifères d’une forme qu'on peut rapporter au R. Bridgesii; seulement les folioles, également petites, sont souvent plus ou moins atténuées à la base. Cette feuille portait les mots suivants, écrits au crayon : € S. Nevada. H. Pratten », ce qui semble dénoter que le R. californica s'éloigne assez bien des environs de San Francisco et de la vallée du Sacramento. Une forme voisine de celle de la Sierra Nevada, recueillie par Lobb en 1857 en Californie et distribuée sous le n° 521 (herb. Kew.), a les foliolos obovales.

Un échantillon conservé dans l’herbier de Kew, accompagné de l'étiquette :« California. Hartweg. 1716, » et qui appartient à une forme en quelque sorte intermédiaire entre les variétés pubescens et glandulosa, est composé d'une tige ou d'une branche avec entrenœuds chargés d'aiguillons sétacés épars et terminée par un ramuseule florifère dont les entrenœuds inférieurs portent également des aiguillons sétacés épars. Il est donc probable que le R. californica, de mème que la plupart des Cinnamomeae, peut avoir des aiguillons sétacés épars associés avec les aiguillons géminés.

Le R. californica est un type bien distinet des autres Cinnamomeae d'Amérique et qu'on ne peut jamais confondre avec les R. aleutensis, R. nutkana et R. Durandii, pas plus qu'avec aucune autre espèce américaine. Les aiguillons des axes robustes sont épais et crochus comme ceux du R. canina ; sur les axes délicats, ils deviennent gréles, mais leur pointe reste ord. plüs ou moins arquée et dénote le type crochu.

L'un des caractères distinetifs de cette espèce, c'est la

( 56 ) 417 petitesse de sa corolle et de son réceptacle florifère combinée avee une inflorescence ord. multiflore. Celle-ci peut présenter jusqu'à quarante fleurs. Ces diverses particularités font penser au R. Beggeriana, qui lui aussi offre des corymbes très-multiflores, avec des fleurs petites Ce trait de ressemblance du R. californica avec le R. Beggeriana n'est pas le seul, car dans le premier comme dans le second, j'ai cru remarquer que souvent les axes foliifères se couronnent par des fleurs en corymbe multiflore et produisant ainsi des ramuscules florifères anomaux dont la longueur peut dépasser 5 décimètres. Dans ces ramuseules, ainsi que je l'ai fait remarquer pour le R. Beggeriana, les stipules supérieures, au lieu de se dilater plus ou moins, comme c'est le cas dans les ramuscules florifères normaux, restent ord. étroites et semblables aux stipules des vrais ramuseules foliifères ; de plus, dans ces longs ramuseules, les bractées sont étroites au lieu d’être plus ou moins dilatées, comme dans les ramuscules florifères normaux.

Remarquons en outre que ie R. Beggeriana offre des variétés exactement parallèles à celles du R. californica. Il resterait maintenant à s'assurer si le À. californica a bien réellement des sépales persistants,comme je le marque dans la description. Dans une observation que j'ai faite sur des échantillons fructifères conservés dans l’herbier de Kew et recueillis par M. Hinds à San Francisco en 1841, je dis que les sépales persistent et sont relevés-dressés sur les fruits mürs, mais que j'ai tout lieu de croire qu'ils finissent par tomber. Cependant, sur de beaux échantillons en fruits provenant de pieds cultivés et conservés dans l'herbier du Muséum de Paris (R. myriantha Decaisne), les sépales paraissent bien n'être pas caducs. Il y a done là un point à élucider avec le plus grand soin.

Si les sépales sont à la fin eaduecs, il faudra ranger le R. californica dans les Microcarpae, section représentée dans l’ancien monde par les R. Beggeriana et R. anserinaefolia. I est à remarquer que le R. Beggeriana traverse toute l'Asie et s'étend à l’est jusque dans la Mandschourie. Si les sépales sont bien persistants dans le R. californica, on peut encore dire que ce type a les plus grands rapports avec les À. Beggeriana et R. anserinaefolia, types qu'il représente en quelque sorte sur le continent américain.

Seet. IV. — CAROLINAE.

8. Rosa carolina L. Sp. pl., ed. 9, I, p. 705; Torrey F1. of North-Amer., 1, p. 458; R. pensylvanica Mx F1. Bor.-Amer., EL, p. 295.

AnBrisseau, Arbrisseau s’élevant de 1 à 2 mètres.

Tics. Tiges et branches assez grèles, à écorce devenant souvent rougeûtre, aiguillonnées, à aiguillons régulièrement géminés, rarement quelques-uns épars, assez courts et plus ou moins crochus, à base plus ou moins épaisse.

Ramuscues FLontrÈREs. Ramuscules florifères souvent longs, plus ou moins flexueux, aiguillonnés ou inermes, à aiguillons géminés et crochus.

Feuizces. Feuilles des tiges 7-9-foliolées; celles des ramuscules florifères ord. 7-foliolées, rarement 9-foliolées. Stipules longues, ord. pubescentes en dessous, loutes à ailes étroiles, enroulées en dedans, à oreillettes étroites et divergentes. Pétioles velus ou pubescents, ord. églanduleux, aiguillonnés ou inermes, à aiguillons un peu-arqués ou droits. Folioles grandes ou petites, glabres ou un peu pubescentes en dessus, à pubescence très-variable en dessous, étroitement ou largement obovales, elliptiques ou lancéolées-elliptiques, assez fortement atténuées à la base, obtuses, obtusiuseules, brusquement ou lon-

guement aiguës au sommet, à dents simples, /înes el rapprochées.

(58) 419 IxrLorescenxce. Fleurs ord. réunies en corymbe pluriflore ou multiflore, accompagnées de bractées, rarement solitaires. Bructées petites el étroites. Pédicelles ord. assez courts, ord. un peu hispides-glanduleux. Réceptacle florifère assez petit, ovoïde-arrondi, ord. hispide-glanduleux. Sépales tous entiers, très-rarement le plus extérieur muni de 1-2 très-petites pinnules, étroits, très-allongés, Lerminés par une pointe un peu dilatée au sommet qui dépasse longuement le bouton, tomenteux à la face intérieure et sur les bords, ord. à dos abondamment hispide-glanduleux, se redressant après l’anthèse, mais à la fin caducs. Corolle de grandeur assez variable, mais ord. assez petite dans la plante spontanée, à pétales d’un rose foncé, obovales, plus ou moins profondément échancrés en cœur, dépassant ord. les sépales extérieurs, Styles velus. Réceptacle fructifère assez-petit, globuleux ou ovoïde-arrondi, ou pyriforme.

Fcoraisox. Juillet.

ARE DE Dispersion. Torrey (loc. cit.) indique cette espèce dans les termes suivants : Canada ! and Northern States ! to Ohio ! and in the Southern States towards the mountains. » J’en ai vu des échantillons provenant de la Nouvelle-Écosse, des états de New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Ohio, Illinois, Kentucky, Arkansas, Louisane, Caroline du Sud, Virginie. Comme on le voit, c’est une espèce qui habite les états orientaux des États-Unis en s’élevant au nord jusque dans le Canada. Hooker (F1. Bor.-Amer.) dit qu’elle s'étend jusqu’au Saskatchawan, mais je n’ai vu aucun spécimen provenant de cette dernière région et j'ai presque lieu de croire que cette indication est le résultat d’une erreur de détermination.

A propos du nom de R. carolina donné par Linné, voici ce que Torrey (loc. cit.) en dit : « Elliot is quite right in the suggestion that R. lucida, or at least somme other than the present species, was the original R. carolina. The species was entirely founded on « Rosa carolina fragrans » ete. Dill. Elth., t. 245, f. 516, in the first edition of the Species plantarum, vohids certainly was not. intended for the present plant. In the second edition, Linnaeus has described from the specimen in his hown herbarium (from

the Upsal garden), which belongs to the present species, and has adduced the synonym of Dillenius with a mark of doubt. Hence it would be improper to restore the name to the original plant, which cannot be identified from the figure. »

La figure 516 de Dillenius ne représente certainement pas le À. carolina tel qu'il est généralement connu aujourd'hui, mais, selon toute apparence, le À. parviflora Ehrh. La description du R. carolina de la 2% édition du Species plantarum, quoique peu expheite et pouvant presque se rapporter au À. lucida Ehrh., parait bien s'appliquer au R. carolina tel qu'il est décrit ci-dessus.

Il n'existe pas encore une bonne figure de la forme ordinaire du À. carolina. Celle qu'a publiée Lindley (Ros. monogr., t. 4) et faite d’après une plante cultivée, est trèsmauvaise. La figure de Redouté donnée sous le nom de R. hudsoniana salicifolia représente beaucoup mieux les caractères spécifiques de l'espèce.

Le R. carolina est un type des mieux caractérisés. Ses dents foliaires, qui sont très-petites et nombreuses (40 à 80 par foliole et en moyenne au nombre de 7 pour une longueur de 1 centimètre), permettent de le distinguer des autres espèces de sa section.

Ses folioles, ainsi que je l'ai dit dans la description, sont extrèmement variables, mais elles conservent cependant la forme plus ou moins allongée qui est un des traits distinctifs de la plupart des espèces propres aux régions orientales des États-Unis. Jusqu'ici, je n’ai vu aucune variété à dents doubles ou composées, ni à feuilles glanduleuses en dessous. Il semblerait donc que ce type spécifique n'offre pas ou n'offrirait que très-rarement des folioles à dents composées ou à face inférieure glanduleuse.

La pubescence de la face inférieure des folioles est extrèmement variable. Elle peut être bornée à la côte, ou à la côte et aux nervures secondaires, ou s'étendre sur toute la face, soit plus ou moins clair-semée, soit dense, de façon même à rendre la face blanchätre.

Rafinesque semble avoir constitué sont R. enneaphylla avec la forme dont les ramuscules florifères présentent des feuilles 9-foliolées.

Il est intéressant de faire remarquer que le R. carolina parait se distinguer, dans sa section, par deux particularités biologiques, qui sont de fleurir au mois de juillet et de croitre dans les stations humides.

9. Rosa Ilucida Ebrh. Beitr., IV, p. 11; Willd. Sp. pl., I, p. 1069.

Angnisseau. Arbrisseau pouvant s’élever jusqu’à { mètre environ.

Tices. Tiges gréles ou plus ou moins épaisses, à écorce ord. rougeätre du côté exposé au soleil, aiguillonnées, à aïguillons géminés, à pointe droite ou un peu arquée; aiguillons géminés ord. accompagnés, dans la partie inférieure de la tige, d’aiguillons sétacés épars. Branches munies d’aiguillons géminés semblables à ceux des tiges ou inermes.

Ramuscuzes FLORIFÈRES. Ramuscules florifères de longueur moyenne, inermes ou munis d’aiguillons géminés semblables à ceux des tiges.

Feuizces. Feuilles des tiges ord. 9-foliolées ; celles des ramuseules florifères 7-9-foliolées. Stipules des ramuscules florifères ord. larges, de longueur moyenne, à bords plus ou moins finement denticulés, à oreillettes larges et dressées, à bords extérieurs arrondis; stipules supérieures plus larges que les inférieures. Pétioles glabres ou pubescents, inermes, rarement aiguillonnés. Folioles assez rapprochées, se recouvrant un peu par les bords, assez épaisses, glabres et ord. luisantes en dessus, glabres ou glabrescentes en dessous, à dents assez larges, simples; les folioles des feuilles inférieures étroitement obovales-elliptiques, atténuées à la base, obtuses au sommet: celles des autres feuilles elliptiques ou ovales-elliptiques-allongées, atténuées à la base, plus ou moins aiguës au sommet.

IxFLoresceNcE. Fleurs réunies en corymbe ord. pauciflore (2-8 fleurs), accompagnées de bractées, ou solitaires. Bractées dilatées, égalant environ les pédicelles. Pédicelles assez courts, roides, lisses ou plus ou moins hispides-glanduleux. Réceptacle florifère assez gros, ovoïdearrondi ou globuleux, lisse ou plus ou moins hispide-glanduleux. Sépales larges, ord. entiers, rarement 1 ou 2 extérieurs munis de 1-5 pinnules, terminés par une longue pointe plus ou moins dilatée au sommet, blanchâtres-tomenteux à la face interne et sur les bords, plus ou moins glanduleux sur le dos, se relevant après l’anthèse, couronnant le fruit, puis à la fin caducs. Corolle moyenne ou grande, à pétales d’un rose ord. vif, obovales, plus ou moins échancrés en cœur, égalant ou dépassant un peu les sépales extérieurs. Capitule stigmatique gros et velu. Réceptacle fructifère globuleux ou subglobuleux.

FLoraison. Juin-juillet (en Europe).

Aime De misrensiox. Terre-Neuve (Coll. Robert !); Nouvelle-Écosse, à Halifax (Coll. T. Smith !).

Le R. lucida a été décrit par Ehrhart sur la plante cultivée en Europe et toutes les descriptions postérieures des auteurs européens ont également été faites sur la forme cultivée et devenue çà et là subspontanée ou naturalisée. La description qui précède a été rédigée principalement sur des matériaux provenant de pieds cultivés ou naturalisés.

Dans le 2ve fascicule des Primitiae, j'ai émis l'idée que le R. lucida pourrait bien être une variété du R. parviflora, mais depuis la publication de ce fascicule, les nouvelles études que j'ai faites me portent à renoncer à cette assimilation et à croire que le À. lucida est spécifiquement distinct du R. parviflora. Jusqu'ici, je n'ai pu voir d'Amérique que deux échantillons spontanés qu'on puisse rapporter au vrai R. lucida. Le premier est conservé dans l'herbier Cosson, provient de l’herbier Maille, et a été récolté par Robert en 1827 ; le second est dans l'herbier Delessert et a été recueilli par T. Smith en 1850. Dans ces spéci-

mens, les ailes des stipules sont largement dilatées, à oreillettes à bord extérieur arrondi de facon à rendre l'organe falciforme ; les pédicelles sont courts; le réceptacle florifère est arrondi-déprimé ; les sépales sont larges et entiers ou les extérieurs avec 1 ou peut-être 2 pinnules.

Torrey (loc. cit.) comprend, sous la dénomination de R. lucida, le R. lucida décrit par Ehrhart et le R. parviflora du mème auteur, c'est-à-dire qu'il réunit une forme à stipules dilatées et à sépales ord. entiers (R. lucida Ebrh.) avec autre forme à stipules étroites et à sépales extérieurs toujours ou presque toujours munis de nombreuses pinnules (R. parviflora Ehrh). Il attribue à son R. lucida trois variétés. Cet auteur, quoiqu'ayant pu étudier sur le vif de nombreuses formes du vrai R. parviflora et ayant mieux que tout autre connu les Roses américaines, me semble avoir méconnu les vrais caractères du À. lucida, forme qui ne me parait pas devoir être réunie au R. parviflora.

Ainsi que nous le verrons ci-après, le R. parviflora est un type très-polymorphe, répandu dans une grande partie des États-Unis ; tandis qu'il est probable que le R. lucida, ou du moins sa souche, est beaucoup plus rare et n’habite peut-être que dans des régions plus septentrionales et est par suite moins connu.

Il restera à voir si le À. lucida est un type autonome ou s'il n’est pas simplement une variété du R. nitida, variété qui se produirait spontanément en Amérique et qui, en Europe, aurait pu se produire sous l'influence de la culture. Je discuterai cette question à propos du R. nitida.

Dans les cultures, le R. lucida à donné naissance à une variété à fleurs pleines, qu'on désigne parfois sous le nom de multiplex, et qui présente de gros réceptacles florifères

campanulés. C'est une forme voisine de cette variété que j'ai décrite dans le 2 fascicule des Primitiae, page 180. Il est bien possible que cette variété multiplex du R. lucida est la forme que l’on a décrite sous ie nom de RÀ. Rapa.

Le R. laxa, que Lindley (loc. cit.) a figuré dans la planche 5 de son ouvrage, pourrait n'être qu'une forme du R. lucida. |

ILest probable que de R. baltica des auteurs français (conf. Prim. Monogr. Rosar., fase. 1, pp. 184-187) est également une forme du R. lucida.

Ainsi que je l’ai fait ressortir en partie dans le tableau dichotomique, le R. lucida se distingue du R. parviflora : 1° par ses stipules des ramuscules florifères dilatées et non étroites, à oreillettes plus larges, dressées et même un peu convergentes et non divergentes ; 2 par ses bractées dilatées et non étroites; 5° par ses pédicelles ord. plus courts et moins grèles ; 4° par ses sépales plus larges, ord. entiers et non les extérieurs à pinnules assez nombreuses. Il doit y avoir d’autres caractères distinetifs, mais pour bien les saisir il faudrait étudier les deux types sur de riches séries d'échantillons spontanés et pouvoir les comparer à l’état vivant.

10. Rosa nitida Willd. Enuwm. plant., p.544; Lind. Ros. monogr., p. 75, tab. 2; Torey F1. of North-Amer.., I, p. 459.

Argrisseau. Constitue, d’après les auteurs, un petit arbuste.

Tices. Tiges et branches à écorce rougeûtre, aiguillonnées, entièrement

sétigères, à aiguillons sétacés rougeâtres, ceux placés à la base des feuilles moins délicats et tendant parfois à devenir géminés.

Ramuscoes rLorirÈres. Ramuscules florifères de longueur moyenne, entièrement séligères.

Feuvizzes. Feuilles des ramuscules florifères 7-9-foliolées. Stipules des

Less. . Lis di

ramuseules florifères ord. assez larges, à bords finement denticulés, à oreillettes assez larges et dressées ; stipules supérieures plus larges que les inférieures. Pélioles glabres ou pubescents, inermes, rarement aiguillonnés. Folioles assez rapprochées, se recouvrant un peu par les bords, assez épaisses, glabres et luisantes en dessus, glabres ou glabrescentes en dessous, elliptiques-allongées, plus ou moins atténuées à la base, obtuses, obtusiuscules ou plus ou moins aiguës au sommet, à dents simples.

IxrLorescence. Fleurs solitaires ou réunies par 2-5 en corymbe pauciflore, accompagnées de bractées. Bractées plus ou moins dilatées, plus courtes que les pédicelles. Pédicelles de longueur moyenne, assez grêles, entièrement chargés de soies longues devenant glanduleuses à la pointe vers le sommet du pédicelle. Réceptacle florifère globuleux ou ovoïde-arrondi, abondamment hispide-glanduleux, à soies glanduleuses assez longues. Sépales larges, entiers, terminés par une longue pointe, plus ou moins dilatée au sommet, blanchâtres-tomenteux à la face interne et sur les bords, abondamment hispides-glanduleux sur le dos, à soies glanduleuses assez longues, se relevant après l’anthèse, couronnant le fruit, puis à la fin caducs. Corolle moyenne ou grande, à pétsles d’un rose vif, obovales, plus ou moins échancrés en cœur, dépassant les sépales extéricurs. Capitule stigmatique gros et velu. Réceptacle fructifère globuleux ou subglobuleux.

Fcoraisox. ?

Aire DE pisPensiox. Terre-Neuve (Coll. Cochrane! Robert!); Ipswich, dans l’état de Massachusetts (Coll. Oakes!); Torrey l’indique de la facon suivante : « New Foundland! to Massachusetts, Mr. Oakes! »

Le R. nitida a été décrit pour la première fois par Willdenow sur une plante cultivée au Jardin botanique de Berlin. La description de cet auteur pourrait laisser quelques doutes sur l'identité de l'espèce décrite, d'autant plus que dans son herbier, le R. nitida est représenté par un mélange d'échantillons appartenant à plusieurs espèces ; mais ainsi que je l'ai dit dans le 2° fascicule des Primitiae, pages 188 et 189, l'ensemble des renseignements que j'ai puisés dans les herbiers de Berlin

permet d'assurer que le R. nitida de Willdenow est bien celui que je décris ci-dessus.

J'ai vu dans divers herbiers des échantillons distribués par Lindley. 11 est à remarquer que cet auteur a exagéré les proportions de tous les organes de l'espèce dans la figure qu'il en donne.

Ma description a été rédigée sur des spécimens provenant de pieds cultivés et sur des échantillons recueillis à Terre-Neuve par Cochrane et par Robert, et dans le Massachusetts par M. Oakes.

Le R. nitida diffère du R. lucida : 1° par sa taille plus petite, c'est-à-dire qu'il parait rester à l’état d’arbuste ; 2° par ses axes entièrement sétigères, sans aiguillons géminés bien distincts ; 5° par ses folioles ord. plus petites et relativement plus étroites et plus allongées ; 4° par ses pédicelles (qui sont plus allongés et moins épais), son réceptacle florifère et ses sépales plus abondamment glanduleux, à glandes plus longuement stipitées. Mais ces différences sont-elles bien essentielles et ne sont-elles pas le résultat d'une réduction de taille due à un climat plus rigoureux? Le R. nitida n'est-il pas au fond au R. lucida ce qu'est la variété setigera du R. blanda au type de ce dernier ? Je suis assez porté à répondre affirmativement à ces deux questions. On pourra m'objeeter que je signale le R. lucida à Terre-Neuve et à la Nouvelle- Écosse et que ces pays nourriraient ainsi les deux formes 3 mais ne peut-il pas arriver que, dans des conditions exceptionnelles, le R. nitida prenne à Terre-Neuve et à la Nouvelle-Écosse des proportions plus développées et se transforme en R. lucida ? En somme, le À. nitida, à part la présence d’aiguillons sétacés sur tous les axes et de soies glanduleuses plus longues et plus

ds.

abondantes sur les pédicelles, les réceptacles et les sépales, ne présente aucun caractère bien distinetif qui le sépare du R. lucida. Les observations que j'ai antérieurement faites sur l’armature des axes des R. acicularis et R. blanda peuvent légitimement faire penser que le R. nitida, en prenant un plus grand développement, verra peu à peu ses aiguillons sétacés disparaitre dans la partie supérieure de sa tige et de ses axes secondaires et, d’autre part, apparaitre des aiguillons géminés ; les inflorescences en s'éloignant de plus en plus de l'axe primaire verront, à leur tour, leurs soies glanduleuses devenir moins longues et moins abondantes. C’est la culture qui est appelée à résoudre le problème et à nous démontrer si le R. nitida est une espèce bien autonome ou si elle n'est qu'une variété setigera du R. lucida.

Je ne suis pas du reste le premier qui propose la réducuüon du À. nitida, car M. Asa Gray a déjà rapporté cette forme au R. lucida. Il est vrai que cet auteur a confondu dans son R. lucida le R. parviflora qui doit, selon moi, ètre conservé comme un type distinet.

Comme argument en faveur de la réduction du RÀ. ñnilida, je dois citer le R. baltica Déséglise et Boreau, non Roth, de l’ouest de la France qui constitue une forme intermédiaire entre le R. lucida et le R. nitida et qui nous présente, quant à l'armature des axes, des variations bien instructives selon que l’arbrisseau reste petit ou acquiert une taille plus ou moins élevée (Conf. Prim. Monogr. Rosar., fasc. If, pp. 185-187). Des variations analogues dans l'armature des axes peuvent également être constatées dans le À. parviflora.

11. Rosa parviflora Ehrh. Beitr., IV, 21; Willd. Sp. pl., I, p. 1068 ; Lindl. Ros. monogr., p. 20.

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