SCÈNE VI
Les Memes, MAXIMILIEN.
KOE.MGSMARk.
De sorte que si, par un miracle, monsieur le duc revoyait son frère, il ne lui lèrait'pas bon accueil, n’est-ce pas ?
SOPHIE
Hélas I que dites-vous là I...
in
KOEMGSMARK.
Oui, je crois que le prince ferait bien de se cacher... sous l’uniforme de quelque iraban, par exemple I
SOPHIE
Ahl les morts ne reviennent pas 1
KOENIGSUARK.
Quelquefois!... Ce qui leur fuit peur... ce h’est pas le danger qu’ils peuvent courir assurément, mais... le trop de joie qu’ils peuvent causer... Tenez! vous-méme , si le prince paraissait devant vous, je suis sûr que vous ne pourriez pas vous empêcher de pousser un cri, un cri perçant qui donnerait l’éveil peut-être, et pourrait le perdre 1
SOPHIE
Mon Dieu !... que dites-vous ?
KOEMGSMARK.
Je dis tout simplement qu’il m’est arrivé un ancien camarade qui assure... Il est là!... si vous voulez lui parler!... et si vous trouvez qu’il ressemble... à quelqu’un... eh bien!... il ne faut pas crier, madame I... (Peodaot les
derniers mots de Kœoigsmark, Maximilien s’est approché de Sophie et s'est agenouillé devant elle; tromhlantc, elle se baisse vers lui, le reconnaît, et semble prête à pousser un cri Kcenigsmark reprend tout doncement.) Il ne faut pas Crier !...
SOPHIE, à demi-voix.
Ah!... Maximilien!... seigneur Dieu!... Maximilien I
(Elle se laisse tomber sur un fauteuil.)
MAXIMILIEN
Sophie!... (Un silence. Kœnigsmark se tient k l’écart.) El VOUS avez cru que je pouvais en aimer une autre !
SOPHIE
Il vil!
MAXIMILIEN
Je sais tout ce que vous avez souffert !
SOPHIE
Ahl... je ne le sais plus I
Chère Sophie !
SOPHIE
Cher... cher Maximilieu !
MAXIMILIEN
C’est Dieu qui m’a sauvé pour vous défendre ! pour vous venger !...
ACTIÏ QUATR[ÈMK
SOPHIE
Dieu ?... je ne lui demande plus rien !
R(KNIGSMARK, k part.
Rien, ce n’esl pas assez ! (liant ) Il ne laul pourlanl pas, madame, que le ciel se soit mis en frais d’un miracle pour n’abüulir qu’à vous laisser aux mains de monsieur le duel... J’avais déjà tout préparé pour voire fuite I Un compagnon de plus, et celui-là surtout, n’est pas pour nous détourner de nos projets !
MAXIMIUEN.
Oui, Sophie I il faut fuir !
SOPHIE
Avec VOUS ?... (Se levant ) Ail ! VOUS me rappelez à moiméme... Je suis la femme de votre frère !
'Mais, madame!... il ne s’agit pas de fuir au boit du monde... c’est au château de Zelie, chez votre père, que nous voulons vous conduire; c'est à lui que nous voulons confier le soin de votre lioimuur et de votre renommée!... Votre père pour témoin, la cour aulique pour juge, le divorce pour but, et peul-élre... un autre mariage en perspective, voilà notre plan de campagne ! Ko avez-vous un meilleur à nous proposer ?