MÉLUSINE ENCHANTÉE
Si doucement enivrait les regards, Resplendissait de blancheur si divine, Que son peuple la chassa de sa ville, la belle Mélusine, A cause de ses yeux couleur d'aigue-marine,
Des feux rosés de sa poitrine Et des beaux cheveux roux sur son long col épars.
Longtemps loin des cités, qu'entourent les remparts,. Par les forêts erra la belle Mélusine, Effarée et pleurant ; sa robe de brocarts
Se déchirait aux taillis d'aubépines Et ses pieds nus saignaient parmi les herbes fines Des clairières des bois, où paissent les broquarts.
Elle parvint ainsi dans le pays des fées,
Dans les landes d'or où verdoient les houx, Et là ses yeux bleus virent que les loups La suivaient en troupe, et que les nuées Errantes, la lune et jusqu'aux hiboux, S'arrêtaient au ciel quand par les champs roux Elle faisait halte...
Rayinondin de Lusignan s'éveilla. Le petit bois de frênes, où il s'était endormi, pleurait doucement sous la pluie et à l'horizon noyé de brumes les landes de bruyère s'étendaient à perte de vue ; la voix qui chantait s'était tue ; aussi loin qu'il pouvait promener son regard, c'était le silence et la solitude.
Depuis combien d'heures dormait-il là dans ce bouquet de bois sauvage et qu'étaient devenus les gens de sa suite ? Comme un grand trouble s'était fait en lui, et, assis dans la bruyère, il se tâtait curieusement les bras et les côtes, les tempes moites de sueur, inconsciemment heureux de cette pluie.
Si doucement enivrait les regards, Resplendissait de blancheur si divine, Que son peuple la chassa de sa ville, la belle Mélusine !
La chanson le poursuivait et, ses doigts ayant rencontré le cor d'ivoire pendu à sa ceinture, voilà que maintenant il se souvenait d'avoir traversé la bruyère en plein soleil dardant, sur le coup de midi. Une étrange torpeur, un invincible accablement l'y avait saisi et il y avait cédé, puisqu'il s'y retrouvait assis, sept heures après, au crépuscule, le front nu sous l'averse et le cœur obsédé d'un nom qu'il n'avait jamais entendu : Mélusine ! Mélusine ! ce nom si doux qu'il semblait caresser les lèvres comme des lèvres et griser la pensée comme un philtre. Il était pourtant bien seul ; personne dans les dix lieues de genêts et de
bruyères fuyant, grises de pluie, vers les coteaux qui fermaient l'horizon, et la chanson bourdonnait encore à ses oreilles, la chanson et la voix timbrée qui la chantait. A ce moment, avec un brusque effroi d'ailes, une corneille s'enlevait au-dessus de sa tête et Lusignan se rappelait alors une petite vieille loqueteuse et ridée, rencontrée ramassant des branches sèches au pied moussu des frênes, à l'heure même où il entrait dans le bois.
Une vieille femme à midi, au crépuscule une corneille !
Lusignan, grand chasseur de loups et tueur de sangliers, savait juste réciter en latin un Ave et un Pater ; il les disait à l'instant même, flairant dans ce long sommeil quelque piège de fées.
Les légendes ne les font-elles pas danser, la nuit, dans l'air violemment embaumé des landes de genêts comme dans la brume clair-de-lunée des étangs et, s'étant dévotement signé trois fois, le comte se levait, d'un haussement d'épaules secouait la pluie restée sur son bliaud de pourpre et, s'orientant d'après les dernières lueurs du couchant, piquait droit devant lui à travers la bruyère, du côté de son burg.
* Et les fées jalouses l'ont changée en serpent; » son impérieuse beauté, qui charmait les oiseaux du » ciel et les bêtes errantes dans les bois, épouvante » aujourd'hui la solitude.
» Transformée en hydre monstrueuse, elle sommeille le long des jours au soleil, repliée en rond sur ellemême dans l'herbe roussie des landes ; la nuit, elle rampe tristement dans la pierraille argentée par la lune des torrents desséchés, et ses sifflements de regrets éveillent les échos de ravins en ravins.
» Où cela ? Très loin et tout près, ici et là, dans le pays des fées, qui veillent invisibles sur leur prisonnière, dans les landes d'or, où verdoient les houx et que vous avez cent fois traversées sans soupçonner que les malignes dames riaient dans la broussaille, assises en cercle autour de vous.
» Dans le pays des fées, où l'hydre ensorcelée attend depuis cent ans le chevalier hardi qui, l'étreignant des deux mains à la tête, osera baiser ses lèvres visqueuses où réside la mort.
» Les fées jalouses l'ont changée en serpent; son impérieuse beauté, qui charmait les oiseaux du ciel et les bêtes errantes dans les bois, épouvante aujourd'hui la solitude.
» Seules les lèvres d'un homme rompront l'enchan-
tement, mais le héros promis, l'hydre l'attend encore. Quand dans la rousse bruyère accablée de chaleur le serpent léthargique se dressera-t-il sur sa queue en sifflant, étreint au cou par son libérateur ? Quand la vierge, enfin délivrée, jaillira-t-elle nue comme une perle et blanche comme l'écume hors de l'écaillé du monstre ?
» Le charme est dans la beauté qui sommeille, captive en la gaine squameuse et bruissante de l'hydre ; la délivrance est dans le baiser du héros à l'âme assez trempée pour boire le poison et affronter la mort.
» A celui-là puissance et nombreuse lignée, à celuilà fortune et renommée, il fondera héroïque et princière maison ».
Et la voix s'éteignait comme étouffée dans l'épaisseur du mur. Raymondin, qui dormait, les bras en croix sur la poitrine, dans le grand lit de chêne blasonné à ses armes, se dressait moite sur son séant. Cette voix de songe n'avait pas prononcé un nom et pourtant une conviction le poignait, que la chanson parlait, de Mélusine, Mélusine encore et Mélusine toujours. Il prêtait l'oreille et, croyant entendre des voix marmonner sous la fenêtre, il se levait, courait pieds nus sur les dalles jusqu'à l'étroite verrière donnant sur la campagne et brusquement en ouvrait le vantail : dehors l'aube se levait à peine, une aube blême et froide de fin d'octobre ; un linceul de brume flottait sur la vallée devenue semblable à une mer de vapeurs, çâ et là
quelques sommets de collines en émergeaient à demi sombres.
Et Lusignan, s'étant penché en dehors, apercevait debout dans le brouillard, au pied même du donjon seigneurial, une sorte de mendiant à la barbe et à la chevelure tressées comme celles des bohémiens.
Des boucles de cuivre aux oreilles, drapé dans un manteau d'élofïe à larges raies, il appuyait ses mains sur un bâton et, l'œil étincelant sous de broussailleux sourcils, il chuchotait, la bouche pleine de paroles confuses, et semblait, à ses gestes, parlementer avec des soldats que lui, Lusignan, ne pouvait voir, mais supposait de garde à la poterne.
Et Lusignan appelait et donnait ordre qu'on lui amenât immédiatement le vieillard. Son écuyer revenait presque aussitôt, tête basse; il n'avait vu personne au pied de la tour. Monseigneur avait dû être le jouet de quelque songe, la sentinelle de garde à la poterne du burg n'avait entrevu qui que ce fût depuis la veille au soir.
Dépité, Raymondin retournait à la fenêtre. L'équivoque mendiant à la barbe tressée n'y était plus ; vision du petit jour, il s'était évanoui dans la brume.
C'est alors que le doux sire tombait dans une profonde mélancolie.
A partir de ce jour toutce qui l'intéressait auparavant, le maniement des armes, le tir à l'arc, la joute à la lance et jusqu'au plaisir de la chasse, chasses au faucon à travers plaines et battues dans les forêts
profondes pour le cerf et le sanglier, tout ce qui était la joie de sa vie de jadis cessa soudain de l'occuper. Il errait le long des jours, veule et morne, à travers les campagnes, inattentif au pas de sa jument, la laissant aller à l'aventure à travers les broussailles comme à travers les récoltes, plus pareil à un fantôme chevauchant en expiation quelque bête de rêve, qu'à un honnête et loyal chevalier. Les soirs, il rentrait harassé et s'asseyait, sans desserrer les lèvres, à la table seigneuriale où il n'écoutait même plus le Bénédicité du chapelain ; le dimanche, c'est à peine s'il entrait à l'église. Il ne savait plus ni s'agenouiller, ni s'asseoir et ses amis ne le reconnaissaient plus. Il maigrit, devint hâve et pâle, laissa croître sa chevelure et sa barbe: elles débordèrent, poussiéreuses et touffues, de dessous son casque et, la nuit, il se levait en sursaut pour arpenter, sous le vent comme sous la pluie, le chemin de ronde des remparts ; on eût dit qu'il écoutait des voix, et les sentinelles redoutaient de le voir passer, à minuit, auprès d'elles, marmottant des paroles confuses ; et dans le pays l'opinion s'affirmait que des gens de Bohême lui avaient jeté un sort.
Or, à une année de là, par une accablante journée d'août, comme il revenait au crépuscule d'une de ses courses lointaines et sans but dans lesquelles il consumait désormais sa vie, sa jument, qu'il laissait aller la bride sur le cou selon son habitude, avait un* brusque soubresaut qui l'éveillait de sa torpeur; il
se dressait en selle et ouvrait grands les yeux. A quelques pas devant lui, dans la vaste plaine nue trois femmes ou plutôt trois formes de femmes s'agitaient et semblaient danser autour d'un grand feu d'herbes sèches. L'air de vieilles mendiantes sous des loques singulièrement lumineuses, elles secouaient frénétiquement de maigres bras nus au-dessus de la flamme et avec de sauvages éclats de rire, qu'on entendait moins qu'on ne les devinait aux contorsions de leurs corps, elles tournoyaient dans la fumée, comme transparentes, plus claires que l'atmosphère même de cette claire journée d'été, couleur d'ambre sur la rougeur enflammée du soir.
Elles prononçaient trois fois son nom et s'évaporaient dans l'air, et Lusignan songeait alors à la petite vieille du bois de frênes, puis au mendiant bohémien entrevu au petit jour à la poterne du burg.
Mais quelle était la troisième ? Car il avait bien reconnu les deux autres, mais ce qu'il ne reconnaissait pas et ce qu'il s'épouvantait de ne pas reconnaître, c'était la contrée où sa jument l'avait conduit. Ces mouvements de terrain, ces arbres grêles à fleur du sol et cette chaîne de montagnes à l'horizon lui étaient inconnus ; une grande tristesse le prenait dans cette solitude ennemie. Il n'était plus dans la plaine immense de tout à l'heure, il avait devant lui une lande inculte et ravinée, fleurie de chardons nains et de hautes fleurs mauves avec, çà et là, des décombres de temple et de fûts de colonne jonchant le terrain ; et quoiqu'il n'y
eût pas un souffle de vent dans Tair, les mauves d'un rose mort et les chardons hostiles frissonnaient tristement sur un ciel rouge et vert, d'un vert de plaie et d'un rouge de sang.
Et, ayant poussé sa monture en avant, sa jument cette fois refusa d'obéir et Lusignan, s'étant penché pour voir l'obstacle, aperçut à ses pieds le Serpent.
D'un vert pailleté d'or, qui sous le ventre devenait de l'azur, l'hydre sommeillait enroulée sur elle-même sur un lit de feuilles sèches : sa tête triangulaire et fabuleusement petite bâillait, montrant dans sa gueule noire un triple rang de dents aiguës, et six lourds colliers bossues de pierreries l'étreignaient de place en place pour indiquer qu'elle était de naissance royale. Sa tête reposait sur un ajrand lis de pourpre et Lusignan, ayant mis pied à terre, attachait sa jument à un cyprès voisin, s'approchait à pas de loup et, saisissant brusquement le serpent à la tête, de toute la force de ses bras le soulevait à hauteur de ses lèvres et, malgré son dégoût, appliquait sa bouche à la gueule du monstre.
Brusquement éveillée, l'hydre avec un sifflement aigu s'était furieusement enroulée autour du doux seigneur. Elle avait enlacé l'homme et lui broyait les côtes de tout le poids de ses anneaux ; elle lui tenait les pieds serrés avec sa queue et lui figeait au ventre le froid de ses écailles.
Et sous l'affreuse étreinte et sous la langue fourchue qui dardait en menace, le guerrier oppressé défaillait
et, glacé, buvait à pleines lèvres la bave et le venin du monstre : il les but par trois fois.
Alors, à travers la solitude, les hautes mauves s'effeuillèrent éperdues et les chardons flambèrent d'un éclat métallique. Avec un long, long cri la vierge délivrée avait surgi nue hors de l'enveloppe hideuse, et jeté ses bras au cou de son vainqueur, puis tout à coup elle avait baissé les yeux, ses grands yeux couleur d'ombre, devenue toute rose, rose depuis l'orteil de ses pieds nus jusqu'à la fraîche églantine de ses seins. Mélusine avait honte, se voyant sans vêtement.
Lusignan jetait alors son manteau de guerrier sur l'éclatante nudité de la vierge, et, la baisant sur la moue de ses lèvres, l'asseyait en croupe derrière lui. La jument s'ébrouait et, vibrant de désir, le cœur inondé d'allégresse, le fier seigneur emportait sa rougissante proie par la rose bruyère du paysage redevenu familier.
Dans la broussaille les voix des fées chantaient : « A Lusignan puissance et nombreuse lignée ! A Lusignan fortune et renommée ! A Lusignan guerrière et royale maison ! » Le soleil tout à fait sombré avait disparu de l'horizon et un dernier rayon oblique allumait, comme un point d'or, la chevelure rousse de Mélusine, allant en croupe derrière son maître fonder la race des Lusignan.
MANDOSIANE CAPTIVE
La princesse Mandosiane avait six cents ans. Depuis six siècles elle vivait, brodée sur velours avec un visage et des mains de soie peinte ; elle était toute vêtue de perles avec un gorgerin si lourd de broderies qu'il en bossuait, et les arabesques de sa robe tramée d'argyrose étaient de l'or le plus fin.
Un manteau d'outremer fleuragé d'anémones s'agrafait sur sa poitrine par de véritables pierreries, et des cabochons de saphir ourlaient le bas de sa robe.
Elle avait figuré longtemps dans les processions et les fêtes royales. On la sortait alors, bissée à la hampe d'une bannière, et l'éclat de ses joyaux mettait les reines et le bas peuple en joie. C'étaient les temps heureux où par les rues pavoisées, sous le frisson des banderoles flamboyantes, on acclamait la princesse Mandosiane. Puis on la rentrait cérémonieusement dans le trésor de la cathédrale et on la faisait voir aux étrangers en échange de beaucoup d'or.
C'était aussi une merveille que cette miraculeuse princesse. Elle était née du rêve et du travail obstiné
de vingt nonnes qui, pendant cinquante ans, avaient peiné à tirer des écheveaux de soie et d'argent la délicieuse et hiératique figure.
Ses cheveux étaient de soie jaune ; on avait incrusté à la place de ses prunelles deux tourmalines du plus beau bleu et elle tenait une gerbe de lis de velours blanc appuyée sur son cœur.
Puis l'ère des processions passa; les trônes s'abolirent, les rois disparurent, la civilisation marchait, et la princesse de perles et de soie peinte demeura désormais confinée dans l'ombre de la cathédrale.
Elle passait là ses jours dans le clair-obscur d'une crypte avec un tas de choses bizarres grimaçant dans les angles. C'étaient de très anciennes statues, des hanaps à côté de ciboires, de vieux ornements d'église, des chapes encore raides et comme moirées de soleil et qui s'éteignaient lentement dans la nuit, avec des calices dans lesquels on n'officiait plus.
Il y avait aussi un vieux Christ adossé dans un coin et tout voilé de toiles d'araignées, et jamais on n'ouvrait la porte de la chapelle souterraine. Toutes ces vieilles choses dormaient là, enterrées, oubliées, et un grand désespoir prit la princesse Mandosiane au cœur.
Et elle prêta l'oreille aux conseils de la souris rouge, une insidieuse petite souris vive comme l'éclair et tenace et volontaire, qui déjà depuis des années l'obsédait. «Et pourquoi t'obstiner à demeurer captive,
cuirassée dans toutes ces perles et ces broderies qui t'enserrent ? Ce n'est pas une vie que la tienne. Tu n'as jamais vécu, même au temps où tu resplendissais sous le ciel bleu des fêtes carillonnées, acclamée par l'ivresse des foules, et maintenant, tu le vois, c'est l'oubli, c'est la mort. Si tu voulais, avec mes dents pointues je déferais un à un les poiDts de soie et de cordonnet d'or qui te tiennent fixée depuis six cents ans immobile dans ce velours miroité qui n'a plus, entre nous, grand éclat. Cela te fera peut-être un peu mal, surtout quand je découdrai près du cœur, mais je commencerai par les longs contours, ceux des mains et ceux du visage, et tu pourras déjà t'étirer et te mouvoir, et tu verras comme c'est bon de respirer et de vivre ! Belle comme tu l'es, avec ton visage de princesse de conte et riche des fabuleux trésors dont resplendit ta robe, tu te feras habiller chez les plus grands faiseurs, on te prendra pour la fille d'un banquier et tu épouseras pour le moins un prince français.
» Tu as sur toi pour des millions de pierreries ! Viens ! laisse-moi te délivrer, tu révolutionneras le monde.
» Si tu savais comme c'est bon d'être libre, de respirer dans le vent à pleins poumons et de suivre sa seule fantaisie ! Tu es bardée dans ces opales et ces saphirs, comme un chevalier dans une armure, et tu n'as même jamais combattu. Je connais des chemins, qui conduisent au pays du Bonheur. Laisse-toi
épanouir hors de ta gaigne de broderies ; nous ferons le tour du monde ensemble et je te promets un trône et l'amour d'un héros. »
Et la princesse Mandosiane consentit. La petite souris rouge commença aussitôt son œuvre meurtrière ; ses dents sciaient, coupaient, limaient dans le velours mangé par les mites ; des perles tintaient en tombant une à une, et, les nuits au clair de lune comme par les beaux ciels de soleil, dans la crypte éclairée d'un jour de soupirail, la souris rouge coupait, mangeait, s'occupait toujours.
Quand elle attaqua le fameux gorgerin de nacre et de perles, la princesse Mandosiane eut l'impression d'un froid aigu au cœur.
Depuis plusieurs jours déjà, elle se sentait comme frissonnante et plus légère et, singulièrement souple au milieu de tous ces points défaits, elle ondulait dans l'étoffe, comme animée d'un souffle, et attendait, ravie, que la souris eût accompli son œuvre.
A la dent du rongeur s'enfonçant dans sa poitrine, la pauvre princesse de paillons et de soie, cette fois, défaillait toute. Ce fut comme une coulée de cendre sur les dalles de l'obscure chapelle, la tombée molle de floconneuses soies, de galons déchiquetés et de lumineuses chiffes ; quelques cabochons roulèrent comme des grains de blé, et le vieux velours miteux de la bannière se déchira du haut en bas.
Ainsi mourut la princesse Mandosiane pour avoir écouté les insidieux conseils d'une petite souris.