‹ Princesses de comédie et déesses d'opéraChapitre 29 sur 65 · SS PRINCESSES DE COMEDIE · texte numérisé non relu

SS PRINCESSES DE COMEDIE

Redonne-lai Gaussin, sa grâce naturelle, Son jeu tant regretté , plus simple que savant. Mais ne suis pas en tout cet aimable modèle :

On dit qu'elle était peu cruelle, Et que pour aimer bien elle aimait trop souvent. Je suis loin de blâmer une douce faiblesse; Avare de bontés, borne aussi tes rigueurs; Pour mieux peindre Famour, il faut qu'il t'intéresse;

Et si tu gofttes ses douceurs , Qu'un seul amant du moins inspire à ta jeunesse

Ce que ta voix enchanteresse

Fera sentir à tous les cœurs.

Tout le inonde raioiait, hormis son amant. Aussi un soir, après avoir joué, elle salua le public d'un signe d'adieu, elle se perça de trois coups de poignard , mais ce cœur tant déchiré ne fut pas atteint. 11 lui fallut reparaître devant le public et joaer encore la douleur des autres. Ici je laisse la parole à réloquent Lenuuurier : u Elle continua de remplir son emploi , mais bieotét elle fut obligée de se retirer à la campagne pour sa santé. La maison isolée qu'elle habitait parut facile à surprendre ; des brigands s'y introduisirent dans le silence de la nuit, enchaînèrent mademoiselle Des Garcins et les femmes qui la servaient, les descendirent dans une cave, et se livrèrent à tous les pillages. Plus de vingt-quatre heures s'écoulèrent. Enfin les cris des infortunées furent entendus , on les délivra , mais il était trop tard. î> Mademoiselle Des Garcius ne survécut que pour mourir folle.

Ne voilà-t-il pas un beau dénoûment dramatique à cette vie toute consacrée à la tragédie !

Une soubrette qui donna du fil à retordre à la muse de Dorât. Elle eut beaucoup d'esprit et beaucoup de talent; — trop àt talent dans l'esprit et trop d'esprit dans le talent.

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