‹ Princesses de comédie et déesses d'opéraChapitre 41 sur 65 · MADAME VESTRIS · texte numérisé non relu

MADAME VESTRIS

Ce fut le triomphe de Fart sur la nature : elle était petite , elle parut grande; elle manquait d*Ame, elle se donna la passion; elle n'avait pas de voix , elle fut éloquente. H faut se hAter de dire qu'elle était belle , et que sa beauté était toujours en scène. tt Madame Vestris , dit Grimm , est une figure de Mignard , et je voudrais dans la tragédie une figure du Poussin, de Raphaël, de Michel-Ange. Pour quitter le cothurne, j'aurai l'honneur de vous dire que madame Vestris est enfant de théâtre ; elle doit le jour à un comédien de la Rochelle , et t'appelait mademoiselle Diigazon. Elle a été une des principales actrices du théâtre de Stott-

gard, et pendant quelque temps sultane favorite de Son Altesse Sérénissime ; elle a épousé ensuite un petit danseur de ce théâtre portant le grand nom de Vestris. Cette famille de Vestris est de Florence, et s*est transplantée en France, où elle a fait fortune, les garçons par leurs talents, les filles par le commerce de leurs charmes. Elle a fait mentir le principe que Famitié ne peut subsister sans la vertu la plus rigide , car elle vit dans la plus tendre union et dans une grande corruption de mœurs. Pendant que la belle Teresina Vestris aime son amant pour de l'argent , la mère , dévote comme une sainte , dit à côté de sa chambre son chapelet; son frère, qu'on appelle le Cuisinier, prépare le souper que la sœur Violenta et les autres frères viennent manger avec Teresina et son amant» le plus cordialement du monde, n

C'est toujours le roman comique. Combien de fois, moi qui n'avais pas payé mon droit d'entrée, j'ai vu la vraie comédie dans les coulisses, pendant que le spectateur du parterre la cherchait vainement sur la scène.

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