‹ Princesses de comédie et déesses d'opéraChapitre 50 sur 65 · ROSE DUGAZON · texte numérisé non relu

ROSE DUGAZON

Elle dansa pour commencer, mais elle se sentît comédienne et joua comme par merveille quoi? Les Dugazon. Elle a donné son nom à un emploi ! Combien d'écrivains orgueilleux qui n'ont pas donné leur nom à un livre !

Elle n'était pas belle, elle chantait mal, elle ne jouait pas bien , mais elle charmait tout le monde , excepté Grimm : « Le théâtre de la Comédie italienne vient de perdre une actrice célèbre , madame Favart. Elle a montré beaucoup de courage et de patience pendant tout le temps de ses souffrances. Revenue un jour d'un long évanouissement, elle aperçut parmi. ceux que son danger avait rassemblés en hflte autour d'elle un de ses voisins dans un accoutrement fort grotesque; elle se mit à sourire , et dit qu'elle avait cru voir le paUlasse de la Mort : mot de caractère dans la bouche d'une fille de théâtre mourante. Jamais les prêtres ne purent la déterminer à renoncer au théâtre. Elle dit qu'elle ne voulait point se parjurer; que c'était son état, que si elle guérissait , elle serait obligée de le reprendre , et qu'elle ne pouvait par conséquent y renoncer de bonne foi ; elle aima mieux se passer de sacrements. Mais lorsqu'elle se sentit expirer, elle dit: Oh! pour U coup, je renonce! Ce fut son dernier mot. C'était une mauvaise actrice. Elle avait la voix aigre, et le jeu bas et ignoble; elle n'était supportable que dans les rôles de charge et ne l'était pas longtemps. Elle jouait supérieurement la Savoyarde montrant la marmotte ; c'était tout son talent , c'était ce qui avait fait sa fortune, n

C'est Grimm qui parle si mal de madame Favart. Que l'abbé de Voisenon le lui pardonne!

Elle fut la maîtresse de La Tour, et, selon lui, elle chantait an pastel.

Mademoiselle Fel remplissait fort souvent deux rôles : surtout un soir du 13 février 1747, elle eut deux succès mémorables dans le ballet de V Année galante ^ où elle se montra un Agénor ravissant dans le prologue , et une Flore délicieuse dans Tentrée du Printemps. Elle émerveilla jusqu'à Jéliotte, qui remplissait en face d'elle deux rôles divers, un Zéphyre et un Bacchus. Mademoiselle de Gamargo , héroïne principale de la pièce , se montra quelque peu jalouse de mademoiselle Fel. Un pas de plus, elle lui aurait enlevé son banquier, son abbé et son journaliste.

Le journaliste , c'était Grimm.

En ce beau temps, FOpéra ne traitait pas en financier ses grandes pensionnaires. La grande mademoiselle de Gamargo n'émargeait que quinze cents livres par an ; — mademoiselle Fel touchait cinq fois moins. Mais La Popelinière sauvait tout.

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