‹ Princesses de lettresChapitre 27 sur 53 · P. 30. — Bien entendu, je n'ai, dans les pages qui · texte numérisé non relu

P. 30. — Bien entendu, je n'ai, dans les pages qui

Si frappante que soit la métaphore, la théorie n'est point nouvelle ; les théologiens l'ont depuis longtemps appelée VUniversalisme. Toutes les religions sont périssables, mais «a religion est éternelle. L'une après l'autre, elles se sont écroulées, tragiques échelles que l'humanité tenta de dresser contre l'infini. Mais l'instinct qui poussait ces hommes, en dépit de chutes répétées, à prendre et à reprendre, encore et toujours, l'escalade périlleuse, cet instinct n'avait, ne pouvait pas avoir tort. C'est en lui qu'il convient même de placer le grand espoir d'une foi nouvelle. Alors la religion cessera d'être un marchandage de félicités éternelles entre le Créateur et les créatures, pour devenir un idéal...

précèdent, cherctié qu'à résumer la pensée de Mme Dornis, sans prétendre assumer la responsabilité des critiques adressées par elle à la formule catholique du Christianisme. Elles ont, d'ailleurs, été réfutées si souvent et si bien que j'aurais craint de paraître enfoncer des portes ouvertes si je ne savais que ces questions-là sont, en réalité, insolubles parce qu'elles dépendent moins des lois du raisonnement que des impératifs de notre conscience. Le sens religieux est un sixième sens qu'il n'est pas donné à tous ceux qui le désirent de posséder et qu'aucune démonstration philosophique, en tout cas, ne saurait conférer aux infortunés qui en sont congénialement privés.

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l'Idéal !... (( Personnellement je suis persuadée qu'il faut déshabituer les humains de s'en remettre à une Providence mal définie du soin de veiller à leurs affaires terrestres. C'est cette fausse conception du devoir d'un Dieu envers les fidèles qui a fait dérailler toutes les religions ^... » De révélations dogmatiques, de code moral, pas traces, aucun indice : « Dieu désire que nous en usions les uns vis-à-vis des autres de façon fraternelle... La charité envers notre prochain n'est, d'ailleurs, pas une nouveauté, — c'est le fond de l'Evangile^... »

Comment arrivera-t-on ensuite à répandre cette doctrine ? En abandonnant à leur aort les populations perverties des villes et en créant, avec patience, parmi les laboureurs et les vignerons, de petits clans, de nouvelles cellules vitales, lesquelles, en se multipliant, finiront par imposer l'idée régénératrice à toute l'humanité.

Qu'un tel rêve soit généreux, nul n'en saurait disconvenir. Les catholiques se demanderont seulement si une religion privée de dogmes n'est point une statue de plâtre dépourvue d'armature ; au premier choc, tout s'écroulera.

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