‹ Princesses de lettresChapitre 31 sur 53 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

L'esprit le moins prévenu ne peut s'empêcher de réfléchir que. de tous les pseudonymes qu'offrait la littérature à la fantaisie de Al""^ Radius- Zuccari, celui de Xeera semblait le moins lui convenir, puisqu'il présentait le tort grave d'engager la pensée du lecteur sur une voie, sur des voies qui n'étaient, ne sont point celles que suivit jamais cette femme irréprochable !...

Que dit Horace, car c'est lui qui, le premier, incrusta, dans l'or de ses vers, ce nom charmant ? Il reproche à Xeera « de prodiguer ses nuits à un rival préféré ». Et voluptueusement, le poète romain parle « des bras flexibles )> de l'ardente maîtresse qui <( l'enlaçaient plus étroitement que le lierre n'embrasse les chênes altiers » !... André Chénier n'est pas moins brûlant :

Rappelez-lui souvent, rappelez-lui toujours

Cette Néère, hélas ! qu'il nommait sa Néère, Qui pour lui criminelle, abandonna sa mère, Oui pour lui fugitive, errant de lieux en lieux, Aux regards des humains n'osait lever les yeux !...

Il est vrai qu'il y a ïibulle, et encore !... D'ailleurs, Tibulle ne compte plus, à supposer qu'il ait jamais beaucoup compté. Si Neera fut bien le nom d'une amoureuse, reconnaissons que cette amoureuse n'eut rien de platonique : c'est Diolyme, c'est Laure, c'est Béatrice, c'est n'importe quel nom d'amante vertueuse, que, de préférence à celui de la voluptueuse Neera, M"*^ Radius-Zuccari devait, en guise de loup, littéraire, appliquer sur son douloureux visage de vierge, d'épouse, de mère, de grand'mère, blessée par la vie et par l'amour et par le devoir, mais toujours immarcescible !

APPENDICE

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