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niosité, elle s'est efforcée, par le livre et par le journal, d'être auprès de ces têtes que la stretezza dei tempi avait quelque peu désorganisées, l'apologiste des idées et des usages d'autrefois. Certaines vérités sont toujours bonnes à entendre.

Je le répète : M'^^ Neera est franchement réactionnaire. Elle n'estime point, ce qui, à mon avis, est abusif, qu'il y ait lieu de réformer l'éducation des jeunes filles. Le système qui fit de nos mères des femmes de bien ne saurait-il convenir à élever nos descendantes ? C'est en de tels sujets qu'il convient d'éviter les artifices de la rhétorique. Ils sont nombreux ceux qui, à grand renfort de belles phrases, réclament pour la jeune fille une instruction plus complète, le droit à la connaissance. Or, que veut-on signifier ? se demande M^^^ Neera. En théorie, c'est parfait ; mais, en pratique, il devient certain que ce droit à la connaissance aura et doit avoir des limites. Alors, selon la belle sentence d'Alfieri, ({ mieux vaut une ignorance honnête et complète, que les regrettables abus d'une demiscience ». D'ailleurs, — ajoute la romancière, avec un savoureux bon sens, — aucun livre, aucun discours, ne pourront jamais faire d'une jeune fille une femme, car c'est là un privilège que Dieu a transmis directement à l'homme et dont

il devrait se montrer plus jaloux et plus fier^. « Observez, par exemple, celles que, d une épithète qui restera, M. Marcel Prévost appelle les vierges lortes ; n'y a-t-il pas toujours, dans leurs actes ou leurs écrits, même chez les mieux préparées, les plus raisonnables, — hélas ! les Anglo-Saxonnes ne l'ont que trop montré ! — je ne sais quoi d'incomplet, tranchons le mot, de déséquilibré ? Non, la fonction véritable, la seule l'onction de la femme ici-bas, est dans Je mariage, la maternité.

J'entends l'objection : C'est très bien, mais pensez-vous à celles, chaque année plus nombreuses, qui ne parviennent point à se marier ? Voici la réponse de M""® Neera : (( A un tel état de choses, je ne vois qu'une remède efficace : trouver le mari ! Et, si cela ne se peut pas, tout le reste devient vent et fumée. Pourquoi voudriezvous me persuader que sécher sur un encrier, au lieu de sécher sur une paire de bas, selon ïa coutume d'autrefois, modifie, d'aucune manière, la question ^ ? »

Bien loin même — comme le prétendent les féministes — d'aider la femme à prendre cons-

1. La donna el la culliira dans le Carrière délia Sera du 10 avril 1899.

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cience d'elle-même, l'instruction supérieure la détraquera sans la perfectionner. En lui donnant des goûts, des intérêts, des occupations qui, jusqu'à ce jour, étaient réservés aux hommes, une instruction masculine la détournera, périlleusement pour l'avenir de la race, de sa destinée, de sa fonction naturelles. Les temps viendront, — il suffit de feuilleter certains livres des Norvégiennes ou des Anglaises de l'extrême-gauche, pour dire : les temps sont venus, — où des savantes, véritables Pics de La Mirandole en jupons, proclameront qu'il est injuste que l'homme ait les plaisirs de l'amour et la femme les douleurs de la maternité. « De là à la suppression des enfants, il n'y a qu'un pas ; bientôt, il n'y aura plus que les stupides qui se résigneront à enfanter ; les intelligentes ne voudront plus en entendre parler. Vouée aux travaux de l'esprit, dans trois ou quatre générations, la femme aura renoncé aux désirs obscurs de ses entrailles. Alors la femme mourra et, avec elle, le monde ^. »

Même au point de vue intellectuel, la diffusion de l'instruction parmi les jeunes filles n'est pas à encourager. Etre d'individuahté, la femme perd le charme de son esprit à vouloir s'as-

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