‹ Princesses dollar: operette en trois actesChapitre 33 sur 62 · DUO DE LA DICTEE ALICE, FREDY · texte numérisé non relu

DUO DE LA DICTEE ALICE, FREDY

ALICE

Devant son Secretaire

II n'est pas necessaire

De se gener ?

On pent dieter

Les choses les plus intimes ?

FREDY

Dans le metier L'on sait etre discret.

Et puis, qu'est-ce que 9a me fait Tous vos petits secrets?

ALICE, a elle-meme avec d^pit

Vraiment ? C/est ce que nous verrons !

FREDY, I'asticotant

Ne vous genez done pas !

ALICE, haut a Fredy

Eh ! bien, done...

FREDY Je suis pret !

ALICE, dictant

Mon bien aime, mon Isidor...

Cher petit coeur en or...

FREDY, furieux, mais affectant Tindifference

Mon bien aime, mon Isidor...

(avec ironie)

Debut tres allechant !

ALICE, a part

Monsieur grimac' !

— - io8 — FREDY, a part

Soyons de glac' !

ALICE, continuant a dieter

Vas-tu rester fidel' toujours A nos chaudes amours ?

FREDY, comme plus haut

Vas-tu rester fidel' toujours. . .

Bon Dieu, que c'est touchant I

ALICE, a part

Je crois qu'il rag' I

FREDY, k part

Je suis en nag' !

ALICE Vous y etes ?

FREDY

Q3. se tire....

J'admire Vraiment votre naivete De croire a la tidelite !

ALICE

D'abord, savez-vous seulement si I'ecrit

N'est pas une plaisanteri' ?

FREDY

Je dois, en ce cas, sur-le-champ le detruir', Et le reduir' En cent morceaux ?

Parlez ; il suffit d'un seul mot !

ALICE sourit en prenant la lettre, puis affecte le calme

J'hesite. II faut reflechir.

a part.

Oh ! quelle joie j'aurais a decouvrir Mon coeur.

Car sans lui je n'aurai nul bonheur !

Mais tout d'abord je veux Entendre son aveu.

Puis, apres, II saura mon secret!

Mon honneur veut que je ne fasse pas Vers lui le premier pas !

Mon triomphe sera complet I

ALICE, h part

S'il ne parle je me tais !

FREDY Q.u'elle parle ou je me tais !

Ensemble

Oui tout d'abord je veux Entendre son aveu !

Puis, apres, Je dirai mon secret I

(Alice defait sournoisement le cordon de son Soulier. Puis avec un regard coquet vers Fredy.)

ALICE

Ah ! sapristi !

FREDY

Qu'est-ce que c'est ?

- ALICE

Rien, mon lacet Qui s'est defait !

FREDY s'agenouille vivement et se saisit du pied d'Alice

Quel pied mignon ! Qu'il est petit !

ALICE On me I'a dit !

FREDY, a part

Elle veut m'aguicher ainsi.

ALICE, a part

Tu me crieras merci !

(Haut.) Vous etes lent !

(Avec impatience.)

Vous etes tres lent !

(Avec encore plus d'impatience.)

Vous etes par trop lent I

FREDY La ! la ! la!*Je crois qu'il tient.

ALICE, a part

II est a mordre !

(A voix haute.)

Mes compliments ?

(Montrant la machine a ecrire.)

Y etes-vous ?

FREDY A vos ordres I

(II s'assied de nouveau, apres avoir repris la feuille.) ALICE, dictant de nouveau

Le jour approche et va venir Qui doit nous unir...

FREDY, tapant avec rage

Le jour approche et va venir...

(Alice le regarde, il se ressaisit.)

Quel charmant avenir !

ALICE, a part

Ah! comme il rage !

FREDY, a part

Allons. courage !

ALICE, poursuivant sa dictee

Je suis a bout de patienc', Vers toi mon coeur s'elanc'. . .

FREDY Je suis a bout de patienc'. . .

(Ne pouvant plus se contenir, il se leve brusquement.)

Qa, c'est la verite !

ALICE, a part, avec joie ^

II est mate !

FREDY, ironiquement

Bravo ! bravo ! Tres drole !

ALICE, ironique

Quoi ? Ma lettre ? Par elle pourtant, ma parole^ Vous me semblez.

Joliment affole !

FREDY, se calmant

Croyez-vous poiivoir me duper par ce jeu? Tout 9a, ce n'est pas serieux !

ALICE, doucement

Je dois sur-le-champ, n'est-ce pas, la detruir' Et la reduir En cent morceaux ?

Parlez, il suffit d'un seul mot !

FREDY, de nouveau maitre de la situation

J'hesite. II faut reflechir.

(Alice, desabusee, fait la grimace.} FREDY, a lui-meme

Oh ! quelle joie j'aarais a decouvrir Mon coeur...

Car sans elle il n'est pas de bonheur ! Mais tout d'abord je veux Entendre son aveu,

Puis, apres, reveler mon secret, Mon honneur est sauf, si je ne fais pas Vers elle le premier pas. . .

— ri4 — ALICE, a part

Mon triomphe sera complet.

FREDY, a part

Qu'eir se taise, je me tais !

ALICE, a part

Q.u'il se taise, je me tais !

Ensemble

Oui, tout d'abord, je veux Entendre son aveu ; Puis, apres. je dirai bien vite mon secret. Apres I apres I

Pantomime

Fredy retire la lettre des mains d'Alice, retourne a la petite table, prend une enveloppe dans le tiroir, y glisse la lettre, la colle. II tend alors Fenveloppe a Alice qui, apres une hesitation, s'en empare. Alors Fredy se dirige vers le fond et, avant de sortir, fait a Alice un salut dedaigneux.

Alice, restee seule, dechire precipitamment la lettre dont elle jette les morceaux parterre. A ce moment, Fredy rentre en scene, cherche des yeux son chapeau, aper^oit les morceaux de papier, sourit. II prend lentement son chapeau, regagne le fond et, de nouveau, salue Alice, ironiquement cette fois.

Alice, furieuse, lui tourne le dos et se jette dans un fauteuil.

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