‹ Princesses dollar: operette en trois actesChapitre 4 sur 62 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LES DACTYLOGRAPHES, puis ALICE

(Au lever du rideau, quelqaes dactylographes, en scene, jabotent; peu apres, d'autres arrivent par la droite, Poignees de mains, embrassades.)

Introduction CHOEUR Ah ! le stupide metier

Mesdam'., que le notre ; Comme il nous fait regretter D'ignorer les autres!

Toute la sainte journee, Sur nos machines courbees, Ne tripoter que des touches, Et, toujours, fermer la bouche!

N'avoir pas seul'ment le temps D'chatouiller, quand 9a vous prend, Par un geste detourne, L'bout d'son nez!

Tic, tic, tac, sans repos ni treve!

Tic, tic, tac, ca s'rait bon la greve Qui ferait cesser un instant

Get horripilant :

Tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tad Tic, tic, tac, mais 9a n'est qu'un reve, Tic, tic, tac, la journee s'acheve Sans que cesse, au moins un instant.

Get horripilant :

Tic. tic, tac.

ALICE, entrant par le fond

Le bonjour, MesdemoisellesI

CHCEUR Gher' patronne, le bonjour I

ALICE

C'est la meme ritournelle :

En retard!... Toujours! Toujours!

CHCEUR

C'est que vous ignofez, sans doute, Combien longue est notre route Pour arriver, cout' que coute, Miss Alice, en ce logis !

ALICE

Mais si vous etiez moins coquettes, N'ayant pas que flirts en tete, Vous seriez plus vite ici!

Tels retards ne me vont pas,

Sachez bien ceci :

Je saurai vous mettre au pas!

Le travail, voila seul'ment Quel doit etre votre amant; Qui d'un autre veut tater N'a qu'a filer!

CHCEUR N'a qu'a filer!

ALICE

La jeune fill' de race

Profondement yankee,

Meprise les grimaces

Stupides des dandys.

Si quelque fat I'accoste

Et veut lui fair' la cour.

Preparant sa riposte

Eir pens' : « Cause toujours ! »

S'ilinvoque les astres,

Le ciel, tout I'tremblement,

Eir s'en bat I'epigastre

Sachant 1' prix d'un serment.

A ces conteurs d'histoires,

Fiers de leur baragouin,

Eir dit : « J'suis pas un' poire,

J'la connais dans les coins! »

Wigl, wagl, wigl wak, my monkey, Saute, saute, petit homme manque, Un simple pantin Dans ma main Ouh!

C'est cela mon gout!

CHCEUR Wigl, wagl, etc

ALICE

La jeune fille, digne Vraiment des temps nouveaux, Au seul argent assigne L'emploi de son cerveau, Et, quel que soit Touvrage, L'abat sans nul retard ; Elle amasse avec rage . Banknotes et dollars.

Puis, quand la fantaisie Lui vient de se marier, N'import' quelle effigie Elle a d' quoi s' la payer; Car, transformer un homme, Quel qu'il soit, en mari, C'est tres facile, en somme :

Suffit d'y mettr' le prix!

Wigl, wagl, etc

CHCEUR Wigl, wagl, etc

ALICE, imperieusement

Rompez!

(Pendant la soriie des dactylographes, au fond, a droite, Alice est allee s'asseoir a son bureau (celui de droite) ou elle depouille son volumineux courrier.)

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