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3o4 PÉDAGOGIE DES DIFFÉRENTS AGES

les classes cultivées, mais qui, ailleurs, saute aux yeux : cet état est extrêmement préjudiciable aux qualités de courage, de résolution, d'adresse, d'originalité, au développement physique et à l'activité productive de Tesprit. Quelques heures de gymnastique ne sont pas un remède suffisant. Le meilleur moyen de racheter tous ces inconvénients consiste à prévenir les vices qui résultent de l'oisiveté. C'est d'abord parce qu'il faut porter sur ce point une attention particulière et régler sa conduite d'après le résultat des observations faites, et pour bien d'autres raisons encore, que l'éducation de famille devra contribuer à réagir contre toute oppression naturelle, même contre celle qu'exerce un bon enseignement, — et l'éducation scolaii^e doit lui laisser le temps nécessaire pour cela. On peut bien, sans doute, demander à celle-ci d'occuper l'enfant complètement. Mais d'autre part, il ne faut pas que les devoirs donnés pour la maison remplissent la plus grande partie du temps ; au contraire, ils ne doivent en remplir que la partie la plus minime; quant à l'emploi du temps qui reste libre, c'est aux parents et tuteurs à le déterminer d'après les observations qu'ils auront faites sur l'individu, et à en assiuuer les conséquences.

QUATRIÈME PÉRIODE Adolkscencb

33. Que V instruction soit continuée ou non, toute son influence dépendra maintenant de la valem* que l'adolescent attachera lui-même à la conservation des notions acquises et à la continuation de ses études. On devra donc mettre sous ses yeux, de la façon la plus claire possible, le lien qui existe soit entre les difl'érentes parties de la science, soit entre le saçoir et Y action; et il y a lieu de recourir aux mobiles les plus puissants pour atteindre les points qu'on s'est proposés comme

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buts, tant ([u il s'agit de combattre la paresse et Tétourderie. Mais, d'autre part, c'est précisément à ce moment qu'il faut redouter et éviter les mobiles spécieux qui n'auraient pour effet que de donner Fillusion du talent.

34. D'ailleurs, l'indulgence qu'on avait pour l'enfant et le jeune garçon doit cesser. La valeur totale de l'adolescent est maintenant la question capitale, et c'est elle qui doit déterminer sa situation dans la société. Il faut qu'il sente la diiliculté de prendre sa place parmi les hommes. Il se verra disputer les places pour lesquelles il ne semble pas propre; il est entouré de concurrents, et aiguillonné par des espérances qu'il est souvent difficile et par là même urgent de modérer.

35. Une fois quQ l'adolescent, confiant- dans les* circonstances favorables, et dédaignant toute incitation du dehors, marche à son aise , Y éducation est achevée , et on ne peut que la clore par des enseignements et des avis bons pour le cas où des expériences futm*es pourraient en évoquer le souvenir.

36. Si au contraire l'adolescent poursuit un certain but, ce sont les formes de vie qu'il cherche et les motifs qui le poussent, qui détermineront ce qu'on peut encore faire pour lui. Les points d'honnem* qu'il s'approprie tiennent le milieu entre les projets et les maximes, suivant qu'il en subit l'im- ])ulsion plus extérieurement ou intérieurement.

37. Ce n'est que dans les cas où il se sentira humilié par ses fautes qu'il se montrera encore docile. Il faut profiter de ces occasions pour les lacunes qui restent à combler. Du reste, le devoir impose de lui représenter sans ménagement les règles sévères de la morale. On ne peut guère espérer encore une complète fi'anchise. et encore moins l'exiger. La réserve chez l'adolescent est le commencement naturel du gouvernement de l'individu par lui-même.

Fac. de Lille. Tome IV. — A. 20.

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