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confessions, d'autant plus que cette admission à la communion implique comme une condition générale l'aspiration sérieuse à la moralité, et qu'il faut supposer cette condition remplie par les fidèles d'opinion dill'éi-ente, dès qu'ils sont autorisés k prendre part à la célébration de cet acte. L'enseignement religieux préliminaire doit donc d'autant plus viser à ce but, que l'amour chrétien cnvei-s ceux qui pensent différemment sur des points de foi importants est pour beaucoiip de gens un devoir difQcile à remplir; et il est d'autant plus nécessaire d'en imposer l'obligation, que l'enseignement religieux lui-ménie n'a pu se dispenser d'indiquer d'une façon précise les divergences de doctrines entre les diverses confessions.
9. Dans l'enseignement classique, il est possible, si l'on a commencé assez tôt l'étude du grec, de renforcer l'impression des doctrines chrétiennes par les dialogues de Platon relatifs à la mort de Socrate, notamment le Criton et V Apologie. Mais l'impression produite par ces œuvres, étant plus faible, devra précéder le moment où l'initiation à la communion des chrétiens se fera sentir dans toute sa force.
3. En nous reportant maintenant en arrière par la pensée, nous voyons que Y enseignement religieux relatif aux particularités de chaque confession doit être précédé de l'enseignement chrétien général, et que celui-ci à son tour a dû s'appuyer sur l'histoire sainte, qui comprend aussi l'Ancien Testament. Mais on peut se demander si l'histoire sainte ne doit pas elle-même s'appuyer sur quelque chose.
4. Il est impossible de représenter la religion d'une manière sullisante si on ne la considère que comme quelque chose d'uniquement historique et passé, qui ne ferait que se continuer. II est encore indispensable que le maître utilise les témoignages présents de la nature autant qu'ils peuvent servir à son but. Mais le plus important n'est même pas encore ce qui exige quelque connaissance de la nature, et fait conclure à une sagesse et à une force.
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5. Le sentiment pur de la famille s'élève aisément et de luimême à ridée d'un premier père. Ce n'est que lorsqu'il fait défaut qu'on se trouve obligé de prendre pour points de départ les Églises et la célébration du dimanche comme signes publics d'humilité et de reconnaissance. Un amour, une sollicitude et une surveillance qui s'exercent en tous lieux, constituent l'idée première de l'Être suprême, qui, d'abord restreinte au point de vue limité de l'enfant, ne s'étend et s'élève que peu à peu.
6. Il importe de relever et d'épurer bien complètement les idées accessoires d'ordre inférieur, avant de présenter les notions mythologiques de l'antiquité : alors seulement celles-ci pourront agir comme il convient, en montrant le contraste qui existe entre des récits visiblement fabuleux et grossiers et des vérités dignes et élevées. 11 n'y a là, si l'on s'y prend bien, rien de diflicile, mais il y a d'autres difCcultés qui tiennent à l'individu.
7. Tandis qu'avec certains individus il est dangereux de parler beaucoup du péché, soit parce qu'ils apprennent ainsi à le connaître, soit parce qu'ils en éprouvent une terreur fantastique, il en est d'autres qu'on ne peut ébranler qu'en se servant des expressions les plus énergiques, et d'autres encore qui s'en vont prêchant contre les péchés du monde et, dans leur fière assurance, se mettent en opposition avec lui. Il y a aussi des raisonneurs qui , sans avoir entendu les doctrines spinozistes * , considèrent d'eux-mêmes le fait établi comme approuvé, et approuvé par le juge suprême, et qui par conséquent voient dans \gl force la preuve de fait du droit. Enfin, il y a des contempteurs de la morale pure qui s'imaginent pouvoir par la prière s'autoriser à de mauvaises actions. On rencontre déjà chez certains enfants des traces de ces aberrations, surtout lorsqu'on a loué une fois leur habileté à répéter le sermon entendu, ou même leur ferveur à réciter tout haut leurs prières.
I. D'après lesquelles le droit n'est autre chose que la force.
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Il est donc nécessaire de surveiller les effets de Yinstruction religieuse chez chaque individu : c'est encore là une tâche qui incombe â Féducation de famille.
8. La pédagogie ne considère pas la religion d'une façon ^ ^^^-^■^5. objective, mais subjective. La religion est une amie et une protectrice, mais il faut qu'elle soit enseignée à l'enfant, sans trop de détails, d'une façon plutôt indicatrice que didactique, et de manière à ne pas épuiser sa réceptivité. Par conséquent, il faut surtout que cet enseignement ne soit pas pratiqué en temps inopportun. Il ne doit pas non plus être dogmatique au point d'éveiller le doute, mais il sera bon de le combiner avec les notions de sciences naturelles, et de l'utiliser pour lutter contre l'égoïsme; son but sera de renvoyer au-delà des limites du savoir, mais non d'enseigner au-delà de ces limites, ce qui serait une contradiction, car il semblerait alors qu'il peut enseigner précisément ce qu'il ne sait pas. Enfin il s'appuiera sur la Bible, suivant ainsi la méthode historique, et devra préparer l'esprit à l'idée de la communauté religieuse.
9. Les bases de ïintérêt j^eligieux doivent être jetées de bonne heure et à une telle profondeur, que plus tard l'âme repose paisible et intacte dans sa religion , tandis que la spéculation poursuit sa marche pour son compte. La philosophie n'est, comme telle, ni orthodoxe ni hétérodoxe ; de mOme la foi n'est pas, et avec raison, la philosophie.
10. La religion naît du sentiment de la dépendance où se trouvent tous les hommes vis-à-vis de la nature et d'un être supériem*, placé au sommet de tous les êtres ; sans ce sentiment àliumilité, qui est le trait fondamental de toute piété, tout enseignement, tout sermon sera vain, métaphysiquement autant que moralement.