ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE
exemple et par les corrections, toujours nécessaires, que le hasard leur donne Toccasion de faire, et que, d'autre part, la culture intérieure, progressant peu à peu, doit influer à Textérieur sur la langue, autant que le permettent d'une façon générale les aptitudes individuelles.
A ce propos, il est bon de rappeler que d'abord le maître, qui est cultivé, n'est pendant longtemps compris qu'imparfaitement par son auditeur, qui ne l'est pas, et qu'ensuite renseignement est bien ralenti si à chaque tournure un peu rare, il faut se demander si on est compris. Mais ce n'est pas tout.
5. La langue est faite aussi pour être lue et pour être écrite. Elle devient par là un objet permanent d'étude, et embarrasse celui qui ne la connaît pas à fond. On conmiencera donc par démontrer analj'tiquement , à l'aide de textes lus et écrits, k quel point le sens de tel ou tel passage serait détruit ou modifié, si tels ou tels mots étaient mis à la place de tels ou tels autres, ou si les signes de flexion avaient été mal choisis.
Nous n'avons besoin d'apprendre à personne qu'aussitôt après doit venir la synthèse des phrases, s' étendant par degrés à des enchevêtrements de plus en plus compli([ués, notamment par le moyen des diflerentes conjonctions.
6. Lors même que la difliculté pour lire et pour écrire aurait été égale pour tous, l'enseignement de la langue, destiné à y remédier, n'en mériterait pas moins d'être également recommandé et de prendre une égale importance dans tous les cas.
Mais c'est ici qu'apparaissent les plus grandes différences. Aussi devra-t-on s'efforcer, lorsqu'on a affaire à un grand nombre d'élèves, d'associer l'enseignement de la langue à d'autres matières. U enseignement analj'tiqae pourra, pour les uns, être appliqué pendant les mêmes leçons à l'étude de la langue, et, pour les autres, s'exercer dans des domaines tout à fait diffiôrents. On pourra y rattacher des devoirs écrits de nature bien différente.