CHAPITRE V ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE
I . On disputerait luoins sur V enseignement des langues si on faisait bien les distinctions nécessaires qu'il y a lieu de faire.
La distinction la plus importante est celle qui doit <^tre faite entre ces deux choses ; parler et comprendre. La distance qui les sépai-e est une donnée qu'on trouve a IVpoque où conmienee l'enseignement i"égulicr : elle est souveut ti-ês grande, souvent aussi elle est faible ; elle est déteinniiu'e par l'individualité et par le milieu dans lequel a vécu l'enfant.
a. La langue maternelle a tout d'abord été entendue, saisie, imitée par l'enfant; tantôt elle était formée, tantiH elle était grossière ; elle a été entendue exactement ou superliciellement, imitée par des oi^anes plus ou moins parfaits. Ce qu'elle peut avoir de défectueux s'améliore peu à peu loi-sque des personnes cultivées donnent chaque jour le bon exemple et insistent pour qu'on parle correcte mon t. Mais il faut quelquefois plusieurs années pour obtenir ce résultat.
3, Une autre circonstance étroitement liée à l'individualité, c'est le besoin plus ou uiuins grand de s'exprimer par le langage. C'est par là que le langage propre de chaque individu s'élève au-dessus de la simple imitation; et les idées qu'il exprime doivent servir à le perfectionner. Ce geni'e de perfectionnement est parfois surprenant à l'àgc de l'adolescence.
4. On pourrait croire aisément qu'il n'est pas besoin de levons spéciales pour la langue maternelle, — tout au moins au point de vue de la langue seule, — parce que. d'une part, les maîtres cultivés exercent leur inQuence par leur seul