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CHAPITRE III

DE CERTAINS DÉFAUTS PARTICULIERS

Esquisse, I. Il importe tout d'abord de distiniruer entre les fautes que

commet Télève, et ses défauts propi'ement dits. Les fautes qu'on commet ne sont pas toutes des manifestations des défauts qu'on peut avoir, mais les mêmes fautes répétées souvent peuvent donner lieu à des défauts qui subsistent. C'est là ce qu'il importe de montrer et de faire comprendre à l'élève aussi clairement qu'il est en état de le concevoir.

a. Lorsque l'enfant commet une faute non préméditée, sur une incitation extérieure, ou contre une résolution sérieusement conçue, il s'en effraye le plus souvent de lui-même. Dans ce cas, tout dépend de l'importance de la faute et de la proportion qu'il y a entre cette faute et l'horreur que l'enfant en ressent déjà.

Bon nombre de menues fautes, de petits oublis, et môme certains dégâts sans importance, demandent de la part de l'éducateur beaucoup de patience ; mais ce serait méconnaître la grande difficulté de la culture morale que de décourager, par une dure répression de ces peccadilles, la franchise des enfants, qui importe si grandement et qui, une fois disparue, ne revient guère.

3. En revanche, le premier mensonge fait dans une méchante intention, le premier larcin, et tous les actes analogues notoirement funestes à la moralité ou à la santé, devront être réprimés avec une sévérité persistante, de telle façon que l'élève, qui a cru se permettre une faute sans gravité, soit découragé très sérieusement par la crainte autant que par le blâme.

Le jugement esthétique et moral peut très bien se feindre ; les plus belles maximes, les plus beaux principes s*apprennent par cœur, et on se couvre parfaitement du manteau de la piété. Si on démasque Fhypocrite et qu'on le repousse, il recommencera son jeu ailleurs. Il ne reste donc quà montrer une sévérité qui le décourage, et à l'occuper constamment sous une surveillance active et en un autre lieu, afin qu'il puisse sortir des recoins où s'élaborent ses fautes. Le changement de résidence peut quelquefois produire une amélioration.

5. La volonté ne se laisse nulle part diriger d'une façon plus immédiate que dans les rapports sociaux où elle a])paralt comme volonté commune. Dans les premières années de la jeunesse, alors que l'enfant est entièrement livré à sa mère, c'est elle qui peut le mieux le diriger ; plus tard, la culture morale obtiendra les résultats les plus sûrs en encourageant les relations de société parmi la jeunesse, et en profitant de ces rapports pour développer les germes du bien. C'est alors que les idées sociales, épurées par V instruction, devront peu à peu prendre leur place.

6. Mais on voit déjà se produire parmi les enfants des fractionnements de partis et s'établir des cercles fermés : tout cela ne doit pas échapper à la vigilance des éducateurs.

Si Ton accorde à cei'tains élèves plus âgés et plus éprouvés une sorte de crédit vis-à-vis des plus jeunes et des moins réfléchis, ceux-là deviennent responsables, mais les autres ne sont pas pour cela dispensés de toute réflexion personnelle, ni obligés de s'incliner devant toutes les exigences de leurs aînés, même lorsqu'elles sont visiblement déraisonnables.

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