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CHAPITRE II

Esguisne, a t »

ti 314-319. i. A. La culture morale prévient les passions :

I** Par la satisfaction des besoins; Q° En évitant les occasions de désirs ardents : 3*^ En occupant l'enfant; 4° En l'habituant à l'ordi-e ;

50 En l'obligeant à méditer ses actes et à en i*endrc compte.

B. Elle agit sur les passions :

I" En empêchant les accès violents; 2" En faisant surgir d'autres passions; 3« En habituant toul à-fait l'individu à se dominer lui-môme.

C Par les considérations sociales qu'elle inspii-e (prévenant ainsi ce qu'on aj)pelle le manque d'éducation), elle contribue :

1° A établir une certaine conformité dans la conduite des différents individus:

2« A rendre possibles les lapporls sociaux, bien mieux que par la discorde et les ((uerelles;

30 A empéchei» le développement de certaines tendances particulières, sans pouvoir étoufler toutefois les énergies vraiment importantes, pourvu qu'on sache éviter la sévérité excessive.

EFFETS DE LA CULTURE MORALE 35i)

D. Enfin elle a pour eflct de rendre circonspect, car :

I* Elle limite les tentatives hardies ;

a* Elle prévient les dangers ;

3* Elle punit pour assagir ;

4* Elle observe, et elle habitue Thomnie à se croire observé, a. Si Ton enibrasse maintenant d'un coup d'œil ces différents effets proches et connus de la culture morale, on en conclut immédiatement qu'en général elle peut beaucoup pour diminuer le mal, et qu elle est parfaitement en état d'exercer une action profonde sm» le rapport des groupes d'idées entre eux. Mais on voit aussi le danger qu'elle offre ; c'est de provoquer la dissimulation, parce qu'elle refoule le mal qui se montre à la surface.

3. 11 en résulte avec le temps des inconvénients croissants, lorsque ces dissimulations viennent à se combiner entre elles et que les élèves prennent vis-à-vis de l'éducateur une conduite étudiée. Les conséquences de cette façon d'agir sont bien connues. On y opposera une sévérité impitoyable pour les dissimulations, une fois qu'on les aura découvertes, et une grande indulgence pour les fautes ouvertes ; dans bien des cas, il faudra exercer une surveillance, souvent même cachée, afin que le système de dissimulation n'envahisse pas Véducation.

5. La dignité de l'éducateur est compromise lorsqu'il rivalise comme espion avec les élèves qui dissimulent. U ne faut pas qu'il prétende tout savoir, et pourtant il ne peut exposer longtemps sa confiance à être trompée aussi grossièrement.

Mais la diificulté même que présente ce point nous ramène encore à cette conclusion : c'est dès les premières années, où la surveillance est encore facile et où Ton peut agir le plus sûrement sur l'âme, que les bases de Yéducation doivent être jetées; et d'autre part les familles ne doivent pas, autant que possible, perdre longtemps de vue leurs enfants.

Le jugement esthétique et moral peut très bien se feindre ; les plus belles maximes, les plus beaux principes s*apprennent par cœur, et on se couvre parfaitement du manteau de la piété. Si on démasque l'hypocrite et qu'on le repousse, il recommencera son jeu ailleurs. Il ne reste donc qu'à montrer une sévérité qui le décourage, et à l'occuper constamment sous une surveillance active et en un autre lieu, afin qu'il puisse sortir des recoins où s'élaborent ses fautes. Le changement de résidence peut quelquefois produire une amélioi*ation.

5. La volonté ne se laisse nulle part diriger d'une façon plus immédiate que dans les rapports sociaux où elle apparaît comme volonté commune. Dans les premières années de la jeunesse, alors que l'enfant est entièrement livré à sa mère, c'est elle qui peut le mieux le diriger ; plus tard, la culture morale obtiendra les résultats les plus sûrs en encourageant les relations de société parmi la jeunesse, et en profitant de ces rapports pour développer les germes du bien. C'est alors que les idées sociales, épurées par V instruction, devront peu à peu

1 prendre leur place.

j 6. Mais on voit déjà se produire parmi les enfants des frac-

i tionnements de partis et s'établir des cercles fermés : tout

cela ne doit pas échapper à la vigilance des éducateurs.

Si Ton accorde à certains élèves plus âgés et plus éprouvés une sorte de crédit vis-à-vis des plus jeunes et des moins réfléchis, ceux-là deviennent responsables, mais les autres ne sont pas pour cela dispensés de toute réflexion personnelle, ni obligés de s'incliner devant toutes les exigences de leurs atnés, j même lorsqu'elles sont visiblement déraisonnables.

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