I06 RAPPORTS DE L'INSTRUCTION
corriger les inégalités qui existent entre les tendances des
i différents esprits.
i 6. Il ne faut donc s'inspirer ni du caprice ni des convenances
pour le choix des choses qui doivent être enseignées et étudiées ; et c'est en cela que Y instruction se distingue manifestement du gouvernement des enfants : car, pour ceux-ci, il est à peu près indifférent de savoir avec quoi on les occupe, pourvu qu'on les mette à Tabri de Toisiveté.
Remarque. — Dans bien des familles, on n'envoie les enfants à l'école que parce qu'ils sont gênants, et qu'on ne veut pas les laisser oisifs. L'école est donc considérée, dans ce cas, comme si son but était surtout de gouverner les enfants, et aussi, par surcroit, de leur apprendre quelque chose d'utile, sans qu'il soit question d'une vraie culture de l'esprit. Réciproquement, les écoles ne songent pas toujours qu'elles occupent aussi les enfants, et qu'en matière d'occupations il est nécessaire d'observer une mesure.
I Aphorhmeg, ^ j^^^ principaux moyens de l'éducation positive résident
! dans Vinstruction, prise dans son sens le plus étendu. L'i/i-
'; struction donne à l'élève des masses entières d'idées, qu'il ne
; pourrait acquérir de lui-môme. Elle plante de nobles greffes
sur des troncs sauvages. C'est en grande partie, dans l'Église comme dans l'école , une tradition par laquelle les biens d'ordre supérieur sont mis à la portée de l'homme le plus inférieur, parce qu'il ne pourrait y atteindre autrement.
Jbid. 8. Pour déterminer un caractère, il faut premièrement un
cercle d'idées, ensuite une action couronnée de succès : donc aussi un enseignement qui réussisse. C'est pourquoi l'enseignement ne doit pas ôtre trop difficile, ni coûter des larmes