‹ Principales œuvres pédagogiquesChapitre 8 sur 151 · DÉDUITE DU BUT DE L'ÉDUCATION · texte numérisé non relu

DÉDUITE DU BUT DE L'ÉDUCATION

I. Ce qu'on veut quand on fait l'éducation ou qu'on la réclame, dépend du point de vue qu'on s'est formé préalablement '.

a. La plupart des éducatc^urs ont, avant d'entreprendre leur tâche, totalement négligé de se former un point de vue personnel : celui-ci s'établit peu à peu au cours de leur travail, suivant leur originalité, suivant l'individualité de Tenfant et toutes les circonstances qui l'entourent. S'ils ont l'esprit inventif, ils utilisent tout ce qu'ils rencontrent pour tâcher d'exciter et d'occuper l'enfant, objet de leurs soins. S'ils ont de la prévoyance, ils écartent ce qui pourrait nuire à sa santé, à la bonté de son caractère et à sa bonne tenue. Et l'on arrive ainsi à avoir un enfant qui s'est essayé dans tout ce qui est exempt de danger, qui est habile à considérer et à manier les choses de la vie quotidienne, qui a tous les sentiments qu'il a pu puiser dans le cercle étroit où il a vécu. Si encore il a grandi tel, il faut s'en féliciter. Mais les éducateurs ne cessent de se plaindre des circonstances qui viennent gâter leur œuvre : ce sont les domestiques, les membres de la famille, les compagnons de jeu, l'instinct sexuel, les années d'université! Et il est assez naturel que, là oii le régime moral a été déterminé plutôt par le hasard que par Tart de l'homme, une nournture

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