LIVRE II
si nous les avions aimés pour notre passe-temps, comme des guenons, non connue des hommes* : et tel fournit bien libéralement de jouets à leur enfance qui se trouve resserré à la moindre dépense qu'il leur faut étant en âge 2. Voire il semble que la jalousie que nous avons de les voir paraître et jouir du monde quand nous sommes à mème^ de le quitter, nous rende plus épargnants et retreints* envers eux : il nous fâche ^ qu'ils nous marchent sur nos talons, comme pour nous solliciter de sortir^; et si nous avions à craindre cela, puisque l'ordre des choses porte qu'ils ne peuvent, à dire vérité, être ni vivre qu'aux dépens de notre être et de notre vie, nous no devions pas nous mêler ^ d'être pères.
Quant à moi, je trouve que c'est cruauté et injustice de ne les recevoir au partage et société de nos biens, et compagnons^ en l'intelligence de nos alVaires domestiques, quand ils en sont capables, et de ne retrancher et resserrer nos conmiodités pour pourvoir aux leurs, puisque nous les avons engendrés à cet etlet. C'est injustice de voir qu'un père vieil, cassé ^ et demi-mort, jouisse seul, à un coin du foyer, des biens qui suftiraient à l'avancement et entretien de plusieurs enfants, et qu'il les laisse cependant, par faute de moyen, perdre leurs meilleures années sans se pousser au service public et connaissance des hommi^s. On les jotte.au désespoir de chercher*^ par (}U('l(|ue voie, pour injuste
1. Monlai^^ne avait d'abord ('( rit niDiiis pitloresqiUMiR'iit (lîvSO-Si :
« Comme si ik/u.s les (ivious aimes pour la plaisir que nous en recevionSj non pour eu.v-mèmes ; et tel.... » — C'était alors une coiitunio assez ii'paiidiu' cIh-z les {j^rarids (jiio d'clovcr des siiiycs poiii" ^'en divortir.