‹ Principaux chapitres et extraits des "assais";Chapitre 208 sur 479 · LIVRE TI · texte numérisé non relu

LIVRE TI

rendre les âmes plus lâches ou plus malicieusement opiniâtres....

Voulons-nous être aimés de nos enfants? Leur voulonsnous ôter l'occasion de souhaiter notre mort (combien que* nulle occasion d'un si horrible souhait ne peut être ni juste ni excusable, niillwn scelus rationem liabet^)! Accommodons leur vie raisonnablement de ce qui est en notre puissance. Pour cela, il ne nous faudrait pas marier si jeunes que notre âge vienne quasi à se confondre atec le leur, car cet inconvénient nous jette à plusieurs grandes difficultés; je dis spécialement à la noblesse, qui est d'une condition oisive, et qui ne vit, comme on dit, que de ses rentes; car ailleurs, où la vie est questuaire^, la pluralité et compagnie des enfants, c'est un agencement de ménage S ce sont autant de nouveaux outils et instruments à s'enrichir...

Je veux maH à cette coutume d'interdire aux enfants l'appellation paternelle et leur en enjoindre une étrangère, comme plus révérentiale, nature n'ayant^ volontiers pas suffisamment pourvu à notre autorité. Nous appelons Dieu tout-puissant, père; et dédaignons que nos enfants nous en appellent'. J*ai réformé cette erreur en ma famille. C'est aussi folie et injustice de priver les enfants qui sont en âge de la familiarité des pères et vouloir maintenir en leur endroit une morgue austère et dédaigneuse, espérant par là les tenir en crainte et

lioninie libre (/wf/e/zî/Ms, de condition libre; franc a le même sens).

Page 1