Cicéron, en elïel, cite assez souvent Térence
(). Horace, (jui, très sévère pour Plante, est très indulgent pour son rival {\o'\v Aî't Poél., 270).
7. Comparez cet le théorie à celle de Racine : « H y en a qui pensent (]ue cette simplicité est ime maripie de peu d'invention.
Ils ne soMi^ent pas qu'an contraire toute l'invention consiste à faire quelqiu^ chose de rien. » (Préface de Bérénice.)
MONTAIGNE
contraire ': les perfections et beautés de sa façon de dire nous font perdre l'appétit de son sujet; sa gentillesse et sa mignardise nous retiennent partout; il est partout si
plaisant,
Liquidas,' puroque simillimus amni*,
et nous remplit tant l'âme de ses grâces que nous en oublions celles de sa fable-. Cette même considération me tire plus avant ^ : je vois que les bons et anciens poètes ont évité l'alTectation et la recherche, non seulement des fantastiques élévations espagnoles et pétrarquistes*, mais des pointes même pkis douces et plus retenues, qui sont l'ornement de tous les ouvrages poétiques des siècles suivants. Si n'y a il bon juge^ qui les trouve à dire^ en ces anciens et qui n'admire plus sans comparaison l'égale polissure et cette perpétuelle douceur et beauté fleurissante des épigrammes de Catulle que tous les aiguillons de quoi Martial aiguise la queue des siens. C'est cette même raison que je disais tantôt., comme Martial de soi, minus illi ingenio laborandum fuit, in cujus locuni maleria successeral"' , Ces premiers-là, sans s'émouvoir et sans se piquer^, se font assez sentir; ils ont de cjuoi rire partout ''^, il ne faut pas qu'ils ^se chatouillent; ceux-ci ont besoin de secours étranger; ils montent à cheval parce qu'ils ne sont pas assez
1. « Si clair, si semblable à un limpide courant. i> (Horace, E/^., Il, XI, 120.)
±. Var. : que nous fuyons la fin de sa fable. — On voit cjue Montai^me est fort indulgent pour Térence, comme devaient l'èh'e presque tous nos classiques, notamment Bossuet, La Fontaine, La Bruyère, Fénelon.